Your smile is my weakness.

Résumé Chap 13 : Naruto débarque chez son amant en jouant au ninja, Itachi les écoute sans les interrompre et se rend compte que ce n'est pas qu'une histoire de cul. Son frère est vraiment aimé, et cette séparation semble lui faire du mal. Que faut-il faire ? Partant chercher de l'aide auprès de Konan, sa petite amie, Itachi s'endort à ses côtés. Il se met alors à rêver de son passé et celui de son cadet.

Chap 14 : Réminiscences

Exit le gentil Uchiha qui suivait la ligne tracée, il préféra traîner un peut plus tard le soir, à faire ce qu'il ne fallait pas faire, augmentant le nombre de ses piercings et tentant des coiffures abracadabrantes qui apportèrent la honte sur la famille comme Fugaku, leur père, disait. Un jour finalement il se dénuda devant eux, pas entièrement, juste le haut, histoire de le faire rager encore plus après la dispute qu'ils venaient d'avoir. Il avait des tatouages sur le corps qui firent tomber la mâchoire de Fugaku au sol, et exorbiter ses yeux au point que Sasuke aurait cru les voir tomber, surtout quand il remarqua enfin les piercings de son fils, à ses tétons. Il en avait aussi à certains endroits de son corps, à ses oreilles, à son arcade. Il ne regardait jamais vraiment ses fils, et Itachi venait de lui apprendre cette leçon.

Tout allait de plus en plus mal avec lui, et Fugaku commença à s'intéresser à Sasuke pour qu'il relève le niveau, mais il lui demandait souvent l'impossible en le comparant sans arrêt à son frère du temps où il était encore 'bon' comme il disait. Sasuke se mit à regretter les sourires de son aîné, son calme et ses câlins. Itachi était devenu plus distant bien que leur père soit maintenant plus présent. Ça le rendait si triste de voir ça, Sasuke voulait que tout aille pour le mieux.

Itachi était en train de voir ce qu'il avait fait et tomba à genoux, mais cela n'arrêta pas les souvenirs d'affluer. À présent le dinosaure en peluche, jouet préféré de son petit frère, était relégué dans un coin de la chambre. Il trônait avec d'autres jouets que Sasuke ne touchait plus, passant le plus clair de son temps devant ses cahiers. Il ne savait pas ce qui c'était vraiment passer, il ne pouvait qu'imaginer ce qu'il voyait à présent. Sasuke si jeune, huit ans, dans un pyjama avec des dinosaures et tout heureux de fêter Noël. Sasuke qui demande après lui mais qui ne le voit pas venir. Normal, ce soir là, Itachi ne supportait plus de voir ses parents, de voir ces faux semblant, ni cette menace sourde de se faire envoyer en pension à l'étranger, histoire de se reprendre loin de ses mauvaises fréquentations. Mais eux au moins, tout comme Sasuke, ils l'acceptent. Qu'il soit strict sur lui-même ou carrément défoncé, eux, ils l'acceptaient et l'acceptent encore comme il est. Ils l'aiment et ça il ne pouvait en douter.

Et Sasuke agit tel qu'il le lui avait raconté plus tard.

Dans la journée son petit frère était allé faire un bonhomme de neige, et avait dessiné un large sourire sur sa tête même pas ronde. C'est à ce moment là qu'il a son idée, celle qui fera retrouver le sourire à son aîné et qui enlèvera cette ride soucieuse sur le front de son père. Rapidement la journée se passe, ils mangent ensembles un bon repas et cela se finit sur un gâteau et un petit feu d'artifice dans le jardin. Excité, Sasuke raconte qu'il s'est bien amusé et qu'il est impatient d'ouvrir ses cadeaux. Sa mère l'envoi au lit après l'avoir embrassé sur le front. Il s'y terre un long moment, et ne se lève qu'après que tout le monde se soit couché, et sans un bruit il se glisse jusqu'à la cuisine et se dirige au frigidaire.

Lui et Naruto sont encore en contact à cette période, ils s'écrivent parfois de petites cartes de leurs écritures enfantines maladroites et trop grosses. Sur la porte du frigo, il y a une carte en provenance d'Hawaï, montrant un volcan, et juste à coté un dessin fait de la main du blond. C'est juste après cette soirée que Naruto n'eut plus de nouvelles des Uchiha, tout simplement parce qu'ils furent injoignables et que personne à part leurs parents ne connaissaient l'adresse des Uzumaki à l'étranger. Dans cette dernière lettre que Sasuke avait reçu, Naruto lui disait qu'un de ses amis à Hawaï lui avait dis que pour avoir vraiment le cadeau que l'on souhaitait du Père Noël, il suffisait de lui laisser un verre de lait et des gâteaux près du sapin. Alors Sasuke prépara tout ça à la lueur d'une bougie d'ambiance, parfum de jasmin, odeur qu'aujourd'hui encore il ne pouvait plus sentir sans en faire un quasi catatonie. D'ailleurs, c'était ce qu'il avait fais depuis qu'il avait mis Naruto dehors, ou presque.

Itachi avait envie de prendre son frère dans les bras, de lui dire de ne pas faire ça, mais il ne pouvait pas. Il n'était pas vraiment là, et il sentit les larmes sur ses joues. Être impuissant et se sentir misérable, deux sentiments qu'il haïssait plus que tout. Sasuke venait de poser la bougie sur la petite table, juste à côté du rideau et posa l'assiette et le verre. Son frère avait l'air si heureux en même temps qu'il répétait qu'il voulait retrouver l'ambiance d'avant, le sourire de son frère et qu'ils aillent tous au parc pour un pique-nique au printemps, comme avant, sous les cerisiers en fleurs, chose qu'ils n'avaient pas fais cette année là. Sasuke eut du mal à retenir un petit rire, puis il était reparti dans sa chambre, impatient de la venu du gros bonhomme en rouge, celui qui arrangerait tout dans sa vie.

Pour l'arranger, il l'avait fait.

Un instant plus tard, le feu avait pris, mangeant les rideaux, se répandant aux meubles et au reste de l'habitation. Itachi voyait, ne pouvait rien faire, savait juste comment cela finirait. D'ici quelques instants, il entrerait par la fenêtre de sa chambre, sentirait une drôle d'odeur. Alors en voyant le sinistre, le nuage gris noir sous le plafond qui l'empêchait de respirer, il aurait juste le temps de courir à sa fenêtre et de faire signe à Yahiko d'appeler les pompiers et le laissant faire il court à la chambre de son frère et le réveille et le prend dans ses bras. Sasuke qui ne réagit presque pas, qui ne comprend pas grand-chose, qui étouffe déjà. Malgré ses yeux qui vont piqués, sa gorge qui va s'asséchée et sa difficulté à respirer, il va tenter d'aller sauver ses parents qu'il aime malgré le mal qu'ils leur font. Mais les retrouvera juste inertes, déjà morts, leur chambre bien plus proche du lieu ou à commencer l'incendie. Ils sont asphyxiés, endormis pour l'éternité.

C'est Sasuke en voyant les cadavres qui se met à pleurer, le sortant de sa transe et lui fait prendre ses jambes à son cou. Pas assez vite malheureusement, et il voit un demi-rideau de flamme, si chaud, si proche. Protégeant son frère il le passe et se brûle, ça fait si mal qu'il se sent faiblir, qu'il se voit mort lui aussi. Sa peau est brûlée, horriblement fondue, mais l'exclamation de terreur de son cadet le booste, et il cherche à avancer. Tout se passait sous ses yeux, tel qu'il l'avait vu voilà presque dix ans. Atteignant l'escalier de secours, il se voit tomber, dire à Sasuke dit aller, et là il sentirait une main bienveillante sur lu. Inquiet, Yahiko serait monté l'aider, aura passer la fenêtre sans se préoccuper des flammes qui avançaient, et l'aurait aider lui et son frère. À deux ils redescendraient la passerelle métallique alors que le reste de l'immeuble s'en sortirait indemne grâce à l'aide de ses amis qui seraient allés donner le signal et toquer aux portes ainsi qu'hurler au feu.

C'est qu'il devait beaucoup à sa petite troupe, ceux que personnes n'aimaient, qu'on regardait souvent de travers en pleine rue pour un tatouage mal placé ou parce qu'ils n'étaient pas du genre à passer inaperçu tout simplement et qu'ils s'en fichaient bien. Des marginaux, des erreurs de la nature comme avait dis son paternel. Des gens que lui aimait et n'aurait rejeté pour rien au monde.

Itachi se rappelle encore de tout ça et de l'impuissance qu'il avait ressentie alors en voyant les flammes dévorer son foyer. Il s'était sentit seul, pensé qu'il n'avait plus rien et qu'il n'avait plus d'endroit où retourner. Plus jamais. Et cette sensation de vide lui avait fait peur, le choque avait été grand, et il se mit à trembler en voyant les jets d'eau des pompiers s'écraser sur la façade, piétinant le 'petit jardin' comme l'appelaient les résident. C'était le petit coin de verdure de cette résidence, l'endroit où les enfants jouaient et là où il y avait eu les feu d'artifices. On était en train d'écraser ça sans pitié pour sauver un autre endroit, c'était comme sa vie qui s'était faite laminée avant qu'on ne commence à s'en prendre à son cadet. Tout ça était horrible.

