Je suis toujours là, vraiment désolée pour le retard, mais je suis assez occupée en ce moment à cause des partiels à réviser... Mon rythme de publication va donc ralentir cette semaine, mais je tenterai de reprendre une publication quotidienne quand ce sera fini.

Voici donc le nouveau chapitre, bonne lecture et n'oubliez pas la petite review (merci à TiteM et aux autres qui sont toujours fidèles au poste !).


En cette belle matinée, Harry se trouvait à son bureau, assis devant une pile de papiers à remplir. C'était l'aspect de son travail qu'il haïssait vraiment. Il avait tenté de résister le plus longtemps possible à cette promotion en tant que chef des Aurors, mais il avait tout de même dû s'y résoudre, même si c'était, selon lui, le boulot le plus ennuyeux de toute la division des chasseurs de mages noirs. Tout ce qu'il avait à faire, c'était assister à des réunions, distribuer les tâches et remplir de la paperasse. Il ne devait ses quelques participations au travail de terrain qu'à son entêtement.

Il avait travaillé sur une affaire toute la semaine, et avait fermement ignoré les papiers empilés sur son bureau. Maintenant que l'affaire était résolue, il était piégé au ministère par sa secrétaire, qui l'avait menacé de ne pas le laisser partir avant qu'il n'ait traité au moins la moitié des dossiers. Il soupira et passa ses doigts dans ses cheveux. Il but un peu de café, puis attrapa le rapport suivant, le passa rapidement en revue, le signa et le posa loin de lui. « Cela va être une longue journée », pensa-t-il.

Il fut interrompu par un tapotement à sa fenêtre. Il y jeta un œil et découvrit un hibou… « Le hibou d'Albus ! ». Harry ouvrit la fenêtre et laissa entrer l'oiseau, détachant ensuite le parchemin de sa patte et lui donnant une noix Miamhibou. Le volatile hulula en remerciement et repartit. Harry était toujours heureux de recevoir des nouvelles de ses enfants, mais Albus était le seul à lui écrire régulièrement. Lily et James semblaient simplement trop occupés par leurs propres vies pour se soucier de celle de leur père. Il déroula le parchemin et commença à lire. Comme d'habitude, aucune salutation, ni formule de politesse : Albus débutait toujours ses lettres par le vif du sujet, comme s'ils se trouvaient déjà au milieu d'une conversation. Son père trouvait cela plutôt attachant.

« Cela fait déjà cinq fois que je réécris cette lettre. T'écrire ne devrait pas être difficile, je sais, mais pourtant c'est le cas. Quelques trucs me tarabustent et j'ai besoin de t'en parler. Et avant que tu ne commences à t'inquiéter, je ne suis impliqué dans aucune affaire obscure. J'ai juste pris quelques décisions concernant ma vie que je veux partager avec toi. Je pourrai bénéficier de tes conseils et de ton soutien.
Je sais que cela devient mystérieux, mais je ne veux pas trop en parler dans une lettre. Je sais que je reviendrai à la maison pour Noël dans moins de dix jours je pensais t'en parler à ce moment-là, mais plus j'y réfléchis et plus je trouve que ce n'est pas une si bonne idée. Alors, penses-tu que tu pourrais trouver un peu de temps pour venir me voir à l'école ?
Et s'il te plaît, n'en parle pas à Jamie et Lily… Je sais que cela te paraît étrange, mais j'ai mes raisons. Ne dis rien à Maman non plus. Tu dois être très occupé, mais j'espère que tu pourras venir. Je t'aime.
Al. »

Harry était surpris et inquiet, en dépit du fait qu'Al lui assurait qu'il ne se trouvait dans aucune situation périlleuse. Il relut la lettre plusieurs fois, mais rien de nouveau ne s'imposa à son esprit. Albus avait choisi ses mots avec beaucoup de précautions. Harry soupira.

« Je pense que je ferais mieux d'aller le voir… pensa-t-il. Mais comment le rencontrer à l'école sans que Jamie et Lily ne l'apprennent ? Le bureau de McGonagall ? Non. Peut-être pourrais-je demander à Drago. Il n'en dira rien, j'en suis sûr. Et que se passe-t-il avec Al ? Il me dit de ne pas m'en faire, mais c'est impossible ! Et pourquoi cette insistance sur le fait de ne pas en parler à Ginny ? Pas qu'elle soit là pour que je lui en parle, mais quand même… »

[…]

Harry avait d'abord songé gagner Poudlard le lendemain, mais il décida qu'il ne pouvait attendre. Il joignit Drago en cheminette juste avant le dîner.

« Tu viens tôt, dit le maître des Potions.

-Oui, je sais. J'ai besoin d'une faveur.

-Bien sûr. De quoi s'agit-il ?

-J'ai reçu une lettre d'Al ce matin, expliqua Harry. Il dit qu'il a besoin de me parler de quelque chose et me demande si je peux venir à l'école pour le rencontrer.

