Hello ! Oui ! Un nouveau chapitre ! Je les entends d'ici vos "Déjà !? D'habitude, c'est tous les trois mois !"... Maaaaiiiis, j'avais l'esprit fanfic (j'ai été prise d'une inspiration soudaine !) et j'écoutais aussi la bonne musique, donc j'ai réussi à pondre ce petit nouveau en *roulement de tambours* = 2h. ! (environ, hein !). Comme quoi, manque de sommeil + bonne musique de film = productivité !

Bon, j'espère qu'il vous plaira. J'ai eu du mal avec la fin, et j'espère que c'est pas trop rapide, mais n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, surtout !

A lire avec la musique qui a servi à l'écrire : "This is Neverland" de la bande son du film "Finding Neverland" (avec Johnny Depp et Kate Winslet)

Bonne lecture, donc !


Un réveil de Lumière

Noir.

Noir, noir, noir et ténèbres.

Il n'y avait que ça autour de moi.

En moi.

J'aurais voulu hurler, j'aurais voulu crier, comme je l'avais fait intérieurement quand je me suis sentie entraînée dans un gouffre sombre et sans fond après l'apparition de Pitch… Mais la dernière fois que j'avais tenté de faire ça, la noirceur vivante s'était engouffrée dans ma bouche grande ouverte comme si sa volonté la plus primordiale était bien de m'étouffer. Je m'étais alors résolue à garder la bouche fermée, même si mes cris et mes sanglots pesaient sur ma poitrine comme lorsqu'on retient sa respiration. Je ne voyais plus rien, je ne sentais plus rien sous mes doigts, je n'arrivais plus à entendre, à part le tambourinement de plus en plus faible d'un cœur attaqué qui me donnait un mal de crâne affreux…

J'avais l'impression de disparaître complètement. Une ombre qui engloutit la lumière me réchauffant, après l'avoir acculée dans un coin de mon être comme un chat joue avec sa proie avant de l'achever. J'aurais volontiers bougé si cela m'avait permis de préserver cette étincelle que je répugnais à laisser en pâture au noir et au néant qui me dévorait et me brûlait. Ce néant qui m'arrachait mes goûts, mes joies, mes rêves, qui dévorait mes souvenirs en les aspirant pour qu'il ne reste rien d'autre qu'une coquille vide et sans but. Durant tout le temps qu'a duré la noirceur, tout ce qui faisait de moi un être humain était réduit petit à petit à une enveloppe charnelle qui emprisonnait la lumière en moi plus qu'elle ne la protégeait. Alors que cette dernière faiblissait terriblement, telle une étoile mourante, seul mon nom était resté intact, comme si le fait qu'il paraisse encore demeurer dans l'étreinte de cette lueur apaisante et mystérieuse suffisait à le protéger. Je me le répétais comme une litanie dans mon esprit subissant les assauts incessants des ombres.

Elenor.

Elenor.

Elenor.

Elenor.

Elenor…

Avec cela, seules les larmes qui me semblait couler sur mes joues froides m'indiquaient que mon âme était toujours intacte. Contrairement à ce que la plupart des gens peuvent penser, l'âme et l'esprit ne se situent pas au même endroit, comme j'ai pu le constater. L'esprit côtoie le cerveau. Il est dans notre tête… Mais notre âme…

Le cœur est le siège de l'âme et notre nom est son essence la plus ancienne, la plus pure. Je pense que c'est pour ça que cette lumière que je sentais à peine réchauffer ma poitrine faisait tout pour préserver mon nom. Tout était fait pour que je me souvienne de ces six fragiles lettres qui constituaient ce que je suis.

Pourtant je n'en pouvais plus.

Mais alors que tout semblait être arrivé au point de non retour, une autre lumière, plus une flamme ardente et étincelant d'une couleur dorée, s'est brusquement étendue tout autour de moi. Ce n'était pas cette luciole mourante dans ma poitrine, elle venait de l'extérieur. Une vague de chaleur, d'éblouissement…

De vie.

Ca m'a coupé le souffle de voir le noir devenir or, la terreur se transformer en rêve, la cruauté en bijou… Je ne bougeais toujours pas, mais c'était comme si cette vague soudaine de luminosité avait arraché un voile pesant sur mon être en le forçant à abandonner toute résistance. Je revoyais à nouveau, je sentais, je ressentais… Une avalanche de sensations sont venues picoter ma peau, les ténèbres ont recraché de force ce qu'elles m'avaient volé, reconstituant ce qui faisait de moi celle que j'étais comme on aurait remonté un puzzle complexe mais vital. Mes plus beaux souvenirs ont fleuri devant mes paupières closes, mes rêves les plus chers ont retrouvé leurs plus belles couleurs, la vision des êtres à qui je tenais le plus au monde a flotté devant moi, Mon père, ma mère, Willy, Laura, Sab, Jack, Nord, Fée, Bunny, Beblue… Qu'est ce qui pouvait remplacer de telles choses ? Qui avait pu tenter de me les arracher pour me retirer ce qui faisait de moi un être humain ?