Ce qui l'avait sorti de cet état ? Quelques baffes de Yahiko qui lui avait ensuite déposer dans les bras son petit frère encore sonné, dont les flammes du bâtiment se dessinaient horriblement bien dans ses yeux si noir et apeurés, baignés de larmes. Itachi l'avait serré contre lui, fortement, fondant en larmes en sachant qu'il avait encore son frère avec lui. Non, il n'était pas seul, vraiment pas seul. Tant qu'il serait là il ne serait pas seul.

Ils avaient finis à l'hôpital, Yahiko et sa bande l'y attendait à sa sortie. Il s'inquiéta pour Sasuke qui avait refusé de manger et qui ne parlait pas, ils s'inquiétèrent pour lui qui n'avait pas remarqué qu'il venait de sauter aussi un repas. Sasuke avait entendu que la faute viendrait d'une bougie, et par A plus B, il avait déduit que tout était de sa faute et le prenait très mal. Se fut pire quand Itachi lui donna une claque et lui hurla dessus. Ses nerfs avaient lâchés un instant, et il s'était mis à hurler qu'ils n'avaient plus rien à cause de ça. Deidara était arrivé par derrière, lui avait donné un coup de pied dans le dos et ça avait faillit dégénérer en bagarre générale. Kakuzu l'avait soulevé par le col et Sasori lui avait fais tourner la tête vers Sasuke en posant ses mains sur ses joues. Ce dernier pleurait en silence, totalement perturbé de son acte et de cette gifle. Son manque de réaction devint encore plus grand par la suite.

À cause de lui. Tout ça c'était à cause de lui. Qu'avait-il fait à son petit frère ? A sa famille ?

Itachi s'en voulut et retourna près de son cadet, le prit dans ses bras et répéta indéfiniment que ce n'était pas de sa faute et qu'ils s'en sortiraient, qu'ils seraient toujours ensemble. Mais Sasuke s'était enfermé loin de tout ça, il était dangereux pour les autres, et cette pensée lui faisait plus peur que tout. Il commença à manger moins. Plus il se laissait mourir, et plus Itachi le suivait, s'en voulant énormément d'avoir fait un tel éclat devant lui, s'oubliant lui-même en pensant à son cadet qui dans son lit d'hôpital avait toujours se regard vide et se mutisme affreux. Sasuke ne voyait pas l'état de son frère, il ne voyait même pas qu'il se laissait mourir. Il cherchait comment réparer son erreur. Il ne savait pas que ce n'était pas possible bien qu'il s'en doutait.

Le petit groupe d'amis qu'il avait, pensait tout bas ce qu'il ne disait pas tout haut. Itachi était devenu ami avec eux, ne s'était jamais moqué de leurs histoires personnelles, avait toujours essayé de les aider, ne profitait jamais de son statut ou de son nom. Non, Itachi avait toujours était franc avec chacun d'entre eux, un bon ami, quelqu'un qui ne les aurait pas abandonné à la moindre adversité, et aujourd'hui, ils allaient l'aider au centuple de ce que lui avait bien pu faire pour chacun d'eux. Ils se relayèrent auprès de lui, le forçant à manger, à boire, à dormir, à faire ce qu'il fallait pour qu'il vive, et ils savaient que tout dépendrait du petit en voyant cet air inquiet toujours dirigé vers l'enfant. C'est Yahiko qui se glissa dans sa chambre alors qu'Itachi était parti faire quelques formalités, quant à dire s'ils avaient encore de la famille pour les prendre en charge et renseigner ces 'honnêtes' gens sur ces 'mauvais' garçons qui l'accompagnaient.

À un moment la police avait même cru qu'ils avaient mis le feu à l'appartement pour toucher une quelconque assurance, et qu'il aurait été poussé au crime par eux. Sottise qui l'avait rendu encore plus malade des adultes qu'il n'arrivait pratiquement plus à voir en peinture. Pendant qu'Itachi disait n'avoir aucune adresses car toutes celles qu'il aurait pu avoir étaient notées dans un carnet qui avait du brûlé, ceci comptant aussi celle du blond que personne mis à part Mikoto, la mère des deux Uchiha, connaissait par cœur, Yahiko décida d'agir.

Il s'était glissé dans la chambre de Sasuke qui n'avait pas réagit et s'était assis sur le bord du matelas, tout près de lui. Ce garçonnet, il l'avait vu plusieurs fois. Parfois en raccompagnant Itachi et en le croisant au parc en train de jouer avec un petit blond quand ils jouaient au basket ou à se courir après. Parfois quand il descendait de l'immeuble pour amener à son frère du linge de rechange parce que ce dernier découchait et qu'il était dans la confidence. Il pouvait encore se souvenir de l'air malicieux du garçon qui riait déjà de ce qui allait se passer ensuite, et de sa joie en voyant son aîné lui offrir quelques sucreries qu'aujourd'hui il ne pouvait plus voir. C'était comme le jasmin ou les bougies, les flammes trop vives aussi. Sasuke les fuyait comme la peste, paniquant en les voyants ou se tétanisant de peur. Son frère avait été traumatisé de son acte pour la vie.

Le petit donc prenait ça comme un jeu d'être son complice, même si par moment il lui avait donné l'impression de comprendre que cela était sérieux et pas vraiment bien. Une fois habitué à lui, ainsi qu'aux autres, Sasuke avait été blagueur et très vivant, aimant leur faire des blagues, surtout à Deidara dont il aimait bien se moquer de l'allure parfois ambigüe. D'ailleurs, la première fois qu'il avait vu le blond, il l'avait appelé grande sœur, en tout bien tout honneur, et Deidara avait pété un câble sérieux, gesticulant dans tous les sens avant de lui courir après. Sasuke avait ri en se sauvant, et Yahiko pouvait encore se rappeler du sourire tendre d'Itachi en les voyant s'entendre. Et puis ce gamin était adorable, au point de jouer avec Kakuzu qu'on fuyait habituellement, et de monter sur les épaules de Kisame qui faisait mourir de peur la plupart des gens qui le voyait. Il l'aimait bien cet enfant, et ce n'était pas que pour Itachi qu'il allait aller lui faire entendre raison.

-Petit Sasuke.

-…

-Je pense que tu peux m'entendre, et je l'espère fortement petit.

Sasuke n'avait aucune réaction, ayant l'air mort de l'intérieur comme de l'extérieur. Il fixait toujours droit devant lui, sans réaction pour ce qui les entourait. Une partie de l'enfant c'était éteinte avec ses parents. Yahiko posa sa main sur ses cheveux qu'il ébouriffa avant de lui dire sur une note confidentielle :

-Si tu continues à ne pas manger, à ne pas vivre, tu vas mourir toi aussi. Et si tu continues comme ça, Itachi va mourir avec toi. Car quand tu ne manges pas, il ne mange pas.

-…

-Tu veux que ton frère meure aussi ?

Jamais il n'aurait pu penser qu'autant de larmes puissent sortir en même temps d'un être si petit, mais c'était là la première réaction de Sasuke depuis des jours. Ce jour là, Yahiko avait attrapé son petit frère pour lui dire :

-Ça va aller, tout va bien aller.

Et les pleurs de Sasuke avaient redoublé. Itachi en fait avait déjà fini de se faire interroger à cette heure là, et il était venu aussitôt voir son frère, le trouvant avec son ami. Il avait entendu ses paroles, puis les larmes de son cadet, Itachi avait compris qu'il était encore aimé profondément par d'autres gens, qu'il avait encore une famille qu'il s'était trouvé lui-même en ses amis. Mais Sasuke ? Il n'y avait personne qui était venu le voir, personne à part lui son grand frère, qui pourrait le soutenir comme il le faudrait. Itachi s'était écroulé contre le mur et avait pleuré toutes les larmes de son corps. C'était décidé, les larmes iraient au placard, ce n'était pas ce dont avait besoin Sasuke.

Une fois calmé et totalement résolu, Itachi entra dans la pièce et fut heureux en voyant son petit frère se jeter dans ses bras et l'enserrer à l'en briser. Sasuke répétait inlassablement le mot pardon, tout en pleurant, encore et encore, et lui le garda dans ses bras et finit par l'embrasser sur le front, les cheveux, voulant lui montrer qu'il était et serait là. Finalement son frère s'était calmé, Itachi remercia gracieusement Yahiko qui lui tapota l'épaule avant de les laisser seuls.

