Réponses aux reviews :

Jackye : Je comprends ta réaction face à tous ce qu'ils ont subi...étant moi même mère de famille, je serais capable des pires atrocités si quelqu'un s'en prenait à mes enfants! Merci pour ton coup de gueule et ton commentaire

Grazie : Ravie que tu es aimé, voici la suite et merci

diana : Tu as raison, Jasper va avoir un rôle important ainsi que les autres membre de la famille Cullen. Merci pour ton commentaire

leti60 : Merci à toi de me lire et de me laisser un petit mot

fifer : Oui Bella s'est bien intégrée pour une première fois, je mets ça sur le compte que sept années se sont écoulées, et la magie d'Edward ! Merci

Ag : Ton long commentaire m'a beaucoup touché, et j'espère sincèrement que tu apprécieras la suite aussi ! MERCI

jella31 : Merci pour tes encouragements

kinfua : Merci beaucoup

p'titecullen : Merci à toi, et voilà la suite

lucie62170 : Merci beaucoup pour ton enthousiasme

mili : Merci, voilà la suite

Merci ausii à Amandine, Axellia3, Bellaandedwardamour, christou57, clairms, Elphina, liloua, Maariiie, maneltwilight, Nathalie04, paulipopo, pyreneprincesse, RobSten35, Sand59, SoMalicia, Tapadi62, Tinga Bella, 3ailles01, lula-plume, romance-twilight et sOmedayy de m'avoir mis en alerte et/ou en favorite story... dommage que vous n'ayez pas laissé de commentaire...peut être pour ce chapitre, hein! j'aimerais beaucoup connaître vos impressions.

Bonne lecture !

Point de vue de Jasper

J'étais arrivé avant leur retour du concert à la villa, et j'avais été heureux d'apprendre qu'Edward et Bella s'était retrouvés. Edward était mon meilleur ami depuis la maternelle, presqu'un frère pour moi, et mes études de psychologie cumulées à notre amitié m'avaient permis de l'aider.

J'avais toujours cru en l'existence de Bella, contrairement à son psy officiel. Il m'avait donné trop de détail pour l'avoir inventé. Au pire, compte tenu de tout ce qu'il m'en avait dit, je pensais qu'il l'avait idéalisé. En d'autre terme, si ça n'avait pas été une histoire si dramatique j'aurai pensé qu'il était amoureux. Je me rappelais fort bien de tous les qualificatifs qu'il avait utilisé pour la décrire : sa douceur, sa gentillesse, sa patience, sa façon de le consoler, de le réconforter, de le soigner, de nettoyer ses plaies, et ses yeux d'une couleur chocolat inoubliable où il aimait se perdre.

Mais, là, dans les paroles d'Esmée, je venais de mettre le doigt sur quelque chose qui le hantait depuis toujours, quelque chose qu'il n'avait pas osé me dire, et qui l'avait rongé depuis tout ce temps. Bella s'était sacrifiée, et il s'était trouvé libre à sa place à elle.

Il faudrait que j'en parle avec lui, maintenant que cette culpabilité était identifiée.

Je me trouvais aussi impatient que les autres de la rencontrer enfin, surement moins que Carlisle et Esmée qui lui vouaient d'ores et déjà une reconnaissance éternelle, j'avoue que moi la curiosité me guidait d'avantage!

J'avais eu un mal fou à canaliser Alice, et j'avais réussi avec difficulté à se qu'elle s'abstienne d'appeler son frère dès le réveil. Elle était particulièrement excitée et voulait revoir Bella au plus vite. J'étais assez impressionnée, Alice avait une bonne capacité à analyser les autres, et elle était plus que certaine que d'une façon ou d'une autre Bella ferait partie de notre cercle. Elle l'avait trouvé jolie, mais elle ne savait pas se mettre en valeur, d'après elle sa robe n'était pas de très bonne facture et trop austère, et elle avait déjà comme projet un relookage intégral. Je dus insister sur le fait qu'il lui faudrait être patiente, et je commençais à plaindre cette pauvre Bella, qui avançait sans le savoir en terrain miné.

Alice finit par se calmer, quand elle eut enfin la certitude que son frère et Bella viendraient bien ensemble. J'eus une frayeur à son arrivée, quand Alice poussa un cri d'horreur à la vue de la tenue vestimentaire de Bella. Je lui mis rapidement un coup de coude avant qu'elle ne prononce un mot tel qu'horrible, hideux ou répugnant qu'elle remplaça au final par ... vieillot, ce qui fut un moindre mal.

