Et voici le dixième chapitre que j'apprécie beaucoup, car je suis une Serdaigle dans l'âme - c'est Pottermore qui l'a dit.
Je vous remercie encore une fois pour vos review - même si, calcul mis à jour, seul un visiteur sur vingt-trois environ en laisse une - et je suis étonnée de voir que est un site totalement international. J'en profite pour demander aux lecteurs et lectrices canadien(ne)s, plus précisément les montréalais, de bien vouloir se manifester s'il y en a, car je souhaiterai y passer un an durant l'année scolaire 2014-2015 et c'est toujours agréable d'y connaître des gens !
Dernière chose qui ne va pas vous plaire (et croyez-moi, je ne suis pas très chaude non plus) : je pars demain matin dans un trou paumé sans Internet, et j'y reste jusqu'à samedi. Je tenterai de poster le chapitre 11 avant de partir, mais rien n'est moins sûr. Vous l'aurez sans aucun doute samedi ! Voilà, j'espère que vous survivrez sans update ;)
Je parle trop, donc je me tais. Bonne lecture !
Scorpius lut la lettre et rougit. Albus sentit une pointe d'inquiétude à cette vue : qui pouvait donc envoyer des lettres à Scorpius qui le feraient rougir ? Le Serdaigle jeta un œil à la table des professeurs et remarqua que son père était évidemment en train de le regarder, un petit sourire sur le visage. Son fils lui jeta un regard noir, ce qui ne fit d'élargir le rictus moqueur du maître des Potions.
« Pourquoi ? articula silencieusement Scorpius.
-Ne pose pas de questions stupides », répondit Drago de la même manière.
Albus regardait ce petit épisode avec intérêt. Ainsi, Scorpius avait reçu une lettre de son père ?
« Que se passe-t-il ? » demanda-t-il en tentant de ne pas paraître trop curieux.
Scorpius lui tendit le message. Albus le lut et ne put s'empêcher de sourire.
« Beau ? Vraiment ?
-Je t'avais dit qu'il t'aimait bien, dit Scorpius. Et maintenant il veut te connaître, soupira-t-il.
-C'est ce que mon père fera lorsque je lui parlerai de nous. Je comprends sa réaction.
-Je sais. Mais nous ne sommes ensemble que depuis une semaine, ajouta Scorpius.
-Et j'imagine que je vais avoir droit au discours "tu fais du mal à mon fils, je te tue", non ? »
Scorpius grogna, n'osant pas acquiescer. Il regarda son père et secoua la tête.
« Non, articula-t-il.
-Tu ne me laisses jamais m'amuser », répliqua son père en faisait la moue.
Son fils rit. Drago pouvait être si enfantin parfois…
« Très bien, on le fait ! Tu es content ?
-Très », répondit Malefoy père, toujours un sourire moqueur aux lèvres.
Scorpius se demandait souvent qui était l'enfant dans leur relation. Il savait par sa grand-mère que l'enfance de son père n'avait pas toujours été heureuse, et n'avait d'ailleurs rien d'une enfance normale. On avait toujours attendu de lui qu'il soit propret et parfait et tout ce qu'un héritier d'une grande famille Sang-Pur devait être. Il était donc indulgent quant au comportement de son père une fois adulte. Mais il regrettait souvent que son père n'ait encore retrouvé personne. Il voulait le voir heureux, avec une personne qu'il aimerait et avec laquelle il partagerait sa vie. Il soupira.
« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Albus.
-Parfois, j'oublie à quel point mon père est seul… »
[…]
Albus était nerveux. Certes, il voyait le professeur Malefoy tous les jours, mais cette fois, c'était différent. C'était un père qui voulait connaître le petit ami de son fils. Et Albus voulait désespérément l'impressionner. Il était disposé à admettre, dans l'intimité de son propre esprit, que Scorpius était probablement trop bien pour lui. Il l'aurait bien avoué à Scorpius, mais il ne voulait pas que Drago Malefoy le pense. Le fait qu'il était un peu émerveillé par l'homme ne l'aidait pas. Le professeur Malefoy était son professeur favori depuis son premier jour d'école, et pas uniquement parce qu'il enseignait sa matière préférée. Il était un excellent professeur et probablement la personne la plus intelligente qu'Albus n'avait jamais rencontrée.
