Un grand merci à toutes celles qui m'ont laissé un message. Normalement j'ai répondu à tout le monde

Diana : Merci beaucoup! la suite est là!

Ag : j'adore lire tes reviews! Bien, je vois que tes envies de meurtre sont calmées ! Dommage! encore Merci

annso601 : Bah non, je ne voulais pas te faire pleurer! merci beaucoup pour ton commentaire


Point de vue de Bella

Mes larmes m'avaient épuisé, et mon épaule et ma tête étaient douloureuses. Angela me prépara un anti-douleur, et je filais dans ma chambre me rallonger. En fermant les yeux, je m'aperçus que dans le chaos de mes sentiments, il y avait une part de jalousie. Oui, j'étais jalouse de la vie d'Angela; elle avait un travail, des amis, un mari qu'elle adorait et un jour surement, des enfants viendront compléter son bonheur. J'étais jalouse d'Edward, de ses études, de son futur travail, de ses collègues et surtout de sa famille. Pourquoi n'avais je pas eu une famille comme la sienne? Aujourd'hui tout serait différent!

Bien sur Charlie avait fait son possible pour moi, mais il était seul et je ne lui avait pas facilité la tâche. J'étais restée longtemps enfermée dans mon mutisme, et sa souffrance était parfois aussi intense que la mienne. Je me souvenais l'avoir souvent entendu pleurer la nuit dans sa chambre. Mais, son amour pour moi lui avait permis de ne pas baisser les bras.

Il s'était démené pour que je puisse reprendre rapidement mes études par correspondance malgré le coûts de ces dernières. Puis avant même que je n'obtienne mon diplôme, il m'avait proposé un tas de formations, ayant récupéré avec l'aide d'Angela des prospectus sur différents métiers dont l'apprentissage pouvait se faire à distance. Je me souviens de la joie dans ses yeux quand un soir il était rentré, m'informant avoir trouvé ce qui à coup sur était pour moi...des études d'informatique.

Il me répéta consciencieusement ce que lui avait expliqué la bibliothécaire, sur le boum d'internet, et le fait que l'on puisse tout faire maintenant en restant chez soi. Et quand après avoir étudié ses documents, je l'avais informé que j'avais trouvé ce que je voulais faire ? développeur – programmateur et créateur de sites Web ? j'avais vu le soulagement dans son regard.

Le lendemain, il était rentré tard, avec un beau cadeau pour moi...mon premier ordinateur. Il l'avait payé une fortune, mais d'après lui me voir heureuse n'avait pas de prix.

Alors, c'est vrai, je n'avais que Charlie côté famille, et je n'oubliais pas tout ce qu'il avait fait pour moi. Mais, son côté solitaire, dont j'avais par ailleurs hérité, ne m'avait pas encouragé à sortir de chez moi. Petit à petit avec le temps, je m'étais créée mon propre univers, seule...Si j'avais fait l'effort de sortir un peu à l'époque, je suppose que les choses auraient été différentes, mais ayant tout à disposition avec mon ordinateur, j'avais fini par me persuader que le monde extérieur n'était pas pour moi. Et plus le temps passait plus la peur de sortir était présente, j'avais compris grâce à différents échanges avec Jasper, que je m'étais fabriquée seule mes propres peurs, que j'avais laissé le temps faire son oeuvre dans le mauvais sens. Que ce n'était plus vraiment la peur des autres qui me retenait mais la peur de l'inconnu, de quelque chose que j'avais volontairement fuit et ignoré pendant de si longues années.

J'étais parfaitement apte à sortir de mon univers, j'étais capable d'affronter les autres, je devais simplement prendre sur moi, affronter mes peurs, et me faire confiance. C'est vrai que dit comme ça, ça paraissait simple et au départ je m'étais d'ailleurs demandé s'il était sérieux ou s'il se moquait de moi. En fait, il avait parfaitement raison, je m'étais intégrée dans leur famille de manière rapide et naturelle, je me sentais bien avec eux, parce que je leur avais donné ma confiance, et même le peu de sorties que j'avais fait avec Edward avait été de purs moments de bonheur...ma confiance en lui me donnait confiance en moi, et pour lui j'aurais tout fait.