Sa tenue me fit penser aussitôt à un camouflage, elle cherchait à cacher son corps, ses courbes, tout ce qui pouvait nous rappeler qu'elle était de sexe féminin. Je me giflais mentalement de ne pas avoir envisagé ce scénario, je notais d'en parler aux filles dès que j'en aurais la possibilité, qu'elles évitent de la mettre mal à l'aise. D'ailleurs je suis presque certain que si je ne lui avais pas proposé de garder un T-shirt pour se baigner, elle ne serait pas venue dans la piscine.

La seconde chose qui ressortait de mon observation tout au long de la journée, c'était sa façon de se mouvoir. Elle bougeait toujours à contre sens de nous, de façon à garder une distance équivalente entre elle et l'un d'entre nous. Sauf avec Edward! Et très curieusement, il agissait de même, ils ne s'éloignaient jamais l'un de l'autre, cherchant un contact quasi permanent. Toujours à porter de paume, et au fur et à mesure de la journée, leurs regards se faisaient plus...intenses.

Bella avait déjà fait un gros travail sur elle même, et même si elle vivait dans un bunker – d'après l'expression d'Alice – et qu'elle vivait en recluse, je pensais sérieusement qu'elle était prête à nous accorder sa confiance.

Lorsqu'elle était sortie de l'eau avec Edward, j'avais aperçu l'expression horrifiée d'Esmée qui fixait le dos de Bella. C'est vrai que son T-shirt mouillé était devenu transparent, et j'étais content que personne ne lui en fait la remarque... Je ne savais pas ce qu'avait Esmée, mais je sais par contre que Carlisle qui avait son appareil photo à porter de main, s'était empressé de faire des clichés. Je m'étais noté d'aller leur en parler, dès que ce serait possible. Esmée avait pleuré et n'était pas reparue jusqu'au départ de Bella. Ses yeux étaient encore larmoyants, et l'étaient devenus plus encore quand Bella l'avait embrassé.

Après le départ de Bella, Edward annonça qu'il était fatigué et qu'il montait dans sa chambre. Il était facile de voir qu'il était surtout malheureux, Bella lui manquait déjà...

Alice, Rose et Emmett montèrent également pour se doucher. J'étais enfin seul avec Carlisle et Esmée. J'interrogeais alors Carlisle sur les photo faites.

- « Je vais les transférer sur l'ordinateur, je crois qu'on verra mieux. Il faudrait faire des réglages, les contrastes ne ressortent pas. En fait, à travers son maillot mouillé, son dos ne ressemblait à rien. Des bosses, des creux je ne sais pas, peut être des brulures.. »

Esmée hoqueta de nouveau, pleurant sur le sort de sa pauvre petite Bella. Elle s'était manifestement attachée à elle d'une manière rapide, et voulait la considérer comme sa fille, au même titre que Rose, ou de la même façon qu'elle m'avait « adopté ».

Je regardais l'image agrandie sur l'écran, Carlisle réglant les reliefs pour les faire ressortir. Nos yeux braqués sur l'écran, nous essayions de deviner, d'interpréter … Rien de très flagrant comme ça, j'émettais l'hypothèse de traçage au couteau, des traits aléatoires, sauf deux horizontaux tout en bas, qui avaient du être particulièrement appuyés vu les bourrelets qui s'étaient formés. Carlisle, attentif, soupira un grand coup.

- « Ce ne sont pas des traits aléatoires, on dirait des lettres, ils lui ont gravé un mot dans le dos, qu'ils ont souligné rageusement. Ils devaient être dans une colère noire...Vu l'épaisseur des bourrelets du bas, je dirais qu'elle a eu de la chance qu'ils ne sectionnent pas sa colonne vertébrale. Pfff! Elle t'a dit hier qu'ils l'avaient cru morte et balancé dans une décharge? » demanda t'il à Esmée

- « Oui » répondit elle faiblement

- « Cela ne me surprendrait pas que ce soit suite à ça! Je ne pense pas qu'Edward soit au courant, et je préférerais qu'on garde tout ceci pour nous pour le moment »

Nous fûmes d'accord sur ce sujet, et Carlisle enleva rapidement l'image de l'écran, Alice descendait. Elle vint se blottir dans mes bras, m'informant qu'elle avait entendu des sanglots en provenance de la chambre d'Edward.