Le Gryffondor aimait la façon dont Scorpius parlait de son père. Il était évident que leur relation père-fils était plutôt exceptionnelle. Drago était clairement un père très attentionné, et qu'il serait donc réticent à reconnaître qu'une personne serait assez bien pour son fils. La nervosité d'Albus, lui tordant les entrailles, le fit revenir sur terre. Il s'examina à nouveau dans le miroir, vérifiant sa robe, essayant de discipliner ses cheveux… Frank, allongé sur son lit, le regardait.
« Que se passe-t-il, Al ? Si je ne te connaissais pas, je dirais que tu vas à un rendez-vous.
-Non, rien de ce genre, répondit Albus, le rose aux joues.
-Tu vas juste retrouver Scorpius, dit Frank, un peu trop innocent pour son propre bien.
-Peut-être, marmonna Albus, se demandant à quoi Frank jouait.
-Vous êtes des bons amis maintenant ! Vous devez passer beaucoup de temps ensemble.
-Euh… Ouais », répondit-il, évasif.
Il s'assit sur son propre lit et enfila ses chaussures, tentant d'ignorer Frank et son évidente curiosité.
« Tu peux me le dire, tu sais, dit Frank d'une voix basse.
-Te dire quoi ?
-A propos de toi et Scorpius.
-Qu'est-ce qu'i propos de nous deux ? s'exclama Albus, paralysé par le stress.
-Je sais que vous êtes ensemble…
-Je ne peux pas croire que Rosie te l'ait dit.
-Lily l'a laissé échapper, en fait. Je suis ton meilleur pote, Al. Je ne comprends pas que tu ressentes le besoin de me le cacher, dit Frank, un peu blessé. Ne me dis pas que tu pensais que je ne comprendrais pas.
-Je suis désolé, Frank, soupira Albus. Ce n'est pas que je ne te fais pas confiance. Je voulais juste le garder secret pour un temps. Scor et moi… nous sommes encore en train de nous habituer l'un à l'autre. Nous ne voulons pas de toute l'attention, de toute la dramatisation qu'une telle révélation entraîne forcément.
-Ce doit être dur, non ? Je ne peux pas m'imaginer garder mes distances avec Rosie, toujours penser aux personnes présentes qui risquent de te voir…
-Oui, ça l'est. Quand je le vois le matin, j'ai simplement envie de le serrer dans mes bras et de l'embrasser. Je le rencontre entre les cours et je veux lui tenir la main sans y penser. Mais…
-Alors, pourquoi garder le secret ?
-Je veux juste attendre d'être revenu à la maison pour Noël et en parler à mes parents et ma famille. Je sais que ma mère ne va pas aimer cela du tout. Elle n'a jamais surmonté son antipathie face aux Malefoy. Jamie va péter un câble, tu sais comment il s'est comporté toute cette semaine. Fred et Louis ont déjà essayé de me dissuader d'être ami avec Scor. Comment penses-tu qu'ils vont réagir quand ils apprendront qu'en fait, il est mon petit copain ? Parce que Jamie ne se privera pas de leur en parler, et oncle Ron non plus. De toute façon, ça se passera comme cela que je leur avoue maintenant ou plus tard, mais au moins à la maison j'aurai le soutien de Papa et Scor n'aura pas à le supporter, personne ne pourra être méchant avec lui… C'est la chose qui m'inquiète le plus. J'espère que les vacances permettront à tout le monde de se calmer et de s'y faire avant de retourner à l'école… Je sais que cela peut devenir bordélique. J'essaie juste de limiter les dégâts.
-Je dois dire que ton raisonnement est sensé. Mais au fait, où vas-tu comme cela ?
-Le père de Scor nous a invités à dîner dans ses appartements ce soir.
-Tu rencontres déjà le père ? Pas étonnant que tu sois nerveux, ricana Frank.
-Je suis terrifié.
-Où dois-tu retrouver Scorpius ?
-Dans la salle commune des Serdaigle.
-J'irai avec toi. Cela me donnera une chance de voir Rosie. Elle a été très occupée aujourd'hui. »
Ils partirent à la salle commune et entrèrent, grâce à la capacité d'Albus à répondre aux malicieuses questions posées par les portraits retors.
« Pourquoi ne peuvent-ils pas avoir un mot de passe comme les gens normaux ? », se plaignit Frank alors qu'il pénétrait dans la pièce.
« Ce sont des Serdaigle, Frank. Ils sont faits pour sans cesse prouver leur valeur. On dirait que tu ne connais pas Rosie ! » s'exclama Albus en suivant son ami dans la salle.
