Désolée de ne pas avoir posté plus tôt, mais aujourd'hui j'avais quelque chose de très sympathique à faire, j'ai nommé le partiel d'humanités littéraires ! Trois heures à discuter sur le corps du dirigeant en politique et les différents types de domination... Bref, ma vie est passionnante.

Voici le nouveau chapitre, on repasse aux enfants. J'ai eu quelques remarques sur cette apparition du Drarry, sachez que cela va se mettre en place très lentement, et que je suis désolée pour ceux et celles qui n'aiment pas les doubles couples gay.

N'oubliez pas la petite review, pour ce début de mai seule un visiteur sur vingt-trois en a laissée une ;)

Bonne lecture !


Le lendemain soir, Albus termina éreinté une séance d'entraînement de Quidditch. Il prit une douche rapide et quitta les vestiaires pour retrouver Scorpius. Il se trouvait dans la salle commune des Serdaigle, travaillant sur le portrait de Rosie. L'artiste sourit lorsqu'il aperçut Albus.

« Tu avances bien, remarqua le Gryffondor.

-Merci.

-Où est Rosie ?

-A la bibliothèque. Frank est allé la rejoindre. Alors, comment était l'entraînement ? demanda Scorpius en se dirigeant vers deux fauteuils situés dans le coin de la pièce.

-Stressant, épuisant, frénétique…

-Lily vous pousse vraiment, hein ?

-Elle est toujours très concentrée lors des entraînements qu'elle rend intensifs, mais elle devient complètement folle quand on se prépare contre Serpentard.

-C'est naturel, je suppose. Il faut que vous gagniez le match.

-C'est dingue comme je ne m'en soucie que très peu, soupira Albus, épuisé. Je jouerai de mon mieux et je tenterai de nous faire gagner, mais ce sera tout. Je ne peux plus le faire. Cela me prend trop de temps, et m'en laisse trop peu pour quoi que ce soit d'autre.

-Tu as l'air d'avoir besoin d'un remontant. Tu montes au dortoir avec moi ? »

Les yeux d'Albus s'écarquillèrent.

« Quel sorte de remontant as-tu à l'esprit ?

-Le meilleur, répliqua Scorpius avec un petit sourire.

-Alors, allons-y ! »

Ils grimpèrent les escaliers pour accéder au dortoir des sixièmes années, désert. Scorpius ferma la porte et jeta quelques sorts de silence et de verrouillage. Ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre, savourant leur proximité pendant une petite minute, puis s'embrassèrent. C'était doux et lent, mais le baiser se transforma rapidement en quelque chose de beaucoup plus passionné. Scorpius mena gentiment Albus à son lit et l'y allongea. Les deux garçons, l'un sur l'autre, s'embrassaient voluptueusement, faisant monter l'excitation. Rapidement, les chemises se révélèrent être de trop et tombèrent au sol. Leurs mains purent alors courir sur le corps de l'autre, traçant de délicieuses lignes de frissons, parcourues ensuite par leurs bouches chaudes. Ils étaient perdus dans un fouillis de draps et une brume de plaisir. Une fois leur désir assouvi, ils restèrent dans les bras l'un de l'autre pendant quelques minutes, le temps de laisser les battements de leur cœur ralentir, et leurs respirations se calmer.

« Eh bien, c'est une excellente façon d'être accueilli », murmura Albus, en passant ses doigts dans la chevelure merveilleusement soyeuse du Serdaigle.

Cela fit rire Scorpius. Il posa sa main sur le visage du garçon et le caressa doucement.

« Sais-tu à quel point tu es sexy ? demanda-t-il.

-J'ai peut-être une idée, répondit malicieusement Albus, mais tu devras en faire plus… pour me convaincre de ma sexytude.

-Encore plus ? Okay ! »

Scorpius se leva en prononçant ces mots affolé, Albus l'attrapa par le poignet et le ramena vers lui.

« Qu'est-ce que tu fais ? s'inquiéta le brun.

-Je veux simplement te montrer quelque chose.

-Quoi ?

