Je suis de retour, j'espère que je vous ai manqué ! Pour me faire pardonner, voici le chapitre tant attendu de la rencontre entre Albus et Drago. J'aime beaucoup ce chapitre et je pense que vous l'apprécierez également.

Bonne lecture !


Scorpius soupira.

« Je veux te les montrer. Pas maintenant, c'est tout. Je préfère le faire quand tu seras tout à moi, totalement disponible.

-Okay », répondit Albus.

Il avait la vague sensation de manquer quelque chose, mais il ne savait pas du tout ce que cela pouvait être, alors il passa outre.

« Je pense qu'on devrait y aller », reprit Scorpius en rangeant rapidement ses affaires.

Ils marchèrent vers les donjons en parlant tout du long. Ils ne s'étaient pas vus depuis le petit-déjeuner : ainsi, ils avaient beaucoup de choses à propos desquelles discuter. Albus commença à se sentir à nouveau nerveux alors qu'ils approchaient les quartiers du maître des Potions. Scorpius examina les alentours. Le couloir était désert. Il en profita pour agripper son petit ami par la main et le pousser contre le mur. Il jeta un sort de protection autour d'eux afin qu'ils ne soient pas remarqués par accident, puis l'embrassa doucement… Des longs et légers baisers sur sa mâchoire et son cou qui détendaient Albus malgré lui. Il soupira et entraîna Scorpius dans un gros câlin, presque dépassé par son affection pour le blond. Ils restèrent ainsi pendant quelques minutes, puis annulèrent le charme et continuèrent leur route vers les appartements de Drago. Ils s'arrêtèrent devant l'entrée et se regardèrent mutuellement.

« Il t'aime déjà, le rassura Scorpius. Tu n'as aucune raison de t'inquiéter.

-Alors pourquoi suis-je si certain de passer pour un idiot ?

-Tu ne le feras pas, je te le promets. Et même si, infortunément, cela arrive, je te sauverai.

-Mon héros, murmura Albus avec un sourire.

-Crétin », répliqua Scorpius en tapant à la porte.

Drago les fit entrer. Le Gryffondor examina la pièce, curieux. Ils se tenaient dans un grand salon, décoré avec goût dans des nuances bleues et grises. Albus devait reconnaître qu'il était surpris : il s'était attendu à une dominante de vert, Drago étant le directeur des Serpentard. « Stéréotypes », se dit-il en secouant la tête. Un pan de mur entier était recouvert de livres. Il y avait également un canapé et quelques fauteuils, paraissant très confortables, ainsi que quelques objets d'art plutôt étranges. Accroché au -dessus du manteau de la cheminée, trônait un grand portrait de Severus Rogue. L'homme peint, assis dans un fauteuil, lisait. Il semblait scruter Albus avec attention et leva la tête.

« Et qui pourriez-vous être, jeune homme ? Vous me rappelez un idiot que j'ai un jour connu.

-Je suis Albus Potter.

-Ah ! Le fils du Garçon-qui-a-survécu ! ricana Rogue.

-Oui monsieur. Albus Severus Potter. »

Les sourcils de Rogue se levèrent si hauts qu'ils disparurent sous ses cheveux.

« Etes-vous en train de me dire que Harry Potter a nommé son fils d'après moi ?, demanda-t-il, semblant presque offensé.

-Oui, monsieur.

-La peste soit de ce garçon !

-Oh, arrêtez, Severus. Nous savons tous que vous ne haïssez pas réellement Harry. Je me demande même si vous l'avez un jour fait », les interrompit Drago.

Rogue se contenta d'un « Humpf » étouffé en guise de réponse.

« Que savez-vous de moi, jeune homme ? reprit-t-il en se tournant vers Albus.

-Mon père m'a dit que vous étiez l'homme le plus courageux qu'il n'ait jamais connu. »

Rogue sembla offensé, mais il était évident qu'il tentait difficilement de ne pas montrer que cela lui faisait très plaisir. Drago rit.

« Vous avez besoin de concentrer vos efforts sur le masque, Severus. Il glisse. »

L'homme du tableau lui jeta un regard noir et se focalisa à nouveau sur Albus.

