Bon... Bah, ça y est. Là, c'est vraiment le dernier chapitre de cette histoire. J'arrive pas à croire que je l'ai terminée ! C'est grâce à vous, vous êtes trop génial ! 8D Je vous aime !
Bon, j'imagine que mon baratin ne vous intéresse pas et que vous voudriez avoir le fin mot de cette histoire de tordus ?
...
Bah alors, qu'est ce que vous attendez ?!
Sous l'œil de la Lune
J'ai sincèrement cru halluciner.
Dans un ballet lumineux, les rayons de la lune ont dessiné comme un véritable pont étincelant venant caresser le sol pile entre Pitch et nous. On aurait dit qu'il y avait des diamants égarés dans les rayons, car de la lumière était réfractée partout en des arc en ciel multicolores et pétillants. Le sable noir de Pitch, à l'image des cauchemars, précédemment, s'était volatilisé comme s'il n'avait jamais existé, et le Croquemitaine fixait à nouveau la lumière dans laquelle on baignait avec un mélange de colère et de peur.
Je peux vous assurer que franchement, voir la peur sur le visage de celui qui est censé la contrôler n'est pas quelque chose qu'on voit tous les jours. Les ombres autour de ses yeux paraissaient grandir encore davantage, et ses traits se crispaient d'une manière tellement différente qu'il arborait maintenant un air presque… jeune.
Avait-il toujours été le terrifiant Croquemitaine que je voyais à présent ? Ou était-ce encore un tour de ma manie à remarquer les détails infimes en situation de stress ?
- Ca, c'est la classe interuniverselle..., a soufflé Laura à mon oreille en fixant le pont d'étoiles à coté de moi.
Je l'ai fixé un instant en fronçant les sourcils.
- Mais… Ca n'existe pas, le mot « interuniverselle » ! , ai-je bêtement répliqué.
- Justement, a répondu la blonde avec le sourire que je lui connaissais, Ca non plus, ce n'est pas censé exister…
… Elle n'avait pas tort. Mais après, qui étions nous vraiment pour juger ce qui était réel ou non ?
La lumière lunaire, en nous caressant, semblait faire des miracles. Définitivement muselée, ma peur du noir. Cette vieille mais redoutable ennemie avec qui j'avais à contrecoeur appris à n'être que l'ombre de moi-même avait finalement déclaré forfait, et je ne vais pas dire qu'elle me manquerait. Je m'attendais pourtant à chaque instant à sentir mon cœur accélérer à nouveau, à frissonner sous la sueur froide qui couvrirait mon échine ou a crisper mes jambes soudainement devenues coton…
Mais non. Je savais pourtant qu'elle était toujours là… Mais j'avais peut être trouvé, enfin, comment la tenir à l'écart jusqu'à ce que soit l'heure pour elle de s'éteindre d'elle-même. Il faudrait du temps, mais peut être y arriverais-je…
Les blessures des Gardiens dues à leur précédent combat dans le Terrier de Bunny, puis face à un Pitch complètement fou de rage, se résorbaient en silence, sans faire de vagues, comme si elles n'avaient jamais existé. J'ai entrevu Bunny jeter un coup d'œil satisfait à sa queue neigeuse qui, auparavant, avait perdu une grande partie de ses poils blancs, et j'ai fugacement pensé que la vision d'un Bunny à la queue dépouillée ferait bien rire Jack, ce qui m'a amené à me tourner vers ce dernier, toujours soutenu par Jamie et Marc. Lui aussi guérissait, se tenant la tête comme s'il était sous le coup d'un gros mal de crâne. Ses terribles blessures s'effaçaient tel un mauvais trait de crayon qu'on gomme, sa peau retrouvant sa pâleur vive plutôt que le gris crayeux de l'agonie qu'il arborait quelques instants plus tôt. Ses yeux ont étincelé de nouveau, et sa prise sur son bâton s'est raffermie tandis que son autre main ébouriffait sa crinière blanche dans un geste peut être plus faible que d'habitude, mais qui témoignait de son rétablissement soudain et soulageant.
