Chap 17 : Coincés…

-Cité d'Atlantis-

Melena referma la porte de la salle d'entraînement. Elle espérait que personne n'y pénètre avant qu'elle ne finisse ce qu'elle avait à faire. Elle devait se dépêcher avant que quelqu'un ne découvre les corps de Ronon et du caporal Dawson. Elle avait retiré sa veste qu'elle tenait sous son bras dissimulant ainsi le blaster du satédien.

Elle se dirigea rapidement vers le téléporteur et l'emprunta pour rejoindre ses compatriotes devant le petit salon qui servait de cabinet au docteur Baker. Ils étaient tous là, accompagnés de leur escorte.

« Où est Dawson ? » demanda l'un des militaires.

« Il arrive. Il avait besoin de s'arrêter aux toilettes. » répondit la Satédienne.

La porte s'ouvrit et la psychologue sortit les accueillir.

« On va commencer, je vous en prie entrez. » déclara-t-elle.

Seuls deux soldats restèrent à l'extérieur tandis que leurs camarades avaient décidé d'aller chercher de quoi grignoter au mess. Les quatre Satédiens s'installèrent confortablement. La porte du cabinet se referma.

« Bien ! » commença Sarah Baker en ouvrant son calepin vert. « Je suis heureuse que vous ayez décidé de tous revenir me voir ! » fit-elle sur un ton enjoué.

Melena était restée debout. La psychologue leva les yeux vers elle d'un air dubitatif.

« Quelque chose ne va pas Melena ? » demanda-t-elle naïvement.

La Satédienne sortit le blaster de sous sa veste, pointa l'arme sur Sarah et tira. En voyant la femme s'écrouler à leur pieds, Duncan, Ben, Willliam et Rob se relevèrent précipitamment et se figèrent, l'air ahuri. Ben leva les mains et fixa Melena avec terreur. La jeune femme pivota immédiatement vers ses compagnons et leur intima l'ordre de se taire en plaçant son index sur sa bouche.

« Qu'est-ce qui te prend ? » murmura alors Duncan, totalement abasourdi.

Melena observa tour à tour les quatre hommes jusqu'à être certaine d'avoir capté toute leur attention.

« Tu ne peux fuir ta destinée » fit-elle en les regardant droit dans les yeux.

Les bras s'abaissèrent. Les visages se détendirent et se parèrent d'un masque d'impassibilité. Leurs yeux étaient devenus vides. Puis, tels des automates, les quatre hommes se rapprochèrent de Melena.

« Nous allons nous débarrasser des deux gardes dehors. Puis, William et Rob, vous irez dans la salle de contrôle. Duncan, tu te rends dans le laboratoire de McKay et tu le neutralises. Ben, tu viens avec moi… »

OooooooO

« Radek ? Où est votre compte rendu sur le test du bouclier ? »

« Devant vous Rodney. »

« Quoi ? Ce truc ? C'est illisible ! Comment voulez-vous que j'arrive à déchiffrer ça ! »

« Vous n'avez qu'à me demander ce que vous voulez savoir précisément ! »

« Zelenka, si on nous demande de faire des rapports papier, c'est pour que tout le monde puisse les lire sans avoir à chercher partout l'auteur dudit rapport pour qu'il traduise! »

« Eh bien je suis là, profitez-en ! »

« Non mais c'est quoi ce mot, c'est du tchèque ? »

« Je ne rédige pas mes rapports en tchèque voyons ! »

« Eh bien on dirait pourtant ! Fluc…tuation éro…tique ? »

« Fluctuation atypique ! »

« C'est bien ce que je disais…Illisible ! »

« Parce que vous croyez que vous écrivez mieux que moi ? ».

Tandis que les deux hommes continuaient de se quereller, Larrin apparut sur le seuil du laboratoire. Quand Rodney la vit, il souffla bruyamment.

« Tiens, la sangsue… » marmonna-t-il tandis que Zelenka rajustait ses lunettes et passait sa main dans ses cheveux pour se recoiffer.