« Alors mon garçon, dites-moi. Etes-vous aussi misérable en potions qu'il l'était ?

-Je pense qu'il va vous surprendre sur ce coup, Severus. Le garçon est brillant. Mon meilleur élève.

-Vraiment ? dit Rogue, alors qu'Albus rougissait. Qui l'aurait cru ? »

Il continua à regarder le jeune Gryffondor avec curiosité, puis secoua la tête.

« Bien, tout cela fut très intéressant, mais je dois parler à Albus… Dumbledore, ajouta-t-il en se levant pour quitter son tableau.

-Bien. C'est l'heure de votre… hum, rencontre quotidienne, répliqua Drago avec un petit sourire.

-Qu'est-ce que c'est censé dire ?

-Minerva m'a dit que Dumbledore et vous passez des heures à cancaner chaque soir.

-Je ne cancane pas, siffla Rogue.

-Bien sûr. Vous vous asseyez juste sous le coucher du soleil pour discuter à propos de tout le monde. »

La seule réponse de Rogue fut de s'offenser et de partir. « Je l'appelle juste comme j'en ai envie », ajouta Drago. Ce commentaire fit revenir Rogue dans son cadre.

« Avez-vous d'autres expressions apprises dans tous ces livres moldus qui vous ingurgitez ?

-Oui.

-Pourquoi les lisez-vous ? »

Scorpius posa sa main sur le bras d'Albus et le conduisit sur le canapé.

« Assieds-toi. Ils vont continuer pendant un moment.

-On dirait qu'ils ont déjà eu cette dispute auparavant, remarqua Albus.

-Oh, oui, beaucoup de fois…

-Parce qu'ils sont intéressants, reprit Drago. Je sais que je me répète, mais la littérature moldue est vraiment fascinante. Et très étendue. Les sorciers n'ont rien comme cela. Nous pouvons faire de la magie, mais nous sommes incapables de raconter simplement une bonne histoire.

-Mais quel est l'intérêt ? questionna Rogue. On ne peut rien y apprendre. Les histoires sont pour les enfants.

-L'intérêt, c'est de s'amuser, Severus. Je lis des fictions car j'aime ça. Et qu'est-ce qui vous fait croire qu'on ne peut rien en tirer d'utile ? »

Rogue semblait perplexe, comme s'il n'avait aucune idée de l'amusement.

« Mais pourquoi voulez-vous lire des choses sur les Moldus et leurs habitudes ?

-Ce sont simplement des histoires sur des gens, Severus. Quelle importance, sorciers ou Moldus ?

-Tu parles comme un fichu Pouffsouffle !

-C'est mieux d'être un Pouffsouffle qu'un prince des glaces, non ?

-Je ne vous comprends pas, Drago.

-Oh, allez-y, conclut Malefoy père en secouant la tête d'exaspération. Je suis sûr que Dumby s'impatiente. Et je néglige mes invités.

-Invités ? Depuis quand considérez-vous les étudiants comme des invités ?, demanda-t-il, regardant avec curiosité les deux garçons.

-Ce ne sont pas vos affaires. Maintenant, partez. »

Drago se détourna du tableau. Rogue lança un dernier regard aux garçons et partit, ses robes tourbillonnant autour de sa silhouette, accentuant l'aspect dramatique.

« Il part toujours comme cela, précisa Scorpius.

-Il fait uniquement du dramatique, dit Drago. Je suis désolé, Albus. Severus et moi partons comme cela parfois.

-C'est okay, monsieur. C'était… divertissant, répondit le jeune Gryffondor.

-Sois heureux qu'il ne t'ait pas entendu dire ça… Anyway, assez parlé de lui. Voulez-vous de la Bieraubeurre, les garçons ? »

Ils hochèrent la tête, signifiant leur approbation. Drago leur donna leurs boissons et s'assit. La conversation coula aisément, ensuite. Albus avait été intrigué par l'échange entre Drago et Rogue à propos de la littérature il demanda des explications au maître des Potions et la discussion se dirigea vers ce sujet, les deux sorciers confessant un amour de la science-fiction. Ils débattirent donc à propos de leurs livres et écrivains favoris. Drago préférait H.G. Wells, mais Albus et Scorpius le trouvaient trop défaitiste et mélancolique à leur goût. Scorpius insistait sur le fait qu'Arthur C. Clarke était, de loin, le meilleur, tandis qu'Albus acquiesçait sur certains points tout en plaçant Asimov et Heinlein en haut de la liste. Le dîner se passa donc plutôt bien, entre discussions, débats et rires.

