Hello à tous ! ^^ Voilà the suite ! MOUAHAHAHAHAHAHA ! Ze zoui machiavélique !

...

Nan, après mure réflexion, je suis super machiavélique ! XD Boah ! Vous comprendrez pourquoi !

Bonne lecture !


Sur le Fil de la Vie

Le silence.

Cristallin.

Paisible.

Assourdissant.

Muet.

Chaotique…

Que de mots risibles pour expliquer l'atmosphère qui régnait alors. Mes mots n'avaient été que soufflés, mais je pouvais encore les entendre résonner à mes oreilles, s'enrouler autour des rayons de lune qui nous éclaboussaient de lumière fantomatique comme une mère bercerait son enfant avec amour. Ils accompagnaient les doigts nacrés de l'astre pour l'aider à chasser davantage, si c'était possible, les ombres qui ruaient désespérément dans leurs brancards mais qui finissaient par tomber en poussière, n'ayant plus d'endroit où se réfugier, où se cacher… Ils écartaient encore davantage les nuages qui avaient jusque là masqué l'œil de la Nuit, les effilochant comme on réduirait en poudre des miettes pour les disperser aux quatre vents. Bientôt, l'Homme de la Lune et son éclat presque irréel étendit son voile d'argent sur l'ensemble du paysage, le rendant presque aussi clair que le jour.

J'ai répété les Mots, comme si moi-même, j'avais encore du mal à y croire, mais toujours avec le même sourire qui me venait je ne savais d'où :

- Je n'ai pas peur de toi.

Pitch a alors paru sortir d'une étrange torpeur. Ses yeux, qui auparavant n'étaient que haine et méchanceté, avant de laisser place à l'étonnement et à la stupeur, étaient à présent envahis par l'étincelle de l'incrédulité en entendant mes mots, avec un petit quelque chose en plus qui m'était bien familier… Je l'ai senti tenter de serrer la poigne qui me retenait encore par la gorge, essayer d'écraser dans l'œuf le souffle qui me servait à prononcer ces syllabes fatidiques, mais il n'y arrivait pas.

- Tais toi ! , a-t-il fini par hurler en se tenant le front de son autre main, comme pris d'un soudain mal de tête.

- Je n'ai pas peur de toi ! , me suis-je alors écriée, mue par une force soudaine qui ne venait pas de moi.

Et encore une fois, c'était vrai. Totalement et complètement vrai. La peur qui m'avait mordu les entrailles jusqu'ici paraissait s'être évanouie à l'instant même où la Lune avait fait son apparition tant espérée, à l'instant même où mon regard s'était posé sur un visage qui avait perdu toute sa haine et sa malice…

Et à l'instant où j'ai terminé ma phrase, qui roulait si délicieusement sur ma langue qu'on aurait dit une friandise, quelque chose d'autre est arrivée.

Les rayons de la Lune étaient concentrés sur nous avec une telle intensité qu'on aurait dit que Pitch ne parvenait même plus à bouger correctement sans que cela ne nécessite toute sa volonté et sa concentration. Je me suis rendue compte que les tressaillements de sa main sur ma gorge n'étaient en réalité pas des tentatives pour me faire taire… Mais des tentatives pour me lâcher.

Or, il n'y arrivait pas.

Et en même temps, la sensation qui pulsait en moi s'est mise à augmenter encore et encore, si bien que celui passa rapidement d'agréable à désagréable, et de désagréable à intolérable. Ma peau marquée par les traces de rêve s'est mise à briller de plus en plus fort, comme de l'or en fusion. Je sentais une chaleur intense glisser sous ma peau comme de la lave ardente injectée dans mes veines, le long de mes doigts, remontant jusqu'à ma poitrine, tandis que le même phénomène se passait pour mes pieds, et mes jambes. Une fois la vague passée, ils redevenaient plus… froids.

