Et voilà le nouveau chapitre ! Nos deux tourtereaux sont enfin tranquilles...

Bonne lecture et n'oubliez pas la petite review.


Albus s'arrêta une fois en haut de l'escalier et prit une profonde inspiration. Il poussa la porte déjà ouverte et avança. Scorpius était appuyé sur la balustrade, regardant les collines au loin. Sa vue coupa le souffle du jeune Gryffondor. Il paraissait… angélique. Il ne parvenait pas à trouver d'autres mots. Albus savait qu'il était lui-même plutôt agréable à regarder, sans vanité, mais Scorpius… Il était presque éthéré, délicat, céleste.

« Je ne peux pas croire que je le connais depuis tant d'années sans avoir réellement remarqué à quel point il était beau », se dit Albus en marchant vers lui. Scorpius se tourna, sourit et le brun se sentit perdu. Il oublia toutes ses inquiétudes et fit ce qu'il avait eu envie de faire tout au long de la journée. Il tira Scorpius vers lui et l'embrassa.

C'était un premier baiser doux et léger. Il évoquait la tendresse, le désir et tout ce que les deux garçons trouvaient difficile d'exprimer avec des mots. Ils reculèrent un peu et se regardèrent…

« As-tu peur ? demanda Scorpius.

-Plus maintenant, reconnut Albus. Je m'inquiétais car cela me semblait arriver trop vite. Nous nous connaissons à peine. Je pensais te dire qu'il fallait essayer d'être amis avant.

-Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?

-Toi. Je t'ai vu te tenir ici, et la seule chose que je voulais, c'était t'embrasser. Et ensuite, j'ai compris que cette façon de ressentir les choses faisait qu'on ne pouvait pas se contenter d'être des amis, même pour un temps.

-Bien. Parce que je pense que je n'aurais pas pu supporter d'être juste ami avec toi. »

« Je pense que je suis en train de tomber amoureux de toi, pensa Scorpius. Mais ce n'est pas le moment de te dire cela, alors je le garde pour moi et essaie de te le faire comprendre en t'embrassant passionnément. »

Il appliqua sa résolution en se rapprochant à nouveau d'Albus, qui avait désormais pris les devants dans leur relation. Le Serdaigle s'était tenu en retrait car il n'était pas sûr des sentiments du Gryffondor. Mais maintenant qu'il n'y avait plus à s'en soucier, Scorpius se laissa aller, faisant ce dont il rêvait depuis deux ans.

Albus fut surpris par la passion que Scorpius mettait dans leur baiser. Cela lui coupa la respiration et rendit ses genoux tremblants. Cela le faisait gémir et soupirer d'une façon d'une manière qu'il n'avait jamais crue possible.

« J'ai cru que j'étais perdu, mais je n'ai plus d'espoir désormais », pensa-t-il alors qu'il peinait à tenir sur ses jambes et laissait Scorpius prendre ce qu'il voulait. Le blond avait toujours paru se restreindre et garder le contrôle. C'était à couper le souffre de le voir s'avancer et s'affirmer ainsi. Albus avait jusque-là gardé ses mains autour des poignets de Scorpius, mais désormais il faisait courir ses mains sur le corps de son… « mon quoi ? petit ami ? » petit ami, son dos, son cou, ses bras… Scorpius faisait de même et cela commençait à exciter sérieusement une partie de son anatomie. Il remarqua que le blon avait le même problème, et cette sensation de cette bosse dure contre lui l'émoustilla encore plus. Il sentait qu'il perdait légèrement le contrôle, mais il n'avait pas la volonté, ni même le désir, de cesser.

Juste au moment où il pensait exploser sous le simple effet de son attente, Scorpius se retira doucement du baiser. Ils se reposèrent l'un sur l'autre, tentant de reprendre leur souffle et d'apaiser les battements de leur cœur. Cela prit un certain temps… Ils se tenaient serrés l'un contre l'autre, rougissants, essoufflés et plus heureux qu'ils ne l'avaient jamais été. Albus serra Scorpius dans ses bras, une simple étreinte câline. Le blond était plus petit que lui, d'au moins une tête : ainsi, lorsqu'ils s'étreignirent, sa tête s'ajusta parfaitement sous son menton… Ils s'accordaient parfaitement.

« Comme si nous n'avions été faits que pour cela », pensa Albus en souriant.

« Tu te sens mieux désormais ? demanda doucement Scorpius.

