Hellow ! Désolée pour le retard ! Une panne d'inspiration passagère, et puis j'ai triché, parce que j'ai écrit le chapitre d'après avant celui là ! Mouahaha ! Mais chut ! C'est un secret ! Puis vous comprendrez quand vous arriverez à la fin de celui là !
En parlant du loup, c'est vraiment pas le plus intéressant. J'ai eu un peu de mal à le terminer, mais j'ai eu une illumination sur les derniers paragraphes (la musique du film m'a beaucoup aidé... Si si, c'est toujours utile ! ^^) et j'ai réussi ! Niarf ! X3 ... Euh, mouais bref ! Bon, je vous laisse lire ! Surtout, dites moi si c'est pas à votre goût, parce que j'ai vraiment l'impression d'avoir baclé ! Ah ! Et la suite arrive demain (Samedi, donc...) Bonne lecture !
Bienvenue au Terrier
Mon cri s'est brusquement arrêté lorsque mon menton a douloureusement heurté le plancher froid de l'intérieur de mon armoire. J'ai à peine eu le temps de secouer la tête que déjà, le corps endormi de Laura s'écrasait sur mon dos, me renvoyant embrasser le sol. J'ai gémi en tentant de me retourner, mais un corps inconscient pèse quand même foutrement lourd, et j'ai du pousser ma meilleure amie inanimée sur le coté dans l'espace réduit, nos pieds encore engagés dans le passage de Pitch, pour espérer me relever en titubant, aveuglée tant par le noir étouffant que par mes vêtements accrochés aux cintres et qui nous tombaient dessus, délogés par mes mouvements désordonnés et quelques peu paniqués.
Je ne voyais rien, et mon seul désir était de trouver la porte, de l'ouvrir pour qu'une lumière, aussi infime soit-elle, vienne chasser les ombres qui nous entouraient. Je sentais que c'était encore celles que Pitch contrôlaient, parce que les chuchotis ne cessaient pas, et j'ai du me retenir plusieurs fois de les chasser frénétiquement comme on tente d'éloigner une mouche. Je sentais le métal froid de ma cartouche de dents contre ma hanche, vibrant contre le tissu de mon pantalon, et étrangement, ça me donnait plus de force.
Mais où était cette fichue porte !?
De frustration, j'ai donné un coup de poing contre les planches en bois. J'aurais du me débarrasser de cette armoire il y a longtemps ! Et maintenant, après toutes ces péripéties, je me retrouvais, avec Laura dont l'esprit était soumis à un cauchemar, enfermée à l'intérieur de cette même armoire, avec dans notre dos l'entrée du repaire du Croquemitaine ! J'étais vraiment chanceuse !
Lorsque j'ai voulu frapper une seconde fois, cependant, j'ai senti ma main droite se mettre à trembler aussi brusquement que si quelqu'un venait de pincer le nerf dans mon poignet. Elle était engourdie, douloureuse, comme après une décharge électrique. La marque que m'avait laissée Pitch me faisait comme une brûlure presque honteuse. Je ne saurais pas expliquer le sentiment que je ressentais, à cet instant… Mais c'était horrible.
Qu'est ce qu'il m'avait fait ?
Du bruit, de l'autre coté de la paroi, m'a fait sursauter. Ca bougeait à l'extérieur. J'ai attrapé le bras de Laura et je l'ai passé par-dessus mes épaules avant de la traîner pour appuyer contre le bois de toutes mes maigres forces.
Et soudain, la porte que je devinais à peine dans cette obscurité s'est ouverte brusquement. J'ai entendu la serrure sauter…
Et comme on était appuyé sur une planche en bois qui s'est effacée devant nous, il a évidemment fallu qu'on tombe.
Encore.
J'ai atterri sur le sol de ma chambre en criant, mais je n'ai pas lâché Laura, dont les genoux ont tapé par terre avec un bruit sourd. Immédiatement, j'ai senti des bras poilus m'aider à me remettre debout, et j'ai croisé le regard émeraude de Bunny.
- « Tu vas bien, Petite Mouflette ? », m'a-t-il demandé en m'examinant sous toutes les coutures.
- « Elenor ! »
Je me suis retourné, pour me retrouver quasiment étouffée par Jack dans une étreinte fraternelle. J'ai cligné des yeux plusieurs fois, surprise et encore un peu perdue.