Lorsque l'onde de chaleur est arrivée à mon cœur, j'ai cru que ce dernier allait s'arrêter sous l'intensité que la sensation procurait ou exploser sous les émotions qui s'acharnaient alors sur moi. Joie infinie, chagrin éternel, colère inimaginable, peur réelle, sérénité chaotique… Je les ai toutes ressenties, séparément, en même temps, individuellement, universellement…La dernière à passer, curieusement, a été un sentiment de nostalgie poignant, mais fugace, tel celui qui nous étreint quand on se souvient d'agréables moments passés lorsqu'on était un enfant, perdus dans les méandres du temps mais dont la trace ne se perdra jamais, quoi qu'il arrive.

Des choses douces amères qu'on suit comme un funambule en équilibre précaire sur le fil de sa vie.

Puis ça a été une véritable explosion, un éclatement total de sensations toutes aussi fugaces qu'éternelles lorsque la lumière et la chaleur de ma poitrine sont soudainement remontées vers ma tête, vers le ciel…

Vers la Lune.

J'ai crié. De douleur, de joie, de peur, de tristesse, de soulagement, de colère, d'acceptation… Je n'aurais pas pu le dire. Pitch aussi a lâché un hurlement, mais beaucoup plus enclin à symboliser la souffrance et la peur qu'autre chose. Toute comme la lumière craint la trop grande obscurité, l'ombre fuit, et cherchera toujours à fuir la trop grande pureté de la lumière… Je suppose que Pitch n'était pas en reste, de ce coté là…

Finalement, j'ai senti ses doigts se desserrer, et j'ai glissé hors de sa poigne pour atterrir sur les fesses, par terre, le souffle court, tandis que Pitch continuait à trembler et se tordre de douleur en poussant des cris horribles sous l'amalgame de rayons terriblement puissant de la lune. Une étincelle énorme, vivant regroupement d'entrelacs de serpents lumineux, était en train d'entamer le long chemin vers les hauteurs du ciel, et j'ai alors su ce que c'était, ce qui m'a brièvement fait venir les larmes aux yeux.

- Non… NON ! , s'est écrié le Croquemitaine malgré sa souffrance en levant également les yeux vers la lumière qui montait, encore et toujours plus haut.

Il tenta de faire jaillir du sable noir en une tentative pour souiller l'étincelle pétillante, mais il parut tout simplement disparaître pour prendre un bref instant une teinte dorée avant de s'évanouir au gré du vent qui continuait à souffler. La lueur était hors de portée…

Enfin.

Le visage de Pitch a alors retrouvé toute la haine qui figeait ses traits en une expression terrible quand il a fait volte face vers moi en poussant un rugissement de fureur. Tout ce qu'il ressentait quelques instants auparavant, la douleur, la peur, la stupeur… Tout paraissait n'avoir servi qu'à nourrir sa colère et sa rancœur. Un éclat métallique a dangereusement lui dans ses prunelles jaunes. Il a alors violemment levé le bras, la main crispée comme dans une volonté de donner un coup de griffe enragé. Puis je me suis rendue compte que c'était ce qu'il comptait vraiment faire : Son pouvoir, bien qu'affaibli par l'afflux soudain de lumière lunaire, lui permettait encore de faire des dégâts notables, et il a glissé sur son poignet comme un serpent infernal pour s'entortiller autour de ses doigts et de se durcir sur ses ongles en forme de griffes redoutables de plusieurs centimètres. J'ai eu un coup au cœur, mais le cri qui voulait jaillir de ma poitrine n'en a pas eu le temps…

Véritable flèche dorée, Sab a foncé sur Pitch comme un boulet de canon sur son nuage de sable à rêves et l'a tout simplement percuté dans l'estomac d'un coup de tête magistral.

Le souffle coupé, le Roi des Cauchemars a boulé sur une bonne dizaine de mètres avant de freiner sa course tout aussi brutalement qu'elle avait commencé. Les orteils plaqués au sol, les griffes noires creusant carrément des sillons profonds dans le béton, Pitch s'est redressé avec un air terrifiant sur le visage, parce qu'il souriait méchamment. Et pour cause.

Le choc avec Sab l'avait renvoyé dans la seule zone d'ombre encore préservée de la lumière de la lune.

Là, il était dans son territoire.

Derrière lui, les ombres se sont mises à grouiller vicieusement. J'ai même réussi à entendre des ricanements aigus et des caquètements désagréables, des rires grinçants qui angoissaient, des hululements qui faisaient sursauter et des sanglots qui rappelaient ceux des enfants perdus dans le noir.