Itachi avait cru qu'éviter le sujet, ne jamais dire à son petit frère que c'était de sa faute, serait l'aidé à se relever. Il se promit de ne jamais le faire. Le lendemain était arrivé un cousin éloigné, qui bien qu'il portait le même nom qu'eux et avait leur physique, était un total étranger. Le dernier membre de leur famille que les autorités avaient retrouvés, ce qui ne surprit pas Itachi qui avait appris qu'ils n'avaient pas de famille proche du coté de leur parents voilà bien longtemps. Des grands parents ? Ils n'étaient plus des deux cotés. Des oncles, des tantes ? Même pas. Le seul cousin qu'il avait connu était Shisui, et il avait connu une fin tragique avec ses parents dont le père avait été le petit frère de son père, tout ça dans un accident maritime à la noix. Il ne restait apparemment que cet homme qu'ils n'avaient jamais vu.

Il se souvenait de s'être promis qu'il n'offrirait jamais un tel destin à son petit frère, qu'il garderait toujours un œil sur lui voire deux, histoire de le tirer de mauvais pas. Il l'aimait tellement ce gamin qui s'accrochait désespérément à lui avec ses mains si petites et ses yeux si grands, qui ne savait même pas encore ce que la vie pouvait bien lui réserver comme autre surprise du genre. Lui-même ne savait pas ce qu'il allait bien pouvoir faire. D'accord, ses parents avaient planifiés sa vie, mais maintenant qu'ils n'étaient plus là, qu'il était vraiment libre, qu'allait-il bien pouvoir faire ? Jusqu'ici il ne s'était jamais posé la question, certain que son père continuerait à le nourrir quoi qu'il fasse de sa vie, quitte à la rater entièrement. Mais maintenant, il n'avait plus droit à faire ça, il devait réussir, coute que coute, pour continuer d'offrir le meilleur à son petit frère. Itachi ne se laissa pas abattre, encore moins quand il vit se cousin venir les chercher. Le seul qui avait répondu à l'appel de ce qu'il avait compris, personne d'autre ne s'était dérangé pour eux d'eux, pas même ceux qui se disaient amis de la famille.

Arriva ce cousin, un homme trentenaire, svelte et grand, au sourire qu'aucun des deux frères n'aima. Ses yeux avaient cet air un peu malin que connaissait un coin de ses lèvres, son nez était fin et droit, ses sourcils fins, son visage triangulaire, et sa chevelure d'un noir charbon profond cascadait librement sur ses épaules jusqu'à ses reins, des épis un peu partout. Il n'était pas laid, même assez sexy si Itachi se fiait aux regards convoiteurs des jeunes femmes qu'ils croisaient. Ses yeux étaient très fins, lui donnant un air mystérieux, soulignés par deux traits fin qui appuyaient son style particulier. Cet homme avait l'air simple, et sympathique au premier abord, habillé simplement d'un jean noir et d'un haut rouge sang, ayant à son poignet des bracelets en caoutchouc noir, ainsi que quelques bagues aux doigts et des santiags aux pieds. Sa voix grave ne lui parut pas de bon augure.

-Je suis Madara Uchiha, enchanté de vous rencontrer les enfants.

Sasuke s'était agrippé à lui, et Itachi en avait frémit. Il se rappelait bien de cet homme, comme il se rappelait avoir été ramené chez lui et ne s'y être jamais senti comme chez lui, d'y avoir vu son frère se refermer sur lui-même encore un peu plus. Il n'avait pas supporté de n'avoir presque rien à manger, de ne jamais voir la couleur de l'argent qui était normalement pour eux d'après le testament qu'avaient fais leurs parents. Non, ce Madara prenait les rentes pour lui et les laissait se démerder pratiquement sans rien, riant sadiquement quand Sasuke demandait un dessert ou un bonbon. Itachi était dans sa seizième année, ne les avait pas encore, et attendit patiemment son anniversaire, préparant avec l'aide de Yahiko les papiers qui lui permettraient de s'émanciper, de se gérer seul et de prendre en charge son frère.

Il avait réussi à avoir ce qu'il désirait. Itachi en était heureux, et à leur départ, Madara se retint de lui cracher au visage pour l'image qu'il lui avait faite aux yeux de la justice. Mais finalement, il lui avait tendu la main, et il se souviendrait toujours de cet instant. Il l'avait regardé avec dégoût, l'entendant lui dire :

C'est de bonne guerre.

Ils lui avaient juste demandé de faire office de famille, au moins de soutien. Il n'avait servi à rien sauf à leur voler de l'argent. Ce n'était pas de bonne guerre, ce n'était que justice. Itachi se souvenait l'avoir regardé de haut, d'avoir pris la main de son petit frère et d'avoir tourné le dos à cet homme qu'il n'avait jamais cherché à revoir. L'autre avait ri de son insulte, et le brun avait compris que la vie n'allait pas être facile.

Grâce à des contacts qu'il avait toujours gardés, à des services qu'on lui devait, Itachi parvint rapidement à avoir ce qu'il souhaitait. Pour montrer sa bonne volonté, il avait acheté la panoplie du parfait étudiant, celui qui n'aurait jamais osé faire un pas en dehors de la ligne droite qui lui était tracée. Il avait repris les cours et travaillait à coté dès qu'il le pouvait, trouvant aussi du temps pour Sasuke qui avait bien compris qu'il ne devait pas trop en demander à son aîné. Il avait compris en le voyant rentrer tous les soirs et s'écrouler dans son lit que cette vie était bien dure pour lui, et il savait que c'était de sa faute, mais personne ne le lui disait jamais.

Ils vivaient dans un appartement minuscule, et Itachi donnait tout le confort qu'il pouvait à Sasuke qui n'avait pas à se plaindre. Vêtements, nourriture, jouets, il avait tout ce qu'il pouvait désirer même s'il ne demandait rien. Itachi faisait en sorte qu'il ne manque de rien pour que personne ne vienne jamais le lui enlever. Pour ça il travaillait assez tard, revenait extenué, mais continuait pourtant avec ses devoirs et s'écroulait dès que c'était fais. Parfois son aîné s'écrouler sur ses cahiers, et quand ce n'était pas le cas, il lui demandait si lui s'en sortait avec les siens. Sasuke voyait tout ce qui était fais pour lui, le mal qu'avait son frère avec cette nouvelle vie, et il s'en voulait pour ça. Alors il avait commencé quand son frère n'était pas là, à étudier dès livres de cuisines qu'il avait trouvé à la bibliothèque de son école où il passait beaucoup de temps. Il essayait des plats à la dose prêt, heureux de voir son frère dévorer la nourriture qu'il lui faisait et lui sourire. Ce n'était qu'un faible baume, mais il l'appréciait.

Sasuke parlait très peu, il n'y trouvait plus d'intérêt. Sagement il rentrait chez lui sans perdre de temps, raccompagné au début par les amis de son aîné qui petit à petit l'avaient laissé être responsable. Pour l'aider, il s'était mis à travailler pour leurs voisins quand il pouvait contre un peu d'argent qu'il mettait de coté. Sasuke ne faisait jamais un pas de travers, suivant à la lettre se ce que son grand frère lui demandait, ne prenant jamais aucun risque pour ne lui causer aucun soucis. Deux ans passèrent comme ça, et plus le temps passait, et plus Sasuke s'inquiétait.

Itachi était en train de le découvrir. C'était bizarre de tout revoir ainsi des années après, cela d'un point de vu extérieur.

En fait, Sasuke avait peur pour son aîné qui maigrissait à vue d'œil et dont les traits devenaient de plus en plus maladifs, que ce fussent ses cernes noirs ou ses joues creuses. Ce dernier n'avait même plus de temps pour lui, n'allait plus voir ses amis, se reposant à présent dès qu'il avait un peu de temps. Après les cours, il allait travailler dans un convenience store ou sur des chantiers, ne ménageant pas sa peine. Ensuite il travaillait ses cours et prenait soin de la maison si lui ne l'avait pas fait. Enfin il s'écroulait de nouveau. Itachi donnait plus qu'il ne pouvait vraiment, bien qu'il essayait toujours d'être là pour son frère. Aux événements importants à l'école, aux fêtes, et autres. Mais Sasuke n'avait pas envie de l'embêter avec tout ça, il ne lui en voulut même pas quand son grand frère oublia son anniversaire, alors qu'il lui avait toujours offert quelque chose. Cette nuit là, Sasuke c'était glissé près de son aîné pour dormir, ça lui avait suffit.

En voyant la scène, Itachi s'en souvint, l'ayant oublié à ce jour. Cette nuit là il s'était senti bien et en sécurité, et en se réveillant au matin il comprit pourquoi. Son cadet le tenait dans ses menottes, dormant tranquillement à coté de lui.

