Chap 25 : Départ.

-Cité d'Atlantis-

Richard Woolsey arriva devant la porte de la chambre de Jennifer Keller. Il tenait un petit paquet bleu entouré d'un ruban blanc. Le docteur Beckett lui avait dit qu'elle, Rodney et leur fille avaient quitté l'infirmerie quelques heures plus tôt pour s'installer plus confortablement dans leurs quartiers.

Le dirigeant d'Atlantis frappa et le scientifique vint lui ouvrir.

« Ah ! Mr Woolsey ! Entrez ! » s'exclama Rodney tout joyeux.

Jennifer était alitée et tenait Sarah dans ses bras.

« Bonjour à vous trois. Je suis passé voir comment vous alliez. »

« Nous allons bien, merci. » répondit Jennifer encore un peu pâle mais irradiant de bonheur.

La petite fille était endormie au creux des bras de sa mère, enroulée dans une petite couverture.

« Je peux ? » demanda Woolsey un peu hésitant.

« Je vous en prie » l'encouragea Rodney. « N'est-elle pas magnifique ? Tout le portrait de sa mère, mais je crois qu'elle a mon nez... ».

Richard s'approcha pour admirer l'enfant de plus près. Effectivement, elle était minuscule mais très mignonne.

« Je vous ai apporté ce petit présent…Je suis navré, vu les évènements, je n'ai pas pu trouver de cadeau pour le bébé alors voilà quelques chocolats… »

« Merci Richard. » apprécia Jennifer.

« Oui merci ! » ajouta Rodney en saisissant le paquet énergiquement.

« Rodney… » gronda Jennifer.

« Quoi… On peut en goûter un quand même ! » répliqua le physicien qui avait déjà arraché le papier et le ruban.

« Nous avons tous appris ce qui s'est passé dans la salle de stase. Ce que vous a fait James Walter, son intention d'administrer à Todd son nouveau sérum et comment ce Wraith vous a aidé à accoucher. » fit Woolsey.

« Sans Todd, Sarah et moi serions mortes… ça fait bizarre de dire ça… »

« Effectivement, les Wraiths ne nous ont pas habitué à tant de sollicitude, mais il semble que Todd défie toutes les règles : d'abord Amélia, puis vous deux… »

« Il a vraiment été tué ? » demanda Jennifer avec une certaine tristesse dans la voix.

« J'en ai peur… Il était dans la ruche qui nous a attaqués quand nos vaisseaux l'ont détruite. »

La doctoresse baissa les yeux vers sa fille qui respirait doucement. C'est alors que l'on frappa une nouvelle fois à la porte. Rodney retourna ouvrir et tomba nez à nez avec Larrin.

« Ah, c'est vous ! » lança-t-il un peu étonné.

« Oui euh… Désolée, je ne savais pas que vous aviez déjà de la visite, je peux repasser plus tard. »

« Non, je vous en prie, entrez ! »

Jennifer et Richard Woolsey furent un peu surpris. D'habitude, dès qu'ils étaient dans la même pièce, ces deux-là ne pouvaient s'empêcher de se quereller.

« Bonjour, je suis passée prendre des nouvelles avant de partir. Et je voulais vous donner ça. »

Larrin s'approcha du lit et tendit à Jennifer une petite poupée de chiffon. Jennifer, un peu étonnée, ne put retenir un grand sourire en prenant le présent de la Traveller.

« C'est moi qui l'ai fabriquée avec les moyens du bord, alors elle n'est pas tout à fait… »

« Elle est parfaite. » la coupa Jennifer en levant des yeux emplis de gratitude vers la jeune femme.

« Merci….»

Tout le monde tourna la tête vers Rodney.

« Merci Larrin de m'avoir sauvé la vie et d'avoir sauvé celle de ma fille. »

La jeune femme, plus que les autres, fut saisie par la sincérité des paroles de Rodney. Il faut dire qu'elle n'avait pas été habituée à cela. Touchée par les mots du scientifique, elle préféra jouer la carte de l'humour pour masquer son trouble .

« J'espère que cette enfant n'a pas hérité de votre sale caractère ! »

« Le votre n'est pas mal non plus… » rétorqua Rodney.

OoooooO

Carson se dirigea vers le transporteur. Il savourait enfin la barre chocolatée qu'il était allée chercher au mess et dont il rêvait depuis bientôt trois heures.

Au détour du couloir, il faillit percuter une jeune femme qui portait deux énormes valises rouges.