Mes dernières pensées avant de m'endormir furent pour lui, son regard, son sourire, la douceur et la chaleur de sa peau, sa voix, ses bras réconfortants, tout ça me manquait. J'avais besoin de lui pour être heureuse, je l'aimais avec une telle force que parfois j'en avais mal, et je savais maintenant que s'il m'acceptait de nouveau près de lui, plus rien ni personne ne serait capable de me faire repartir. Pour lui, j'avancerais, je vivrais, je le rendrais heureux …..

Entrouvrant les yeux, je me sentis incroyablement sereine, bien, reposée. La lumière du jour était faible dans ma chambre...j'avais donc dormi toute la journée? Je sursautais légèrement en apercevant que je n'étais pas seule. Sur une chaise, prêt de mon lit se trouvait un Jasper souriant.

« Bonjour Bella au bois dormant. De retour parmi nous? »

« Oh, salut Jasper ! Désolée, ça fait longtemps que tu es là? »

« Hum, presque deux heures » dit il en regardant sa montre

« Mince, je suis... »

« Si tu me dis encore une fois que tu es désolée, je te bâillonne » dit il en me faisant les gros yeux

« OK, alors j'allais dire que...j'étais contente de te voir! Oh, mince et Angela? »

« Alice l'a emmené à l'aéroport, elles n'ont pas voulu te réveiller, tu dormais si bien, mais ne t'inquiète pas, personne ne t'en veut, et Angela t'appellera plus tard. Comment te sens tu? »

« Mieux, je crois » dis je en m'asseyant dans mon lit

« Envie de parler ? »

« Je ne sais pas, pas vraiment...je ne veux pas te faire perdre ton temps! »

« Me faire perdre mon temps? Quand comprendras tu que je ne perds jamais mon temps pour ma famille? OK, tu n'as pas très envie de parler, alors peut être que tu serais d'accord pour m'écouter? »

« Oui, je préfère...mais dis moi en premier comment va Edward? »

« Bien, attends je retire ma casquette de psy, et je remets celle d'ami » dit il en mimant ses dires

Je le regardais en souriant

« Edward va mieux lui aussi... Ça a été très difficile pour lui comme pour toi! Vous êtes si semblables dans vos réactions et vos ressentis que tu peux sans peine comprendre les phases par lequel il est passé...la culpabilité, la douleur, la révolte, puis … la compréhension enfin de n'être en rien coupable. Je n'irais pas jusqu'à dire que je vous connais par coeur mais pas loin quand même. Tu fais partie de ma famille, Bella, ma famille de coeur au même titre que chacun des membres de la famille Cullen, et t'avoir vu avancer, évoluer ces dernières semaines, a été pour nous tous une joie immense. Ne te laisse jamais détruire par la méchanceté de certaines personnes. Des gens cruels, peu scrupuleux, on en rencontre tous : certain agissent par pure méchanceté, et prennent un réel plaisir à rabaisser ou blesser et d'autre agissent par faiblesse ou jalousie... »

« Dis, t'es sure que le psy est parti, là? »

« Oups, disons qu'il n'est jamais loin! Mais l'ami est capable de te parler ainsi lui aussi! J'aimerai quand même que tu me dises pourquoi tu as accepté si facilement les mots de Tanya, j'ai vu dans tes yeux à quel point tu la croyais »

« Je ne sais pas vraiment, ou plutôt je ne sais plus...Sur le moment ça m'a semblé si vrai...Tu sais comme une impression de vide puis de douleur qui s'installe en toi, l'impression que ton univers bascule... »

« Et la fuite t'a semblé la meilleure des solutions. Ne cherche plus à fuir, à te cacher, affrontes le monde tel qu'il est, serres tes petits poings et bats toi...La vie en vaut la peine, Edward en vaut la peine, et j'ose espérer que nous en vallons la peine aussi. Nous avons besoin de toi, nous aussi dans nos vies. Normalement, demain soir nous partons en vacances.. »

« Au fait, vous n'avez pas annulé, hein? Ce serait trop bête, depuis le temps que vous rêviez à ça? »

« Non, nous n'avons pas annulé, au pire, nous avions prévu de ne pas nous rendre au départ au dernier moment. La question est de savoir, si nous pouvons vous laisser seuls pendant quinze jours? »

« Ahah! »