J'ai cru que j'allais lui sauter dans les bras pour le serrer fort contre moi tout en lui criant dessus à m'en arracher les poumons pour nous avoir fait une peur pareille. Mais je n'ai fait, ou plutôt, je n'ai pu faire ni l'un, ni l'autre. Dans un concert incroyable de gazouillements joyeux, une boule de plumes bleues à jailli pour s'écraser carrément contre moi. Mes mains on tremblé lorsque j'ai réceptionné Beblue. Je l'avais crue morte ! Mais non, elle était bien là, à me regarder de ses yeux brillants, et je l'ai serrée contre moi aussi fort que je l'ai osé, me mordant la lèvre pour ne pas pleurer de soulagement. Puis elle a remué avant d'indiquer le pont étincelant avec un grand sourire.
Quelqu'un descendait les marches éclatantes de lumière. Mes yeux se sont agrandis comme des soucoupes, parce que le bonhomme qui venait de faire son apparition de son pas aérien me semblait plus que familier.
Puis j'ai compris.
Ce n'était pas lui qui était familier.
C'était sa chaleur. Sa lumière.
Il irradiait carrément, sa peau pale aux reflets dorés étant comme un écho à la couleur qu'avait eu mon bras après mon réveil, quoique un peu plus claire. Il avait une tête toute ronde, qui devait habituellement respirer la bonté et la gentillesse, car des rides de sourire aux coins des lèvres et des yeux creusaient discrètement son visage auquel il était impossible de donner un age. Il aurait pu être extrêmement jeune, ou encore plus vieux que le monde lui-même. Je n'aurais pas pu dire si sa tenue était un costume de travail ou une tenue d'apparat, peut être les deux, mais elle brillait tellement qu'à coté Sab semblait bien terne. Dans sa main droite, il tenait un long bâton en or et en argent ciselé au bout duquel était enchâssé une grande pierre opaline qui scintillait de mille feux.
J'avais bien dit qu'il devait être gentil et bon habituellement, sauf que là, il ne donnait pas cette impression. Si doux que soit son visage, il avait à cet instant un air terrible, et un frisson a quand même réussi à glisser le long de ma colonne vertébrale. J'ai entendu Laura déglutir avec difficulté à coté de moi et on s'est mutuellement serrée l'avant bras tandis que Beblue s'installait dans mon col.
Mais la colère du nouvel arrivant n'était pas dirigée vers nous. Elle était complètement tournée envers Pitch. Le bâton doré, plutôt un sceptre, même, a frappé le sol dans un bruit profond en l'abîmant un peu plus.
- Il y a des limites à ma patience, Pitch Black, a-t-il grondé d'une voix pourtant reconnaissable.
C'était celle qui avait interrompu le combat désastreux qui s'annonçait…
C'était celle de mes souvenirs.
Pitch n'a rien dit. En fait, j'avais même l'impression qu'il ne pouvait rien dire. Ses yeux jaunes cherchaient l'ombre dont il se gorgeait habituellement pour augmenter son pouvoir, mais la lumière l'avait avalé. Il n'obtiendrait rien de ce coté là…
L'Homme de la Lune a continué :
- Je n'ai pas pu agir pendant tout ce temps, laissant sur les bras des Gardiens une responsabilité plutôt lourde qui était de t'empêcher de compromettre un équilibre primordial. Une tache qu'ils ont réalisé avec succès… Mais c'est toi, Pitch, qui n'a pas compris le sens des règles qui régissent ce monde et une infinité d'autres !
Toujours le silence. Mais cette fois ci, la colère se battait avec la peur que l'Homme de la Lune lui inspirait. Personne ne disait rien, attendant la suite de ce qui semblait être un verdict fatidique.
- Tu as abusé de ton pouvoir, tu as menacé des enfants, tous les enfants !, a déclaré le bonhomme en nous désignant de la main, Et enfin, tu as tenté de renverser un cercle fragile et impératif qui aurait mené au chaos et à la fin de Tout ! En tant que Maître des Immortels, je ne peux pas fermer les yeux sur tes agissements.