Drago appréciait déjà énormément Albus, mais à le voir ainsi, il fut encore plus convaincu de son adéquation avec Scorpius. Il les avait observés tous les deux, pendant la soirée. Les garçons étaient un peu maladroits l'un envers l'autre au début ils étaient tellement habitués à cacher leur relation que rien ne semblait pouvoir les aider à déterminer s'ils pouvaient s'ouvrir, et à quel point, en la présence de Drago. Albus était, et cela se comprend, le plus nerveux des deux. Mais au fur et à mesure que le dîner avançait, ils se relaxèrent et le professeur put voir comment ils se comportaient réellement l'un avec l'autre… Tous ces petits sourires secrets, les doux contacts et leur communication sans mots. Leur tendresse mutuelle était évidente. Cela le rendit heureux. Et si cela lui fit également ressentir une pointe d'envie, il n'était pas près de l'admettre.

[…]

Une heure plus tard, les garçons étaient tous deux retournés dans leurs dortoirs. Drago était assis dans son fauteuil préféré, un verre de vin dans une main et une expression pensive sur le visage. Il pensait à Harry et son hésitante amitié. Cela avait commencé par un simple partenariat professionnel, une année auparavant environ. Harry l'avait contacté et lui avait demandé de l'aide pour l'une de ses affaires. Depuis, leur association s'était développée, mais s'était cantonnée au travail. Ils étaient désormais à l'aise l'un avec l'autre, mais Harry ne l'avait jamais approché pour autre chose que le boulot, et Drago n'avait jamais tenté de contacter Harry de sa propre initiative. Il l'avait voulu, parfois, mais il doutait qu'un tel geste fut le bienvenu.

Il regrettait qu'ils ne soient pas amis… Partager un verre à l'occasion ainsi qu'une petite conversation, mais il ne savait pas du tout comment faire pour en arriver là. Il passa une main dans ses cheveux et soupira. Le professeur vida son verre, se leva puis s'étira. Un paquet de copies à corriger l'attendait, et il l'avait repoussé toute la journée. Il marcha jusqu'à son bureau et s'assit, prenant la première copie et commençant à lire. Il en était à la moitié lorsqu'il entendit le feu de Cheminette. Il n'y avait qu'une seule personne dans sa vie qui pouvait l'appeler par Cheminette ou le visiter à cette heure de la nuit. Y penser le fit sourire. Et si son rythme cardiaque s'accélérait un peu, eh bien, il allait juste l'ignorer. Il se tourna pour voir la tête de Harry surgir des flammes.

« Drago ?

-Juste là.

-Aurais-tu quelques minutes ?

-Sure. Veux-tu traverser complètement ? demanda le maître, se levant pour se tenir devant la cheminée.

-Okay. »

Harry sortir des flammes vertes, titubant comme toujours. Drago lui tendit la main pour l'aider à se stabiliser.

« Tu n'apprendras jamais à le faire correctement, n'est-ce pas ? remarqua-t-il sèchement.

-Disons juste que je n'ai même pas essayé pour cette fois, répondit Harry, épuisé.

-Harry, tu as un air affreux.

-Merci. Pile ce que je voulais entendre à la fin d'une longue journée.

-Je voulais juste dire que tu semblais complètement mort, reprit Drago, plus doux.

-Pardon. Tu as raison. J'ai eu une longue journée et je vais juste me laisser tomber tête la première sur le sol.

-Assieds-toi », lui dit Drago en le poussant gentiment vers le fauteuil.

Il traversa la pièce jusqu'à la table qui se tenait de l'autre côté.

« Que fais-tu ? » interrogea Harry, en se relaxant dans le fauteuil.

« Putain, c'est confortable », pensa-t-il.