Alors que je retrouvais peu à peu mes liens avec le monde extérieur, la caresse du vent, la dureté du sol adouci par le toucher de la couverture, le frisson de l'herbe grasse et sauvage qui caressait mes bras nus, des murmures et des soupirs, je me suis surprise à sentir quelque chose d'humide sur mes joues, quelque chose qui coulait comme des perles du coin de mes yeux clos pour se perdre dans mes cheveux étalés après avoir dégringolé le long de mes tempes. Mon mal de crâne avait cessé. Je pouvais sentir chacun de mes muscles travailler pour amener l'air frais dans mes poumons brûlants, soulevant me cage thoracique pour la faire redescendre, infatigable, incontrôlable. Je pouvais presque voir mon cœur reprendre le rythme que je lui avais toujours connu à travers les pulsations de mon cou et de mon poignet, de nouveau vivace, comme si cette lumière or et magiquement pure avait crée une muraille protectrice pour les préserver, lui et l'étincelle auparavant agonisante mais pulsant à présent d'un éclat nouveau qui irradiait de mon crâne jusqu'à mes orteils.

- Pourquoi elle pleure ? , a demandé une voix que je ne reconnaissais pas mais qui me paraissait familière.

- Je ne sais pas, mais tu as fait un véritable miracle !

- Mais son bras…

- On s'en fiche ! J'ai l'impression de la voir revivre !

Laura…

Laura !

Il ne me restait qu'une chose à faire.

J'ai ouvert les yeux.

En grand.

Et ils étaient tous là. Penchés en cercle au dessus de moi. Ma chère Laura tenait contre elle un petit garçon à la crinière brune ébouriffée en tentant vainement de retenir ses propres larmes, tout en me gratifiant un sourire que je ne lui avais encore jamais vu. Quant aux autres, je crois bien que je n'ai jamais été aussi heureuse de les voir. Jack n'avait pas l'air d'en croire ses yeux, à l'image de Bunny, d'ailleurs, et s'appuyait contre un jeune homme inconnu tout aussi abasourdi, bien qu'on puisse discerner une lueur de joie dans ses yeux noisette. Nord avait les yeux écarquillés d'une manière telle que ses sourcils broussailleux s'élevaient sur son front à une hauteur apparemment impossible. Quant à Fée, elle pleurait à chaudes larmes sur l'épaule de Sab qui laissait tellement éclater sa joie que des feux artifices en sable d'or pétillaient un peu partout autour de lui.

Une joyeuse bande que j'avais devant moi !

- Elenor !

Wouf ! Dans un plongeon efficace, Laura s'est jetée à mon cou en imitant Fée et en manquant de m'étrangler tellement elle me serrait avec force. Surprise par son geste, ma tentative pour me redresser a donc été avortée, mais c'est avec un immense soulagement que je lui ai rendu son étreinte. Quelque chose me soufflait, au creux de l'esprit, que j'avais le droit de cesser de craindre, l'espace d'une accolade apparemment bien méritée. J'avais toujours cette chaleur au creux de ma poitrine qui envoyait des ondes apaisantes dans tout mon corps encore endolori. Et je crois bien que ma joie a été à son comble quand une minuscule flèche bleue azure a zonzonné droit sur nous pour atterrir directement entre nous. En pépiant de toutes ses forces, Beblue a éclaté en sanglots avant de me serrer le cou aussi fort qu'elle le pouvait avec ses bras lilliputiens. Me mordant la lèvre inférieure pour ne pas pleurer à mon tour, bien que ce soit inutile, je l'ai attrapée de ma main gauche pour la serrer contre mon cœur, au plus près possible de cette chaleur.

Elle n'est apparemment pas la seule à s'en être rendue compte, car Laura a juste eu le temps de se redresser, de poser sa propre paume à l'emplacement de mon cœur et de souffler :

- Mais… C'est chaud… Tu…

Et là, je crois bien que ça a été le chaos. Tous les Gardiens se sont jetés à notre cou dans une étreinte assez musclée, surtout en comptant Nord et ses bras d'ours ! Mais c'était si bon de les serrer à nouveau ainsi !