- « Il faut le laisser seul pour le moment, je discuterais avec lui demain...Laissons le évacuer son trop plein d'émotion »

- « Je ne comprends pas, je pensais qu'il serait heureux... » me dit Alice.

- « Je n'ai pas d'explication, Alice, juste des suppositions...C'est comme si Bella était un astre solaire et lui son satellite, il est dans la lumière lorsqu'elle est là, et retombe sous terre lourdement dès qu'elle disparaît de son champ de vision. Il est malheureux pour le moment...peut être parce qu'ils ne vont pas se voir pendant plusieurs jours, et qu'il ne sait pas comment gérer. Laisse lui le temps d'y réfléchir, il faut qu'il réalise qu'elle n'a pas disparu, qu'ils ont des choses à vivre ensemble... »

- « Je sais qu'ils ont des choses à vivre...ensemble...je le sens au fond de moi, il éprouve quelque chose de très fort pour Bella. Sa façon de la voir, je dirais...qu'il l'aime...au delà de la culpabilité dont tu parlais...moi je ressens de l'amour, quelque chose de fusionnel...D'ailleurs je vais faire du shopping pour Bella » Dit Alice en se remettant à sautiller à travers la pièce.

- « Stop jeune fille, je t'ai expliqué... » cria Jasper

- « Je sais, je sais mon chéri...Rien de décolleté, rien de près du corps, pas de robe ou de jupe courte, mais il n'est pas question qu'elle continue à ressembler à un sac...Si elle se trouve jolie, elle avancera plus vite avec Edward! Donc, deux ou trois jeans et des hauts style tunique...YESSSSS »

Point de vue de Bella

Ma semaine passa relativement vite, les mois de juillet et août étaient calmes pour mon travail, et je me décidais à ressortir des toiles et mes pinceaux. J'avais très envie de faire un beau cadeau à Carlisle et Esmée, pour les remercier bien sur et puis parce que je m'étais senti vraiment bien avec eux tous.

Carlisle était tout le temps resté à une distance plus que respectable de moi. Je suis certaine qu'il savait que je craignais d'avantage les « hommes murs » que les jeunes de mon âge. Il était resté très souriant et détendu, me mettant à l'aise. Je m'étais lancé dans un portait en peinture de leur trois enfants, j'avais une très bonne mémoire photographique.

J'avais placé Alice entre ses deux frères, et représenté Emmett avec un large sourire. Je fermais un moment les yeux, revoyant Edward et cherchant comment le représenter au mieux. J'optais pour son sourire en coin, celui qu'il m'avait adressé quand il m'avait vu sortir en maillot de bain dans sa chambre, avec un regard vert lumineux...Je le voulais éblouissant, le contraire du portrait trônant dans mon salon.

Je pris le temps de faire au fusain des portraits de chaque couples, je voulais faire quelque chose pour chacun d'entre eux mais la semaine ne m'aurait pas suffit. J'offrirais les dessins des couples à chacune des femmes, et me promis en même temps de me faire plus proche d'elle. Enfin ça je verrais, peut être pas la prochaine fois...mais j'essaierais...

Edward m'avait téléphoné dès le lendemain, et tous les jours suivants. Il me parlait de ses cours, de son travail de recherche à la bibliothèque pour ses devoirs, et de ses jours de garde éreintants. Au début, il était tendu, et je n'avais pas vraiment compris pourquoi. Puis à sa voix, j'avais rapidement deviné qu'il avait pleuré...comme moi. Je crois que nous avions eu un trop plein d'émotion que nous ne savions pas exprimé.

Je l'avais remercié pour tout, pour sa présence, pour sa famille, pour son réconfort. Je n'étais pas douée pour expliquer ce que je ressentais, mais je voulais qu'il sache combien j'avais été heureuse de sa présence. Il avait besoin d'être rassuré, il n'avait pas compris mon besoin de solitude...Je ne voulais pas chambouler sa vie tout simplement...et puis, je ne savais pas s'il avait une petite amie, quelqu'un avec qui il partageait une histoire d'amour...mais si c'était le cas, je doutais qu'elle apprécie ma présence, le fait que je partage le lit de son fiancé, même si c'était platonique.