-Laisse-moi me lever et je te monterai… »

Albus lui donna un rapide baiser et le libéra. Scorpius tira une grande boîte de sous son lit elle était pleine de classeurs, de cahiers à dessin et de carnets à croquis. Le brun l'ouvrit et ne put retenir une exclamation de surprise : il regardait une exquise peinture de… lui-même. C'était incroyable…

Scorpius l'avait peint étendu dans l'herbe [sous la nue, pâle dans son lit vert où la lumière pleut]*, sous un arbre. Un sourire ornait son visage et il regardait un papillon qui voletait au-dessus de lui. Le portrait était incontestablement charmant. L'herbe peinte bougeait doucement, les feuilles de l'arbre bruissaient et s'illuminaient lorsqu'elles attrapaient les rayons du soleil. Le papillon décrivait de petits cercles. Mais Albus était parfaitement immobile seuls ses yeux semblaient être animés, comme s'ils suivaient les mouvements du papillon.

La peinture se distinguait par sa vivacité. Les couleurs éclataient. Mais ce qui attirait l'attention d'Albus, c'était son propre visage représenté… Chaque ligne, chaque contour semblait dessiné avec un soin amoureux. « Je suis vraiment beau », pensa-t-il. Une lumière dans ses yeux brillait, comme une expression de son hilarité. C'était une image d'Albus à un moment calme et heureux. Il observa le corps que Scorpius avait dessiné et il perçut l'appréciation dans l'œil de l'artiste. Cette remarque lui fit sentir à quel point il était aimé… Depuis quand Scorpius le voyait-il ainsi ? Quand avait-il peint ceci ?

« Scor… Je suis… Je ne sais pas quoi dit. C'est incroyable. C'est exquis. Cela me rend si heureux, et pas uniquement parce que c'est moi que tu as dessiné, même si en fait c'est ça qui m'étonne. Quand as-tu dessiné cela ? »

Scorpius ne répondit pas. Il pointa le coin en bas à droite de la peinture. Là, à peine visible dans l'herbe, se distinguaient la signature de Scorpius et la date. Albus mit un moment à comprendre, mais une fois le gribouillis déchiffré, la surprise le frappa.

« Tu l'as peint il y a plus d'un an »… murmura-t-il.

L'artiste parut plutôt embarassé alors qu'il acquiesçait de la tête.

« Je dessine des portraits de toi depuis deux ans.

-Tu veux dire qu'il y en a d'autres ?

-Ce dossier t'est uniquement consacré. »

Albus tourna la page du carnet et il se découvrit, image après image… Sur un balai, volant avec le vent dans ses cheveux assis à la table en train de lire, se passant la main dans cette même chevelure indisciplinée assis dans l'encoignure d'une fenêtre, regardant au dehors debout dans le laboratoire de potions, le visage concentré. Cela continuait. Scorpius semblait l'avoir capturé dans toutes les humeurs possibles et inimaginables. Tous les portraits étaient enchantés ainsi, les détails bougeaient, mais Albus restait immobile. Et chaque dessin était si amoureusement réalisé. Le simple fait de les regarder trahissait la profondeur des sentiments que l'artiste éprouvait pour son sujet.

« C'est vraiment dingue, Scor. La peinture est splendide et le charme que tu as utilisé… Je ne les connais pas, mais je peux dire qu'ils sont plutôt compliqués et difficiles à lancer. Tu as fait un travail formidable et brillant. Je manque d'adjectifs. Tu es incroyable, tu le savais ? »

Scorpius rougissait sous cet éloge, mais souriait également. « Merci » fut la seule chose qu'il parvint à dire.

« Comment as-tu fait pour dessiner cela alors que je n'ai jamais posé pour toi ?

-Je t'ai observé… beaucoup.

-Ah bon ? Tu étais vraiment discret, alors. Je n'ai jamais rien remarqué.

-Ton innocence est adorable, love.

-C'est vrai… Alors, quoi d'autre ai-je manqué ?

-Que j'ai le béguin pour toi depuis deux ans… »

Albus suspectait ceci depuis qu'il avait remarqué la date du premier tableau, mais l'entendre restait une surprise.

« Deux ans ?

-Uh uh.

-Et tu n'as rien dit…

-Qu'est-ce que j'étais supposé dire ? Je pouvais difficilement venir te voir et te dire que je t'appréciais, si ?

-Non. Mais tu aurais au moins pu me parler. En fait, on dirait que tu as tenté de m'éviter pendant tout ce temps. Pourquoi ? »

Scorpius rougit à nouveau et détourna le regard. Albus posa le dossier sur le lit et se rapprocha de son compagnon, qui ne semblait toujours pas déterminé à le regarder. Alors il enfouit sa tête dans le cou de Scorpius et soupira.

« Dis-moi, dit-il en passant sa main dans les cheveux blonds.