McKay lui lança un regard dépité.

« Quoi ! » répliqua Radek en haussant les épaules.

« Bien ! Vous êtes là ! » lança la Traveller en les rejoignant.

« On est occupés » décréta Rodney en l'ignorant.

« Je suis en train de régler quelques comptes. Je fais le tour de la cité. Je viens de discuter un peu avec Ronon et maintenant j'aimerais vous dire deux trois mots à vous aussi. »

« Nous n'avons pas vraiment le temps de faire la causette ! Nous avons du travail à finir, nous ! »

Larrin tourna la tête vers Zelenka.

« Moi, je ne suis pas si occupé que ça… » balbutia le tchèque avec un sourire niais.

Larrin alla droit au but.

« Pourquoi vous ne m'aimez pas McKay ? ».

Le scientifique fit mine de réfléchir.

« Voyons… Laissez-moi trouver les mots qui conviennent… Vous êtes insupportable, arrogante… »

« J'en connais un autre… » chuchota Radek.

« …. sans gêne, vous déboulez ici pour vous accaparer tout mon travail, vous n'avez pas hésité à kidnapper Sheppard, à le forcer à réparer un croiseur lantien ….. Ah, et j'allais oublier….Vous ne m'aimez pas non plus. »

« Je vous rappelle quand même que les miens et moi-même, nous vous avons aidé à lutter contre les Asurans et que nous vous avons fourni les informations pour récupérer toutes les données que vous voulez garder pour vous ! »

« Ça c'est vrai Rodney… » tenta Radek, immédiatement fusillé du regard par le physicien.

« Oui et vous ne manquez pas une occasion de nous le rappeler, ça c'est sûr ! » ajouta Rodney.

« Vous êtes imbuvable McKay ! » cracha Larrin.

« Et vous vous êtes une peste ! » rétorqua le scientifique.

« Répétez ça pour voir ! » s'écria la Traveller en le toisant d'un regard menaçant.

Rodney ne se démonta pas colla son visage devant celui de la jeune femme.

« Vous êtes une… »

La porte du laboratoire s'ouvrit et tous les regards convergèrent vers la silhouette imposante qui restait immobile dans l'embrasure. Duncan les observait, le visage fermé et sans expression.

Puis, toujours sans un mot, il s'approcha du groupe. Son bras était replié dans son dos.

Tous sentirent que quelque chose ne tournait pas rond.

« Oui ? » fit Rodney. « Qu'est-ce que… »

Le scientifique n'eut pas le temps de finir sa phrase. A seulement quelques pas d'eux, Duncan tendit le bras. Il avait un revolver. Larrin se saisit de la tablette informatique de Rodney et la projeta vers le Satédien. Trop tard. Un coup de feu retentit tandis que l'homme recevait l'objet en plein visage et se pliait en deux. Larrin, sous l'impact, fut projetée en arrière. Radek et Rodney étaient statufiés. Duncan avait l'arcade ouverte mais il se redressa aussitôt pour plonger ses yeux éteints dans ceux de Rodney. Alors, tout un tas d'objets divers vinrent se fracasser à nouveau sur l'agresseur. Des carnets de notes, des stylos, une barre chocolatée…

Radek Zelenka était en train de balancer tout ce qui lui tombait entre les mains. Mais comme il avait les yeux fermés, la moitié des projectiles rataient leur cible. Bientôt, le tchèque fut à court de munitions. Duncan pointa son arme sur lui avant de dévier vers McKay, toujours pétrifié.

« Wow ! Attendez une minute, qu'est-ce qui vous prend ? » hurla-t-il voyant bien que le satédien s'apprêtait à tirer.

L'homme lui répondit par un sourire mauvais. Son doigt commença à presser la détente quand tout à coup, son bras fut fauché par une tornade blonde et l'arme tomba au sol. S'enchaînèrent un coup de pied dans l'abdomen et un crochet du droit dans le visage. L'homme s'écroula, inconscient.