« Oh ! Désolé je… Oh c'est vous Amélia ! Pardonnez-moi je marchais un peu vite, on m'attend à l'infirmerie. »

« Je ne vous avais pas vu non plus » répondit la jeune femme. « Excusez-moi, je suis un peu pressée moi aussi, on m'attend dans le hangar à jumper.» lança-t-elle en continuant sa route.

Carson la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle atteigne le bout du couloir et, avant qu'elle n'arrive au croisement, il s'écria.

« Vous passerez voir Ronon aujourd'hui ? »

Trop tard. La jeune femme avait disparu.

OoooooO

« Colonel Sheppard, je suis ravi que vous alliez bien. »

« Merci. » répondit le militaire qui tenait Torren sur ses genoux.

Le petit garçon avait encore des traces de chocolat sur la joue et s'amusait avec un gobelet en papier récupéré au mess et transformé en avion par John.

« Vous n'avez donc aucun souvenir de ce qui s'est passé ? » demanda Richard Woolsey.

« Aucun. J'ai visionné la vidéo de la salle de la porte. Teyla n'aurait jamais fait ça si elle n'avait pas subi un lavage de cerveau. Quand à mes « pouvoirs », je ne l'explique pas. J'imagine que ce médaillon n'est pas étranger à tout ça. » fit-il en déposant l'objet sur le bureau du dirigeant. « D'ailleurs, j'aimerais qu'il retrouve son propriétaire… ».

« Je vais voir ce que je peux faire. » répondit Woolsey. « Vous avez parlé d'une femme qui murmurait votre nom… »

Sheppard passa sa main dans ses cheveux, les ébouriffant un peu plus.

« C'est assez confus… »

« Le professeur Jackson a émis l'hypothèse qu'un être « ascensionné » Dylonien aurait pris possession de votre corps pour nous aider à lutter contre les Wraiths. »

« J'ai eu des visions furtives de quelqu'un en effet… Une femme… Elle ressemblait un peu à Teyla et elle m'appelait par mon prénom. A part çà, je suis comme vous, stupéfait quand je vois ce qui c'est passé dans la salle. »

« Bien, écoutez, l'essentiel c'est que vous ayez sauvé Atlantis et que tout soit rentré dans l'ordre. »

« Nous avons eu des pertes. »

« Je sais » répondit Woolsey sur un ton grave. « Mais sans votre intervention, cela aurait pu être pire… ».

« Si vous le permettez à présent, j'aimerais aller voir Teyla. »

« Bien sur, allez-y, je vous libère. »

OoooooO

Ronon ouvrit péniblement les yeux. Sa bouche était sèche et son esprit avait du mal à sortir de l'étreinte ouatée du sédatif qu'on lui avait administré. Il tenta de lever son bras vers la carafe posée à son chevet. Mais une infirmière le devança et lui offrit un verre d'eau ainsi qu'un sourire.

« Vous êtes réveillé, c'est bien, je vais chercher le docteur Beckett. »

Quelques instants plus tard, Carson écarta le rideau de séparation et examina le Satédien.

« Pas de vertiges, de nausées… »

« Non. »

« Des maux de têtes, des fourmillements, des bourdonnements dans les oreilles ? »

« Non. »

« Suivez mon doigt » ordonna le médecin en présentant son index devant le visage de Ronon. Le Satédien s'exécuta.

« Vous avez quatre côtes cassés, de multiples contusions sur tout le corps et une micro fissure de la boite crânienne. Vous allez rester ici encore une semaine. »

Ronon soupira en fronçant les sourcils. « Qu'est-ce qui s'est passé après l'intervention de Sheppard ? »

Carson lui fit un récit détaillé des évènements et lui apprit les dernières nouvelles. La victoire sur les Wraiths, la naissance de Sarah McKay et la mort de Todd et des clones. L'état de santé de Sheppard et celui de Teyla…

Le visage de Ronon se ferma. Il resta un instant le regard fixe, les poings serrés sur sa couverture. Il sembla plus ou moins digérer le flot d'informations. Puis, sortant de sa léthargie, il releva les yeux vers Carson.

« Vous avez vu Amélia ? Elle va bien ? » demanda-t-il.

Le docteur Beckett répondit en souriant.

« J'ai l'impression que cette jeune femme vous aime beaucoup… Elle vient passer tous ces moments de libre assise là sur cette chaise près de votre lit… »

Ronon prit une profonde inspiration. Ces traits se détendirent.