- « Merci ! Tu n'as rien ! Je n'ai rien pu faire quand cette ombre t'as prise, et le temps que j'arrives à vous suivre, tu avais déjà disparu ! On a appelé Bunny en renfort pour retourner te chercher ! », A lâché Jack avant de me tenir a bout de bras, cherchant une blessure quelconque.
Dans un pépiement sonore, une boule de plumes bleue m'a foncé dessus pour me faire un gros câlin. Beblue. Je l'ai tenue avec douceur contre mon cœur tandis qu'elle gazouillait à toue vitesse en tremblant. J'étais heureuse qu'elle soit sauve.
Sab s'est approché à son tour avec un air inquiet sur son visage rond. Les images qu'il a fait apparaître étaient claires, et j'ai hoché la tête pour les rassurer. A part cet étrange « cadeau » que m'avait fait Pitch et dont je me serais bien passé, peu importe ce que cela pouvait être. Mais bizarrement, je n'ai pas voulu leur montrer la marque. Ca pouvait paraître étrange, mais c'était comme si on me disait, au creux de l'oreille « Garde ça pour toi… Garde ça pour toi… ». Aussi n'ai-je rien dit. Je leur avouerai sans doute plus tard, ca ne me semblait pas si important… et cette marque était minuscule !
- « Je… Je vais bien. Pitch ne m'a rien fait », ai-je déclaré en tirant sans vraiment y penser sur ma manche pour qu'elle recouvre ma main, « Il m'a rendu Laura… Et mes souvenirs ! »
Les trois Gardiens m'ont regardé avec un air surpris. Il leur paraissait incroyable que Pitch ait pu faire preuve d'une telle …« miséricorde » ?
- « Il m'a dit qu'il pouvait me rendre mes souvenirs, à présent, pour que vous et l'Homme de la lune puissiez « … comprendre les conséquences de votre échec… »
- « Comment ça ? », a demandé Bunny en fronçant les sourcils.
Je lui ai jeté un regard qui signifiait bien que j'étais aussi perdue qu'eux. Mais pour l'instant, ce n'était pas les paroles noires du Roi des Cauchemars qui m'inquiétaient le plus.
Je me suis approchée de Laura, qui réagissait face à la lumière grésillante de la lampe qui s'était rallumée vaille que vaille. Depuis combien de temps n'avait-elle pas senti de véritable lumière lui caresser la peau ? Je m'en voulais tellement pour le temps qu'elle avait passé seule, là, en bas, à la merci des cauchemars du Croquemitaine.
Je me suis tournée vers le Marchand de Sable qui avait posé ses deux mains sur les tempes de la blonde avec un air grave.
- « Tu peux faire quelque chose ? », me suis enquise.
Sab n'a rien dit pendant quelques secondes, puis son visage s'est éclairé et il a hoché la tête. Une lumière dorée est apparue dans sa main gauche, qu'il a posée sur le front de Laura. Mais contrairement à ce que je pensais, son visage ne s'est pas complètement détendu.
- « Qu'est ce qui se passe ? »
Les images de Sab ont montré Laura étendue dans un bon lit tandis qu'il répétait plusieurs fois le geste qu'il venait de faire au dessus de la représentation de sable de mon amie.
- « Tu dis que ce n'est pas le genre de cauchemars habituel, Sab ? », a demandé Jack en s'accroupissant, les sourcils froncés.
Le bonhomme a de nouveau fait un signe de la tête, mais a ensuite expliqué par images que ce dont Laura avait besoin, c'était de repos et de lumière dans un endroit calme, en précisant que l'atelier de Nord ne conviendrait pas.
Beblue a penché la tête sur le coté sans lâche ma mèche de cheveux lorsque Bunny s'est redressé.
- « Dans ce cas, va falloir que ce soit chez moi. Ca ne m'enchante pas plus que ça, d'avoir une humaine dans mon domaine, mais s'il le faut… Elle sera à l'abri, là bas. »
- « Je viens. », ai-je déclaré d'un ton ferme, « Je veux m'occuper d'elle. »
Bunny m'a regardé quelques instants avant de soupirer.