Un matin pourtant, Sasuke eut la peur de sa vie en le voyant manquer un pas et poser un genou à terre. Il venait de voir son visage, sa pâleur, et lui qui lui avait dis que ce n'était rien, qu'il devrait faire le ménage car ça devenait glissant et en avait ri. Mais Sasuke savait que ce n'était pas ça. Il faisait le ménage, tout était propre et en ordre, mais quand il était venu agripper son frère par réflexe pour l'empêcher de s'étaler, il avait sentit la forme de son corps contre lui. Son grand frère, la seule personne qui lui restait, était aussi mince qu'un squelette, plus légère qu'il n'aurait dû. Itachi avait l'impression de vivre tout ça du point de vue de son frère, il se vit quitter la maison en lui offrant un sourire rassurant ce qui lui fit plus peur que tout, et lui qui d'habitude courait à l'école pour être sur d'y être à l'heure en ne ralentissant que sur les derniers mètres, courut cette fois-ci dans une toute autre direction. C'est un Sasuke en pleurs qui alla trouver Yahiko qui venait d'ouvrir officiellement depuis quelques jours une boutique qu'Itachi n'avait toujours pas eu le temps de venir voir. Il s'était agrippé à lui devant les clients, pleurant à chaude larmes et en lançant des mots sans queues ni têtes pour expliquer la situation.

Itachi se rappelait de tout cela aussi, Yahiko lui avait expliqué par la suite la peur de Sasuke de le perdre à son tour.

Habituellement, Sasuke expliqua à Yahiko qu'il attendait son frère qui rentrait toujours vers la même heure, et qu'il lui faisait à manger que l'autre touchait à peine la plupart du temps, bien trop fatigué par sa vie. Il le voyait dormir à peine, et Sasuke avait fini par réaliser qu'il avait volé l'adolescence de son frère. Il ne voulait pas aller contre lui, ne disait rien, restait dans son coin et faisait son maximum pour faciliter sa vie, mais le voir comme il était aujourd'hui lui faisait peur, alors la seule solution qu'il avait trouvé c'était de venir pleurer dans les bras su rouquin pour qu'il l'aide. Yahiko aimait beaucoup Itachi, comme le reste de la troupe d'ailleurs, cela même si chacun avait sa manière de le montrer, et à tour de rôle ils allèrent le voir pour essayer de l'aider, mais l'Uchiha restait sourd à leurs propositions. Plusieurs fois ils vinrent, plusieurs fois il fit la sourde oreille.

Lui et sa fierté de merde.

Itachi tomba malade finalement, commençant à tousser, à se racler la gorge sans fin. Son teint devint cireux, et le fier Uchiha ne fut plus que l'ombre de lui-même. Plus les jours passaient, et plus il toussait fort, se courbant même parfois en deux ou se tenant la poitrine. Sasuke essayait de faire comme si de rien n'était, mais il avait peur, si peur qu'il appela cette fois-ci Yahiko et qu'il le supplia de faire quelque chose. Après une réunion d'urgence, le groupe prit une décision et décida d'aller le voir à la sortie de ses cours. Oui, il se souvenait de ce jour là.

À ce moment là, Itachi venait de terminer de passer des examens, ayant étudié comme un malade pour être sur d'avoir le diplôme qu'il désirait, étant reconnaissant pour la première fois de sa vie d'avoir tant de facilité à retenir ses cours. Grâce à ça il pouvait avaler des quantités astronomiques d'informations et avait pu revoir les programmes au dernier moment sans soucis. Déjà, il y avait deux ans il avait eu un diplôme qu'il n'aurait du avoir que cette année et avait décidé à cette période de prendre une année sabbatique avant de reprendre ses cours. La vie ne lui avait pas laissé le temps de faire ça, et aujourd'hui il bouclait en deux ans un programme de quatre ans. Certains étudiants le regardaient de travers, mais il n'en avait que faire, faisant tout en accélérer et espérant ne pas s'être planté, n'ayant plus de temps à consacrer à ce genre de chose trivial à ses yeux. Il devait se consacrer à un travail pour avoir assez d'argent pour faire vivre son frère, pour avoir mieux que ce qu'il avait aujourd'hui et enfin faire retrouver le sourire à son cadet. Quel naïf il avait été à l'époque. Itachi se vit s'adosser au muret entourant l'établissement pour pouvoir compter calmement ce qu'il lui restait comme monnaie avant sa prochaine paie.

Il se souvenait encore de cet instant là, avec son ventre qui réclamait par pitié ne serait qu'un quignon de pain, et sa gorge en feu qui voulait de quoi la soulager. Il jeta un regard vers l'établissement où il lui suffisait de retourner pour s'abreuver d'eau. Elle était à volonté, et il le faisait certains jours pour calmer sa faim. Il se souvenait de sa détresse, de sa peur de ne pas y arriver, de son envie de se recroqueviller dans un coin pour pleurer un bon coup. Il n'avait pas assez pour finir le mois et devrait rapidement trouver de quoi se faire de l'argent. À ce moment là, il se souvenait des options qu'il avait envisagées. La première était la plus directe : aller se vendre comme certains étudiants le faisaient dont le but de s'offrir une quelconque bêtise technologique, du moins pour une majorité, d'autres avaient des problèmes plus sérieux tout comme lui. La deuxième était de reprendre un peu de poids il ne savait comment et d'accepter l'offre d'un homme qu'il avait rencontré de devenir Host, mais il était certain que cette offre n'était pas nette et que rapidement il se serait retrouvé devant une caméra à tourner un AV contre son gré. La troisième ? Simple, faire de petits boulots illégaux mais qui rapportaient beaucoup d'argent et puis si possible grimper les échelons.

Fatigué, ayant envi de se reposer à cause de la légère fièvre qu'il avait, Itachi se demanda laquelle de ces solutions serait la plus simple. Et c'est au moment où il pensait à cette dernière solution avec plus de sérieux, qu'il s'était sentit entouré. Tous ses amis étaient là, Yahiko en tête comme d'habitude, mais son air habituellement calme était troublé. Deidara le regardait furibond, Sasori avait l'œil mauvais et il allait sans dire que les autres n'étaient pas de leurs meilleure humeur. Itachi se détacha de son mur, voulant s'en aller sans avoir à les affronter, et se mit à tousser au point qu'il dut se rattraper au mur de brique pour ne pas tomber à terre. La voix calme de son ami s'éleva alors.

-Arrête Itachi, on va t'aider.

-Non.

Sa réponse était toujours la même depuis des semaines, des mois, des années maintenant. Il ne voulait pas que l'argent devienne un problème entre eux. D'accord, il voulait bien que de temps à autre ils aillent voir si tout se passait bien pour Sasuke lorsqu'il travaillait tard, mais il ne voulait pas leur devoir plus que ça. Deidara l'attrapa par le col de sa veste, bien trop fine pour la saison, et hurla sans retenue, n'étant pas du genre de toute manière à faire dans la demi-mesure :

-Putain arrête de dire non abruti! t'es en train de te crever à la tâche ! on est tes potes oui ou merde ! on peut quand même te donner un peu de fric chacun ! ce que l'un ne peut faire, le groupe le pourra !

-D…

-Et si tu dis merde, je te rosse !

Itachi était bien trop fatigué pour entamer ce genre de conversation, et il devait trouver de l'argent, quelque chose à faire, rapidement. Sa main se posa sur celle de Deidara qui remarqua combien son corps était chaud, bien trop pour le peu de vêtements qu'il portait. Itachi était malade, en témoignaient les rougeurs qu'il avait aux joues, sa voix cassée et ses yeux brillants. Yahiko tapota l'épaule de Deidara, lui demandant ainsi de lâcher Itachi qui eut un mal de chien à rester debout. D'un même mouvement, Sasori et Kisame avaient voulu le soutenir, mais il s'était remis dos au mur, pestant contre son corps si faible et du fait qu'il voyait un peu trouble. C'était en train de recommencer, et la voix criarde de Deidara s'éleva encore :

-Arrête de croire que tu es tout seul bordel ! on est quoi nous ! rien ? on est là ! C'est parce qu'on a l'air de loubard c'est ça ! tu as peur que les services sociaux disent que tu as de mauvaises fréquentations et embarquent ton frère ! c'est ça ! mais on a trouvé des jobs normaux ! des trucs dont ils ne pourront jamais rien dire contre ! on n'est pas des mauvaises fréquentations !

-Deidara a raison sur ce point. Kisame à un bon poste depuis trois ans, moi depuis deux, et ce blond stupide à même réussit à se trouver un poste dans une galerie depuis quelques mois. Yahiko a sa boite…etc etc, on s'en sort bien comme tu peux le voir.