Larrin se tenait haletante à côté de lui. Son épaule était ensanglantée. Rodney et Radek restaient un peu sonnés. A la vue de la blessure de la jeune femme, le physicien sembla retrouver l'usage de ses membres et se précipita vers elle.

« Larrin, vous êtes touchée… » balbutia Rodney en la maintenant par le bras.

« Il est K.O » fit Radek en examinant le corps de Duncan.

La jeune femme commençait à tituber un peu. Avec l'aide de McKay, elle ôta sa veste, révélant ainsi un point d'entrée écarlate au niveau de l'épaule gauche.

« La balle a traversé » ajouta Rodney en jetant un œil sur son omoplate.

« Un bon point pour moi… » répondit Larrin, un peu fébrile.

« Asseyez-vous » s'empressa-t-il d'ajouter en l'installant sur un tabouret. « Radek, contactez l'infirmerie et prévenez Sheppard ! Ma parole, ce type est devenu fou ! Et où est passé son escorte ! »

Puis, Larrin leva les yeux vers lui. Rodney fouilla dans sa poche, attrapa un paquet de mouchoirs en papier, en sortit cinq ou six et improvisa une compresse qu'il appliqua sur la blessure.

« Je retire tout ce que je vous ai dit il y a deux minutes… » murmura-t-il en appuyant fortement. « Vous venez de nous sauver la vie… »

La jeune femme grimaça de douleur.

« A partir de maintenant, ça aussi je ne manquerais pas une occasion de vous le rappeler. »

Radek revint vers eux, l'air affolé.

« Les communications ont l'air coupées ! »

« Quoi ? Comment ça coupées ! » fit Rodney incrédule.

Il se saisit de son oreillette.

/ « Poste de contrôle, ici McKay ! »/

Silence.

/Poste de contrô… »/

Le scientifique n'eut pas le temps de finir sa phrase. Une alarme retentit et un bruit de verrouillage résonna dans le laboratoire. Radek fonça vers la porte et tenta d'en actionner le mécanisme. Peine perdue.

« On est enfermés ». décréta-t-il.

OooooO

Des éclats de voix retentirent dans l'escalier menant à la salle de contrôle puis des bruits de piétinement et de P90 en train d'être armés.

Amélia se leva lentement de son siège en voyant trois militaires approcher à reculons vers les consoles. Leurs fusils étaient braqués sur un groupe de personnes qu'elle n'arrivait pas encore à identifier. Wilson sortit à son tour de son bureau et une alarme se déclencha.

« Que… Qu'est-ce que ça signifie ? » fit-il en apercevant à son tour les militaires qui tenaient en joue quatre individus. L'un d'entre eux tentait désespérément de joindre un supérieur.

Progressant rapidement le long de la passerelle, Rob et William avaient pris deux techniciennes en otage. Se servant d'elles comme boucliers, ils avançaient vers Wilson, une arme braqués sur la tête des deux femmes. Personne n'osait tirer. Le visage de Wilson se décomposa. Tout le personnel présent se figea.

« Où est votre chef ? L'homme chauve avec des lunettes ? » s'écria Rob, les yeux fixés sur les militaires qui lui faisaient face.

« Il…Il n'est pas là…. C'est moi qui ai la cité en charge jusqu'à son retour…. »

« Bien. » ajouta William d'une voix plus calme que son compagnon. « Alors vous allez ordonner à vos hommes de déposer leurs armes ou nous les exécutons. »

Une des deux techniciennes ne put réprimer un hoquet de terreur. Le deuxième ferma les yeux.

Amélia tourna la tête vers Justin. Il semblait paniqué, totalement indécis… Comment la situation avait-elle pu déraper ?

« Qu'est-ce que vous voulez ? » bafouilla-t-il.

« Faites ce qu'on vous dit ! » hurla à présent Rob.

Les deux Satédiens paraissaient extrêmement déterminés.

