Je vous remercie pour toutes vos review et je tente de répondre personnellement à chacune.
On m'a posé une question sur Frank : en effet, c'est le fils de Neville qui est professeur de botanique, mais nul signe d'Hannah Abbot (qui est censée être sa femme selon J.K. Rowling, enfin je crois). Je ne me souviens pas l'avoir vue dans la fanfiction originale donc vous pouvez imaginer ce que vous voulez. Je vais tout de même demander à l'auteure sa position, pour être sûre.
Quant à mon rythme de publication, je tiens ma promesse donc j'en suis très satisfaite. J'aime beaucoup l'anglais (et les langues en général) donc c'est un vrai plaisir pour moi de traduire cette fanfiction, d'autant plus que je suis actuellement en vacances et donc sans beaucoup de choses à faire (à part ça, les partiels sont dans deux semaines mais tout va bien).

Bonne lecture et n'hésitez pas à me faire part de vos remarques !


Trois semaines s'étaient écoulées. Rose et Scorpius prenaient leur petit-déjeuner, et la jeune Weasley tentait de le convaincre d'aller à Pré-au-Lard avec elle. Comme à son habitude, elle irait avec ses cousins, et désormais la bande comptait aussi Frank. Scorpius n'avait aucune envie de faire partie de ce groupe… Aucun risque pour qu'il se place dans une situation où il devrait regarder, voire parler à Albus plus que nécessaire… Voire ne pas se parler du tout.

« Ecoute, je n'ai pas du tout ma place dans ce groupe. Je ne l'ai jamais eue, donc laisse tomber. Je ne viens pas.

-Qu'est-ce que tu vas faire, ici tout seul ?

-Je vais lire, peindre, me promener, peut-être voir papa…

-Cela semble plus sympa que Pré-au-Lard avec moi », dit une voix derrière eux.

Albus. Scorpius dut prendre quelques instants pour se recomposer un visage, pendant que le garçon s'asseyait en face d'eux, regardant le blond avec intérêt.

« Frank m'envoie te chercher, expliqua Albus en se tournant vers Rose. Il t'attend dans le hall d'entrée. Il a décidé de laisser le reste du groupe et de te garder pour lui tout seul. Alors dépêche-toi.

-Et toi, que vas-tu faire ? demanda-t-elle en se levant.

-Je pense rester ici. Je ne suis pas d'humeur à aller à Pré-au-Lard.

-Vraiment ? Peut-être que vous pourriez faire un truc tous les deux ! répondit-elle, se voyant gratifiée d'un regard noir de la part de Scorpius.

-Oui, j'aimerais bien qu'on fasse ça, dit Albus alors que Rose s'en allait.

-Pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?

-Pourquoi veux-tu passer la journée avec moi ?

-Parce que tu es bien plus intéressant que toutes ces canailles, expliqua le Gryffondor en pointant du doigt ses amis et cousins qui, comme à leur habitude, faisaient plus de bruit que tous les autres élèves réunis.

-Oh, c'est donc pour cela que tu passes tout ton temps avec eux plutôt qu'avec moi ? » rétorqua Scorpius, une pointe de sarcasme dans la voix.

Albus sourit. Il semblait un peu chagriné.

« Je pense que je le mérite.

-Non, soupira le Serdaigle. Je suis désolé. Je n'ai nullement le droit de dire quelque chose comme ça. Ce n'est pas comme si nous étions des amis.

-Mais nous pourrions l'être… Si tu le voulais.

-Qu'est-ce que vient faire ma volonté là-dedans ? Ce n'est pas comme si tu avais eu du temps pour…

-Je suis désolé, coupa Albus.

-De quoi ?

-De ne pas avoir essayé de te parler depuis le jour à la bibliothèque. Je sais que cela ressemblait à un début d'amitié.

-Alors, pourquoi n'as-tu pas continué ?

-Je le voulais, mais…

-Mais ?

-Cela aurait soulevé trop de questions auxquelles je ne suis pas sûr d'être prêt à répondre… J'ai une famille bien trop fouineuse.

-Bon, au moins tu es honnête… J'ai compris qu'ils étaient curieux et toujours dans tes jambes, mais pourquoi ne peux-tu pas leur dire de te laisser tranquille ?

-Je ne sais pas. C'est juste que je ne l'ai jamais fait. Ce n'est pas facile d'être la seule personne de la famille entière à être différent… Je me suis toujours considéré comme un marginal.

-Alors, tu tentes de t'intégrer… Même si c'est difficile.

-Ouais… C'est un peu pathétique, en fait. »

Albus était à nouveau surpris par la facilité avec laquelle il pouvait s'ouvrir à Scorpius, alors qu'il ne le connaissait à peine.

« Ça ne l'est pas du tout… » répondit doucement le blond.

Ils se regardèrent pendant une bonne minute, sans rien faire d'autre. Scorpius essayait difficilement de calmer les papillons de son ventre et de contrôler son rougissement qu'il sentait monter d'un instant à l'autre, à la vue d'Albus le regardant, la tête penchée sur le côté, comme s'il tentait de le comprendre. Cependant, il ne pouvait s'empêcher de sourire, prenant Albus par surprise. C'était un sourire si heureux… Qui le rendait, pour certaines raisons, heureux également.