« J'ai aussi entendu dire que son ex-mari, Justin Wilson avait eu quelques ennuis et que son départ d'Atlantis a été avancé. D'ailleurs, Melle Banks a également reçu les félicitations de la part de l'émissaire du président pour son attitude lors de l'attaque et je crois même qu'elle a eut une promotion… »

« Une promotion ? » fit Ronon en se redressant sur son lit.

« Oui… C'est Chuck de la salle de contrôle qui m'en a parlé hier. »

Le visage du Satédien se crispa. Une promotion. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Alors soudain, il repensa au dossier rouge dans la chambre de la jeune femme.

« Quand à Wilson, il repart sur le Hammond aujourd'hui. » ajouta Carson tout en vérifiant la perfusion de l'ex-runner. « D'ailleurs, j'ai croisé Amelia il y a dix minutes. Elle m'a dit qu'elle se rendait au hangar à jumper. Elle portait deux énormes valises et … »

Contre toute attente, Ronon rabattit ses couvertures et arracha sa perfusion.

« Mais, Ronon ! Qu'est que vous faites ! » s'écria Carson.

Le Satédien ne l'écoutait pas. A peine eut-il posé un pied au sol, qu'il sentit la pièce tournoyer. Il s'appuya contre le montant du lit et prit quelques secondes pour que le malaise s'estompe. Le docteur Beckett prit son courage à deux mains et fondit sur lui pour le maitriser.

« Ronon ! Vous ne pouvez pas vous lever enfin ! »

Peine perdue, Ronon le repoussa doucement mais fermement et s'élança vers la sortie, en pyjama et pieds nus.

OooooooO

Kanaan s'arrêta au pied de la salle qui avait été spécialement aménagée près de l'infirmerie pour tenir lieu de salle d'attente. Des sofas y avaient été installés et l'Athosien observa silencieusement la scène : John Sheppard, endormi sur un des canapés avec dans ses bras, le petit Torren, la tête appuyée contre sa poitrine.

Kanaan fut aussitôt assailli par un flot d'émotions contradictoires. La vision de son fils dans les bras du militaire le gêna au départ. Puis, la certitude que l'amour de son fils lui était définitivement acquis et la reconnaissance qu'il ressentait envers cet homme face à lui, effacèrent ses idées sombres. Teyla avait besoin d'eux en ce moment. Elle avait besoin de chaque personne susceptible de la soutenir dans cette épreuve. L'homme qu'elle aimait, son fils, ses amis, et lui qui faisait encore partie intégrante de sa vie.

Il fut tiré de ses réflexions quand John ouvrit les yeux et tourna la tête vers lui.

« Kanaan… Torren s'est endormi… » marmonna le militaire encore à demi-ensommeillé.

« Il faudrait le réveiller. Le docteur Lam a dit qu'elle avait fini avec Teyla. Nous pouvons la voir. »

OooooO

Il régnait dans le hangar à jumper une effervescence peu commune. Une cinquantaine d'hommes et de femmes s'activaient comme des fourmis pour remettre les installations en état. Une zone avait été spécialement définie pour la téléportation de personnel et de marchandises. Le Hammond partait le jour même, emmenant avec lui, les membres de la commission ainsi que Justin Wilson tombé en disgrâce. Gregory Jensen lui avait promis une sanction exemplaire à son retour sur Terre.

Amélia, tout essoufflée, déposa les deux grosses valises devant la zone de départ avant de rajuster sa queue de cheval.

Soudain, Ronon Dex déboula dans le hangar d'un pas déterminé et se dirigea droit sur la jeune femme. L'apparition de ce géant en pyjama blanc de l'infirmerie fit grand effet. Tout le monde stoppa ses activités pour tourner la tête vers lui. Amélia fut stupéfaite quand il vint se planter devant elle.

« Ronon ! Mais qu'est-ce que tu fais là ! » s'écria-t-elle.

« Je dois te parler. »

« Mais… »

« Je suis au courant pour la promotion et … ». Le Satédien marqua une pause. Il parut enfin réaliser que tous les regards étaient braqués sur lui. Puis, après une courte hésitation, il prit les mains de la jeune femme dans les siennes. « Je ne veux pas que tu partes. » lança-t-il.

« Ronon… » balbutia la jeune femme encore un peu interloquée.

« Pardonne-moi de t'avoir blessée. Larrin a dit que tu m'avais vu sur la digue. Cette femme m'a rappelé certaines choses de mon passé. Et… »

« Ronon… » tenta à nouveau la jeune femme.