Je dois avouer que j'étais un peu choquée par la tournure que prenaient les évènements. En un instant, je m'étais retrouvée avec des frissons dignes de ceux qui réalisent une baignade ambitieuse dans la rivière aux premiers jours de printemps, alors que les frimas de l'hiver s'accrochent encore aux arbres et au creux des vagues, ou encore ceux occasionnés par un réveil soudain dans un endroit inconfortable.

Oui, c'était ça. Mais ces frissons n'étaient pas de la peur, bien que les dernières actions violentes de Pitch m'aient quelque peu fait réviser mon jugement. Cependant, ce n'était plus la terreur indescriptible qui me prenait à la gorge chaque fois que je sentais son regard de serpent entre mes omoplates, non… Celle-ci était… étouffée. Masquée, comme recouverte d'un voile qu'il me suffisait d'épaissir si je n'avais plus du tout envie de la sentir. Mais le faire serait renier sa peur, ce qui m'aurait sans doute ramenée à mon point de départ, et ce n'était certainement pas ce que je voulais.

Le voile n'a ni grossi, ni minci.

- C'EST LA DERNIERE FOIS QUE TU TE METS EN TRAVERS DE MON CHEMIN, TAS DE SABLE AMBULANT ! , a rugi Pitch tandis que les ténèbres se mettaient à siffler avec haine.

Elles se sont dressées comme un cobra prêt à frapper, hautes de plusieurs mètres dans le lieu clos de la ruelle où le Croquemitaine s'était réfugié, à l'abri de la lumière trop pure pour lui être supportable. Sab m'a fait signe de reculer avec fermeté avant de faire claquer deux fouets dorés contre le sol avec tant de force que j'ai sursauté. Ses armes de sable avaient laissé une marque sur le béton, et il émanait de lui une colère brûlante, comme si Pitch avait dépassé les bornes pour lui, ce qui était sans doute vrai. Mais j'étais quand même bien contente de le voir. Sa présence ici signifiait que les autres n'étaient pas loin.

Et effectivement…

Dans un tintement de clochettes familier et rassurant, le traîneau de Nord s'est plus écrasé dans la rue qu'il n'a atterri, mais j'ai entrevu Bunny faire un bond prodigieux pour s'empresser d'aller tuer dans l'œuf une des premières attaques des ombres de Pitch. Son boomerang a traversé un tentacule comme un couteau plonge dans le beurre, et le sable noir a explosé en une myriade de points noirs qui est repartie en rampant dans le grouillement qui fourmillait aux pieds de son maître.

- Elenor !

C'était la voix de Fée, qui s'est posée à coté de moi en posant une main sur mon épaule en ignorant Sab et Bunny, rejoints par Nord, qui faisaient front face au Croquemitaine avec des regards lourds de sens.

Ils n'y aurait pas de pitié entre eux.

- Tu n'as rien ?

- N…Non… Mais les autres sont…

- Ils vont bien, a-t-elle coupé en me forçant à la regarder pour voir d'elle-même si j'allais bien.

Je l'ai néanmoins vue écarquiller les yeux de stupeur.

- Mais… Tes yeux… Ta peau… Tu…

- Quoi ?

Mais elle avait raison, bien que je n'aie pas compris immédiatement de quoi elle me parlait. Ce n'est qu'en posant le regard sur ma main droite que ça a fait tilt. Je n'avais rien remarqué avant à cause de… certains évènements plutôt mouvementés, mais la marque dorée qui prouvait que j'avais échappé au cadeau empoisonné de Pitch avait disparu. Quelqu'un aurait passé une gomme spéciale sur ma peau pour la retirer que le résultat n'en aurait pas été meilleur. Mais je ne saisissais pas vraiment ce que Fée trouvait d'étrange dans mes yeux, à présent…

Elle s'est secouée lorsqu'une trainée de sable à cauchemar a sifflé en effleurant nos crânes, manquant de lui roussir les plumes, puis m'a incité à me lever malgré mes jambes en coton pour aller rejoindre les autres, libérés de l'influence exercée sur leurs ombres.