« On pourrait peut-être sortir, non ? demanda-t-il.

-Où veux-tu aller ?

-Une promenade, peut-être ?

-Bien sûr. »

Bientôt, ils se retrouvèrent en train de marcher vers le terrain de quidditch. Scorpius se demandait si Albus l'avait délibérément mené vers cet endroit.

« Oh, attends, peut-être que tu ne joues pas ? s'interrogea le Gryffondor.

-Cela ne m'a jamais tenté, je suppose. Mais j'aime quand même voler.

-Vraiment ? Je suis content que tu le dises !

-Pourquoi ?

-Parce que je suis d'une humeur à voler, et j'aimerais beaucoup que tu te joignes à moi. »

Ils furent dans les airs quelques minutes plus tard, et Albus trouva que Scorpius était très bon sur un balai. Il était rapide, avec un excellent contrôle de sa direction.

« Tu es vraiment bon pour ça, dit-il. Mais pourquoi ne t'ai-je jamais vu voler ?

-Je viens certains matins, toujours avant le petit-déjeuner.

-Seul ?

-Non. Papa vient toujours avec moi. Il dit que c'est une bonne manière de se vider la tête avant d'affronter les idiots et les singes à qui il doit enseigner. C'est notre temps quotidien, à nous deux. »

Albus sentit à nouveau une vague d'envie à cette mention de Scorpius et de son père. Il ne l'admettrait jamais, mais il aimait son père plus que tout au monde. Ils étaient vraiment proches, quand il était enfant sa mère était une joueuse de quidditch professionnelle, elle voyageait beaucoup et c'était à son père que revenait la tâche de s'occuper des enfants. Il n'était pas encore le chef des Aurors. Ainsi, il était toujours avec eux, et ils avaient également leurs petits rituels. Albus était toujours le premier levé, le matin ensuite, il levait son père, puis ils préparaient et prenaient le petit-déjeuner ensemble… Mais ensuite, sa mère avait pris sa retraite, ils étaient entrés à Poudlard, son père était devenu un Auror et désormais, il ne le voyait que très peu, même pendant les vacances.

« Je suis désolé, dit-il en relevant les yeux.

-A quoi pensais-tu ?

-A mon père. J'ai beaucoup de mal à prendre du temps avec lui ces derniers temps et il me manque beaucoup.

-Tu lui as dit ?

-Non.

-Tu devrais.

-Je suis un peu inquiet pour lui, en fait. Il semblait si fatigué, épuisé pendant tout l'été, toujours en train de travailler…

-Ecris-lui et dis-lui qu'il te manque. Je suis sûr qu'il voudrait le savoir.

-Oui, j'imagine… »

Ils volèrent encore un moment, tranquillement, puis lorsqu'ils atterrirent et rangèrent leurs balais, Albus se dirigea vers Scorpius.

« Merci, lui dit-il.

-Pas de quoi. On remet ça quand tu veux, souviens-toi en ! »

Ils rentrèrent calmement vers le château pour déjeuner, parlant tout du long. Albus se demanda comment Scorpius faisait pour le rendre si à l'aise, si ouvert, alors qu'il était incapable de se comporter comme cela avec d'autres personnes… Il ne savait pas quoi répondre à cette interrogation, mais en tout cas, il commençait à vraiment apprécier le Serdaigle.

Plus tard dans la soirée, alors qu'ils avaient passé la journée ensemble, ils se tenaient en haut de la tour d'astronomie, étendus sur deux couvertures, regardant les étoiles.

« Je peux te demander quelque chose ?

-Al, tu peux me demander ce que tu veux. Si je ne souhaite pas répondre, je le dirai, tout simplement.

-Pourquoi Rosie et toi n'êtes pas sortis ensemble ? Vous semblez parfaits l'un pour l'autre ! »

« Wow, je ne l'avais pas vue arriver, celle-là… Qu'est-ce que je fais ? se demanda Scorpius. Devrais-je dire qu'elle est comme ma sœur ou que je suis gay ? Bien sûr, je ne veux pas cacher cela, mais n'est-ce pas trop tôt pour partager une information pareille ? Va-t-il penser que je cherche à le séduire ? Oui, je veux qu'il sache, mais s'il commence à se sentir mal à l'aise en ma présence ? Je ne pense pas que je pourrais le supporter, pas après tout ce qui s'est passé aujourd'hui… Mais je ne veux pas mentir non plus… »

Scorpius passa quelques minutes à se battre avec sa petite voix intérieure. Albus attendait patiemment sa réponse.

« C'est bon, Scor. Tu n'as pas à me le dire, si tu ne veux pas.

-Si, je veux le dire. C'est juste que je ne sais pas si c'est une bonne idée de le faire, répondit Scorpius en se tournant vers l'autre garçon.

-Alors, qu'est-ce que c'est ? »

Le Serdaigle décida de lui dire.

« Je suis ce que je suis, conclut-il en son for intérieur. Je suis gay et cela me va. Si cela bouleverse notre amitié, eh bien, cela arrivera que je lui dise maintenant ou plus tard… »

« Je suis gay. »