« S'il te plait, reste. Tu sais que ce n'est pas facile pour moi d'exprimer certaines choses et je comprends que je t'ai fait souffrir mais… » le Satédien jeta un regard circulaire sur le hangar.

Instantanément toutes les personnes autour du couple reprirent leurs occupations comme si de rien n'était.

Ronon soupira et plongea son regard vert dans les yeux sombres d'Amélia. Il combla d'un pas l'espace qui les séparait et posa sa main sur la joue de la technicienne.

« Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée ici… »

« Ronon… »

Le Satédien se pencha vers elle. Les spectateurs se figèrent. Ronon s'arrêta à quelques centimètres de son visage. Amélia sentit l'haleine chaude de l'ex-runner sur ses lèvres

« J'aurais dû te le dire depuis longtemps… » murmura-t-il.

Amélia retint son souffle.

« Je… »

« Enfin vous voilà ! » s'écria Carson Beckett qui profita de l'effet de surprise pour injecter une dose de tranquilisant dans le cou du Satédien.

Ronon sursauta avant de commencer à vaciller. Le médecin, plutôt heureux de ne pas avoir râté son coup, fit signe aux quatre infirmiers qu'il avait fait venir avec lui pour soutenir l'ex-runner. Amélia, prise au dépourvu, regarda Ronon lentement perdre connaissance et être récupéré par les quatre hommes qui l'installèrent sur un brancard.

Carson Beckett, son pistolet à injection à la main, s'essuya le front avec sa manche, visiblement contrarié par le fait d'avoir du fouiller une bonne partie de la cité pour trouver son patient récalcitrant.

« Cet homme est incroyable ! Il a un traumatisme crânien ! »

Amélia restait sans parole à dévisager Carson.

« Soit le cerveau est plus touché que je ne le pensais, soit il est sacrément amoureux de vous ! »

Le médecin suivi le brancard qui reconduisait Ronon à l'infirmerie, laissant la jeune femme le cœur battant la chamade au milieu du hall. Ses joues avaient viré au rouge et elle sursauta quand Larrin lui adressa la parole.

« Ah Amy, vous êtes là. C'est Ronon que je viens de voir allongé sur ce chariot là ? »

« Euh…Oui…. » balbutia la jeune femme en reprenant ses esprits.

« Il n'est pas sensé être à l'infirmerie ? »

« Si…Si… Euh, Larrin, voilà, j'ai mis quelques affaires pour votre peuple dans ses valises. J'ai récupérées deux ou trois choses au mess et auprès des habitants d'Atlantis. Il y a des vêtements, du chocolat, des médicaments et des bonbons pour les enfants. Ce n'est pas grand-chose je sais… »

Larrin, un peu surprise, remercia chaleureusement la jeune femme. Puis, en voyant les portes du transporteur se refermer lentement sur Carson et le brancard, au fond du hangar, elle ajouta en souriant à la technicienne : « Il vous aime. Et vous avez de la chance de l'avoir. »

« Je sais. » répondit Amélia. « C'est pour cela que je ne compte aller nulle part… »

OooooO

John entra dans la chambre, suivi de Kanaan qui portait Torren dans ses bras. Teyla était allongée, les bras et les jambes retenues par des sangles de cuir. A la vue de la jeune femme attachée de la sorte, sans réaction et le regard vide, John sentit enfin la lame du poignard transpercer son cœur.

Il avança vers le lit et posa sa main sur le front de l'Athosienne. Aucune réaction.

A la vue de sa mère, Torren se mit a gigoter dans les bras de son père et à tendre les mains vers elle en gémissant.

Kanaan se tourna vers le docteur Lam restée en retrait.

« Je peux ? » demanda-t-il.

La doctoresse acquiesça. Alors Kanaan déposa l'enfant sur le lit. Le petit garçon, à genoux, agrippa la blouse de sa mère et se mit à tirer dessus.

« Maman… » gazouila-t-il avec un grand sourire.

John leva les yeux vers Kanaan. Les deux hommes s'étaient postés de chaque côté du lit et le militaire avait glissé ses doigts dans la main de la jeune femme.

« Maman ? ».

La petite voix de Torren se fit de plus en plus inquiète. Sa mère ne lui répondait pas.

« On devrait… » commença Sheppard qui croisa le regard désespéré de Kanaan.

Peut-être valait-il mieux éloigner Torren qui continuait de secouer Teyla. L'enfant remonta un peu plus vers le visage de sa mère et plaça sa bouille ronde devant les yeux ternes de l'Athosienne. Ses

Petits doigts se posèrent sur les joues crayeuses de la jeune femme.