- Plus jamais, tu m'entends ? , s'est exclamée Fée d'une voix quelque peu étouffée puisqu'elle avait le nez dans les poils de l'avant bras de Bunny, Plus jamais tu nous fais un coup pareil !

- Je n'ai pas l'intention de recommencer…, ai-je lâché en essayant de retrouver mon souffle avec Jack qui me comprimait la trachée, Promis !

Nord s'est exprimé en un russe tellement enthousiaste que je n'aurais pas été surprise d'y trouver quelques jurons, Bunny m'a chatouillé la joue avec ses moustaches et Sab a tendu le bras pour m'ébouriffer les cheveux en les saupoudrant de poudre dorée. Et comme je suis une fille un peu trop sensible, je me suis bêtement remise à pleurer comme une madeleine, surtout en entendant le petit garçon que j'avais vu tout à l'heure sauter dans les bras de l'adolescent inconnu en criant :

- Elle est guérie ! Elle est guérie !

Oui, il avait visiblement raison. Plus de douleurs, plus de tremblements, de fièvre, de vertiges et de sensation glacée au niveau de mon bras…

Mon bras !

Mon sursaut a paru ramener tout le monde sur terre, et ils se sont éloignés comme pour me laisser observer les changements subits que personne ne paraissait avoir prédit.

J'ignorais alors jusqu'où cette infection ténébreuse s'était étendue, mais à présent, j'avais une bonne idée sur la question : Là où se trouvait auparavant le noir, il y avait à présent d'imposants reflets dorés. J'avais presque l'impression qu'on avait plongé mon bras dans de la peinture de cette même couleur, et elle semblait continuer là où mon regard ne pouvait suivre. De même qu'en baissant le regard contre ma pommette à m'en faire mal aux yeux, j'y entrapercevais le même éclat doré que sur mes doigts, ma main, mon bras, une partie de ma poitrine, mon épaule…

Jusqu'où cela s'étendait-il ?

Laura s'est penchée pour m'aider à me lever complètement. Malgré mon rétablissement soudain et plutôt spectaculaire, j'avais encore les jambes flageolantes et le pas mal assuré. Mais avec son aide et celle de Sab, j'ai pu aller jusqu'à la grande bassine qui, à mon humble avis, avait l'air d'avoir servi à stocker de l'eau qui devait être utilisée pendant que j'étais… euh…

Mourante.

En retenant mon souffle, je me suis penchée en retenant Beblue contre mon cou pour pouvoir apercevoir finalement mon reflet me fixer avec les mêmes grands yeux que je lui avais toujours connu.

Sauf que c'était fini les yeux uniformes.

La traîne dorée montait même sur mon visage, le coté droit, du moins, en longs filaments irisés dont un était si long qu'il avait touché mon œil. Et l'iris de ce dernier était passé de couleur nuage à teinte sable à rêves.

- Alors… ? , s'est inquiétée Laura devant mon manque de réaction.

La seule chose que j'ai pu faire sur le coup, c'était sourire.

- Tu me demandes si ces marques me gênent après avoir frôlé ce qui me paraissait être une vie de cauchemars éternels de très peu ? , ai-je finalement soufflé en tournant la tête tantôt vers elle, tantôt vers Sab, Non. C'est bizarre, c'est nouveau, mais je m'en fiche, sincèrement. Et puis…

J'ai reporté mon regard à présent vairon sur mon reflet.

- J'ai l'air d'être composée de rêves, maintenant… C'est mieux qu'être à base de cauchemars, non ?

A travers l'onde, j'ai vu le petit garçon et l'adolescent se pencher à leur tour. Leurs reflets ont rejoint le mien.

- Comme neuve ! , a plaisanté le plus jeune avec un grand sourire.

Mon moi soumis aux ondes de l'eau a écarquillé les yeux en le reconnaissant subitement.

- Marc ?

Le sourire de Marc s'est encore élargi, puis Laura l'a attiré contre elle pour le serrer encore une fois dans ses bras, ce qui l'a apparemment fait rouspéter.

- C'est lui qui t'a sauvé, El, a déclaré la blonde, Pour Jamie, ça n'a pas marché. Mais lui, si…

Je l'aurais embrassé, ce gamin, si j'avais su qu'il était d'accord pour une nouvelle embrassade ! Mais visiblement, celles de Laura lui avait largement suffit, puisqu'il s'est dégagé de son étreinte, m'a fait un nouveau grand sourire, puis a pris ses jambes à son cou en disparaissant dans les profondeurs magiques du Terrier. Il n'empêche que je ne pouvais m'empêcher de ressentir une gratitude immense pour lui. Une gratitude que je ne pourrais sans doute jamais oublier. Un petit garçon qui réussissait là où les plus grands avaient échoué… Ce qui m'a rappelé l'autre garçon, Jamie.