- Bien sur, a enfin pu cracher Pitch, En grand maître et juge que tu es, tu n'as pas pu fermer les yeux… Mais pendant l'Age Noir, combien de temps as-tu regardé ce que ta création (Il s'est désigné d'une main vive) avait fait à ce monde ? Hein ? Combien de temps ? C'est toi qui m'as crée ainsi ! Alors pourquoi me retirer ma raison de vivre, mon but dans la vie, pour le remplacer par…
Il tourna un regard dégoûté vers les Gardiens.
- …Par des chocolats, des espoirs et des rêves ?
J'ai senti les Gardiens tressaillir sous le ton employé, mais aucun n'a levé d'arme ou n'a eu une attitude menaçante en représailles. Désormais, c'était une affaire qui concernait seulement l'Homme de la Lune et le Croquemitaine.
- Pourquoi tant de choses inutiles, alors que la Peur, justement, est utile !? , s'est-il énervé en dardant son regard empoisonné sur le bonhomme de lumière qui ne bronchait pas.
Le silence est retombé sur notre étrange assemblée. Plus un souffle de vent ne venait jouer avec les cheveux, les ourlets déchirés ou les plumes. Même les rayons de lune s'étaient figés, alors qu'auparavant ils ondulaient furieusement comme les vagues d'une mer agitée.
Puis finalement, l'Homme de la Lune a fermé les yeux. L'espace d'un instant, sa colère s'est estompée pour laisser place à la tristesse.
- Parce qu'il n'était plus temps pour les hommes d'avoir peur.
Pitch a paru alors comme foudroyé par sa réponse. Visiblement, il ne s'attendait pas à ça. Laura a écarquillé les yeux de concert avec Marc, tandis que Jamie échangeait un regard avec Jack. Mais les autres Légendes, surtout Sab, se sont contentés de regarder le Croquemitaine d'un air presque désolé.
- Un jour viendra, a poursuivi l'Homme de la Lune en rouvrant les yeux, où les hommes devront de nouveau avoir peur, où tu retrouveras ce qui faisait de toi celui que tu es…
Sa colère revint aussi vite qu'elle était partie.
- Mais ce n'est pas le moment, en cet instant.
BAM! Son bâton a frappé une nouvelle fois le sol, et les rayons de lumière ont jailli. Plongé dans une marée étincelante, Pitch s'est retrouvé immobilisé. La peur était revenue hanter son visage, et je me suis demandée fugacement comment lui avait pu hanter mes pires craintes…
- Pitch Black, tes crimes contre les Gardiens, les Enfants de ce monde et l'Equilibre magique qui crée la balance entre le visible et l'invisible m'obligent à te bannir dans ton royaume jusqu'à ce que je t'estimes prêt à en ressortir. Et tes crimes injustifiés contre Laura Reed et Elenor Morgan me forcent à te retirer tes pouvoirs majeurs. Tu ne pourras rien manipuler qui ne soit pas issu de ton royaume, dans ton royaume et pour ton royaume.
Une sorte de grondement a alors retenti autour de nous, et le sol s'est brusquement mis à trembler, manquant de faire tomber Marc, ce qui aurait entraîné Laura à qui il s'accrochait comme un homme à la mer à sa bouée de sauvetage. Nord a planté une de ses lames dans le béton martyrisé, et Fée et Bunny se sont accrochés à son manteau rouge à fourrure tandis que Sab s'envolait. Quant à Jamie, il a posé une main sur mon épaule pour me serrer contre Jack et lui afin de m'empêcher de tomber.
Et là, au beau milieu de la rue, une sorte de… bouche, s'est ouverte. Large de trois mètres, environ, elle était le réceptacle d'une telle noirceur et d'une telle obscurité que j'ai entendu Laura lâcher un discret petit gémissement à coté de nous, sans doute à cause des souvenirs qu'elle avait du repaire de Pitch. Moi-même je n'étais pas tranquille, mais j'ai senti Jack m'attraper la main gauche, et Jamie la main droite, le tout en me faisant des sourires rassurants.
En voyant ce qui l'attendait, Pitch a commencé à se débattre, mais c'était chose inutile. Comme un condamné à la planche, les rayons l'ont tiré vers l'abîme comme si le Croquemitaine ne pesait rien.
- Non ! Je refuse d'être à nouveau enfermé ! NOOOOOOOOOOON !