« C'est hors de question… » répliqua Wilson d'une voix mal assurée. « Vous n'avez aucune chance. Regardez autour de vous. Nous sommes en supériorité. Je vous conseille d'abandonner maintenant. »

William ricana.

« Nous n'avons pas peur de mourir. »

Le ton qu'il employa glaça les veines de l'assistance. Pas une hésitation. Pas une once de crainte. La terrifiante vérité.

« De toute façon, même si nous échouons ici, vous êtes tous condamnés. »

Dès qu'il eut prononcé ces mots, toutes les issues se fermèrent. Wilson se précipita vers le poste d'Amélia qui tenta de comprendre ce qui se passait. Elle tenta d'afficher sur son écran un bilan de la situation mais les commandes semblaient lui échapper.

« Je n'accède plus à rien… Je ne comprends pas. »

Chuck confirma.

« Nous avons pris le contrôle de la cité » décréta Rob.

OoooooO

L'alarme résonna dans le mess et au même moment toutes les portes se refermèrent.

« Qu'est-ce qui se passe encore ! » grogna Sheppard. « J'espère que ce n'est pas McKay qui s'est lancé dans un nouvel exercice de mise en quarantaine ! »

« Je ne pense pas que ce soit ça, colonel… » répondit Lorne.

Plusieurs soldats tentaient de forcer les panneaux métalliques, sans résultat. Sheppard essaya de joindre la salle de contrôle.

/ « Chuck ? Amy ? Vous m'entendez ? C'est le colonel Sheppard. On est enfermés dans le mess ! Y'a quelqu'un ? »/

Tout le monde se regardait, l'air inquiet.

« Mes hommes à l'extérieur ne répondent pas non plus. Ce n'est pas normal colonel. »

« Effectivement. Je commence à croire que nous allons prochainement avoir des ennuis. »

« Qu'est ce qu'on fait alors ? »

John passa sa main dans ses cheveux, ce qui eut pour effet de les ébouriffer davantage. Il jeta un œil sur les occupants du mess. Une trentaine de scientifiques et une vingtaine de militaire tout au plus. C'était le début de soirée. Tout le monde était encore éparpillé dans les différents secteurs de la cité. Si toutes les portes étaient fermées, alors chacun était confiné sur son lieu de travail. Mais ce qui l'inquiétait le plus, c'était l'absence de système de communication. Et surtout, qu'est-ce qui avait déclenché tout ça ?

Certains commençaient à montrer des signes d'énervement parmi les scientifiques. Un brouhaha aux allures de début de panique s'élevait progressivement au sein du groupe. L'alarme continuait de sonner. Tous avaient à l'esprit le compte à rebours d'autodestruction. Sheppard sentit qu'il devait intervenir.

« Ecoutez tous ! Restez calme d'accord ? On va venir nous sortir de là ! Je suis sûr que c'est juste une fausse manip de McKay ! » lança-t-il sur le ton le plus rassurant qu'il put prendre.

« La dernière fois que McKay a fait une fausse manip, il a fait imploser une galaxie entière ! » rétorqua Alfred Winphrey, botaniste et visiblement grand fan de Rodney.

« Pourquoi les communications sont coupées ! »

« Pourquoi les portes se sont fermées ! »

« Est-ce que tout va exploser ? »

Les questions fusaient de tous les côtés.

« Mon Dieu ! On va tous mourir ! On va tous mourir ! ». Simon Conrad, s'était mis à transpirer à grosses gouttes. Ses jambes se dérobèrent sous lui et ses deux collègues du département d'archéologie lui évitèrent de justesse une rencontre fracassante avec un coin de table.