J'ai vu l'adolescent baisser brièvement les yeux. Il ne devait pas être plus vieux que nous…

Et j'avais bien du mal à comprendre pourquoi mes joues étaient un peu plus chaudes qu'avant. La pulsation tiède qui venait de mon cœur n'y était pourtant pour rien, je le sentais. Où plutôt si, mais d'une manière différente…

C'était un peu compliqué à expliquer.

- Alors c'est toi le fameux Jamie ? , ai-je demandé en réussissant cette fois ci à me lever toute seule, ce qui était un nouveau développement spectaculaire, Jack m'a beaucoup parlé de toi.

J'étais sincèrement heureuse de le rencontrer, et je devais bien admettre qu'il n'était pas du tout conforme à l'idée que je me faisais de lui jusqu'alors.

- C'est vrai ? C'est… euh… gentil de sa part !

Une sorte de silence bizarre s'est installé entre nous deux, tandis que je sentais Laura nous fixer des yeux. Dans le dos de Jamie, Sab m'a fait un sourire particulier avant de filer retrouver les Gardiens après avoir fait un signe insistant de la main à Laura. Elle ne comprenait visiblement pas, aussi Sab a-t-il fait demi-tour pour l'attraper par les aisselles en l'incitant fermement à se lever et à le suivre, lui faisant comprendre le message par images de sable que je n'arrivais pas à comprendre. Mais Laura a apparemment fini par voir où il voulait en venir, car elle a soudainement bondi sur ses pieds et lui a emboîté le pas.

- Restez là, tous les deux ! Je vais voir si on peut te trouver des vêtements mettables…

Elle avait raison, en un sens. Quand je m'étais enfin levée avec son aide et celle du Marchand de Sable, les autres Gardiens étant déjà occupés à préparer et peaufiner des plans pour mettre Pitch hors d'état de nuire, je m'étais contentée de garder ma couverture sur mes épaules pour m'enrouler dedans. Je n'avais qu'un pantalon et un soutien gorge en dessous, sinon…

Et je crois bien que cette pensée m'a rendue cramoisie, surtout en remarquant enfin qu'il y avait un garçon de mon âge à coté de moi. Tout aussi rougissant, d'accord, mais quand même !

Pourquoi rougissait-il, d'ailleurs ?

J'avais esquissé un pas dans la direction de Laura pour l'accompagner, mais cette dernière m'en a empêché.

- Reste là avec Jamie, El. Je refuse de te voir toute seule un instant, même quelques secondes. Et Fée, Sab… Bref, les autres Gardiens, sont d'accord avec moi ! Je te trouve des vêtements, et je te laisse sous la responsabilité de Jamie en attendant !

Et avant que je n'aie pu dire quoi que ce soit, elle était partie en se mettant presque à courir et a disparu rapidement entre les arbres. Je l'ai entre entendue appeler Fée avant de me retourner vers Jamie en n'osant pas affronter son regard. J'ai instinctivement serré les pans de la couverture contre moi, aussi… J'avais l'impression que la présence de l'adolescent face à moi irradiait comme un soleil et j'ai cru un instant que j'en tremblais, bien que je n'aie pas froid. Les ondes de chaleur en moi n'avaient pas cessées ni décrues.

- Tu…

- Tu…, a-t-il déclaré au même moment.

On s'est tu en se regardant tout bêtement. Puis j'ai fait une chose que j'ai cru avoir oublié.

J'ai éclaté de rire.

C'est incroyable comme un son aussi simple, surtout en venant de votre bouche, peut paraître aussi mélodieux et unique lorsque vous ne l'avez pas fait pendant longtemps. Et pendant longtemps, effectivement, rien de ce que j'avais vécu ne pouvait se prêter à un rire comme celui qui venait de s'échapper de moi. Jamie m'a rapidement imité, en plus, ainsi que Beblue, toujours collée à moi.

Finalement, je me suis laissée tomber dans l'herbe en soufflant. Malgré mes progrès fulgurants, j'avais encore besoin d'un peu de temps, visiblement… Jamie a fait de même et n'a rien dit de plus, regardant avec moi le manège que faisait Beblue pour ne plus être capable de me quitter : S'attacher une mèche de mes cheveux autour de sa petite taille. Sauf que mes cheveux, salis par la fièvre et la sueur, ne tenaient pas. J'ai fait une légère grimace de dégoût en voyant mon propre état. J'espérais sincèrement que Bunny avait une douche ou un endroit pour se laver, quelque part. Je n'avais pas pris de bain depuis mon bref séjour chez Nord, il y a ce qui me semblait être des lustres, maintenant.