Et pouf ! Dès que Pitch a été assez près du bord, une traction plus violente de la part des rayons l'a fait basculer dans le vide. J'ai fermé les yeux en tentant d'ignorer son cri de rage et de désespoir qui a retenti jusqu'à nos oreilles, juste avant que le trou ne se referme de lui-même.
Puis plus rien.
OOO
L'Homme de la Lune avait l'air de quelqu'un d'extrêmement fatigué, tout à coup. Il semblait plus s'appuyer sur son bâton que le tenir, et sa colère avait disparu pour laisser place à un sourire triste. Je dois avouer que j'étais plutôt sidérée par la vitesse du changement dans ses émotions et ses sentiments.
Lorsqu'il s'est pleinement tourné vers nous, les Gardiens ont alors mis un genou à terre, nous laissant, nous, les humains, debout sans savoir trop comment se comporter. Alors qu'on allait imiter les Légendes, l'Homme de la Lune a fait un signe négatif de la main.
- Relevez vous, mes chers amis, a-t-il déclaré, Pas besoin de tant de cérémonie avec moi… Depuis le temps que nous nous connaissons !
- Manny ! , s'est exclamé Nord en s'empressant alors de lui serrer la main avec chaleur, Je dois dire que tu tombes à pic ! Depuis combien de temps tu n'es pas descendu de ton nuage ?
L'Homme de la Lune a haussé les épaules avec un sourire qui se faisait plus éclatant de minute en minute, à mesure que la décision qu'il avait du faire et appliquer s'éloignait dans l'air du temps. Les autres Gardiens se sont approchés de lui, lui présentant d'homme à homme Jack qui avait l'air un peu nerveux d'être en face de celui qui l'avait transformé en immortel. Restés derrière, on ne savait pas trop où se mettre au milieu de toutes ces effusions et ces accolades.
Et puis finalement…
- Je voudrais parler à l'enfant.
Les Gardiens se sont tus, puis se sont écartés et m'ont alors fait signe d'approcher avec un sourire. Le ventre noué, j'ai hésité. Qu'est ce que je devais lui dire ? Qu'est ce que je pouvais lui dire ? Ce n'était pas exactement un des Gardiens que j'avais appris à connaître et à aimer, ni un de mes amis, même s'il m'avait protégé autant que l'un et l'autre…
C'était l'Homme de la Lune.
Comme ils attendaient toujours, j'ai senti Laura me donner une très légère pousse dans le dos pour me faire sortir de ma torpeur et je lui ai confiée Beblue avant de tituber sur quelques pas, la gorge un peu serrée. La lumière qui émanait de ce petit homme à qui elle allait si bien continuait encore de m'appeler, et une partie de moi ne s'arrêterait sans doute jamais d'espérer la ressentir à nouveau entourer mon cœur d'un halo chaud un jour… Mais je savais que c'était impossible. Et cette part de moi ressentait à cette pensée une nostalgie et une tristesse particulières. J'ai néanmoins inspiré un grand coup avant d'avancer sur des jambes soudainement flageolantes.
Il m'a fait un sourire apaisant lorsque je me suis arrêtée devant lui en me mordant la lèvre, puis a fait un signe discret aux Gardiens pour qu'ils s'éloignent et nous laissent seuls. J'avais le cœur qui battait la chamade, mais ce n'était pas de la peur.
C'était de l'attente.
L'Homme de la Lune, de sa main libre, a attrapé la main qui avait connu le cauchemar et le rêve et l'a regardé en silence, d'un air mi-songeur, mi-rêveur. Je l'ai laissé faire. Quoi qu'il fasse, rien de mal ne pouvait sortir d'un être habité par une telle lumière.
Rien.
- … Je voulais te remercier, Elenor, a-t-il finalement soufflé.
J'ai écarquillé les yeux, surprise. Pour quoi pouvait-il bien me remercier ?
- Mais… Mais je n'ai rien fait…
Manny, comme Nord l'avait appelé, a alors ri à ma réponse. C'était un rire qui rappelait les étoiles, ou la couleur des comètes fendant le ciel nocturne. Je pense que je m'en souviendrait toujours.
