Chapitre II
Silence's keeping me awake
N/A : Merci mille fois pour vos commentaires, pour avoir mis mon histoire dans vos favoris, pour vous être inscrits à l'alerte mail… Ça me fait vraiment très plaisir, vous êtes adorables ! Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule groupie de James Blunt xD Je trouve que ses chansons sont très Mug & Cup (Mug & Cup = Caskett, parce que je ne sais pas si vous aviez remarqué, mais Kate a toujours un mug, et Castle une tasse !). Voilà donc la suite, encore merci pour tout, et n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez !
La porte de chez Remy's s'ouvrit avec un tintement désormais habituel et ils pénétrèrent dans le restaurant qui, pour une fois, n'était pas plein à craquer. Kate se dirigea d'instinct vers la table qu'ils occupaient la plupart du temps, située juste à côté de la fenêtre et suffisamment en retrait pour ne pas être gênés par les éclats de rire et les conversations des autres clients. Prenant place en face de Castle, elle sentit le soulagement l'envahir, retrouvant un décor familier, loin des portes pailletées ou des lits géants de Los Angeles. La serveuse vint immédiatement prendre leur commande, se contentant du « comme d'habitude ! » prononcé en chœur par l'écrivain et sa muse.
« Home sweet home, n'est-ce pas ? »
Beckett sourit et, pour une fois, ne ressentit aucunement le besoin de contredire son partenaire. Le dicton pouvait avoir l'air cliché, il n'était pas faux pour autant. Ils discutèrent de tout et de rien jusqu'à ce que leur commande arrive, et commencèrent à manger en silence. Kate ne s'était pas rendue compte à quel point elle avait faim, et regretta de ne pas avoir pris une portion de frites supplémentaires, mais Castle lui céda ses dernières pommes de terre, prétextant qu'il n'avait plus faim. Son sens du sacrifice surprenait toujours la jeune femme qui avait longtemps cru qu'il n'était qu'un de ces people qui ne se préoccupait que de son petit nombril.
« Je suis vraiment désolé pour Royce. Je sais à quel point il comptait pour vous. »
La frite qu'elle s'apprêtait à engloutir s'arrêta à mi-chemin et elle la reposa finalement dans son assiette avant de s'essuyer les mains avec une serviette en papier. Non, il ne pouvait pas savoir. Il ne pouvait pas imaginer à quel point elle avait été folle de l'homme qui –elle l'avait toujours pensé et continuerait à le faire- l'avait sauvé, maintenue hors de l'eau alors qu'elle sombrait vers le fond.
« Cette conversation téléphonique que vous aviez eu avec Royce pour nous permettre de le localiser… Vous pensiez chaque mot, n'est-ce pas ? »
« Castle, s'il vous plaît… » soupira-t-elle.
« Je ne cherche pas à empiéter sur votre jardin secret Beckett. Je pense simplement que vous ne pouvez pas tout garder pour vous. »
« Et l'idée que j'ai d'autres amis que vous à qui j'aurais pu me confier ne vous a jamais effleuré l'esprit ? »
Elle fut elle-même surprise par la colère qui avait envahie sa voix. Castle la regarda, bouche bée, visiblement choqué par sa réaction. Même si elle savait qu'elle n'avait aucune raison de s'énerver contre l'écrivain, elle sentait que le conflit était inévitable. Il fallait qu'elle cri, qu'elle hurle, qu'elle se sente vivante. Royce lui avait appris à garder son calme, à faire preuve d'un sang-froid hors du commun. Mais Royce était mort. Mort.
« Je n'en peux plus Castle. Que ce soit vous, Lanie ou quelqu'un d'autre… Arrêtez de vouloir connaître chaque minuscule aspect de ma personnalité ! J'ai des secrets, mais vous en avez aussi, peut-être moins lourds à porter, peut-être plus, je n'en sais rien ! Vous disiez que j'étais un mystère que vous ne résoudrez jamais ; c'est tout à fait ça. Alors arrêtez de chercher. Il n'y a pas de clef à cette foutue énigme ! Je… »
Les larmes s'étaient mises à couler sur ses joues et elle s'arrêta soudain, réalisant qu'elle était en train de se donner en spectacle. Fouillant dans son sac, elle sortit un billet de 20 dollars de son portefeuille et le jeta sur la table avant de quitter le restaurant précipitamment. Castle se demanda s'il devait la suivre et se dit que ce serait sûrement un choix judicieux sachant qu'elle était seule, n'avait aucun moyen de rentrer et que les rues de New York au milieu de la nuit n'était pas ce qu'il y avait de plus sécurisé… « Elle n'a pas besoin de toi pour la protéger. » s'admonesta-t-il. Cependant, il se lança tout de même à sa poursuite, n'aimant pas la savoir seule dans un tel état. Balayant la rue du regard, il repéra rapidement la silhouette assise sur un banc, à quelques mètres de là. Il s'avait qu'elle avait détecté sa présence mais préféra rester en retrait tant qu'elle ne l'invitait pas à s'approcher.