« Maman… » appela-t-il une nouvelle fois.

Puis, son visage changea. Il perdit son sourire et ses yeux s'embuèrent de larmes. Il ne comprenait pas. Sa maman ne l'aimait-elle plus ? Pourquoi est ce qu'elle ne le regardait pas ? Pourquoi est-ce qu'elle ne l'embrassait pas ? Cela faisait si longtemps qu'elle l'avait laissé. Avait-il fait quelque chose de mal ?

Cette fois, c'est était trop. John s'apprêtait à récupérer l'enfant quand soudain Kanaan bloqua son bras. L'Athosien avait le visage rivé sur celui de Teyla.

« Regardez. » souffla-t-il les yeux écarquillés.

Torren, toujours penché sur sa mère caressait sa joue avec sa main potelée. L'enfant s'était mis à pleurer à présent et les gouttes d'eau salée tombaient sur le visage de marbre de sa mère. Mais à chaque impact des larmes de son fils sur sa peau, Teyla clignait des yeux.

John agrippa sa main et serra plus fort. Il se pencha vers elle tandis que Kanaan fit de même.

« Teyla. Tu m'entends ? »

« Teyla ? » l'imita l'Athosien.

Torren embrassa la joue de sa mère tandis que John caressait son front. Il sentit un flot de d'électricité parcourir ses doigts.

« Teyla, tu dois revenir…Il faut que tu reviennes…Teyla… » souffla-t-il.

Un nouveau clignement de paupière. Une lueur. Minuscule, dans les prunelles de la jeune femme. Et soudain, John sentit des doigts serrer les siens.

« Je suis là, c'est moi, John. » murmura-t-il encore une fois dans son oreille.

Le voile se leva. La lumière revint. La jeune femme prit une profonde respiration. Comme si elle reprenait son souffle après être remontée loin des profondeurs de son esprit. Ses yeux bougèrent aussi. Ils se portèrent d'abord sur Torren, puis sur John et enfin sur Kanaan.

Les deux hommes se regardèrent avec étonnement.

« Docteur Lam ! » s'écria John.

La jeune femme s'approcha tandis que John reprenait Torren dans ses bras et s'écartait pour la laisser passer la doctoresse.

« Je… Où suis-je ? »

La voix de l'Athosienne emporta avec elle la douleur ancrée dans la poitrine de John. Kanaan passa ses mains sur son visage et soupira de soulagement. Torren gazouillait à nouveau.

Carolyn Lam fit sortir tout le monde et appela Carson Beckett. Ce n'est qu'au bout d'une heure que John, Torren et Kanaan purent à nouveau rentrer dans la chambre et retrouver une Teyla libre et assise dans son lit. Apparemment, l'emprise exercée sur l'Athosienne avait disparu mystérieusement. Torren fondit dans ses bras. La jeune femme couvrit son fils de baisers. Kanaan, rassuré, préféra s'éclipser mais John l'aperçut en train de franchir la porte.

« Ou allez-vous ? » demanda-t-il.

« Je vous laisse un instant seuls. J'ai plusieurs choses à régler pour mon départ. Je repasserai plus tard. »

D'un regard, les deux hommes se comprirent et John, d'un signe de tête, remercia l'Athosien. Puis, se tournant vers Teyla, il prit le visage de la jeune femme dans ses mains en s'asseyant près d'elle.

« Tu es revenue… » fit le militaire en déposant un long baiser sur la bouche de la jeune femme.

Alors que leurs lèvres se séparaient, Teyla soupira.

« J'étais perdue quelque part, dans l'obscurité et j'ai entendu vos voix… »

«Je t'aime Teyla Emmagan. »

« Je t'aime John Sheppard. »

OooooooO

-Planète M116-225- Galaxie de Pégase

Il ne s'était pas trompé. Cette planète avait une porte des étoiles. Cela faisait deux heures qu'il marchait à travers la forêt après avoir atterri en dart dans une petite clairière. Il était enfin parvenu jusqu'à l'anneau dissimulé en pleine forêt et représenté par un point bleu sur son scanner portatif. Il s'approcha du DHD et composa l'adresse. Aussitôt, le vortex entrant rugit devant ses yeux avant de laisser place à la surface miroitante habituelle. Il grimpa l'escalier de pierre et se retourna pour examiner les alentours. Après avoir rangé son scanner dans son manteau, Todd franchit la porte.