- « Tu es sure de toi, Mouflette ? Parce que… »
- « S'il vous plait ! Je l'ai abandonnée dans un lieu horrible pendant trois jours ! Hors de question que je la laisse tomber quand elle a besoin de soins ! C'est ma meilleure amie ! »
Bunny hésitait encore, et j'avais peur qu'il refuse malgré mes arguments. Mais je refusais de laisser Laura toute seule. Si elle se réveillait dans un endroit inconnu, en plus…
- « Je ne fais pas de bazar, promis ! », ai-je ajouté en serrant la main de Laura avec force.
Le Lapin de Pâques a fini par secouer la tête en lâchant un soupir de compétition.
- « Bon, d'accord ! Mais attention, hein ! Mes œufs sont des denrées périssables ! »
J'ai fait un oui ferme de la tête. Tout pourvu que je puisse m'occuper de Laura !
Jack s'est redressé et s'est dirigé vers la fenêtre qu'il a ouverte avec un coup agile de son bâton sur le loquet, Quenotte s'installant dans sa capuche de manière plus confortable. Un vent froid s'est engouffré dans la pièce.
- « Je vais prévenir Nord des derniers évènements », a-t-il lancé, « Le Kangourou, fais attention à ne pas les gaver de chocolat ! »
Bunny s'est hérissé et ses oreilles se sont plaquées sur son crâne tandis que Sab levait les yeux au ciel.
- « Je ne gave pas les enfants de chocolat, nom d'un œuf peinturluré ! File, l'Engelure, si tu veux pas te prendre un coup de pied aux fesses ! »
- « Moi pour ce que j'en dis… »
Bunny a du sortir l'un de ses boomerangs et menacer de le lancer pour que Jack s'envole, cueilli par le vent de Novembre et poursuivi par l'écho de son rire malin. En grommelant, le Lapin de Pâques a rangé son arme et a croisé l'air blasé de Sab.
- « Quoi ? », a-t-il ronchonné avant de faire un geste énervé de la patte, « Peu importe ! Allez, on y va ! ».
Il s'est avancé vers moi et m'a fait signe de monter sur son dos. Je l'ai fixé avec de grands yeux.
- « Allez ! Tu tiendras pas pour le terrier, sinon ! », a-t-il fait.
- « Mais… Et Laura ? »
- « Sab s'en occupe, ne t'inquiète pas. Allez viens ! »
Et c'est comme ça que je me suis retrouvée accrochée au dos de nul autre que le Lapin de Pâques ! Il avait une fourrure épaisse, mais plutôt douce, ce qui m'a étonné venant d'un personnage dégageant autant de force. Ses boomerangs me gênaient moins que je ne l'aurais cru, même si certains mouvements m'envoyaient les pointes de ses armes dans le ventre. Je n'avais pas lâché la manche qui recouvrait ma main marquée.
- « Prêts ? », a-t-il demandé en se redressant, ce qui m'a forcé à m'accrocher plus fort encore.
Sab a à peine eu le temps d'envelopper Laura d'un doux nuage de sable doré, j'ai senti Beblue s'enfoncer davantage dans mon col, puis Bunny a levé sa puissante patte arrière et l'a frappé sur le sol de ce qui restait de ma chambre. Le bruit qui en a résulté était incroyable. C'était comme s'il existait sous la sol de la pièce un vide. J'ai entendu le sol s'effondrer, avant qu'un trou comme celui dans lequel Bunny et Jack avaient disparu au Pole Nord n'efface le plancher de ma chambre, faisant fleurir une odeur d'humus et de sous bois humides. Sab a foncé dedans en entraînant Laura, et Bunny a sauté dedans à pieds joints en criant :
- « Tiens toi bien ! Géronimoooo ! »
OOO
Le vent sifflait à mes oreilles tellement on allait vite. On pouvait être sur que Bunny n'avait plus à prouver sa vitesse, au moins ! C'était grisant !
On a rapidement dépassé Sab, qui n'était déjà pas lent, et on accélérait encore. Mon monde, ma vision, tout s'était réduit à un univers de vert, de brun et d'ocre, tandis que les longs poils de Bunny me fouettaient les doigts. J'étais couchée sur son dos et lui galopait, véritable flèche grise et noire, montant sur les parois de ce qu'il appelait son terrier, tout en criant de joie. J'étais personnellement bien trop impressionnée pour crier, mais je comprenais ce qu'il ressentait… Et pourquoi il m'avait dit que je ne tiendrais pas !