Sasori de sa voix profonde et calme essayait de le raisonner. Lui, l'un des plus réfléchis du groupe qui n'aimait pas pourtant s'occuper de trop près des affaires des autres, était en train de lui dire qu'il était là pour lui. Prendre de l'argent ? Leur argent ? Sans savoir quand il pourrait rembourser ? Il avait le droit de faire ça ? Alors qu'eux arrivaient aussi à peine à s'en sortir dans leurs vies ? Mieux que quiconque Itachi connaissait leurs histoires, leurs difficultés, leurs problèmes d'argent…il ne pouvait pas faire ça. Il se remit à tousser, et Kisame passa son bras autour de sa taille pour le maintenir droit alors qu'il avait les mains devant sa bouche pour y cracher ses poumons. Yahiko, qui était plus vieux que lui de deux ans, posa sa main sur le sommet de son crâne et lui lança d'une voix parfaitement mesurée :

-Il ne reste que nous sur tous les gens qui t'entouraient Itachi, et ça veut dire qu'on est tes vrais amis. Tu peux compter sur nous sans jamais rien craindre en retour. Si ça te fais mal de prendre l'argent de nos mains gracieusement, alors t'es libre de nous le rendre un jour.

-…

-Si tu continues comme ça mon vieux, tu vas finir par en crever d'épuisement. Et si tu meurs, Sasuke sera seul. Tu veux lui faire ça ?

Il était rare de voir Itachi choqué, et pourtant c'était là son expression. Le brun était au bord des larmes de se voir être si bas. Jamais il n'aurait pensé que cela pouvait faire si mal de se rendre compte que l'on n'avait plus rien, puis finalement de voir que des gens qui n'avaient pas son sang pouvaient être si bon. Voir cela une deuxième fois ravivait en lui ces mêmes sentiments. Il leur serait redevable à vie. D'un ton un peu paternaliste, Kisame qui était encore un peu plus âgé que Yahiko, lui tapota la tête et lui dit :

-Ce n'est pas ce que tu veux, on le sait. Alors accepte notre aide comme toi-même tu viendrais nous aider en cas de coup bas…comme tu l'as déjà fais par ailleurs.

C'était dur cette situation, et c'était si bon d'avoir de tels amis. Itachi savait que de sa vie il n'aurait jamais assez de temps pour leur montrer sa gratitude. Ses larmes ruisselèrent le long de ses joues, silencieusement, tellement il était heureux. Son corps tremblotait légèrement, prêt à lâcher sous le peu de poids qu'il lui restait, et Itachi hocha de la tête de haut en bas. Enfin il acceptait.

-Ok ok ok, ça va chiale pas, tu nous gênes !

-C'est toi qu'il gêne Dei.

-Oh ça va Sasori, Hmpf.

Ils ne purent retenir un rire devant se changement d'atmosphère. Ils étaient soulagés que le brun se décide enfin à recourir à leur aide, et ils feraient tous pour l'aider. À eux tous ils avaient calculé, et avaient vu qu'ils pouvaient le dépanner pour une bonne petite somme. Ils ne lui en parlèrent pas, ne voulant pas le gêner plus qu'il ne l'était déjà, et Hidan prit enfin la parole, se déridant enfin :

-Bien, alors on s'occupera de temps en temps de Sasuke comme ça tu économiseras du pognon quand tu bosses la nuit et que tu prends une nounou.

-Et passe un peu plus de temps avec lui. Il ne lui reste que toi et il doit s'en vouloir assez comme ça. Rajouta Yahiko qui ne s'était pas attendu à ce qu'Itachi lui hurle d'une voix éraillée :

-DIS PAS ÇA ! et tous sursautèrent mis à part Yahiko, car jamais personne ici encore ne l'avait vu dans un tel état.

-Je dis ce qui est et tu le sais. T'as beau être un rêveur, tu es le plus terre à terre de nous tous. Tu as du remarquer…j'espère…la détresse dans laquelle est ton frère ?

-…

-Il ne parle pratiquement à personne, rentre directement de l'école après avoir finis sa journée, fait tout ce que tu lui demandes et attends gentiment que tu rentres. Ou alors il demande aux voisins s'il peut faire des trucs pour eux, histoire de se ramasser quelques yens qu'il économise patiemment jusqu'à ton anniversaire.

-Mon …anniversaire ?

-Hm ? ah ouais, il parait que tu as oublié le sien, mais il ne t'en veut pas du tout. Par contre pour le tiens, que tu as oublié aussi, il m'a dis t'avoir acheté des dangos d'une très bonne pâtisserie et du thé de je ne sais plus où.

Yahiko le regarda en coin, voyant qu'Itachi était en train de se remémorer tout ça. Aujourd'hui encore il s'en rappelait. C'est pour ça que maintenant il faisait son maximum pour ne pas oublier ces deux dates les plus importantes de l'année, et qu'il lui faisait toujours des cadeaux de fous. Mais il aimait son frère et il voulait être sur que Sasuke le sache. Itachi croisa les bras, sachant ce qui allait arriver par la suite, Sasori lui fit une remarque qui le rendit honteux.

-Et à moi il est venu me dire que tu n'avais même pas remarqué qu'il avait acheté ça spécialement pour toi. La dernière fois que je suis allé chez toi, j'ai attendu trois heures et lui était avec moi. Il m'a offert de quoi boire mais n'avait rien à me donner d'autre qu'un paquet de biscuit qu'il avait acheté après les cours, et sans un bruit il a fait ses devoirs à coté de moi en me laissant regarder la télé. Et quand il les a finis, j'aurais cru qu'il m'aurait proposé un jeu comme il le faisait avant, et bien non figure toi. Il s'est mis à regarder la télé et n'a plus bougé. Tu sais ce que je lui ai demandé ?

-…non.

-S'il avait quelque chose à manger au frigo vu que l'heure du repas était dépassé. Sasuke m'a dis qu'il n'avait pas très faim. Tout simplement, il n'y avait rien, alors j'ai commandé une pizza et en attendant que ça arrive je lui ai posé quelques questions, si ça arrivait souvent et tout. Tu sais ce qu'il m'a dis ?

-N…non.

-Qu'il sait que c'est dur pour toi, qu'il ne te demandera pas plus que tu ne peux lui donner, et qu'ensuite il y a bien quelques boites de légumes dans le placard, mais qu'il ne les cuisinera pas tant que tu ne seras pas rentrer. Et là, j'ai compris pourquoi.

-…

-Ta gazinière est à gaz, et Sasuke ne supporte plus de voir une flamme s'il est tout seul. J'ai allumé une cigarette à coté de lui et il est devenu livide. D'ailleurs, son pédopsychiatre là, tu devrais le virer.

-…

-Là Sasori n'a pas tort, Sasuke m'a dis qu'il ne voulait pas parler à cet homme bizarre ni à son assistant. Tu devrais lui parler un peu plus Itachi, ce n'est peu être pas à un étranger qu'il désire le faire, surtout que cet homme est…bizarre. Ton frère n'a pas du tout la vie d'un gamin de son âge, il a bien trop peur de faire un mauvais pas et que tu le détestes pour ça. Sasuke est celui qui a le plus balisé pour toi tu sais ? il est venu me voir et m'a téléphoner plusieurs fois pour que je fasse quelque chose.

-…je…Yahi…

-Si tu ne veux pas qu'il t'inquiète, ne le fait pas non plus. Il n'en a pas l'air, mais il tient beaucoup de toi. Tu peux faire ça ?

-…d'accord.

-Et si on t'aide tu vas pouvoir passer tes diplômes et tout le reste.

-Diplômes ? je...viens de…le faire.

-Itachi ?

Il se souvenait encore de cette fatigue qui était apparue dès qu'il s'était relâché à ce moment là. Tout son stress, sa maladie, ses examens, le travail, l'apaisement que venait de lui donner ses amis, se tout, venait de l'assommer, son cerveau était en train de se déconnecter. La dernière phrase qu'il s'entendit dire fut :

-…je vous devrais….une vie….les gars.

-Tu crois qu'une seule suffira ? avait répondu Kakuzu.

Il avait souri avant de s'endormir dans les bras de Kisame qui l'avait porté jusqu'à sa voiture où ils étaient tous montés, pratiquement les uns sur les autres, pour trouver un hôpital. Sasori et Deidara étaient partis chercher Sasuke qui, dès qu'il arriva à l'hôpital, commença à se sentir mal. Mais avec toute sa volonté, il se dirigea jusqu'à la chambre de son frère, et en le voyant dans le lit immaculé, ne put s'empêcher de pleurer. Il fallut tout le talent de Yahiko pour qu'il arrête, mais son inquiétude était dessinée sur ses traits fins. Sasuke détestait les hôpitaux, tout comme il détestait les feux et les flammes. L'inconscience d'Itachi dura des heures.

A ce moment là, il n'en pouvait plus. Si ses amis n'étaient pas venus l'aider comme ils l'avaient fais, sans doute qu'il aurait mal fini. Peut être pas en truand car on lui aurait pris Sasuke, peut être pas en Host car cela aurait eu la même conséquence, mais peut être qu'il se serait vendu occasionnellement pour avoir de l'argent facilement, se cachant pour ne pas tomber sur les services sociaux. Aurait-il pu regarder son frère droit dans les yeux ? Il n'en était pas sur, mais au moins il l'aurait sauvé. Sa deuxième famille l'avait sauvé, et Itachi ne put se retenir de sourire à se souvenir. Il les aimait ces mecs là, sachant qu'il pouvait compter sur eux quelque soit l'adversité.