- Au contraire ! Tu as fait tellement de choses qu'il me serait impossible de toutes te les raconter. Des choses passées inaperçues, des espoirs, des rêves que tu as abandonné pour protéger ceux qui t'étaient chers. Sais tu que, privé de ma pureté, pendant toutes ces années, je t'ai observé dès que je le pouvais ? Je ne pouvais rien faire, bien sur, mais voir ce que tu accomplissais m'a donné la force de continuer, jour après jour. Tu étais plus grande que moi…
Sa voix me berçait agréablement, mais je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il me racontait. J'ai froncé les sourcils.
- Et… Qu'est ce que j'accomplissais ? C'est… c'est vous qui m'avez sauvé au risque de votre propre vie ! Vous m'avez donné cette lumière pour préserver mon innocence alors que je n'étais qu'une petite fille terrifiée par le noir…
Il a baissé les yeux.
- J'ai des excuses à te faire sur ce point là, aussi… Il semble que cette action précipitée de ma part ne t'ait pas véritablement aidé.
- …Mais vous avez tout fait pour moi, ai-je répondu en le voyant soudainement si abattu, … Sans vous, je n'aurais jamais rencontré ceux qui aujourd'hui sont si chers à mon cœur, même si je n'ai pas fait grand-chose pour les aider contre Pitch… Je ne suis qu'une gamine, après tout.
Manny a alors croisé mon regard, et j'ai failli sursauter en voyant que le gris de ses yeux était le même que celui que j'arborais depuis cette lointaine nuit d'Halloween.
- Non, Elenor… Ne te rabaisse pas ainsi.
Il a passé une main sur ma joue.
- Ce que j'admirais le plus chez toi, ce que tu accomplissais si bien et que tu n'as jamais cessé d'accomplir… C'est de grandir.
Et avant que je n'aie pu ouvrir la bouche, il a posé ses mains sur mes joues, son bâton au creux du coude, et a déposé un baiser sur mon front. Une sorte de fraîcheur délectable s'est alors répandue dans tout mon corps, comme un filet d'eau froide pendant une chaude journée d'été, et je me suis sentie moins perdue lorsqu'une douceur diffuse, mais clairement présente, a réchauffé l'endroit de ma poitrine où se trouvait mon cœur, qui semblait tout à coup moins vide.
Une étincelle de pureté lunaire.
J'ai failli me mettre à pleurer en sentant cette braise, reste intact d'un brasier qui m'avait tenu compagnie pendant si longtemps, mais Manny a essuyé les larmes avant qu'elles ne coulent, puis s'est détourné pour faire face aux Gardiens, Laura, Jamie et Marc.
- Merci à tous pour l'aide que vous avez fourni dans cette histoire. L'Equilibre entier vous sera à tous, à jamais redevables pour ce que vous avez fait aujourd'hui et précédemment.
- Oh, ca va, Manny, ne nous jette pas des fleurs, a souri Bunny.
- Je suis sincère, mon ami aux longues oreilles, a répondu l'Homme de la Lune avec un sourire, Puissiez vous veiller longtemps sur tous… (Il a désigné Laura, Jamie, Marc et moi de la main) les enfants et les grands de ce monde.
- Et… Pitch ? , a demandé Laura d'une voix un tout petit peu fluette.
Manny l'a regardé d'un air apaisant, et mon amie blonde s'est redressée, son teint retrouvant soudain un éclat plus vif.
- Il ne sera libre que lorsque je l'estimerais prêt, cette fois ci, a-t-il répondu, La dernière fois, mon pouvoir était affaibli, mais plus maintenant. Tu peux, vous pouvez tous, dormir sur vos deux oreilles...
- Ca va être plutôt difficile, les premiers temps…, a murmuré Laura entre ses dents.
Mais elle avait l'air déjà plus apaisée.
L'Homme de la Lune s'est alors tourné vers le pont de lumière. Mais juste avant de poser son pied dessus, il a regardé une dernière fois les Gardiens, puis nous. Son sourire s'est alors empreint de tristesse, une nouvelle fois.
- Je crois qu'il est temps de vous séparer, mes enfants…Vos liens existeront néanmoins toujours, et je veillerais toujours sur vous.