J'ai senti un pic de douleur dans ma main droite, ce qui a déclenché un mouvement soudain de ma part, mais je n'ai pas regardé, me contentant de desserrer légèrement ma prise de ce coté là. Je m'efforçais d'oublier ce que Pitch avait pu me faire, même si une petite voix me soufflait que ce n'était pas la chose à faire…
Finalement, Bunny a à moitié tourné la tête vers moi :
- « Tu t'accroches toujours, petite mouflette ? »
J'ai hoché la tête, incapable d'émettre un son. J'avais envie de pleurer à cause du vent qui me desséchait les yeux.
- « Bien, alors on y va ! »
Il a encore accéléré, si c'était possible, et la seule chose qui est devenue alors bien visible a été le cercle de lumière, en haut d'une montée que Bunny a attaqué sur les chapeaux de roues, au détour d'un virage particulièrement serré. J'ai instinctivement serré les genoux et j'ai fermé les yeux lorsque Bunny, avec le formidable élan qu'il avait, a ramené ses pattes arrière sous lui avant d'exercer une poussée qui nous a propulsé à travers le cercle de lumière d'un seul coup. Ce n'est que lorsque un choc sourd, qui nous a fait trembler tous les deux, m'a indiqué qu'on avait retrouvé le sol que j'ai osé les rouvrir…
Avant de les écarquiller de stupeur.
L'atelier de Nord était empli d'une beauté brute, celle que l'on trouve au cœur de l'hiver, dans la chaleur entourant un feu de bois qui crépite dans la cheminée d'un robuste chalet de montagne. Le Palais de Fée était magnifique, lui aussi, mais dans une beauté figée, éternelle, qui ne changeait pas et ne changerait jamais.
Le Terrier de Bunny était encore radicalement différent des deux précédents lieux de légendes qu'il m'avait été donné de voir.
Ici, c'était la beauté du Printemps qui prévalait. Cette douceur éphémère, qui charme tout, et fait revivre la nature encore ensommeillée par l'engourdissement de l'hiver. Une lueur ressemblant à celle d'un soleil invisible dispensait une chaleur douce et un parfum sucré flottait entre les branches de magnifiques cerisiers couverts de fleurs roses éclatantes de vie.
En fait, le Terrier de Bunny ressemblait à un jardin japonais retourné à l'état sauvage, avec ces imposants rochers couverts de mousse épaisse, ces fleurs sublimes…
Et ces statues géantes en forme d'œuf qui se penchaient sur moi.
Je me suis recroquevillée face à ces masses de roc taillées. Juchées sur deux pattes, elles arboraient des airs sévères, la bouche vers le bas et les sourcils froncés.
…J'avais fait quelque chose de mal ?
- « Allez, allez, mes cocos, du calme, c'est une invitée », est intervenu Bunny avec un rire dans la voix.
Dès que la voix du Lapin leur est parvenue, les œufs ont tout simplement fait tourner leur tête ovale, et des visages souriants sont venus remplacer les airs patibulaires.
OK. Œufs de pierre : Gardiens des lieux. Je me suis dit que j'allais faire très attention à ce que je ferais tant que je serais chez Bunny. Aucune envie de me faire piétiner !
Dans un souffle, Sab est finalement arrivé avec notre blessée, et je me suis désintéressée des œufs de pierre pour m'enquérir de l'état de Laura. Et ca m'a rassuré de voir qu'elle arborait déjà un air plus calme encore qu'avant. La magie de Sab opérait, et j'ai adressé un regard reconnaissant au petit bonhomme.
Bunny s'est approché à son tour et s'est accroupi pour observer Laura.
- « Elle me fait penser à ma petite mouflette de Sophie, ton amie… »
Je l'ai regardé en fronçant les sourcils.
- « Sophie ? Sophie qui ? »
Bunny a paru sortir de sa rêverie, puis a fait un geste de la main en m'indiquant de ne pas y faire attention.
- « Bah ! Je me fais vieux ! Sab », a-t-il déclaré en se redressant, « Tu peux l'emmener près de la Source Arc en Ciel. Là bas il y aura tout ce qu'il faut pour qu'elle se repose… »
Sab a eu un sourire en faisant un mouvement de tête, puis a emmené son nuage comme on prend un brancard occupé par un malade ou un blessé.
- « Tu veux les suivre ? », m'a demandé Bunny.
