Chapitre VI

Stay the night

N/A : Je suis profondément navrée pour cette attente interminable ! Mais bon… Mieux vaut tard que jamais, pas vrai ? Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai eu un mal fou à écrire ce chapitre… Depuis mon dernier post, il y a eu le bac, 2 semaines de vacances au Canada, une nouvelle promo pour la saison 4 de Castle… Bref, l'eau a coulé sous les ponts. Sans plus attendre, je vous laisse avec la suite et vous remercie encore pour votre patience et vos gentils commentaires !

PS : Oh, et je m'excuse pour la grosse boulette que j'ai faite dans mon précédent message le chapitre 5 était bel et bien l'avant-dernier !


Un énième regard à sa montre indiqua à Beckett qu'il était déjà 18h30 et qu'il lui serait donc impossible d'être chez Castle à 19 heures. Elle avait interrogé un suspect pendant les deux dernières heures et celui-ci avait donné tellement de versions des faits différentes qu'elle n'était même pas sûre qu'il sache réellement de quoi on l'accusait. Ryan et Esposito avait pris le relais et elle les regardait depuis la vitre teintée, les bras croisés. Observant un moment la scène qui se jouait devant ses yeux, elle finit par plonger dans ses pensées qui se matérialisaient en un seul et unique point ; Castle. Il devait être en train de mettre les petits plats dans les grands, se décarcassant pour lui mitonner un dîner digne d'un 3 étoiles. Elle sourit largement à cette pensée et sursauta presque lorsqu'une main se posa sur son épaule. Ryan fronça les sourcils avant de prendre la parole, se demandant qu'elle était la raison de ce mystérieux sourire qui été apparu aussi vite qu'il n'avait disparu.

« Ryan ? » s'impatienta légèrement Beckett.

« On a obtenu une liste d'une douzaine de témoins potentiels. Nom, adresse, numéro de téléphone, profession… A croire que notre homme a mémoriser tout l'annuaire. »

« Il doit y avoir quelque chose qui cloche avec lui… Voyez s'il y a un quelconque point commun entre cette myriade de suspects, et vérifiez leur version des faits. »

Ryan acquiesça et observa sa supérieure, une lueur inquisitrice dans le regard.

« Tu veux peut-être que je te le redise avec l'accent irlandais ? » ironisa Beckett en faisant mine d'être agacée par la curiosité de son collègue et ami.

« Ca ne te ressemble pas d'être aussi… Euphorique. Je parie que Castle à quelque chose à voir là-dedans ! »

En guise de réponse, la jeune femme leva les yeux au ciel et s'éloigna à grands pas, prenant sa veste avant de quitter le commissariat. Elle aurait une bonne demi-heure de retard, mais c'était toujours mieux que rien, sachant qu'elle avait dû faire des pieds et des mains pour obtenir sa soirée. Informant Castle de son léger contre-temps par le biais d'un SMS, elle héla le premier taxi et s'y engouffra, un sourire intarissable apparaissant sur ses lèvres.


Castle se passa la main dans les cheveux et observa un moment la table qu'il venait de dresser. Il n'avait pas voulu en faire trop, mais il avait un léger problème avec les juste-milieux, si bien qu'il avait sorti le grand jeu presque inconsciemment. La nappe blanche contrastait élégamment avec les assiettes noires achetées dans une boutique de décoration sur la 5ème ( pas la peine de préciser qu'elles lui avaient coûté un bras ), les coquillages ramassés sur sa plage privée des Hamptons et répandus sur la table conféraient au tout un petit côté exotique et les bougies parfumés à la cerise ne laissaient aucun doute quant à la nature de ce dîner. Beckett l'avait informé d'un léger retard trois quart d'heure auparavant, et il savait qu'elle allait arriver d'une seconde à l'autre. Se dirigeant vers le réfrigérateur, il en sortit ses « granités de concombre » qu'il agrémenta de quelques dés de tomates fraîches ainsi que d'un morceau de céleri en branche. La sonnette le fit sursauter et il se dépêcha d'aller ouvrir, se retenant presque de courir. Il prit une grande bouffée d'air avant d'ouvrir la porte.

« Je suis vraiment désolée pour le retard. Je… »

« Beckett, vous n'avez pas besoin de vous excuser pour ça. Je suis bien placé pour savoir que vous avez un boulot plutôt prenant ! »

Il l'invita à entrer d'un geste de la main et en profita pour admirer la tenue de sa partenaire ; un chemisier à manches courtes d'un vert parfaitement assorti à ses yeux et un jean qui dissimulait une partie de ses habituels hauts talons. La simplicité lui allait à ravir, se dit-il en l'observant se diriger vers le salon d'une manière aussi naturelle que si elle avait parcouru la courte distance des millions de fois.

« Oh. » fit-elle en découvrant la table mise, « C'est magnifique Castle. »

« Vous en valez le coup. » répondit-il avec un clin d'œil, affichant son sourire charmeur auquel elle ne pouvait pas résister. Beckett se laissa tomber sur le canapé et se rendit compte qu'elle était passablement épuisée. Elle avait travaillé particulièrement tard la veille au soir et le manque de sommeil accumulé ces derniers temps se faisait sentir. Clignant répétitivement des yeux pour s'empêcher de les laisser fermés, elle se concentra sur les différentes pièces du loft, entendant des bruits de casseroles provenant de la cuisine située derrière elle.

« Beckett ? Est-ce que ça va ? »

Relevant brusquement la tête, la jeune femme se rendit compte qu'elle avait dû s'assoupir quelques minutes. Génial, se dit-elle. J'ai un rendez-vous galant avec Richard Castle et je m'endors à la première occasion…

« Ca va. Je pense que je vais opter pour une grasse matinée, demain matin… » lui sourit-elle.