Sasuke n'avait souri qu'en revoyant ses paupières s'entrouvrir, et il l'avait pris dans ses bras en le serrant très fort. Itachi s'était excusé et leur longue conversation commença. Il lui avait promis qu'il rentrerait plus tôt, que ses amis allaient l'aidés, qu'il allait vite trouver un job et qu'il lui offrirait plus de choses. Il parla du psy et de l'école, chose à laquelle il ne s'était plus intéressé depuis un moment. Sasuke lui raconta quelques anecdotes, montrant à son aîné sans le vouloir combien il s'était renfermé. Itachi le garda contre lui, et les deux frères s'endormirent sous l'œil protecteur de Yahiko qui était resté dans un coin de la pièce, à lire un journal tout en ayant un sourire étalé sur la face. Il aimait bien les Uchiha.

Itachi savait ce qui allait suivre. Il sortirait de l'hôpital, trouverait un petit job d'assistant grâce à l'aide de Kisame, dans une boîte assez grosse. Cette entreprise serait florissante, et Itachi aurait bien plus de travail qu'il ne croyait alors. Mais Sasuke ferait toujours tout en sa faveur pour lui faciliter la vie. Il continuerait de porter se nouveau caractère que cet incendie avait gravé en lui, il s'ouvrirait uniquement à très peu de personne. Ses amis à lui tout d'abord, qu'il accueillait toujours d'un petit sourire tout en se montrant intentionné même s'il ne laissait rien transparaitre, à ses propres amis ensuite qu'il se ferait en changeant une première fois d'école. Deux énergumènes bien singuliers, frère et sœur, totalement déjantés une fois ensemble et peu potable individuellement. Mais son petit frère s'entendait assez avec eux, pas au point de les amener jusqu'à chez eux, mais au moins il souriait et plaisantait en leur compagnie.

Pendant ce temps là, il gravirait les échelons de sa société d'un extrême à un autre, commençant en bas de l'échelle, à peine remarqué si ce n'était pour son physique. Pendant quelques mois il serait au service des autres, détesté par un chef de service qui lui en voulait pour une beauté que lui n'avait pas demandé. Mais il s'accrocherait, donnant parfois un conseil à Kisame sur une situation peu claire pour ce dernier. Finalement, le patron de l'entreprise mourrait dans un crash d'avion, laissant sa veuve à la tête de l'entreprise, ayant reçu toutes ses parts de l'affaire, tout l'argent et la paperasse qui allaient avec.

Itachi ne connaissait pas le visage de cette femme et s'en fichait royalement du moment qu'il recevait l'argent qu'il lui fallait chaque mois. Mais l'entreprise commencerait à péricliter, les employés commenceraient à avoir peur pour leurs postes. Plusieurs mauvaises décisions seraient été prises, des acheteurs potentiels se montreraient, et Itachi apprendrait tout ça de la bouche de Kisame, chef d'un service à des étages plus haut. Itachi ne voulant pas perdre son travail, l'aidera à remonter la pente bien que cela ne fasse pas parti de son travail, étudiera tout ce qu'il faudrait pour ça, et passerait de l'homme à tout faire à conseiller du service de son ami. Il gérait parfaitement le stress, les affaires, motivant les troupes par l'intermédiaire de son ami et ne remarquerait pas un regard posé sur lui.

Konan, fraîchement patronne, se serait promenée dans l'établissement en se questionnant sur ce qui serait le mieux pour cette affaire et les gens qui y travaillaient. S'arrêtant à un niveau pour une pause, elle remarquerait Itachi qui occupait deux postes dont l'un gracieusement depuis la mort de son cher et tendre. Elle l'observerait, trouvant se garçon fascinant, autant dans son sérieux que dans son honnêteté. Cela faisait un an à peine qu'Itachi était dans cette entreprise, et un matin il reçut un courrier le propulsant à un poste bien plus élevé que celui qu'il avait. Officiellement il travaillait comme conseiller pour les chefs d'équipes des différents bureaux, et ce nouveau challenge fut un défi qu'il releva haut la main. Comment en était-il arrivé là ? Pourquoi ? Qui l'y avait mis ? Beaucoup de questions qui étaient sans réponses, mais il s'en fichait, profitant pleinement de tout ça.

Il forma en plus quelques personnes pour l'aider, ne ménageant pas sa peine. Sasuke avait encore un peu plus mûrit et commençait à travailler son style ténébreux, ce qui commença à poser quelques problèmes. Mais il gérait au mieux, et l'entreprise bientôt fut de nouveau sur pied ou presque. Alors qu'il venait d'arriver dans son bureau, un peu en retard, il y trouva une femme qui regardait une photo de lui et de son frère accrochée au mur. Cette femme était d'une grande beauté, un peu froide, à l'allure stricte dans son tailleur près du corps qui lui donnait l'apparence d'une dominatrice. Mais son sourire fut très chaleureux, et elle se présenta à lui.

Itachi se souvenait l'avoir vu plusieurs fois autour de lui, mais ne se serait jamais douter qu'elle était son boss. Cela faisait à peine deux ans qu'il était ici, et elle lui demanda après s'être présentée, de devenir son secrétaire particulier car elle était certaine qu'avec lui elle pourrait atteindre des sommets inégalés, et ainsi permettre à cette entreprise d'exploser toutes les prévisions qu'on avait pu y espérer. Ce que cela impliquerait, il voulait y réfléchir, et elle lui en laissa le temps, partant de son bureau le dos droit, l'allure fière et classe.

Jusqu'à ce jour, Itachi n'avait jamais écouté les bruits de couloirs, et il tomba des nues en apprenant qu'elle avait les yeux sur lui depuis un moment. Comment cela avait-il pu lui échapper ? Jamais il ne comprit. Mais c'est en se renseignant à droite et à gauche qu'il apprit finalement plus qu'il ne l'aurait espérer. Celui qui lui servait de secrétaire à présent et qui voulait prendre sa retraite, un vieil homme vif et assez petit, qui lui donnait un air de pépé gâteaux, lui expliqua contre quelques coupes de saké que la patronne avait été complètement désespéré de sa situation jusqu'à ce qu'elle le trouve.

Konan l'avait remarqué déjà physiquement, puis ensuite parce qu'elle l'avait vu travailler avec rigueur et sérieux. Après quelques questions, elle avait appris sa situation familiale et le pourquoi de cette hargne au travail. Pendant des jours elle était venue observer sa détermination, sa franchise, et tout ce qui le caractérisait. Une semaine plus tard, elle avait décidé de se battre comme lui pour l'entreprise de son aimé, et de se frotter à un monde d'homme. Lorsqu'elle perdait le peu de foi qu'elle avait, elle redescendait le voir travailler, et avait finis par lui confier le poste qu'il occupait gratuitement de manière officielle pour que sa paie soit plus grande.

Itachi accepta après ce tête à tête d'avec le secrétaire actuel d'en prendre sa place, avec pour condition d'être former sur une période qu'ils détermineraient. Peu de temps après, Itachi se tenait à coté de la jeune femme, mais plus souvent à un pas derrière elle. Prévenant, il était parfait dans son rôle, la conseillant, l'aiguillant, lui redonnant confiance lorsqu'il le fallait et lui faisant éviter de nombreux pièges. Itachi se renseignait sur leurs partenaires, leurs ennemis, prévoyait les coups bas et les tendances qu'il y aurait. Jusqu'à aujourd'hui encore il n'avait jamais flanché dans ce domaine, et personne n'avait jamais eu à se plaindre de lui.

Il avait vingt ans, elle vingt-six. Konan avait toujours eu un faible pour Itachi, mais elle n'avait jamais imaginé qu'il puisse se passer quelque chose entre eux. La perte de son mari l'avait tué, mais Itachi lui avait permis de revivre et de changer, d'apprendre à se gérer seule et à pouvoir lever le menton fièrement devant la haute. Elle l'aimait de plus en plus et l'avait bien compris, son deuil était fait même si parfois elle pensait encore à cet homme qu'elle avait tant aimé et qu'elle aimerait toujours d'un amour particulier mais différent de celui qu'elle ressentait maintenant. Elle aimait Itachi, mais pas de la même manière qu'elle avait aimé Nagato, et elle voulait vivre cet amour nouveau. Sauf que le brun n'avait pas l'air de partager les mêmes sentiments qu'elle, et Konan n'était pas du genre à attaquer. Mais là, c'était pour la bonne cause.