J'ai hoché la tête avant d'emboîter le pas au Marchand de Sable. La voix du Lapin de Pâques m'est encore vaguement parvenue, à propos d'œufs à peindre d'une certaine couleur, puis le son d'une cascade rugissante a couvert tout le reste… Et j'ai du piler avant de sauter à pieds joints dans une rivière.
Sauf que ce n'était pas de l'eau.
Mais de la peinture.
Devant moi dansaient toutes les couleurs imaginables, pétillantes de vie, étincelantes d'énergie, brillantes de toutes leurs forces. C'était envoûtant, magique, ensorcelant. Subjuguée, je me suis accroupie en évitant les gouttelettes multicolores que projetait dans tous les sens une imposante cascade entourée de rochers moussus, mais ça n'a pas épargné ma veste qui s'est retrouvée piquetée de taches arc en ciel. J'ai gloussé comme une enfant lorsque Beblue, hypnotisée, a voleté jusqu'à une pierre au milieu du courant pour observer ce phénomène de plus près en manquant de se casser la figure dedans ! Elle aurait été belle, tiens ! La minuscule fée n'a d'ailleurs pas pu s'en empêcher et y a plongé un doigt… Pour le ramener étincelant de couleurs ! Riant aux éclats, Beblue a attrapé la plus longue de ses plumes et y a déposé des points de peinture, contrastant fortement avec le bleu de sa parure.
- « OK, OK, ca suffit, petite boule de plumes », ai-je ri en l'attrapant, « On va te retrouver peinturlurée de toutes les couleurs et ce sera impossible de te différencier des œufs après ! »
Beblue a soufflé d'un air offensé, mais je la connaissais à présent assez pour savoir qu'elle jouait la comédie. Il faut dire qu'elle avait raison : C'était tentant d'y plonger un doigt.
Malgré ses faux cris de protestation, j'ai approché ma main droite de cette eau étrange et je l'ai effleurée du bout du doigt. La consistance était plus épaisse que de l'eau habituelle, mais aussi plus chaude et plus douce…
Sauf que quand je l'ai touchée, il s'est également passé autre chose.
Il était facile de voir le courant, avec le rouge et le jaune pétillant qui ondulaient en minces filaments au milieu du orange, du bleu, du rose et du vert… Alors le sillon noir comme de l'encre qui est parti de mon doigt a été parfaitement visible.
Stupéfaite, horrifiée, j'ai immédiatement retiré mon index. Dès que le contact s'est rompu, la couleur noire a cessé de couler, et le peu qui s'était enfui avait déjà disparu avec les autres couleurs. J'ai essuyé mon doigt dans l'herbe avant de regarder ce qui pouvait bien avoir causé ça. Mais il n'y avait rien. La peau était parfaitement normale. Beblue ne comprenait pas plus que moi, et me tournait autour avec angoisse en pépiant et en agitant ses plumes.
C'est alors que je me suis rappelée.
En me mordant la lèvre, j'ai lentement ouvert le reste de ma main, alors en poing serré… Lorsqu'elle a vu ce qui s'y trouvait, Beblue s'est soudainement figée, pale comme un linge.
La marque était plus noire que jamais au creux de ma paume, et cela se voyait encore plus à la lumière. Les sillons dessinaient sous ma peau comme des racines attaquées en profondeur par quelque mal inconnu, ou comme des doigts aveugles tâtonnant dans le noir à la recherche d'un précieux trésor qu'ils auraient perdu.
… Et j'aurais juré qu'elle était plus grosse que tout à l'heure.
Je me suis mise à trembler. C'est maintenant que je me rendais compte que la douleur, à part pour l'épisode dans le terrier de Bunny lorsque j'étais sur son dos, ne s'était plus manifestée. A la place, je sentais un froid mordant, mauvais, ce froid qui s'accompagne d'engourdissements désagréables, s'étendre lentement vers mes doigts crispés et tendus.
Qu'est ce que Pitch m'avait fait ?
Beblue s'est approchée avec hésitation, comme si elle avait peur de ma propre main, a agrippé mon petit doigt en approchant son nez pointu tout près de la marque. Puis elle a fait une grimace avant de se remettre à pépier. Pas besoin d'être devin pour comprendre ce qu'elle disait :
Qu'est ce qui s'était passé ?