Laura m'a serrée contre elle en retenant son souffle, et Jamie s'est empressé d'aller voir l'état de Jack avec Fée, avant que cette dernière ne réduise à néant une autre attaque de Pitch d'un geste rageur.

- J'ai cru que c'en était fini de toi quand il a…

- Je vais… bien, Laura, l'ai-je rassurée en toute sincérité, Il n'a rien pu me faire et je… Je me sens…

Je n'aurais pas vraiment su dire comment je me sentais, et même si je le savais, je n'ai pas eu l'occasion d'exposer plus avant mes pensées. Avec un cri de rage, Pitch a littéralement fait exploser les ténèbres dont il se nourrissait avant de s'élever dans le ciel, au sommet d'un amalgame sans forme, mais immense, de sable noir au travers duquel on apercevait, éclats de haine et de méchanceté, les yeux de ses cauchemars. Chevaux, loups, boucs noirs, araignées, serpents… Ils y étaient tous, prêts à déferler sur notre groupe sur le simple mouvement de petit doigt de la part de leur maître qui leur en donnerait l'autorisation. La lumière de la lune ne semblait plus le déranger comme avant, mais peut être était-ce parce que, bizarrement, elle brillait moins…

- S'il faut que j'en finisse ainsi, pour être débarrassé de vous une bonne fois pour toutes, alors qu'il en soit ainsi ! , a-t-il craché avec hargne en nous fusillant du regard, Les peurs de cette insignifiante gamine m'ont donné plus de forces que vous tous réunis !

- Alors bats toi d'égal à égal, Pitch ! , a rugi Nord avec son accent russe, Et comme tu l'as dit, finissons en !

- Cette querelle n'a que trop duré ! , s'est écrié Fée, les plumes hérissées.

- Viens là que je te brosse le poil, cancrelat des bas fonds !

Si Sab ne pouvait pas parler avec les mots, les images au dessus de sa tête n'en ont été que plus explicatives… Pitch a lâché un ricanement terrifiant en voyant quatre Gardiens sur les cinq lui hurler de se battre contre eux à la loyale, mais je savais que mes peurs, qui avaient servies à nourrir son armée de cauchemars infernaux, étaient toujours là, même si moi, je ne les ressentais plus.

Les Gardiens, comme Pitch, risquaient d'y rester. Ce serait un combat à mort.

Et tous le savaient. Cela se voyait dans leurs regards, levés vers le ciel, ou baissé vers le sol.

J'ai senti une peur différente de celle qui m'avait toujours vampirisée me broyer alors la poitrine à la pensée de ce qui risquait de se passer dans les prochaines minutes, dans les prochaines secondes. Pour la première fois, je ne me mettais pas dans l'échéquier, je ne me comptais pas dans la balance. Je n'avais plus peur pour ma vie.

J'avais peur pour la leur.

Pitch a eu un regard de triomphe, puis a levé les bras en forme de V, faisant apparaître une vague monstrueuse de sable noir dans son dos, capable d'obstruer la lumière même de la lune, haute de plusieurs dizaines de mètres. Elle nous balayerait plus sûrement qu'un tsunami, et le Croquemitaine la nourrissait encore et encore, comme si sa dernière volonté dans ce monde était effectivement de vouloir éteindre l'étincelle de bonheur et de joie que représentaient les 5 Légendes…

- ASSEZ !

Et à nouveau… Tout s'est figé.


MOUAHAHAHAHAHAHAHA ! Ils ont cru que c'était le dernier chapitre ! Mais nan, j'avais dit que c'était l'AVANT dernier ! O:3 ... Nan, nan, on repose les couteaux et les canards en plastique et on utilise la voix de la dipplomatie si vous avez quelque chose à me faire remarquer ! La dipplomatie est la voix de la civilisation, et les... choses que vous tenez entre vos délicates mains sont les instruments de la barbarie et de la violence. * Se baisse pour éviter une tête réduite empaillée*

...

OK, j'ai compris ! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA AAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !

La suite (et la fin, là, je rigole pas !^^' Aïeuh !) bientôt !