-J'étais convaincu que tu étais hétéro et que tu ne me regarderais jamais de cette manière.

-Je ne peux pas te le reprocher. Je pensais également être hétéro… Jusqu'à ce que tu me séduises avec ton beau visage et ton corps outrageusement séduisant… » termina Albus doucement, connaissant parfaitement l'effet que ces mots allaient avoir sur Scorpius.

Le Serdaigle rosit et se tortilla dans ses bras, mais Albus maintint sa prise.

« Cela n'explique toujours pas pourquoi tu ne me parlais pas…

-C'était difficile de garder mon sang-froid quand tu étais dans les parages. Je devais m'empêcher de rougir et… j'avais toujours peur de dire ou de faire quelque chose d'inapproprié.

-Eh bien, je regrette que tu n'aies pas essayé de me parler, que tu n'aies pas bégayé et rougi, agi d'une façon inconvenante en m'embrassant ou quelque chose dans le genre… Parce que j'aurais remarqué à quel point tu es sexy, je t'aurais sauté dessus et nous aurions été ensemble bien plus tôt… Réalises-tu qu'à cause de toi, nous avons perdu deux ans de vivre ensemble ? s'exclama Albus d'une voix faussement indignée.

-Pardon ?

-Tu penses que tu peux t'en sortir avec « pardon » ?

-Peut-être que je peux me faire pardonner.

-Hum… Peut-être. Mais cela ne sera pas facile, murmura Albus. Tu devras me faire beaucoup de câlins, de baisers, de caresses et d'amour…

-Je pense que je peux gérer cela.

-Alors, commençons ! »

A ces mots, Albus se laissa tomber sur le lit et soupira de plaisir lorsque Scorpius se plaça à califourchon sur lui et l'embrassa sur le ventre, toujours plus bas. Ils n'émergèrent de leur bulle de désir que très tard, et réalisèrent qu'ils avaient été si heureux, leurs corps entremêlés, qu'ils en avaient oublié le dîner et qu'ils devraient alors descendre aux cuisines… Pas qu'ils s'en souciaient, de toute façon.

[…]

Rose dînait avec Frank et Lily. Cette dernière était, comme d'habitude, dans la lune et tentait de ne pas montrer qu'elle regardait Jeremy Nott toutes les deux secondes. Malheureusement pour elle, c'était évident pour ses deux amis, et Rose avait également remarqué que Jeremy semblait apporter un soin tout particulier à ne pas les regarder lorsqu'il relevait la tête, comme s'il était au courant de l'attention que lui portait Lily. Elle devait avouer que ce n'était pas bon signe.

« Tu vois, il ne veut même pas me regarder, dit Lily, abattue.

-Quelque chose de particulier est arrivé ? demanda Rose.

-Je ne sais pas. Nous nous sommes retrouvés en cours de potions, comme d'habitude, et nous avons commencé à travailler. J'ai tenté de le faire parler. Normalement, il le fait une fois que j'ai lancé la discussion, mais cette fois il était vraiment calme et silencieux. Je l'ai interrogé à propos de cette attitude et il m'a dit qu'il avait quelque chose à l'esprit qui le taraudait. Je lui ai demandé ce que c'était, et il m'a répondu très poliment que je devais rester en dehors de ses affaires. Après, il a totalement arrêté de me regarder et de me parler. Comme s'il était en colère contre moi. Mais je ne sais pas ce que j'ai fait pour mériter ça.

-Peut-être que cela n'a rien à voir avec toi. Peut-être qu'il y a réellement quelque chose qui le taraude.

-Mais alors, pourquoi fait-il tout pour ne pas me regarder ?

-Hum… Je ne sais pas. As-tu dit à quelqu'un que tu l'aimais bien ?

-Quoi ? Bien sûr que non.

-Alors, il y a définitivement quelque chose qui ne va pas », conclut Rose.

« Peut-être devrais-je trouver Scorpius pour lui demander de parler à Jeremy », pensa-t-elle.

« Ne t'inquiète pas, reprit-elle à haute voix. Je parlerai à Scorpius. Nous trouverons quelque chose. »

Lily acquiesça de la tête. Elle semblait vraiment très triste.


* Désolée pour cette référence littéraire qui n'a absolument rien à avoir, mais j'adore "Le Dormeur du Val" et ce morceau de phrase m'y a fait immédiatement penser. Si cela gêne la lecture, n'hésitez pas à me le faire remarquer et je l'enlèverai.