- Je suis désolé, déclara soudain Jamie en me regardant de biais.

Il triturait entre ses doigts un brin d'herbe qu'il n'avait pas arraché, trahissant ainsi son mal être et sa nervosité. Mais je l'ai fixé sans vraiment comprendre où il voulait en venir.

- De quoi ?

- J'ai insisté auprès de Jack pour venir. J'espérais aider, j'ai même laissé Marc venir avec nous alors qu'il n'était pas censé être là pour faire le plus vite possible, mais… Je n'ai rien pu faire. Ca n'a pas marché…

- Qu'est ce qui n'a pas marché ? , ai-je demandé en fronçant les sourcils.

- Ce que Marc a fait… C'était censé fonctionner avec moi, mais non, a-t-il soupiré en se mordant la lèvre, Il t'a touché, comme moi je l'avais fait pour les cauchemars de Pitch, il y a cinq ans. Le toucher d'un enfant qui croit peut ramener les cauchemars à l'état de rêve… J'ai eu l'impression d'avoir trahi les Gardiens, mes propres convictions et…

Il paraissait hésiter à finir sa phrase, mais je me suis penchée pour l'inciter continuer. J'avais du mal à comprendre pourquoi il s'en voudrait pour ça.

- Et ?

Silence d'abord, puis…

- … Et j'ai cru que je te condamnais.

Il m'a dit ces mots d'une traite, comme s'ils avaient eu du mal à sortir, et j'ai senti un nouveau rougissement pointer sur mes pommettes, rougissement que j'ai caché en remontant la couverture sur mon nez. Bon sang, mais qu'est ce qui m'arrivait ? Je ne réagissais pas comme ça, d'habitude !

- Parce que tu n'avais pas réussi ? , ai-je demandé d'une voix légèrement étouffée.

Il a hoché la tête, ses yeux noisette soudainement brillants. Je me suis efforcée de penser à autre chose et j'ai froncé les sourcils devant son désarroi.

- Mais tu m'as aidé, ai-je lâché en y réfléchissant soudain.

- Mais… Je viens de te dire que ça n'a pas marché pour moi. C'est Marc qui t'a ramené…

- Et tu viens aussi de me dire que tu avais laissé Marc venir alors qu'il n'était pas censé être là, l'ai-je coupé en souriant sous la couverture, Si tu l'avais renvoyé chez lui, rien de tout ce qui s'est ensuivi n'aurait pu être possible. Tu m'as donc aidé, Jamie.

Il s'est contenté de me fixer d'un air qui mêlait scepticisme et espoir. Il croyait vraiment que je lui en voulais pour ne pas avoir réussi à me soigner ? C'était un peu trop poussé, quand même… Je n'étais pas de ce genre là ! En plus, il avait l'air trop gentil pour que je lui en veuille pour ça…

Non ! Tais toi, Conscience ! Mais de quoi parles tu, à la fin ! Oui, il a l'air gentil, mais point barre ! Je me suis mordue la langue pour ne pas rabrouer Beblue qui savait se montrer mature quand elle le voulait (apparemment dans les moments où il ne fallait pas…) et qui souriait en lâchant un pépiement mélodieux de temps à autre.

- Bon, alors on va faire simple, ai-je repris en promettant de m'expliquer avec elle la prochaine fois qu'on serait seule, Je ne te pardonne pas, je te remercie, Jamie Bennett. De la même manière que je remercierais Marc… quand on l'aura retrouvé.

J'avais une étrange fourmillement dans l'estomac quand je me suis avancée vers lui pour poser un baiser sur sa joue. J'étais sure que mes propres pommettes devaient irradier tellement je les sentais brûlantes, au moins à l'égal des siennes, mais je n'ai rien regretté. Jamie ne méritait pas de se torturer l'esprit pour quelque chose qu'il n'avait pas fait, ça se voyait au premier coup d'œil.

Il allait juste falloir m'expliquer pourquoi je réagissais comme ça en sa présence…


BON ! J'espère que ça vous a plu ! Sinon, j'ai confisqué tout ce qui pourrait servir de projectiles, surtout dans le style tranchant (comme couteaux, katanas, poignards, épées, cuillères ou canards en plastique...)

La suite bientôt (Et priez pour que Pitch ne l'aie pas effacée !) et n'oubliez pas les reviews !

Tchous !