Frank se contenta de glousser en réponse. Ils restèrent immobiles pendant une minute, le temps de prendre leurs marques. C'était très différent de la salle commune des Gryffondor. Plus grande, peinte de bleu et de bronze, elle semblait cool et confortable à Albus. On trouvait des chaises et des canapés un peu partout, et la plupart des étudiants étaient groupés par trois ou quatre, contrairement aux Gryffondor qui avaient l'habitude de se réunir en larges groupes très bruyants. Les rouge et or étaient chaleureux et cosy, mais les Serdaigle étaient paisibles.
Rose et Scorpius se tenaient dans un coin de la salle à l'opposé de l'entrée et n'avait pas encore remarqué leurs petits amis respectifs. Frank et Albus se dirigèrent vers eux, se sentant surpris du fait que personne ne leur accordait d'attention. Chez les Gryffondor, si une personne d'une autre maison était entrée dans la salle commune, elle aurait été assaillie de questions.
Rose était assise au piano. Elle semblait travailler sur une nouvelle partition, car elle s'arrêtait toutes les deux secondes pour regarder les notes d'un œil noir, les sourcils froncés, puis recommençait, s'arrêtait, recommençait… souriant triomphalement lorsqu'elle réussissait le passage.
Quant à Scorpius, il se tenait près d'elle, un pinceau à la main, examinant une peinture à moitié finie. C'était un portrait de Rose au piano. Il avait une main sur la hanche et une expression d'intense concentration sur le visage. Il la regardait brièvement, puis revenait à sa toile, ajoutant quelques traits, puis la regardait à nouveau et étoffait son travail… Il s'arrêta pour ôter ses cheveux roux de ses yeux, placer sa tête d'une manière particulière. Elle semblait habituée à cela et ne protestait pas. Elle continuait juste à jouer, comme si rien de particulier ne se passait.
Les deux Gryffondor étaient fascinés de voir leurs partenaires ainsi, leur garde baissée, dans leur environnement naturel. Ils reculèrent de quelques pas et observèrent en silence. Albus était complètement pris dans sa contemplation de la peinture. Elle était loin d'être terminée. Ce n'était que quelques coups de pinceau… le contour de son visage et de sa silhouette. Mais Scorpius avait déjà capturé une expression particulière qu'arborait Rose lorsqu'elle travaillait… les sourcils froncés, la fine ligne de ses lèvres pincées et la lumière dans ses yeux qui montrait qu'elle tentait de maîtriser une chose difficile.
« Je ne peux pas croire que je n'ai encore jamais vu ses peintures, dit Albus.
-Je n'avais pas encore écouté Rose jouer non plus. Ils portent la timidité à un tout autre niveau, ces deux-là.
-Je sais. Mais c'est quelque chose que nous aimons chez eux.
-C'est vrai. Regarde-les. Ils sont si à l'aise ensemble… Si satisfaits. Je suis presque jaloux, ajouta Frank d'une voix douce.
-Moi aussi. Mais ils n'ont été que tous les deux ces cinq dernières années.
-Je suis surpris qu'ils nous aient laissés entrer dans leurs vies, reconnut Frank.
-Tu as insisté pour y entrer !
-Détails, détails… »
Scorpius se tourna et les aperçut. Il tenta hâtivement de couvrir la peinture, et Rose arrêta de jouer.
« Depuis combien de temps êtes-vous là ? demanda-t-elle.
-Assez longtemps pour comprendre que vous semblez parfaitement bien sans nous !
-Comme si tu pensais à moi sur le terrain de Quidditch, rétorqua Rose.
-C'est vrai. Mais je ne m'arrête pas de jouer juste parce que tu arrives sur le terrain », répliqua Frank avec un sourire malicieux.
Rose ne pouvait que sourire à son tour.
« Bien. Assieds-toi. Je vais jouer pour toi. »
Pendant ce temps, Albus étudiait la peinture en silence.
« C'est magnifique, dit-il.
-Merci.
-Pourrais-je voir d'autres dessins ? »
Scorpius semblait mal à l'aise.
« Peut-être plus tard, répondit-il.
-Pourquoi ? »
« Parce que beaucoup de mes peintures sont des portraits de toi et je ne suis pas sûr de vouloir les partager maintenant », pensa le Serdaigle.
« Pas encore prêt à partager cette part de toi-même ? dit doucement Albus, compréhensif.
-Oui, dans un sens…
-C'est bon, love. Je comprends. »