Elle commença juste par des détails, mais Itachi avait l'air d'être aveugle. Parfois elle se demandait si en se mettant nue sous son nez, il comprendrait ? Pas sur. Elle continua à s'en épuiser mentalement, ne trouvant plus grand-chose à faire si ce n'était des actes directs. C'était vrai, il avait d'autres problèmes en tête pour voir qu'elle le voulait, mais Konan avait réussi à le mettre en confiance, et par moment il lui parlait de Sasuke, de ce qu'avait été sa famille. Jamais trop longtemps cependant, de peur de la fatiguer sur le sujet bien qu'elle l'écoutait toujours attentivement. Elle n'était pas de sa famille, il n'avait pas à l'ennuyer avec ça. Il ne voulait pas lui paraître pitoyable et se voir attribuer divers avantages parce qu'elle l'aurait pris en pitié. Il aura fallu quelques mois pour qu'il se mette à penser à elle même en dehors du travail, parfois pour un rien, juste parce qu'il voyait quelque chose qui aurait pu lui plaire dans une vitrine.

Ça le fit sourire. C'était vrai, ça avait commencé comme ça, tout simplement et en douceur, sans précipitation, comme si elle avait su que cela l'aurait fais fuir.

A cette époque, il était entré dans sa vie, allant la chercher le matin grâce au permis qu'elle lui avait fait passer et à la voiture qu'elle avait achetée suivant ses goûts. Il la ramenait le soir, quelque soit l'heure, attendant toujours que la lumière s'allume dans son salon avant de redémarrer. Il vérifiait qu'elle avait de quoi manger lorsqu'elle était plongée dans son travail et qu'elle n'en sortait que pour aller aux toilettes et encore. Il nettoyait parfois un peu chez elle quand elle travaillait et que lui avait fini ce qu'il avait à faire. Il apprit à voir ses défauts comme ses qualités, mais ce n'était pas à lui de juger, et de toute façon il aimait assez cela. Être le seul à savoir comment elle se comportait quand il n'y avait personne d'autre que lui faisait son charme, et il s'était promis de veiller sur elle comme sur son propre frère lorsqu'il l'avait vu pensive et au bord des larmes devant la photo de son mari.

Il avait finis par se mettre ensemble à cause d'une tierce personne. Un homme d'affaire qui la draguait depuis des semaines, lui envoyant des fleurs et des petits cadeaux qui agacèrent Itachi au plus haut point. C'est à une réception où il accompagna Konan que tout faillit dégénérer. L'autre voulu profiter d'elle, Itachi la sauva de ses griffes et exhorta verbalement l'homme à sortir de ses gants, sournoisement, comme il savait l'être parfois. Ce soir là il se prit un coup de poing en pleine face, sous la furie d'un homme ayant un peu trop bu, ce qui marqua sa fin en montrant son vrai visage en société. Itachi l'humilia de presque rien, mais les répercussions furent grande, et Konan n'étant pas dupe, était entrée dans le jeu, n'aimant pas particulièrement cet homme, et lui mit tout sur le dos en expliquant que son secrétaire l'avait sauvé de sa perversité. Elle fit semblant de s'offusquer et d'être choquée, puis décida de rentrer plus tôt, Itachi sur les talons. Ensemble ils éclatèrent de rire dans la voiture alors qu'ils regagnaient la route.

Itachi l'avait alors raccompagné chez elle, et elle avait posé sa main sur son bras, se mettant sur la pointe des pieds pour l'embrasser et l'inviter. Il refusa tout d'abord, la vexant quelque peu, mais elle savait une chose sur cet homme-ci. Il était plus compliqué que les autres. Alors Konan lui demanda ce qui l'empêchait de l'aimer, et il invoqua comme raison qu'il avait gravis trop vite les échelons, et que si une relation entre eux venait à s'apprendre, alors l'on pourrait croire qu'il l'avait séduite pour atteindre le poste qu'il détenait aujourd'hui et qu'ils y perdraient beaucoup.

Itachi ne put se retenir de sourire en repensant à cela.

En fait, il ne tint pas plus d'une semaine comme ça, et l'embrassa un soir. Elle était à son bureau, chez elle, signant quelques papiers pendant que lui terminait de faire à manger. Il l'avait regardé un moment, de sa manière de mordiller son stylo à celle de se tenir sur sa chaise en cuir de manière si peu sexy et pourtant si attirante à ses yeux. Sans y réfléchir à deux fois il était allé à elle, l'avait renversé sur son siège, et l'avait embrassé à pleine bouche. Elle, surprise, avait poussé un petit cri qui se termina bien vite en un soupir comblé.

Ce soir là il découcha sans prévenir Sasuke, et ne pensa à lui que bien longtemps après. Ça ne lui était pas arrivé depuis des années. Au matin, il avait regardé le corps alangui à coté de lui, jusqu'à ce qu'elle ouvre les paupières en les clignant plusieurs fois, lui donnant encore envie d'elle. À son air fermé, elle frissonna.

-Tu regrettes ? fit-elle.

-Non. Et ça, c'était vrai. Il ne regrettait absolument rien, elle pouvait le lire dans ses yeux d'ébène.

-Alors pourquoi es-tu si sombre ?

Itachi continua de la fixer et une certaine douceur éclaira ses traits. Un sourire presque imperceptible lui fit accélérer les battements de son cœur. Gentiment il remit en place quelques-unes de ses mèches et lui caressa au final la joue en ramenant sa main vers lui. Dieu qu'elle l'aimait, elle ne le voulait que pour elle, à jamais.

-Parce qu'il va falloir que l'on se cache et que l'on joue devant les gens, pour qu'ils ne sachent pas ce qu'il y a entre nous et que l'on ne remette pas en cause mon poste et les décisions que tu aurais pu prendre grâce à moi. Il est trop tôt pour une telle relation sans commérages.

-Tes décisions ont été bénéfique jusque là…

-Mais les gens ne verront pas ça, et n'importe quoi serait une prétention à ta perte, tu le sais comme je le sais.

-…

-Ils pourront dire que j'ai abusé de ta faiblesse, que j'essaie de prendre le pouvoir de cette entreprise et…

-C'est faux !

-Mais ça pourrait se passer ainsi. Alors il vaut mieux attendre pour le moment. Pourras-tu le faire ?

-…tu m'aimeras comme tu m'as aimé ce soir ?

-Oui.

Il n'avait pas besoin de dire plus, car elle pouvait clairement le lire dans son sourire et son regard, si doux posés sur sa personne. Itachi l'aimait tendrement, exceptionnellement, la voyant enfin. Konan se sentait forte, et ça faisait si longtemps que ça n'avait pas été d'une telle intensité. Elle se sentait bien et prête à briser de nombreuses portes. Il serait son pygmalion dans ces adversités à venir.

-Alors je pourrais le faire.

Il avait ressenti un immense bonheur en entendant cela. Au lieu de sortir du lit pour se préparer, il glissa de nouveau vers elle, prompte à lui déclarer sa flamme via le biais de son corps. Elle n'était pas en reste pour lui répondre, et ils continuèrent un moment, long, plaisant et chaud, jusqu'à ce que le téléphone ne les rappelle à la réalité. Le bureau s'inquiétait, et Itachi ne put retenir un petit rire sec, leur disant qu'ils arrivaient. Pendant qu'elle se préparait, il avait appelé son frère et c'était excusé de ne pas avoir pu l'appelé.

-S'il avait su.

Sasuke n'avait pas dormi de la nuit, bien trop inquiet de ne pas le voir rentrer. Il avait calmé sa peur en lisant un livre et en surveillant l'heure, s'empêchant d'appeler Yahiko ou n'importe qui de la bande pour savoir où était son frère. Quand Sasuke eut de ses nouvelles il ne le blâma pas, car bien trop soulagé pour ça, mais longtemps il se demanda ce qui avait bien pu arriver à Itachi. En voyant l'attitude de son aîné, ses absences un peu plus souvent répétées, et les soupirs qu'il pouvait avoir, Sasuke finit par se douter de ce qui se passait et se trouva quelque peu désemparé, mis de coté.

Itachi n'avait pas réalisé que son petit frère s'en doutait, et aujourd'hui encore il se demandait si cela avait été le déclencheur ou pas.

L'année de ses treize ans Sasuke revint avec un tatouage sur la hanche, et se fut l'école qui en parla à Itachi. Ils l'avaient découvert alors que Sasuke avait piscine, et cela avait fait un tollé. Que faire face à ça ? Lui-même en possédait bien que tout comme lui, ils ne se trouvaient pas à un endroit visible de tous. Il le réprimanda tout d'abord sur l'origine du tatouage, lui demandant qui l'avait fais et où, rassuré finalement par Yahiko qui connaissait celui qui avait exercé son talent sur son frère. Itachi continua ensuite sur les normes de sécurité et sur sa santé, le regard des gens finalement qui jugeaient cela très mal et qui, comme pour lui, ne voulaient pas donner du travail à ceux en portant. Finalement en voyant le mutisme de son cadet il lui avait simplement demandé pourquoi, et Sasuke lui avait expliqué ce qu'il voyait en ce tatouage et pourquoi il était important pour lui.

