Et voici une courte suite, mais révélatrice ! J'espère que vous appréciez cette apparition des parents dans la fanfic. Si ce n'est pas le cas, ne vous inquiétez pas, Albus, Scorpius et leurs amis restent bien sûr présents. Je remercie toutes les personnes qui continuent à lire, même s'il y en a moins qu'avant. Merci également aux reviewers, anonymes comme inscrits.


Harry et Albus se tenaient sur le pas de la porte du bureau de Drago, observant le tableau qui s'offrait à leurs yeux. Le père et le fils étaient assis à la table, le professeur corrigeant des devoirs pendant que l'élève faisait ses devoirs. Ils travaillaient avec la même expression d'intense concentration sur leur visage, leurs cheveux blonds tombant sur les yeux bien qu'ils les repoussaient en arrière régulièrement. La vision attendrissante fit sourire Harry et, comme il le remarqua en se tournant vers lui, Albus.

« Papa, tu ne détestes plus le professeur Malefoy, si ? demanda le garçon, l'inquiétude clairement perceptible dans sa voix.

-Tu l'aimes bien, hein ? répondit Harry avec un sourire.

-Oui, mais ce n'est pas uniquement parce qu'il est mon professeur préféré ou le père de Scorpius. C'est vraiment une personne très sympathique. Je sais qu'il était horrible avec toi quand vous étiez à l'école, mais il a changé… »

Harry sourit à nouveau devant son fils qui prenait la défense de Drago Malefoy. Vraiment, qui l'aurait cru ?

« Non Al, je ne le hais pas. Je ne pense pas l'avoir fait, d'ailleurs. En fait, je commence à réaliser que je ne le connais pas vraiment. J'ai certes des impressions laissées par son comportement à l'école et pendant la guerre… Mais je suis persuadé qu'elles sont fausses. C'est drôle. Je le connais depuis trente ans et pourtant, je sens que je commence tout juste à le connaître. »

Drago leva les yeux vers eux. Il leva les sourcils comme pour leur demander si tout allait bien, ce à quoi répondit Harry avec un signe de tête. Scorpius les vit et sourit à son tour, mais il semblait anxieux. Albus se dirigea vers lui pour le rassurer, et Drago laissa son travail entamé, se levant et marchant vers Harry.

« Laissons-les seuls un instant », dit-il.

Harry acquiesça et le suivit dehors. Ils s'installèrent dans le salon, une bouteille de Whisky-Pur-Feu pour patienter, confortablement assis dans les fauteuils. Les garçons les rejoignirent quelques minutes plus tard. Harry leur servit de la Bierraubeurre et ils s'assirent à leur tour pour discuter.

[…]

Quelques heures plus tard, alors que les garçons les avaient quittés pour rejoindre leurs dortoirs, les pères demeuraient assis, buvant du whisky et parlant. Harry avait trouvé Scorpius absolument charmant et il l'avait dit à Albus, provoquant chez lui une grande joie et de l'embarras chez le Serdaigle. Il ne pouvait s'empêcher de penser que Drago avait merveilleusement bien élevé son fils, et lui fit également remarquer.

« C'est l'une des choses dans ma vie dont je suis le plus fier, expliqua Drago. Alors que je ne savais qu'une seule chose à propos de la paternité : ce qu'il ne fallait pas faire. Je ne voulais pas reproduire les faits et gestes de mon père. Je ne voulais pas devenir l'homme qu'il avait été. Honnêtement, je ne savais pas du tout comment faire, au début. J'ai enchaîné les gaffes en essayant de faire de mon mieux…

-Ironiquement, j'étais pareil. Je ne savais pas non plus comment être un père. J'avais seulement l'exemple de mon oncle et, d'une certaine manière, de Sirius. Mais mon oncle était dans beaucoup de domaines le pire père que l'on puisse avoir. Sirius était beaucoup mieux, mais il faut dire qu'il pouvait être un peu négligent… Même si à l'époque, je ne le voyais pas. Avec le recul, je dois dire qu'il était meilleur comme ami que comme parent.

-Certes, mais au moins tu avais ta femme…

-Oui, j'avais ma femme. »

Quelque chose dans le ton de Harry intrigua Drago. Son ancien camarade de classe avait laissé passer quelques informations personnelles pendant cette dernière heure de discussion, et ils en avaient même parlé franchement, ce qui le fit s'interroger sur le mariage de l'Auror. Pourquoi avait-il paru si triste, voire en colère, à chaque fois que sa femme était mentionnée ? Il voulait savoir, mais il était sûr que Harry ne prendraient pas gentiment les questions concernant son vie maritale. Il se décida donc pour une approche plus subtile, plus… Serpentarde.

« Albus m'a dit l'autre jour que tu étais longtemps resté à la maison en tant que père au foyer, reprit Drago, comme s'il tentait de changer de sujet.

-Dix ans, répondit doucement Harry.

-Comment cela est-il arrivé ?