-Je me sens incroyablement bien, en vérité. C'était un sacré baiser. »

Scorpius rougit. Il n'était pas naturel pour lui de prendre les choses en main. C'était plutôt du genre d'Albus. Mais il avait mis dans ce baiser toute la frustration accumulée pendant deux ans, et en avait été assez époustouflé.

« Est-ce que tu sais seulement ce que tu me fais quand tu rougis comme cela ? » dit Albus. Ses paroles ne firent qu'accentuer la jolie couleur fuchsia des joues du Serdaigle.

Le brun se surprit à grogner, alors qu'il entraînait Scorpius dans un autre baiser, réalisant par cela que tous ses doutes à propos d'une relation avec un garçon s'étaient envolés. Il n'avait jamais imaginé être capable de ressentir autant de passion pour une personne. Mais c'était avant de connaître Scorpius et de le désirer tout entier.

« Et maintenant ? dit Scorpius, un moment plus tard.

-C'est le moment où je te demande d'être mon petit ami, où tu rougis et tu dis oui. »

Le blond rougit aussitôt et Albus rit.

« Idiot ! s'écria-t-il, honteux.

-Alors… continua le brun.

-As-tu vraiment besoin de demander ? Bien sûr que je serai ton petit copain, et tu seras le mien.

-Bien. Asseyons-nous, juste un instant », répondit Albus.

Ils se rendirent de l'autre côté de la tour et s'assirent enlacés.

« Tu penses qu'on va pouvoir faire durer cela ? reprit le Gryffondor, un peu inquiet.

-Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas. Nous faisons déjà tout bien…

-Je sais. C'est juste qu'on ne se connaît pas depuis longtemps.

-Mais justement, n'est-ce pas le but d'une relation ? Décider que nous nous aimons assez pour vouloir passer du temps ensemble, apprendre de l'autre.

-J'imagine… Ta façon d'être si calme à propos de tout est un mystère pour moi.

-J'aime vivre l'instant présent. Les choses vont comme elles vont. Se soucier d'elles ne fait aucune différence. Mais bon, ça c'est moi. De ton côté, tu as besoin de t'inquiéter avant d'être à l'aise. Ce sont deux façons d'être différentes, je suppose.

-J'envie la façon dont tu es capable de penser à tout si clairement.

-Je suis un Serdaigle, Al.

-Comme j'aurais pu l'être si je n'avais pas été si stupide.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Le Choixpeau voulait me répartir à Serdaigle. Je lui ai demandé de me mettre à Gryffondor… A cause de cette idiote envie de m'intégrer.

-Je ne savais pas qu'on pouvait le faire, s'interrogea Scorpius.

-Mon père me l'a dit sur le quai avant que je ne prenne le train pour la première fois. James m'avait asticoté tout l'été en disant que je n'étais pas assez courageux pour aller à Gryffondor. Il disait sans cesse que je finirais à Serpentard. Le Choixpeau a dit que je serais très bien à Serdaigle… J'aurais dû l'écouter.

-Tu voulais que ton père pense que tu es courageux… comme lui.

-Oui. Idiot, je te l'ai dit.

-Hum… Pas étonnant que tu ne te sentes pas à ta place. »

Les deux garçons se turent pendant quelques minutes, puis Scorpius reprit la parole.

« Al… Es-tu heureux ?

-Ici et maintenant, très. Et grâce à toi. Mais en général, je ne le suis pas trop.

-Pourquoi ?

-Parce que je me sens perdu. Je ne sais pas qui je suis et je n'ai aucune idée de ma vie plus tard. J'ai presque dix-sept ans, je devrais le savoir, non ?

-Je ne pense pas que « devoir » est le bon mot à employer. Tu prends juste un peu plus de temps pour te connaître toi-même, et alors ?

-Tu rends toutes les choses si simples…

-Parce qu'elles le sont.

Albus sourit et installa Scorpius sur ses genoux. Il tint son visage doucement, regarda les yeux gris argent et dit :

« Je vois que je deviens réellement dépendant de toi.

-Tu le dis comme si c'était une mauvaise chose, rétorqua le blond.

-Est-ce le cas ?

-Non, répondit le Serdaigle. Je pense que c'est justement le but d'avoir un partenaire, d'avoir quelqu'un dont on dépend, en lequel on peut avoir confiance, qui s'occupe de nous. Quelqu'un qui prête une épaule quand tu en as besoin et qui te frappe quand tu fais quelque chose de stupide. »

Une grosse boule se forma dans la gorge d'Albus. Il soupira et enfouit sa tête dans la nuque de son petit ami. Ils restèrent ainsi un long moment, savourant le contact de l'autre, se caressant, s'embrassant et parlant doucement.