Il a commencé à s'estomper en montant sur le pont lumineux, les rayons sifflant et se tortillant tels des serpents et des dragons célestes en de folles arabesques et sarabandes. Son regard gris s'est posé une dernière fois sur moi, ses lèvres ont esquissé un dernier sourire, puis il a disparu.
OOO
Sans le pont de lumière, la nuit paraissait soudain bien sombre. On avait encore, imprimée sur la rétine, l'image éblouissante qu'avait été l'arrivée de l'Homme de la Lune pour nous tirer d'affaire. Mais la nuit n'était pas complètement noire : Au loin, à l'est, le ciel commençait à se teinter de rose et d'or, chassant la dame au manteau noir pour imposer sa robe claire du jour.
Et c'est en voyant les rayons encore aveugles du soleil tâtonner avec hésitation, touchant un nuage, caressant un relief, effaçant les ombres, que j'ai enfin compris.
On avait gagné.
C'était fini.
Apparemment, je n'étais pas la seule à m'en être rendue compte, parce que je me suis soudainement retrouvée ensevelie sous une montagne d'accolades et d'embrassades. Laura m'étranglait à moitié, Marc, perché sur les épaules de Jamie, criait « Hourrah ! » à tue tête, au risque de réveiller les dormeurs (Je me demandais bien comment ils avaient fait pour ne pas être réveillés plus tôt, d'ailleurs…) et les Gardiens…
Eh bien, les Gardiens…
Fée m'a fait un gros câlin, suivi par les bras doux de Sab, puis par la forte étreinte de Bunny, et enfin par la poigne incomparable de Nord qui a pris tout le monde dans ses bras, en attrapant Jack qui a lâché un cri de surprise.
Et moi ?
Au milieu, en train de manquer sérieusement d'air !
Et le comble, c'est Beblue qui est venue se laisser tomber su ma tête en gazouillant un chant de victoire aussi fort qu'elle le pouvait. Je n'ai pas pu me retenir.
J'ai éclaté de rire, tout simplement.
Et quelques instants plus tard, on était tous en train de rire, comme si quelqu'un s'était contenté de raconter une histoire particulièrement amusante ou une plaisanterie réussie. Peut être n'était-ce pas vrai, dans la réalité, mais qu'est ce que ça pouvait faire du bien !
Fée a fini par attraper Beblue qui, très fière d'elle, semblait décidée à imiter une véritable fanfare avec l'aide de Marc.
- Toi, tu vas aller loin, mon petit trésor…, a-t-elle pouffé.
Beblue a fait un nouveau bruit de trompette avant de s'envoler et de se mettre à faire des ronds au dessus de nos têtes, mais sa mère l'a vite rattrapée, tandis qu'un son de grelots se mettait à faire vibrer l'air. L'imposant traîneau de Nord s'est posé en douceur sur le sol en béton soudainement comme neuf. J'ai soupçonné Manny d'y être pour quelque chose d'ailleurs…
Mais… Si le traîneau était là, ça voulait dire que…
Laura a formulé la question pour moi :
- Vous partez, c'est ça ?
- Malheureusement, oui, petite Mouflette, a répondu Bunny en baissant légèrement les oreilles.
- Noël approche, et toute cette histoire m'a fait prendre un retard fou, Saperlipopoff ! , a ajouté Nord avec entrain.
Ce qu'il a ajouté m'a d'ailleurs fait sourire :
- J'espère juste que les elfes n'auront pas fait explosé l'usine quand je reviendrais…
Bunny a été le premier à nous dire au revoir. Se dandinant sur ses puissantes pattes arrière comme s'il ne savait pas vraiment où se mettre, il a fini par lancer :
- Fouillez bien votre jardin lors des prochaines Fêtes de Pâques, les Mouflets !
Marc, Jamie et moi, on a écarquillé quelque peu les yeux en voyant Laura se jeter soudainement sur lui pour lui faire un câlin, qui a provoqué chez le Lapin de Pâques quelque chose qu'on pouvait approcher aisément du rougissement. Laura elle-même, plus rose que d'habitude, s'est écartée pour nous laisser lui dire au revoir à notre tour.
- Merci pour ton aide, Bunny…, ai-je soufflé en le serrant contre moi à mon tour.