« Que signifie « grasse matinée » aux yeux de Kate Beckett ? Se lever à sept heures du matin ? » la taquina t-il en déposant le plateau contenant les granités de concombres sur la table basse.

« Vous seriez surpris de voir quelle paresseuse je peux être si je suis vraiment épuisée… »

Le sous-entendu fit son petit effet et l'écrivain s'éclipsa en marmonnant qu'il allait chercher les toasts de tapenade, avec lesquels il revient quelques secondes plus tard.

« Merci, Castle. Je suis sûre que ce sera délicieux. »

« Le seul moyen de le savoir, c'est d'y goûter ! Du champagne en accompagnement, ça vous convient ? »


Une heure plus tard, Beckett était finalement passée au jus de fruit pour accompagner le « saumon en papillote et sa ratatouille » confectionné par Castle, et sa fatigue avait fondu aussi rapidement que les glaçons qu'elle avait ajouté à sa boisson. Elle avait toujours su que Castle était un bon cuisinier, mais elle devait reconnaître qu'elle avait sous-estimé ses capacités et elle ne fut pas surprise quand il lui avoua qu'il avait failli se lancer dans la restauration avant de réellement trouver sa voie dans le domaine de l'écriture.

« Vous auriez eu un peu plus de mal à convaincre le maire de vous laisser suivre un flic du NYPD pour des recherches afin d'écrire un livre de cuisine ! » plaisanta Kate alors que l'écrivain débarrassait son assiette.

« Oh ne vous inquiétez pas, j'aurais su trouver les arguments convaincants ! »

La jeune femme secoua la tête, certaine qu'il serait parvenu à se débrouiller pour être à ses côtés. Il y a quelques temps, elle aurait dit qu'il aurait été prêt à tout pour l'enquiquiner ; mais les choses avaient énormément changées et Kate avait fini par comprendre que Castle n'était pas vraiment l'énergumène agaçant qu'elle avait toujours décrit. Il était à des années lumières du play-boy impertinent qui se retrouvait nu sur un cheval !

« Fondant au chocolat sur lit de crème anglaise accompagné de sa boule de glace à la vanille ! »

« Je vais devoir passer un temps fou à la salle de sport après ça… » constata Beckett en regardant son assiette à dessert. Seulement ce soir, elle n'avait vraiment pas envie d'être raisonnable et elle ne voulait pas vexer Castle en faisant la difficile. « Je parie que vous avez cuisiné simplement pour me voir en sueur ! »

« Outch, je suis démasqué ! »

La jeune femme leva les yeux au ciel et goûta un bout de gâteau sous le regard scrutateur de son partenaire. Il avait passé tout l'après-midi à se battre avec les casseroles, fouets et autres ustensiles et même s'il était assez satisfait du résultat, il voulait avant tout que son repas plaise à son destinataire.

« C'est tout simplement fantastique… Pourquoi est-ce que vous ne m'avez jamais fait goûter ces merveilles auparavant ? »

L'écrivain ne put s'empêcher de sourire jusqu'aux oreilles.

« Il faut bien que je conserve une part de surprise ! » répondit-il en lui adressant un clin d'œil.

Ils finirent de manger tranquillement, et quand le dernier centilitre de glace fut ingéré –par Kate-, ils échouèrent sur le canapé, un verre de vin à portée de main.

« Vous savez ce que j'ai pensé, la première fois que l'on s'est rencontré ? »

Castle ne put s'empêcher de sourire en entendant sa partenaire reprendre les termes qu'il avait employés lors de leur séjour à Los Angeles. Même si cette soirée ne s'était pas finie comme elle aurait pu (dû ?), il en gardait un bon souvenir. Faisant non de la tête, il attendit patiemment que Beckett lui dise ce qu'elle avait à lui dire.

« J'ai pensé que vous seriez un véritable emmerdeur qui parvenait toujours à ses fins en usant de sa célébrité… Et maintenant, je réalise à quel point cette image que j'avais de vous est fausse. Vous… »

Kate fit une pause, comme si elle avait besoin de temps pour chercher ses mots avant de poursuivre.

« Vous êtes un père fantastique, un partenaire tout ce qu'il y a de plus fiable et… Castle, vous êtes le meilleur ami qu'il m'ait été donné d'avoir. Vous avez fait plus pour moi que n'importe qui d'autre. »

Sans trop penser à l'impact de son geste, l'écrivain pris la main de sa muse, attendant la suite. Kate contempla un instant cette main dans la sienne, se rappelant des dernières secondes avant la finalement non-explosion de la bombe sale.

« J'aimerais savoir si… Si vous pensez que nous avons une chance. Je sais que mon passé peut-être difficile à accepter et… »

Castle la fit taire d'un geste de la main, un grand sourire aux lèvres.

« Je crois que j'ai accepté votre passé à l'instant même où j'ai franchi les portes du commissariat pour la première fois. Bien sûr que nous avons une chance, Kate. Nous avons même la chance de notre vie. »

La jeune femme se mordit la lèvre et se rapprocha lentement de son partenaire, finissant par se blottir contre lui. Castle passa ses bras autour de sa taille et la serra contre lui d'une manière tellement naturelle que Kate se demanda pourquoi elle s'était si souvent refusée à imaginer cette situation.

"Je crois que je n'ai jamais eu de premier rancard qui se soit si bien passé." fit remarquer l'écrivain.

"Et la nuit n'est pas finie..." murmura Beckett en tournant la tête pour embrasser son désormais petit-ami.

There's nowhere else to go
I hope that you'll stay the night...

END


Et voilà la suite et fin de Carry you home… Je m'excuse encore une fois pour le délai, et vous souhaite une bonne fin de vacances, en espérant vous retrouver bientôt !