J'avais essayé toutes les nuits où le sommeil me fuyait d'analyser mes ressentis, mais c'était compliqué...pour moi en tout cas.

Les choses dont j'étais certaines : j'avais besoin de lui, je n'avais jamais été aussi bien que cette nuit partagée, dans ses bras je me sentais vivre, et ses lèvres sur moi m'avaient électrisé...des frissons avaient parcouru mon corps, des picotements dans l'estomac...agréables, bizarres.

Ce que je ne savais pas : que pensait il vraiment d'une fille banale comme moi, habillée comme un sac, comme l'avait fait remarqué Alice, voudrait il continuer à me voir? N'aurait il pas honte de ce que mon corps avait subi? Le sentiment qui l'habitait n'était il pas juste du remord, de la pitié ? Il avait eu l'air sincère dans sa chambre, quand il m'avait regardé, son regard avait parlé pour lui...jusqu'à ce qu'il touche mon dos, et découvre au toucher qu'il ne ressemblait plus à rien.

Une semaine de réflexion ne lui serait pas inutile, du moins je l'espérais...moi je n'avais pas avancé.

Le dimanche soir suivant, sa garde finie, il m'appela pour m'informer qu'il serait là le lundi en fin de matinée, et qu'il prévoyait une surprise..de plus, je ne devais rien préparer à manger.

Point de vue d'Edward

Euphorie, c'est ce que j'avais ressenti dès mon réveil, la sentir dans mes bras, en sécurité, son corps si frêle, si fragile contre mon torse. Heureux, dès qu'elle avait confirmé qu'elle viendrait avec moi chez mes parents. Rayonnant, c'est ainsi que je me sentais, près d'elle, dans sa voiture. Je voyais bien qu'elle avait encore du mal à être enfermé dans un habitacle si restreint, elle faisait des exercices de respiration.

Ma famille avait été presque parfaite pendant toute la journée, ils avaient tous retrouvé leurs vieux réflexes, se tenant toujours à distance respectable de ma belle. Ma belle, car oui, elle était magnifique, et lorsque je l'avais vu sortir de mon cabinet de toilette, ne portant qu'un maillot de bain ridiculement petit, mon c?ur avait bondit dans ma poitrine, comme jamais il ne l'avait fait auparavant.

Il n'y avait d'ailleurs pas que mon coeur qui avait montré un signe de réveil brutal, en la serrant contre moi, j'avais senti que mon corps réagissait d'une façon nouvelle et ça, ça me faisait peur. Je ne voulais pas qu'elle le sente, et je fus soulagé, lorsque je la vis revêtir un grand short de bain ainsi qu'un long T-shirt, cachant son corps.

Mais je m'étais aussi senti frustré, quand mes mains descendant dans son dos, avaient senti des formes que je ne connaissais pas...que c'était il passé après mon départ? De quelles monstruosités étais je aussi responsable? Comme si le fait de l'avoir abandonné n'était pas suffisant, elle avait en plus été torturé?

Je ne voulais pas la forcer à me montrer son dos, mais tout ça me torturait. Je voulais qu'elle me fasse confiance, et pour ça je savais que seul le temps le lui permettrait.

L'après midi était passé bien trop vite, et voir Bella presque « heureuse » m'avait fait beaucoup de bien. J'étais certain d'une chose, jamais plus je ne pourrais être sans elle. Elle était depuis longtemps ma seule étoile, ma lueur de lumière qui m'avait permis d'avancer, de survivre, et elle serait pour toujours mon seul astre, celui autour duquel je me voyais évoluer pour le reste de mes jours.

Puis soudain, son départ...bien sur je pouvais comprendre qu'elle avait fait d'immenses efforts pour cette journée, mais là, voyant sa voiture reculer dans l'allée, je ressentais un vide incroyable...j'avais l'impression de chuter dans un trou noir sans fond. Je sentais monter en moi, quelque chose que je pensais avoir oublié...une crise de larmes, une crise d'angoisse. Aussi je me précipitais le plus rapidement et naturellement possible dans ma chambre.