« C'est bon Castle. Je ne vais pas vous mordre. » murmura-t-elle. En fait, il n'était même pas sûr d'avoir bien entendu, mais il la rejoint tout de même, prenant place de l'autre côté du banc.
« Je suis désolé Beckett. Je ne voulais pas… »
Elle le fit taire d'un geste de la main et il la regarda un instant mâchonner sa lèvre inférieure, comme elle le faisait toujours quand elle voulait dire quelque chose.
« Je n'ai pas de meilleur ami que vous Castle. Je… Vous ne devez pas douter de ça. »
Surpris par cette confession, l'écrivain sourit et se rapprocha légèrement de sa muse. Ses joues étaient encore humides de larmes et cette soudaine faiblesse de la part de celle qu'il croyait invincible le rassurait presque ; malgré la muraille de Chine qu'elle avait bâti autour d'elle, elle était quand même capable de craquer, de prouver son humanité.
« J'ai rencontré Royce alors que j'étais à l'université. Je venais de rentrer de Kiev, et ma mère était décédée depuis un an ; il était venu pour enquêter sur un trafic de drogue au sein de l'école et… Il m'a demandé si je savais quelque chose à ce sujet. Sur le coup, je me suis offusquée parce que je ne voyais pas pourquoi il m'avait collé l'étiquette de « jeune femme responsable et prête à balancer ses amis pour la justice » ; il avait souri et m'avait répondu qu'il savait que je n'étais pas un ange, qu'il s'était renseigné sur moi. Je suis sortie de mes gonds et lui, il continuait de sourire… Comme s'il se fichait de moi. »
Castle écoutait attentivement, se retenant de mémoriser ces détails qui feraient, à l'évidence, une superbe histoire mais il savait faire la part des choses et il ne désirait pas associer à Nikki Heat les choses que Kate ne voudrait pas retrouver dans un roman. Elle se confiait à lui et il ne voulait surtout pas en profiter.
« Il m'a dit qu'il connaissait mon histoire et que le fait de m'engager dans la police était le seul moyen de rendre justice. Je l'ai simplement ignoré et je me suis inscrite en droit pour le semestre suivant il revenait me voir toutes les semaines et il me parlait de son métier. J'ai fini par rejoindre la police et il a été le meilleur instructeur que n'importe quelle recrue pouvait rêver d'avoir. »
Elle tourna la tête et regarda l'écrivain qui écoutait attentivement, attendant la suite.
« Il n'aurait pas dû mourir comme ça Castle. C'était quelqu'un de bien. Vraiment. »
« Tout comme vous. Vous êtes vraiment quelqu'un de bien et je suis sûr qu'il est fier de vous. »
Beckett lui sourit et il se sentit tout de suite mieux ; son sourire était tellement plus agréable que ses larmes, pensa-t-il alors qu'ils se dirigeaient vers sa voiture.
Kate se laissa tomber sur son lit après avoir pris une longue douche qui lui avait fait un bien fou. Un sourire apparu soudain sur ses lèvres lorsqu'elle se souvient de la manière dont Castle et elle s'étaient quittés, à peine une heure auparavant. L'écrivain lui avait souhaité une bonne nuit avant de l'embrasser sur la joue. Les mots de Royce lui revinrent en mémoire, comme une mélodie entêtante.
Si seulement…
Les yeux grands ouverts, Castle fixait le plafond, ressassant les derniers jours qu'il avait passé en compagnie de Beckett. Il avait été sur le point de lui avouer ses sentiments, mais elle ne lui en avait pas laissé le temps. Soupirant, il regarda un long moment les chiffres de son radioréveil défiler avant de finalement prendre son ordinateur portable et commencer à écrire.
TBC…
Vous n'avez pas trouvé ça horrible, la porte pailletée ?