« Je te sers un verre. Tu as l'air d'en avoir besoin. Whisky Pur Feu ?

-Sure. Merci. »

Harry se cala dans le fond du fauteuil et ferma les yeux. Il était si fatigué. Il lui semblait qu'il était toujours fatigué, ces derniers jours. Il ouvrit les yeux en entendant Drago s'asseoir dans le fauteuil en face du sien. Il prit le verre qu'il lui offrait et murmura un merci.

Drago s'assit et attendit que Harry finisse son verre.

« Je suis ici pour l'affaire de Brighton.

-Bien sûr », répondit Drago.

Harry crut entendre une légère amertume dans sa voix.

« Que veux-tu dire par là ?

-Je veux dire que la seule raison pour laquelle tu viens ici, c'est le travail, risqua Drago, se décidant pour un peu d'honnêteté.

-C'est vrai. Hum… Ce n'est pas comme si je pouvais faire autre chose. Ce n'est pas comme si nous étions amis.

-Ce n'est pas comme si nous ne pouvions pas l'être… répondit Drago, se demandant s'il ne poussait pas un peu.

-Non, ça ne l'est pas… » dit Harry doucement.

Un silence maladroit suivit cette discussion. Aucun d'entre eux ne semblait savoir quoi dire.

« Donc, qu'en est-il du cas ? reprit Drago.

-Oh ! Nous l'avons résolu. Nous avons attrapé ce bougre de Milton aujourd'hui. Tous mes remerciements, vraiment. Si tu ne m'avais pas parlé de ces fournisseurs, je pense que je ne l'aurais jamais eu.

-Bien, bien.

-Je n'ai plus qu'à remplir la paperasse…

-Donc, tu es là parce que tu as besoin de mon rapport », dit Drago.

Harry perçut à nouveau le ton amer, mais il passa outre.

« De ça, et de quelques signatures », dit-il en sortant quelques parchemins de sa poche.

C'était le moment où Drago écrirait le rapport, signerait les papiers et Harry les prendrait et partirait. Mais il ne voulait pas le faire comme cela aujourd'hui. Il voulait que Harry reste et peut-être discuter un peu.

« As-tu dîné ? demanda le professeur, désinvolte.

-Non, répondit Harry.

-Voudrais-tu manger un peu ? J'ai eu Scorpius à dîner plus tôt et il reste plein de nourriture… proposa Drago, en sentant qu'il prenait la chose un peu trop à cœur. Sauf si ta femme t'attend à la maison, bien sûr, comme c'est probablement le cas. »

L'ancien Serpentard se tut, se rendant compte qu'il divaguait.

« Ce serait bien exceptionnel, renifla Harry.

-Pardon ?

-Ginny est rarement à la maison. Elle… voyage beaucoup, pour son travail. Tu sais qu'elle travaille pour la Gazette, non ?

-Elle est leur experte en Quidditch, je sais. Tu… n'as pas répondu à ma question », reprit Drago.

Harry était déconcerté par leur comportement du maître des Potions. Il n'avait jamais tenté un geste d'amitié auparavant. Alors, pourquoi maintenant ? Il ne le comprenait pas, mais ne voulait pas rejeter cette ouverture amicale. Il était certain de ne plus détester Drago…

« Vendu, je meurs de faim. Merci beaucoup pour cette offre. Est-ce une réponse adéquate ? s'inquiéta Harry.

-Ça ira, répondit Drago avec un léger sourire. Allons-y. »

Il se dirigea vers la salle à manger et servit les reliefs du repas. Harry mangea en silence pendant que Malefoy écrivait son rapport. La nourriture était délicieuse. Il ne pouvait pas s'empêcher de le comparer au repas rapidement avalé qu'il aurait préparé s'il était rentré à la maison.

« Quelle était la dernière fois où quelqu'un avait remarqué ma fatigue et tenté de me faire aller mieux ? », se demanda-t-il, se sentant soudainement très seul.


Ah, nos deux pères qui se rapprochent un peu... Cela fait plaisir, non ? Vous aurez la suite du dîner demain.

Par contre, même si j'apprécie beaucoup Rogue, je ne pourrais pas supporter de l'avoir en peinture dans mon salon.