Partie...elle était partie...et si encore une fois c'était à cause de moi. Les larmes coulaient sur mon visage, et je n'arrivais plus à retenir ses horribles sanglots qui m'empêchaient de respirer. Elle ne voulait plus me voir avant une semaine, et qui sait peut être même qu'elle ne voudrait plus jamais me revoir. Je n'était qu'un crétin...je pensais qu'elle n'avait pas eu le temps de sentir mon début d'érection lorsque je l'avais serrée contre moi...Mais surement que si, et maintenant à ses yeux je n'était qu'un putain de monstre, comme les autres, comme ceux qui nous avaient fait souffrir, comme ceux qui l'avaient détruite.

La rage en moi, les pleurs sans fin, les sanglots violents, et cette sensation d'étouffer eurent raison de ma lucidité. Je me mis à hurler, fracassant ma lampe de chevet, frappant mon oreiller avec rage, jetant à terre mes ouvrages bien rangés dans la bibliothèque, hurlant à plein poumon que je ne voulais pas être un monstre, que je ne voulais pas être un putain de monstre, que je voulais Bella, jurant et répétant que jamais, non jamais je ne lui ferais le moindre mal...

J'entendis à peine la porte s'ouvrir avec fracas sur mon père, Jasper et Emmett. Ce dernier m'entoura de ses bras puissants, essayant de me maintenir pendant que Carlisle s'approchait de moi avec une seringue. Jasper me faisait face et me parlait doucement, s'évertuant à faire reprendre pied dans la réalité.

J'aperçus brièvement ma mère et Alice qui me regardaient en larme sur le pas de la porte, avant que celle ci ne soit refermée. Je ne sentis qu'une légère piqure, lorsque Carlisle m'injecta un tranquillisant.

Jasper fit sortir tout le monde de la pièce alors qu'il m'asseyait sur le lit, se tenant à mes pieds, ses yeux ancrés dans les miens. Mes larmes, moins bruyantes, ne s'étaient pas taries, et ma vision était floue.

- « Edward, que c'est il passé? » me demanda t'il doucement

- « Je ne veux pas être un monstre! » lui répétais-je, comme une litanie

- « Tu ne l'es pas! qu'est ce qui te fais penser que tu pourrais le devenir? »

- « Elle l'a senti, j'en suis sur »

- « Quoi donc? »

- « Je...Elle était contre moi...Je voulais pas, j'te jure...Je pensais que ça ne m'arriverais jamais...pourquoi maintenant? Jaz? Je... »

Mon souffle devenait difficile, le calmant de Carlisle commençait son effet, et mes yeux devenaient difficiles à tenir ouverts, mais je voulais une réponse, ma vie, mon avenir en dépendait, du moins c'est ce dont j'étais convaincu à ce moment. Jasper ne m'avait pas lâché du regard, je savais que mes propos décousus ne l'aidaient pas à comprendre ma détresse.

- « Je n'ai pas vraiment compris Ed, as tu eu un geste déplacé ou... »

- « Déplacé oui, c'est ça » dis-je dans un soupir

- « Je crois que j'ai compris...hum...si je te dis que c'est plutôt une bonne nouvelle, j'imagine que tu ne me croiras pas...mais si je te demande si tu nous considère, Carlisle, Emmet ou moi comme des monstres, que me répondrais tu? »

- « Vous? Non jamais je n'ai pensé ça de vous! »

- « Pourtant, nous sommes tous les trois actifs sexuellement. »

- « Ça ne m'est jamais arrivé, je n'avais jamais bandé jusqu'à maintenant »

- « Pas à moi mon vieux...tu bandais pour Jessica au lycée »

Nous partîmes à rire tous les deux, nous rappelant nos délires d'adolescents boutonneux, et nos dragues inefficaces avec les « canons » de la classe.

- « C'était...avant, Jaz! Quand je voyais l'amour physique comme un jeu, un défouloir pour mes hormones...Et depuis mon retour, tu sais très bien que jamais je n'ai eu d'érection...alors, pourquoi aujourd'hui, face à la seule personne que je ne veux pas effrayer? Hein, dis moi, pourquoi? A cause de moi, elle est partie, je ne veux plus la perdre...Je l'aime! »

Mes dernières paroles se perdirent dans un soupir alors que je tombais dans un profond sommeil.

Mon réveil, le lendemain midi fut étrange. J'étais à la fois exténué, et serein. J'essayais de me rappeler si j'avais vraiment retrouver Bella ou si c'était des vestiges d'un rêve. Un coup d'?il à ma chambre me permit de réaliser rapidement que tout avait été réel.