Sheppard jeta un regard désespéré à Lorne qui répondit en haussant les épaules. « Bon ! Ecoutez-moi tous ! Ce n'est pas la peine de s'affoler puisqu'on ne sait pas ce qui se passe ! Ce qui arrive n'est sûrement pas un exercice, mais je vous demande de garder votre sang-froid afin d'être prêts à toute éventualité ! »

« Des Goa'Uld ! Nous sommes sur Terre ! Je suis sûr que des Goa'Uld sont en train d'attaquer ! Ou l'Alliance Luxienne ! J'ai entendu dire qu'ils étaient infiltrés partout ! »

« Est-ce que quelqu'un peut définitivement assommer ce type ? » s'énerva Sheppard en désignant Conrad.

Puis, le militaire se tourna vers Lorne et les deux hommes s'éloignèrent dans un coin du mess.

« Major, j'imagine que vous n'avez pas de C4 sur vous…. »

« Non pas là, colonel. »

Sheppard jeta un œil sur les baies vitrées qui offraient une vue panoramique sur le désert.

« Bon, on attend cinq minutes. Continuez d'essayer de contacter la salle de contrôle, moi j'essaie le labo de McKay…Si on n'a pas de réponse d'ici là, je sens que je suis bon pour une autre séance d'escalade de la façade ouest… »

OoooooO

Jennifer, tétanisée, regardait le tissu mouillé de son pantalon.

« C'est pas vrai… » fit-elle en s'appuyant sur le plan de travail.

Le scientifique continuait de fixer sa collègue avec un air étrange. Une sorte de catatonie. Les yeux de Walter étaient braqués sur le ventre rebondi de la jeune femme.

« James… » appela Jennifer.

Walter ne réagit pas, le regard vide.

« James ! » répéta Jennifer un peu plus fort.

« Ne t'en fais pas Jane, tu viens juste de perdre les eaux. Le travail a sûrement commencé. »

La doctoresse fronça les sourcils. Elle ne saisit pas tout de suite les paroles du scientifique.

« James, de qui êtes-vous en train de parler ? »

James Walter, sans l'écouter, continua

« Vu que c'est ton premier, il te reste encore pas mal de temps à attendre avant que les premières contractions douloureuses n'apparaissent. Nous avons donc le temps de finir ce que nous avons commencé. Ne t'en fais pas, je reste ici… Mais je dois terminer ça avant. Nous ne pouvons pas gâcher toutes ces années de travail, ma chérie, tu comprends bien !»

« Walter ! C'est moi ! Jennifer Keller ! »

L'homme la regardait à présent avec tendresse et un léger sourire.

« Je sais que tu as peur ma puce… Mais je te promets, je suis là… Papa est là… »

Une nouvelle contraction vint. Jennifer se crispa à nouveau et tenta de se concentrer sur sa respiration. Tout arrivait trop vite. Elle avait du mal à faire le point. Walter était parti dans un délire… Bon sang, qu'est-ce qui lui arrivait? Elle avait l'impression d'être entrée dans la quatrième dimension.

« Je ne peux pas accoucher maintenant…ça fait seulement sept mois et demi… » balbutia-t-elle.

James Walter, le plus calmement du monde, se détourna de la jeune femme et termina d'entrer le code d'ouverture du caisson sur son ordinateur.

Jennifer le fixait à présent avec incrédulité.

« Walter… » souffla-t-elle avant de se rendre compte que le scientifique n'allait absolument rien faire pour elle.

Il l'avait appelé Jane. Cette personne était donc sa fille ? Il la prenait pour sa fille ? Il semblait avoir coupé les ponts avec la réalité. Comment pouvait-il en être autrement ? Elle était sur le point d'accoucher prématurément et Walter était uniquement préoccupé par Todd et l'inoculation de sa version du sérum.

« Walter ! » hurla-t-elle une nouvelle fois, sentant à présent une violente douleur la saisir au niveau des reins et remonter le long de sa colonne vertébrale. Elle se mit à tituber et se plia en deux.

Le scientifique ne se retourna même pas.

« Pas de panique, Jane… Je suis à toi dans cinq minutes… »

Soudain, l'alarme se mit à retentir et la porte du laboratoire se verrouilla toute seule.