-Ah ! s'exclama Drago.

-Tu sais ce que c'est…

-Je pense en avoir une idée, et non, je ne peux pas t'en parler.

-Quoi ? Pourquoi ? Pourquoi tant de mystère ? Est-il en danger ?

-Pas du tout. C'est simplement quelque chose d'assez personnel. Viens ici et il t'en parlera.

-Il me dit aussi qu'il ne veut pas que Lily et Jamie soient au courant, ajouta Harry.

-Alors vous pourrez vous voir ici, dans mes appartements. Peux-tu venir après le dîner ?

-Oui, si cela te convient.

-Bien sûr. Je lui enverrai un message, précisa Drago.

-Merci. »

[…]

A l'heure dite, Harry traversa le feu enchanté avec son inélégance habituelle. Drago roula des yeux, mais ne dit rien. Le brun remarqua cette délicatesse à son égard et sourit. Albus était là avec un autre garçon… un seul regard était suffisant pour s'assurer qu'il s'agissait de Scorpius. Il ressemblait tellement à son père que c'en était presque étrange.

« Salut Papa, dit Albus.

-Coucou, Al. Bonsoir, Scorpius, salua Harry en tendant la main au fils Malefoy.

-M. Potter. Cela fait un moment que je souhaite vous rencontrer, dit Scorpius en lui serrant la main.

-Appelle-moi Harry, s'il te plaît. « M. Potter » me fait croire que je suis à nouveau à l'école avec Rogue prêt à m'insulter.

-J'ai cru comprendre qu'il l'avait fait à de nombreuses reprises, répondit le Serdaigle avec un sourire.

-Tu n'en as pas idée. Je haïssais passionnément les potions.*

-Al est votre contraire, alors.

-Hum… Mais Al a un très bon professeur qui est presque gaga de lui, à ce que j'entends.

-Oui, c'est vrai. Vous devriez entendre Rosie à ce sujet. Elle dit que papa ne voit personne d'autre dans la classe à part Al.

-Totalement faux, les interrompit Drago d'une voix traînante. Je jette parfois un œil sur toi et Rosie, parfois. »

Albus semblait légèrement mal à l'aise mais sourit. Cela rassura Harry.

« Bien, je pense que Scorpius et moi allons vous laisser seuls. Nous serons dans mon bureau, précisa Malefoy. Les boissons sont sur la table, faites comme chez vous.

-Merci », dit Harry.

Drago hocha la tête et se dirigea vers l'autre pièce.

« C'était sympa de vous rencontrer, monsieur… Je veux dire Harry », ajouta Scorpius.

Harry lui fit un signe de tête et sourit. Le jeune garçon regarda Albus pendant un moment, puis quitta la pièce.

« Alors ? » demanda Harry en s'installant dans un fauteuil. Albus s'assit également, passa sa main dans ses cheveux, geste qu'il faisait souvent lorsqu'il était nerveux. Cela fit sourire Harry. Il se pencha et prit les mains de son fils dans les siennes, les serrant légèrement et lui disant de se détendre.

« Quoi que ce soit, tu peux me le dire.

-Je ne sais pas par où commencer… soupira Albus. Papa, je suis en couple. »

Harry avait imaginé pas mal de choses, mais pas cela. Nul besoin d'en faire toute une histoire sauf si…

« Avec Scorpius ? demanda Harry, préférant être direct.

-Quoi ? Comment… balbutia Albus.

-Tu ne te serais pas comporté ainsi si tu avais été avec une fille. Tu l'aurais simplement précisé dans une de tes lettres. Et Scorpius était ici quand je suis arrivé, alors qu'il n'avait aucune raison, vous n'avez jamais été amis auparavant. Et le regard qu'il t'a lancé en quittant la pièce était assez révélateur. Cela m'a intrigué quand je l'ai vu, et maintenant je comprends.

Albus ne pouvait rien faire sinon regarder son père avec surprise.

« Je suis Auror, Al, je suis entraîné à remarquer ces choses », expliqua Harry. Il n'avait pas eu besoin de plus d'indices pour comprendre, mais le choc restait vivace. « Je suis très surpris. Je ne savais pas que tu aimais les garçons.

-Moi non plus… reconnut Albus. Mais c'était avant de connaître Scor.

-Et comment cela est-il arrivé ? »

Albus lui raconta. C'était une histoire très mignonne et Harry ne put s'empêcher de sourire à la fin. Scorpius semblait être une personne très spéciale, et à travers les anecdotes que lui contait son fils, il paraissait exercer une bonne influence sur lui, comme s'il poussait Albus à réfléchir sur lui-même pour déterminer qui il était et ce qu'il désirait réellement.

« Cela va me prendre un moment pour me faire à l'idée, mais je n'ai pas de problèmes avec ça, si cela t'inquiétait », reprit Harry.

Le jeune Potter l'avait espéré, mais cela lui fit du bien de l'entendre.

« Merci, papa, lui dit-il avant de le serrer dans ses bras.