Le Lapin a fait un signe de la main qui signifiait que ce n'était rien, même si j'étais sure qu'il n'en pensait pas autant. L'accolade avec Nord a été brève, mais intense, et dans le rire tonitruant du Père Noël, je sentais une pointe de tristesse sans doute égale à la notre. Sab, véritable peluche dorée, a été beaucoup plus doux, et j'ai eu du mal à me séparer de lui. Les adieux de Jack et de Jamie furent, eux aussi, particulièrement ardus, mais ma plus grande bataille a sans doute été avec Beblue.
Cette dernière pleurait à chaudes larmes quand je l'ai serrée contre moi une dernière fois, et cette fois ci, elle paraissait inconsolable. Fée a fini par lui promettre qu'elle pouvait s'occuper exclusivement de ce secteur pour la récolte des dents afin que l'on puisse se revoir pour qu'elle se calme un peu. Elle ne m'a néanmoins pas lâchée jusqu'au dernier moment. Dire au revoir à Fée a également été difficile, car elle avait toujours été là pour moi, et ce, jusque dans les moments les plus durs et les plus sombres. Elle avait les yeux brillants, sans doute autant que les miens lorsqu'elle m'a relâchée.
Lorsque ça a été à mon tour de faire mes adieux à Jack, ce dernier avait l'air gêné, puis a lâché un gémissement de protestation quand je l'ai cogné dans l'épaule.
- Mais ! C'était pour quoi, ça ?
- Ca, c'était pour nous avoir fait peur ! , ai-je répliqué.
- …Fallait bien que je m'amuse un peu ! , a-t-il répondu avec un sourire qui a fait soupirer Beblue.
Ma menace d'un nouveau coup dans l'épaule s'est soldée par une étreinte fraternelle.
- …Merci pour tout.
Il n'a rien dit, mais m'a serré un peu plus fort.
Quand enfin, on s'est séparés, j'ai failli vouloir les retenir encore un peu, mais cela n'aurait servi à rien… Et puis, je doutais que cela soit un adieu.
On se reverrait. Dans une semaine, un mois, un an ou cinquante… On se reverrait.
Demain est un autre jour.
Fée a du hausser la voix pour que Beblue consente enfin à me lâcher après m'avoir couverte de petits bisous adorables, tandis que les Gardiens l'attendaient dans le traîneau. Puis Nord a fait claquer les rênes avec vivacité et, dans un grand galop, le traîneau a cahoté quelques instants avant de s'élever dans les airs avec grâce. On pouvait encore les voir nous faire de grands signes d'au revoir de la main, auxquels on a répondu avec vivacité tout en leur criant de revenir bientôt.
J'ai senti quelqu'un me prendre la main, et mes yeux ont croisé des prunelles chocolat. J'ai eu un sourire et mes doigts se sont resserrés davantage autour de la main de Jamie, avant de se remettre à scruter le ciel qui se parait de sa tenue éclatante, annonçant un jour nouveau.
Et je peux vous jurer sur tout ce qui vous est cher, que j'ai bien cru voir la lune nous faire un clin d'œil…
Fin
Merci mille milliards de fois à tous ceux et celles qui ont eu la patience d'attendre les chapitres, de poster des reviews, de suivre, d'aimer ou tout simplement de lire cette histoire. Ca a été quelque chose de particulier, je dois avouer (et il faudra me faire penser à faire sortir Pitch de la cage "fillette" où je l'ai oublié depuis une ou deux semaines...). Merci à Soe Raven pour ce sublime Fanart, et à Mania/Gaianee pour le deuxième fanart tout aussi magnifique (sur DeviantART, taper "There's no age whithout fear") et à Flash Unique pour ses vidéos et ses fanarts inoubliables ! ^^ Vous êtes les meilleurs, tous !
Prochaine fanfiction, surement "Le Chant des Quatre Saisons", du film "Epic" ! J'ai d'autres fanfics de ROTG prêtes à mettre à cuire, mais vous comprendrez que je veuille changer un petit peu, quand même... ^^' Sinon, j'ai une fanfiction StarWars en cours, pour les intéressés !
Merci encore une fois ! Sans vous, l'histoire n'aurait JAMAIS été terminée ! ^^
Bye bye !