-Ginny et moi ne pensions pas avoir d'enfants si tôt, et elle ne voulait pas laisser tomber sa carrière. De mon côté, je ne me voyais pas confier mes enfants à leur grand-mère toute la journée, même si Molly m'a dit de nombreuses fois qu'elle aurait été ravie de les avoir. Elle s'occupait déjà de Rosie et d'Hugo, alors Jamie et Al ne seraient que deux enfants supplémentaires… J'y ai réfléchi, mais… je ne pouvais pas le faire. Je savais qu'elle en prenait bien soin et tout ça, mais ayant grandi sans mes parents, je savais que rien ni personne ne pouvait les remplacer, en dépit de l'amour que cette personne te porte. Et j'avais vraiment voulu des enfants. Je pensais que c'était la moindre des choses, de s'assurer que j'étais au maximum avec eux, vu que leur mère ne pouvait pas.

-Je sais ce que tu as ressenti. J'avais de la chance de pouvoir avoir Scorpius avec moi toutes ces années à Beauxbâtons. Je l'emmenais quand je donnais mes cours, il s'asseyait à un petit bureau derrière le mien et dessinait toute la journée, raconta Drago avec un sourire ému.

-Bons souvenirs ?

-Excellents… Ils grandissent si vite. Parfois, le bébé qu'il était me manque. Mais je n'en ai eu qu'un. Les choses n'ont sans doute pas été si simples pour toi, avec trois petits enfants. Tu leur faisais également l'école à la maison ?

-Oui, même si certains jours, j'ai cru qu'ils allaient me rendre fou. J'ai voulu tellement de fois me lever et partir. Mais cela valait quand même le coup… »

Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes, comme des parents se remémorant des souvenirs partagés avec leurs enfants.

« Dix ans… Ton travail ne te manquait pas ?

-Tu plaisantes ? Bien sûr que si. Mais ce n'est pas comme si j'avais le choix, répondit Harry, avec à nouveau une pointe de tristesse dans la voix.

-Harry, es-tu heureux ? » demanda abruptement Drago.

Le concerné était étonné par la question. Il sourit un peu tristement.

« Suis-je autorisé à mentir ?

-C'est ce que tu fais ? Te mentir à toi-même…

-La plupart du temps, oui.

-Qu'est-ce que tu ne me dis pas, Harry ? » insista Drago.

L'ex-Gryffondor soupira et, d'un geste machinal, passa sa main dans ses cheveux ébouriffés. Il baissa le regard vers la table, visiblement mal à l'aise.

« C'est bon, tu n'as pas à répondre si tu ne le veux pas. Je n'ai pas l'intention de te supplier, ajouta Drago, désireux de rendre l'atmosphère plus supportable.

-Ce n'est pas ça… Je veux répondre à ta question… répondit Harry, d'un ton exaspéré.

-Hum… Je vois. Tu penses que tu veux te confier à moi, mais tu es confus par cette impulsion car tu ne la comprends pas. Ce qui nous ramène au fait que nous ne sommes pas vraiment des amis… je suppose, expliqua Drago, un peu déçu.

-Je suis désolée. Vieilles habitudes…

-C'est difficile d'arrêter de me percevoir comme un ennemi, c'est ça ?

-Cela fait longtemps que je ne vois plus comme mon ennemi, Drago. Après tout, nous sommes derrière tout ce Potter-Malefoy, non ?

-Alors, qu'est-ce ?

-Hermione dit que je mets du temps à m'ouvrir, à demander de l'aide, et que c'est dur pour moi.

-Et comme Granger a toujours raison, nous pouvons prendre ses propos comme une vérité. »

Harry chercha la moquerie dans cette réponse, mais il n'en trouva pas.

« Aussi difficile à croire que cela puisse être, Harry, j'ai changé. J'avais l'habitude de dire toutes ces méchantes choses sur Granger parce que j'étais jaloux. Je détestais le fait qu'elle soit meilleure que moi dans tous nos cours. Mais je ne suis plus un stupide adolescent, plus du tout. Je n'utilise plus de mots comme Sang-de-Bourbe et traître à son sang. Je ne crois plus en tout ce foutoir.

-Je sais. Je suis désolé. C'est simplement que j'ai encore toutes ces impressions que tu m'as laissées de l'école et elles ont tendance à noircir ton image. Ce n'est pas très juste…

-Tu as raison. Je suppose que c'est cela qui nous empêche d'être amis. Je veux être capable de te prouver que j'ai changé.

-Pourquoi ? Pourquoi te sens-tu concerné par ce que je pense ? »

« Cela m'a toujours concerné, Harry », pensa Drago.

« Cela m'inquiète, okay. Tu as juste à prendre les choses comme elles se présentent. Les raisons ne sont pas importantes. Alors, vas-tu me traiter comme un ami et me dire ce qui te pèse, ou non ? Il est évident que cela a quelque chose à voir avec ta femme. Tu n'essaies pas particulièrement de le cacher, alors tu ferais mieux de m'en parler. Es-tu heureux ? »

Harry prit une profonde inspiration.

« Je ne le suis pas. Mon mariage est condamné, pour le dire gentiment. Mon travail est en train de devenir monotone, et dans un sens, je suis parvenu à créer une vie réduit à mon travail… Alors non, je ne suis pas heureux et je ne sais pas du tout quoi faire avec cela. »