Je passais rapidement dans la salle de bain puis descendis. Toute ma famille était présente, ils étaient en train de dresser la table à l'extérieur. Tous me saluèrent gentiment, et nous passèrent à table sans que quiconque ne fasse de remarque sur les évènements d'hier soir. A la fin du repas, je décidais cependant de crever l'abcès, et pris la parole pour m'excuser de mes débordements.

Je fus surpris par leurs réactions, ils étaient calmes, souriants et sereins. Je supposais aisément que Jasper avait eu une longue conversation avec eux, et que je lui devais, comme toujours, une fière chandelle, puisque ça m'évitait encore une fois de m'expliquer.

Je passais le reste de ma journée au bord de la piscine, rêveur, je ne pensais qu'à Bella. Une semaine sans la voir...je ne savais pas si je tiendrais. Je ne voulais même plus imaginer qu'elle ne voulait plus me voir. Elle avait appelé hier, pour dire qu'elle était bien rentrée, mais je dormais déjà.

Carlisle, qui m'avait tourné autour tout l'après midi, me demanda en fin de journée, s'il pouvait me parler dans son bureau. Bien, je savais que je n'y échapperais pas longtemps, le père aimant et le médecin s'inquiétaient pour moi...et j'imaginais bien que ma mère n'était pas étrangère à la discussion « entre homme » que nous allions avoir!

Je m'en voulais énormément de les décevoir, de les peiner, alors que qu'ils faisaient tant pour moi. Carlisle me rassura énormément, sur le fait que Bella avait besoin de moi et d'eux aussi pour reprendre une vie plus « normale ». D'après eux tous – puisqu'à priori j'avais été leur sujet de discussion de la soirée - Bella savait parfaitement que j'étais un homme normalement constitué, et que venant de moi rien ne la choquerait jamais, puisque j'étais le seul à avoir toute sa confiance. Mon père pensait donc, que Bella ne me fuyait pas, elle avait juste un grand besoin de ses propres repères, c'est à dire son bunker, qui représentait pour elle la plus grande des protections. Il fallait que je me reprenne en main, car si je sombrais, elle coulait avec moi. Leur confiance en moi était inébranlable, et je repris ma semaine avec plus de courage que jamais, investi d'une mission...Bella.

Je l'appelais chaque jour, dès que j'avais du temps. J'étais un peu angoissé lors de mes premiers appels, j'avais peur d'avoir eu raison, et de lui avoir fait peur, mais je m'aperçus rapidement qu'elle avait l'air plus qu'heureuse à chaque fois qu'elle entendait ma voix.

J'avais un avantage inestimable de part ma formation, je travaillais à l'hôpital, tout comme mon père et parfois aussi Jasper, qui y donnait des consultations. Il m'arrivait souvent de les croiser, et j'en profitais tout au long de la semaine pour échanger avec eux, sur mes craintes. Jasper m'avait longtemps parlé lors d'une de mes pause, il me connaissait parfaitement et depuis si longtemps que je savais que jamais il ne porterait de jugement quoique je pus lui dire. J'avais fini par accepter les réactions de mon corps, il manifestait tout simplement l'amour que je portais à Bella...finalement elle avait été un déclencheur. Tout ce que je n'avais jamais ressenti depuis mon adolescence revenait maintenant à la surface. J'avais été dragué, abordé, accosté par des tas de jeunes femmes plus ou moins attirantes, et jamais je n'avais rien éprouvé si ce n'est un certain malaise face à leur insistance, et aujourd'hui, le simple fait de rêver à Bella faisait battre mon c?ur plus fort, me faisait vibrer de l'intérieur. Heureusement pour moi, mon travail accaparait mon temps, le métier que j'avais choisi ne me laissait que peu de répit dans la journée.

Jasper m'avait glissé l'idée de proposer un pique nique à Bella le lundi midi, insistant sur le fait qu'en semaine, il n'y aurait pas trop de monde dans le parc près du lac, et que ce serait bénéfique pour elle de sortir un peu.