Alors il accepta, mais lui demanda de toujours le prévenir avant s'il voulait s'en faire d'autres. Sasuke tint parole, lui demandant à chaque fois, et comme chacun d'eux avaient un sens pour son petit frère, Itachi le laissa faire et le changea d'école pour le mettre là où il se trouvait aujourd'hui. Il voulait le bonheur de son cadet, et si cela passait par ça, alors il le laisserait faire. C'est sans trop d'accro que se poursuivit leur route jusqu'à aujourd'hui…avec Naruto Uzumaki.

Itachi qui voyait encore tout ça se passer devant lui venait de remarquer l'éclat dans l'œil de son cadet. Il était en train de revoir l'évolution de son frère depuis l'arrivée du blond. Sasuke était heureux, il avait quelqu'un avec lui comme lui-même avec ses amis et Konan. Son frère pouvait enfin compter sur quelqu'un qu'il avait trouvé lui-même, le prouvait l'éclat de rire qu'il venait d'avoir, mais aussi le sourire qui s'ensuivit. Depuis le retour du blond dans leur vie, il avait pu voir son frère se détendre, devenir plus vivant, rire et s'énerver, être taquin et surtout moins réservé. Itachi devait se rendre à l'évidence, Sasuke avait trouvé quelqu'un qui le changeait et cela en mieux.

Naruto à coté de son frère était tout aussi heureux, même s'il aimait le faire rager, mais ce qu'Itachi put voir dans tous ces passages qui lui revenaient en mémoire, c'était que le blond protégeait le brun, qu'il veillait sur lui même sans avoir l'air d'y toucher, respectant le caractère fière de l'Uchiha. Naruto agissait envers son frère comme lui, sauf que cela allait plus loin, qu'il pouvait se montrer plus doux et plus câlin, qu'il pouvait apaiser son cœur d'une manière que lui ne pourrait pas. Revint devant ces yeux le passage d'il y avait quelques semaines, quand il les avait trouvé et ce qui avait été dis. Naruto qui avait eu peur d'abandonner Sasuke à son sort, Sasuke qui le protégeait comme il ne l'avait jamais fais avec personne. Son frère qui se dressait devant lui et son amant, alors que jamais il ne lui avait tenu tête jusqu'à aujourd'hui. Cette peur et cette inquiétude qui étaient dessinée dans ses yeux, cette supplique de ne pas lui faire du mal, et cette détermination à le contrer s'il osait aller plus loin. Peut être que Sasuke ne le savait pas encore, mais dans ses yeux il pouvait lire de l'amour pour le blond.

Ce qu'il avait entendu quelques heures plus tôt le frappa en plein cœur. Naruto aimait son frère, celui-ci ne s'était pas prononcé, cherchant à le rejeter comme il lui avait dis de le faire, au point de s'en faire mal pourtant. Il pouvait encore entendre la détresse de son petit frère. Aujourd'hui, ce n'était pas Naruto qui détruisait Sasuke, non, c'était lui, Itachi, qui l'avait fais. Son frère n'était pas heureux au jour d'aujourd'hui.

Itachi ouvrit les yeux avec un mal de tête épouvantable. Ce rêve avait été tellement bizarre, si long et intense. Konan était dans ses bras, dormait silencieusement contre lui, lovée contre son corps, une jambe par-dessus les siennes. Il pouvait entendre son propre cœur faire des bonds alors qu'il venait de comprendre. Itachi se resserra un peu plus contre elle, la faisant soupirer dans son sommeil, et il l'embrassa sur le front avant de nicher son visage contre son cou. Il n'arrivait plus à dormir, et resta un long moment contre elle, juste pour l'écouter dormir paisiblement contre lui. La protéger et l'aimer, rire avec elle et partager ses peines, il était sur que Konan pensait comme lui pour lui. Et maintenant, il était certain que Naruto pensait de cette même manière pour son frère, n'avait-il pas vu chez lui se regard un peu chaud et tendre posé sur son cadet à quelques reprises ? Nombre de fois il avait cru avoir mal vu ou mal interprété.

Konan battit des cils, se réveillant doucement, et il l'embrassa sur le front, continua sur l'arête de son nez avant de capturer ses lèvres longuement, prenant son temps, avant de descendre jusqu'à son menton. Elle soupira de bonheur, le laissa faire, totalement désarmée. Pourquoi n'avait-il pas pensé à ça ? Comment son petit frère aurait-il pu laisser quelqu'un le toucher à se point s'il ne l'aimait pas vraiment ? Sasuke détestait les contacts, même avec les gens proches de lui, ne faisant que peu d'exceptions. Alors pour une caresse si intime…il était idiot. Cela le fit glousser, et il renversa Konan sur le dos, se mettant entre ses jambes, ses avant-bras posés autour de son visage, son poids sur elle mais pas totalement. Elle lui offrit un joli sourire, l'embrassa, il continua, désireux de s'unir à elle ici ou autre part, mais d'être à elle, en elle, liés.

Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait été si tendre, et Konan sut que son amant venait de prendre une décision. Il l'aima, le lui répéta plusieurs fois au creux de l'oreille, la faisant sourire et réveillant en elle une envie folle de l'accueillir. À son tour elle le lui susurra au coin de l'oreille, mordillant son lobe et le couvrant de baiser. Leur câlin dura un moment, et ils restèrent cote à cote, elle dans ses bras, se faisant caresser le dos tendrement alors qu'elle déposait encore quelques baisers sur son torse. Itachi avait retrouvé sa stature, et de sa voix à nouveau assurée mais basse, comme pour ne pas briser le moment, il lui dit :

-Ce n'est pas facile d'élever quelqu'un.

Konan arrêta de l'embrasser, calant sa tête contre son corps encore chaud et ne put retenir un petit gloussement. Ce n'était pas méchant ni moqueur, elle avait juste la sensation de le comprendre en cet instant et lui répondit :

-Tu auras de l'expérience pour les prochains.

-Pffff.

-Souffle pas idiot, je suis sur que tu feras un père super.

-Hn…je ne pourrais qu'essayer au mieux. Mais bon, il me faudrait déjà des enfants.

Itachi s'était renversé sur le dos, une main sur le front. Il fallait vraiment qu'il prenne un cachet pour se mal de tête qui persistait un peu trop. Konan en profita pour se relever tout contre lui, frottant le bout de ses seins contre sa peau pour se mettre à demi au dessus de lui, une main posée sur son torse. Elle voulait savoir quel serait le choc quand elle lui dirait :

-On pourrait, nous, en faire.

-De quoi ?

-Des enfants.

Son cœur avait manqué un battement avant de reprendre fortement, dans une cacophonie affolante. Il avait peur ? Mais il la rassura de suite en rougissant un peu à l'idée qu'elle venait de lui insuffler. Konan voulait bien porter ses enfants ? Elle l'aimait à ce point ?...avoir sa propre famille ? Itachi en aurait pleuré de joie, au lieu de quoi il la serra dans ses bras, fortement en lui répétant qu'il l'aimerait à tout jamais et de l'embrasser sur sa tempe, sa joue, allant jusqu'à ses lèvres qu'il scella. Il l'aimait cette femme. Elle n'avait même pas hésité à dire 'des' quand 'un' l'aurait déjà mis dans une joie folle. Itachi glissa son visage dans son cou, et il resta comme ça un moment.

-Konan.

-Oui ?

-Ça fait cinq ans.

-À peu près, pourquoi ?

-…on pourrait officialiser notre relation maintenant, qu'est ce que tu en penses ?

Elle se tendit un instant avant de s'écarter de lui pour le regarder droit dans les yeux. Il adora voir la joie envahir son visage à mesure qu'elle comprenait ce qu'il voulait dire et toutes les conséquences qui en découlerait. Elle avait été rarement si heureuse, et d'une voix un peu troublée, elle lui chuchota :

-J'attends ça depuis le premier jour tu sais.

Il savait oui, et en ce jour il pensait que l'instant était le bon. Itachi la laissa l'embrasser, captura ses lèvres dès qu'elle les laissa, caressant son dos alors qu'elle le faisait à sa joue.

-Très bien, mais avant de le faire, j'ai quelque chose à régler.

-Le cas de ton frère ?

-Non, la relation de mon frère.

-Relation ? Oh, tu acceptes alors ?

-…j'ai compris, tout simplement. J'ai ouvert les yeux…merci.

Itachi l'embrassa une dernière fois et se redressa, s'habillant sur le bord du canapé, s'y étant assis. Elle admira le tatouage dans son dos, qui roulait sus ses muscles, et avant de se lever pour s'en aller, il l'embrassa encore en prenant son temps.

-Je reviendrais un peu plus tard, d'accord.

-Tu peux venir quand tu veux ici, et tu le sais Itachi.

Elle adorait le voir sourire. Un instant plus tard, la porte se referma sur lui. Konan s'enroula dans le drap et alla jusqu'à la fenêtre, voyant son homme sortir du bâtiment pour retourner à sa voiture. Tous se passerait bien, elle en était sur.


à suivre, et merci à tous pour vos commentaires :')