« Qu'est-ce que vous faites ? » s'écria-t-elle

Walter leva à peine les yeux. La jeune femme commençait à transpirer. Elle essaya de respirer lentement et se laissa glisser au sol. Elle plaqua la main sur son oreillette.

/ « L'infirmerie ? Ici le docteur Keller, répondez ! »/

Walter appuya sur la touche ENTREE.

/ « Infirmerie ! Ici docteur Keller ! S'il vous plait ! Quelqu'un ! J'ai besoin d'aide ! »/

La gangue de crystal qui emprisonnait Todd se rétracta soudain, dévoilant le corps encore inanimé du Wraith.

« Enfin… » jubila le généticien, d'une voix transfigurée et effrayante.

Une nouvelle contraction. Déjà. Un peu plus forte. Le travail allait trop vite. Apparemment, le bébé était plutôt pressé de sortir. La doctoresse ne put réprimer un gémissement de douleur. Elle rampa pour s'appuyer contre le mur.

Pourquoi la porte s'était-elle verrouillée ? Et Walter qui semblait avoir perdu l'esprit

Il affichait à présent un visage de fou furieux, les yeux exorbités, braqués sur le Wraith debout face à lui.

L'alarme hurlait sans discontinuer.

Walter avançait vers le caisson, la seringue à la main.

Un déchirement la traversa de part en part. Elle s'accrocha aux pieds du tabouret à côté d'elle.

Le bruit était insupportable.

Le généticien releva la manche de Todd.

Jennifer releva la tête vers le caisson. « Non… » murmura-t-elle dans un souffle.

Walter posa l'aiguille sur la peau grisâtre de la créature.

La jeune femme hurla de douleur.

Todd ouvrit les yeux.

OoooooO

Ben se tenait debout près du siège des Anciens, le visage serein. Un grand sourire parait son visage alors qu'il regardait Melena assise les yeux fermés sur le fauteuil illuminé. Cinq minutes auparavant, il avait rejoint la salle de l'E2PZ et enclenché le cylindre laissé sur place par McKay dans son habitacle. Immédiatement, tous les systèmes de la cité avaient été réinitialisés.

Atlantis était à nouveau entièrement opérationnelle. Pourtant, cet E2PZ était spécial. La singularité que McKay avait repéré et qui l'intriguait prenait ici tout son sens. Dans l'assemblage de cristaux qui constituait ce chef d'œuvre Ancien, avait été ajouté un élément apparemment anodin mais redoutable. Un petit cristal supplémentaire, insignifiant, et pourtant clef de voûte de toute l'opération qui se déroulait à présent grâce à eux. Un virus informatique dissimulé. Un virus très particulier.

La cité était à présent sous le contrôle d'un seul être : Melena.

La jeune femme, les traits marqués par l'effort, était en train de concentrer toute son énergie à mettre en œuvre l'ultime étape du plan prévu : l'activation des moteurs.

OoooooO

Un vrombissement sourd résonna dans les couloirs, des hangars du dernier niveau jusqu'aux sommets des plus hautes tours. Le bouclier s'activa et la cité entière fut recouverte par un dôme translucide protecteur. La moindre parcelle de la cité vibra sous l'effet de la poussée des réacteurs interspatiaux combinés aux moteurs à vortex.

Rodney,toujours prisonnier dans son laboratoire aux côtés de Larrin et Zelenka, jeta un regard interloqué vers ce dernier.

« Bon sang ! C'est impossible ! » hurla-t-il.

« On dirait que… » balbutia le tchèque, incapable de terminer sa phrase.

McKay se dirigea à la fenêtre. L'horizon bougeait. Un gigantesque nuage de poussière s'éleva tout autour des bâtiments effilés pour masquer le paysage obscurci par la lumière déclinante du soir.

« Qu'est-ce qui se passe ? » fit Larrin.

Rodney n'en revenait toujours pas.

« Nous décollons ! » lança-t-il en lui jetant un regard stupéfait.