Je l'avais donc appeler dans ce sens, le dimanche soir en rentrant, lui demandant de ne rien prévoir pour le déjeuner du lendemain. Alice avait acheté des vêtements pour Bella, mais j'hésitais encore à les lui amener, je ne voulais pas la mettre mal à l'aise. Toutefois devant l'insistance de ma jumelle, je lui promis que je les lui amènerais.

J'étais impatient d'être au lendemain, de la revoir, de la serrer dans mes bras, et c'est avec difficulté que je trouvais le sommeil, malgré la fatigue accumulée de la semaine.

Le lundi matin je me levais suffisamment tôt pour voir Esmée avant qu'elle ne parte travailler. Elle avait préparer tout ce qu'il fallait pour le pique nique, de la viande froide, des salades, des chips, et des fruits. Enfin, beaucoup trop pour deux personnes, surtout vu ce qu'avait mangé Bella lors de notre déjeuner de dimanche dernier, mais Esmée était persuadée, qu'en étant que tous les deux, elle mangerait d'avantage. Elle avait mis également une nappe, une bouteille de rosée et de l'eau; je la remerciais chaleureusement, la tenant dans mes bras et embrassant le sommet de sa tête. Je dus toutefois lui promettre d'essayer de faire venir Bella à la maison le soir.

J'arrivais chez Bella, moitié excité moitié inquiet, ne sachant comment allaient se passer nos retrouvailles mais surtout j'appréhendais l'idée du pique nique. Lorsqu'elle ouvrit la porte, son sourire d'accueil me fit chaud au c?ur. Je rentrais rapidement dans son appartement, en lui tenant la main.

- « Je suis content de te revoir, Bella...Si tu savais comme ces jours sans toi ont été longs! »

- « Hum, je crois que ça me fait très plaisir » me dit elle, en posant sa main sur ma joue, « alors, qu'as tu prévu pour la journée? » rajouta t'elle toujours souriante, en regardant le sac que j'avais à la main.

- « Oh, ça, je ne sais pas trop ce que c'est..., c'est pour toi de la part d'Alice...mais sache, que tu n'es obligée à rien! »

Elle me prit doucement des mains le sac que je lui tendais, un peu anxieux de sa réaction. Elle l'ouvrit, puis en sortit un jean slim, un pantcourt en toile légère, ainsi qu'une tunique jaune pâle... Je guettais sa réaction, pendant qu'elle examinait les cadeaux de ma soeur...

- « Il m'avait bien semblé comprendre que mes goûts vestimentaires ne lui plaisaient pas vraiment, maintenant j'en suis sure! »

- « Ne t'inquiète pas, Bella, ta tenue, qu'elle qu'elle soit me convient » Je la pris doucement dans mes bras, humant ses cheveux, geste dont je ne me lassais pas.

- « Tu attends deux minutes, je vais les essayer », elle se dégagea doucement de mon étreinte pour se diriger vers sa chambre.

Je m'installais sur son canapé, patientant quelques instants... Lorsqu'elle en sortit, je me relevais, et me dirigeais vers elle, doucement. Son regard était fuyant, gêné, et je dus me retenir pour ne pas lui dire qu'elle était magnifique... elle portait le jean et la tunique, et ça sublimait son corps magnifique.

- « Je ne doutais pas que ma soeur avait bon goût, ça te va très bien! »

Ses joues prirent une teinte rouge instantanément, et ses yeux se fixèrent dans les miens...

- « Prête à sortir? » lui demandais-je en profitant de son visage

- « Pour aller où » me répondit elle en se tendant

- « Faire un pique nique, tous les deux, près du lac »

- « Je ne crois pas que ce soit possible, Edward, je suis désolée... »

J'essuyais une larme, qui commençait à perler au coin d'un de ses yeux

- « Tu ne risqueras rien, Bella, je serais prêt de toi, et en semaine, nous ne devrions pas croiser trop de monde, et je suis presque certain que tu vas apprécier... Essayons, s'il te plaît, nous en partirons dès que tu le voudras, je te laisserais toujours le choix...mais essaye...pour moi... »

Je voyais Bella réfléchir, une petite ride s'était creusée entre ses yeux, elle n'avait pas lâcher mon regard, puisant en nous la force nécessaire.

- « Bien » souffla t'elle, « Allons y maintenant avant que je ne change d'avis »

Voilà, j'espère que ces divers points de vue vous ont plu, n'hésitez pas à user, voir abuser du petit bouton ci dessous!

Bizz à toutes