Est-ce que ça faisait mal ?
Et surtout : Pourquoi ne l'avais-je pas dis aux Gardiens ?
J'ai évité son regard. Je ne savais pas moi-même. Tout ce dont j'étais sure, c'était que cette marque, où quoi que ce soit, n'allait être bénéfique à personne sauf à celui qui l'avait causé.
Pitch.
Mais ce que je voulais savoir, c'est pourquoi ?
Je me suis laissée tomber sur une pierre, sentant un début de migraine m'agresser les tempes, que je me suis massée en fermant les yeux. Beblue s'est accrochée à mon nez avec inquiétude, et je l'ai attrapée en douceur avec ma main non souillée en poussant un soupir.
- « Je ne sais pas quoi faire, Beblue… », Ai-je marmonné, « Je ne suis qu'une fille qu'on a jeté dans cette histoire sans lui expliquer comment les règles fonctionnent… C'est vrai ! », Ai-je ajouté lorsque je l'ai vue faire un non ferme de la tête, « Je suis ordinaire ! Commune ! Je suis même une trouillarde de compétition !... J'aurais juste… Bien aimé savoir… »
Je sentais la déprime monter, prête à se mettre au même niveau que ma peur. La Peur… Tss… J'avais Peur pour Laura, pour mes parents, pour Fée, pour les Gardiens que j'avais appris à aimer. Et puis j'avais peur de Pitch, de la Mort, des Hauteurs…
Peur du noir.
Comme une petite fille.
- « …J'imagine qu'il n'y a pas d'âge pour la Peur, pas vrai ? », me suis-je savamment déclarée.
Beblue a penché la tête sur le coté face à ma question bizarre, puis son regard s'est baissé, ses yeux se sont brusquement écarquillés et elle s'est mise à sautiller en faisant de grands signes et en gazouillant. Je l'ai regardée sans comprendre, avant que je ne la voie trottiner sur ma manche, longer mon ventre et se mettre à tirer sur un demi cylindre doré enfoncé dans ma poche…
Ma cartouche !
Je me suis redressée et j'ai tiré l'objet tant convoité d'un coup sec, rattrapant la petite fée pour éviter qu'elle ne se casse la figure. Mais oui ! Je l'avais complètement oubliée ! J'avais enfin mes réponses ! J'allais enfin pouvoir savoir la vérité ! J'allais enfin…
Je me suis figée.
Je saurais enfin tout. J'aurais de nouveau mes souvenirs.
Mais… Si mes souvenirs étaient justement perdus parce qu'ils étaient trop horribles ? Après tout… Il y avait bien une raison pour que j'aie oublié ce qui s'était passé, sept ans plus tôt, non ? Et Pitch avait dit qu'il était présent, ce soir là…
Seule une fine languette de métal me séparait des réponses à mes éternelles questions, et je me retrouvais à hésiter ! Et Beblue qui me regardait avec ses grands yeux violets et un air incroyablement tranquille, que je ne lui connaissais pas. Elle tenait effectivement de Fée, pour ce qui était des souvenirs et de la mémoire…
Je crois bien que c'est son regard qui m'a finalement convaincu. J'ai souri en retenant mon souffle, puis j'ai reporté mon propre regard sur la cartouche qui étincelait sous cet étrange soleil invisible, et là, près de cette étrange rivière multicolore, comme si un Arc en Ciel y avait déversé ses larmes, j'ai effleuré ma boite à souvenirs, me faisant engloutir par une intense lumière qui m'a donné l'impression de revenir en arrière, loin, loin, loin…
Dans mon passé.
Faut vraiment que je vous aime pour finir mon chapitre à une heure pareille !
Pitch : En même temps, si tu va voir Bilbo le Hobbit au cinéma au lieu de continuer à écrire...
Ah oui, c'est vrai ! =^^'=
Le prochain chapitre est pour très bientôt, donc... Et là, vous saurez tout ! (J'ai plus qu'à espérer qu'ils me prennent pas pour une tordue... Nan, ferme la, Pitch, je sens que tu vas dire une connerie !
Pitch : Bah, en même temps, ils te prennent déjà pour une tordue...
Je t'avais prévenu.
Pitch *S'enfuit* : NAAAAAAAANNNNN !)
N'oubliez pas les reviews, même si ce chapitre est plutôt nul ! ^^