-C'est bon. Je pense que Lily et Jamie ne le savent pas.

-Lily l'a deviné, elle est très cool à ce sujet. Rosie et Frank sont également au courant.

-Rosie doit être heureuse.

-Elle est euphorique. Mais Jamie pense que nous sommes juste amis et il n'aime pas trop cela, ajouta Albus en lui racontant les altercations qu'il avait eues avec son frère.

-Hum… Ta mère ne va pas apprécier non plus.

-Je sais. C'est pour cela que je voulais en parler à toi en premier.

-Ecoute Al, Ginny n'a jamais été capable d'oublier ce que Lucius lui a fait subir alors qu'elle n'avait que onze ans. Je sais que trente ans ont passé depuis, mais certaines cicatrices ne guérissent pas. Et Drago était un crétin insupportable quand nous étions à l'école. Il avait toujours quelque chose de méchant à dire sur les Weasley. Et Ron a failli mourir à cause de lui, même si le poison ne lui était pas directement destiné. Je sais que la pression était très forte sur les épaules de Drago, cela fait longtemps que je lui ai pardonné, mais ta mère n'a pas pu, n'a pas voulu. Et c'est justifié, dans un sens. Je sais aussi que cela n'a rien à voir avec Scorpius, mais elle ne le verra pas de cette manière. Tu verras, elle commencera par mal réagir, mais c'est une personne raisonnable et elle s'y fera. Je lui parlerai.

-Merci encore… Je suis plutôt inquiet.

-Et je parlerai également avec Jamie quand vous reviendrez pour Noël. De ce que tu m'as raconté, je vois que tu tentes de t'affirmer et tu le fais plutôt bien. J'en suis même fier. J'ai toujours pensé que Jamie avait trop d'influence sur toi. En réalité, je pense qu'il se bataille avec toi non pas à cause de Scorpius, mais parce qu'il comprend qu'il est en train de perdre cette influence. Et il aime bien trop te diriger pour abandonner ce pouvoir sans livrer bataille. »

Albus acquiesça et soupira.

« Il y a une autre chose dont je veux te parler. Je veux quitter l'équipe de Quidditch.

-Quoi ? Pourquoi ? »

Le jeune garçon expliqua ses raisons du mieux qu'il pouvait. Bien sûr, Harry comprenait, mais il savait à quel point les élèves de Gryffondor allaient mal réagir. Ils ne verraient rien sinon une forme de trahison.

« Es-tu sûr de vouloir faire cela ? L'équipe te haïra. Et une bonne partie de ta Maison également. Et s'ils perdent un de leurs matchs, c'est sur toi que tombera le blâme.

-Je sais. Je ne veux pas les laisser tomber, mais je suis fatigué de jouer, papa. Je ne veux plus le faire. Je regrette que cela soit si difficile. Je suis fatigué par toutes ces choses que l'on attend de moi. Est-ce si répréhensible de vouloir faire quelque chose pour changer cela ?

-Bien sûr que non. Mais c'est difficile de quitter l'équipe au milieu de l'année.

-Je le sais également, mais tu ne peux pas me dire que cela aurait été mieux accepté si je l'avais quittée au début.

-J'imagine que tu as raison… » soupira Harry.

Il savait mieux que personne cette impression de toujours devoir faire ce que les autres attendaient de lui. La plupart du temps, il avait dû faire avec, et il commençait à réaliser que cela l'avait conduit à de nombreuses erreurs. Il ne voulait pas que son fils emprunte le même chemin. Albus avait suivi les directives toute sa vie, et le voir agir de son propre chef était rassurant. Harry songea qu'il devrait remercier Scorpius pour cela.

« Al, reprit son père, je ne veux plus jamais que tu fasses quelque chose uniquement parce qu'on l'attend de toi. Fais ce qu'il te semble juste. Les prochains mois vont être difficiles, mais si tu t'accroches et que tu ne laisses personne te faire changer d'avis, les autres apprendront à te laisser tranquille. Et je serai là quand tu auras besoin de moi. Je parlerai avec Lily et Jamie s'ils te donnent du fil à retordre…

-Alors, tu penses que j'ai pris la bonne décision ? s'exclama Albus, le soulagement aisément perceptible dans sa voix.

-Oui. Et maintenant, je veux que tu arrêtes de t'inquiéter. Et je veux également parler à Scorpius avant que vous ne retourniez dans vos dortoirs. Allons le retrouver.

-D'accord », répondit son fils avec un grand sourire.

Harry n'avait pas vu ce sourire depuis l'enfance d'Albus, et cela le rendit heureux, renforçant son envie de connaître Scorpius un peu mieux.

« Si ce gamin peut faire sourire Al comme cela, il doit être vraiment spécial », songea-t-il alors qu'ils se levaient et se dirigeaient vers le bureau de Drago.


* L'assonance étant difficilement traduisible, je vous poste la phrase originale : "I used to hate potions with passion."