« Oui? youpi je vais pouvoir préparer mes valises! Non, ce que je voulais dire, c'est que vous mettiez ces deux semaines à profit pour laisser tomber les dernières barrières qui vous entourent. Laisses toi vivre, ne retiens rien de tes envies, laisses ton coeur et ton corps s'exprimer. Libères tes sentiments! Vous voulez sortir : sortez. Vous voulez rire : riez. Vous voulez vous aimer : aimez vous, découvrez vous...vous en mourez d'envie l'un comme l'autre, n'ayez plus peur! »

« Je comprends tout ce que tu me dis Jasper, et je sais que tu as raison...Je me suis promis de me battre pour y arriver, et je le ferais...Merci »

Jasper s'approcha de moi pour s'assoir sur le lit, et ouvrit ses bras. Je m'y installais et profitais de son étreinte fraternelle.

« Ne me remercie pas Bella. J'ai encore quelque chose à te dire, quelque chose d'important pour toi. Non ne bouges pas, ça sera plus facile pour tous les deux. Voilà, il y a quelque temps Charlie a transmis à Carlisle ton dossier médical...non, ne te crispe pas comme ça, et n'en veut pas à Carlisle d'avoir partagé une information avec moi...il pensait que c'était important et il avait raison. Chtt, écoutes moi s'il te plait. Je ne sais pas ce que tu sais exactement ni même si tu l'as déjà lu, mais ton père a été très présent durant tout ton suivi et à du prendre des décisions importantes...Bref, tu as subit une reconstruction totale de...tes voix naturelles, je dirais...et surtout ton père a insisté pour qu'en même temps on te mette en place un faux...hymen. En gros, Bella, il t'a fait rendre ta virginité. Je crois qu'il est important que tu le saches...ta première fois sera celle que tu souhaiteras. »

Je me détachais doucement des bras de Jasper, mes yeux s'emplissaient de larmes, je le fixais alors qu'il hochait doucement la tête en me souriant.

« Je suis...vierge! »

Je le regardais incrédule

« Oui, c'est ce que j'ai dit...Félicitations jeune fille »

Nous partîmes tous les deux dans un fou rire, j'étais heureuse, je pouvais effacer mon passé, l'autoroute et le reste, je pourrais enfin me donner à celui que j'aimais, lui donner mon amour et ma virginité, lui donner mon avenir et ma vie...Je me sentais enfin libre et heureuse.

J'étais toujours entre le rire et les larmes quand Alice frappa à la porte. Elle l'ouvrit un peu inquiète, puis fut rapidement soulagée en voyant nos visages lumineux.

« Ben, on s'ennuie pas ici! Je peux me joindre à vous? »

Elle se jeta sur le lit, embrassa vigoureusement Jasper, pendant que je protestais pour qu'ils ne m'oublient pas. Alice se mit à rire, radieuse et visiblement soulagée, puis me prit à son tour dans ses bras.

« Je ne risque pas de t'oublier! Si tu savais quel bien ça me fait de te voir comme ça! J'en connais un qui va être intenable à la maison...Edward m'a presque torturé pour que je l'emmène avec moi! Bon c'est pas tout ça, mais ça sent le phoque ici, alors debout mademoiselle et file à la douche, pendant que j'aère et que je change les draps...allez, plus vite! »

Jasper me lança un sourire désolé avant de se sauver. Il devait repasser à son cabinet, mettre en ordre quelques dossier avant de finir de préparer ses bagages. Je lui souhaitais de bonnes vacances, le serrant dans mes bras une dernière fois, et le remerciant encore à l'oreille pour tout.

Je filais ensuite rapidement dans la salle de bain, devant une Alice qui me faisait les gros yeux pour que j'accélère le mouvement. Je profitais longuement de la douche, et je sortis enfin, un sourire toujours accroché à mes lèvres.

Je croisais le regard pétillant d'Alice, qui sortait de ma chambre.

- « Bon, je suppose que je n'aurai pas le droit aux détails de ta séance avec Jasper? »

« Non, mais je peux te dire que j'ai beaucoup de chance d'avoir une famille comme la votre! Et...je crois que je ne suis pas prête de la quitter! »

« Oh Bella, merci...et puis tu n'as pas intérêt à vouloir nous quitter, nous ne te laisserions pas faire! T'as faim, Angela m'a dit que tu n'avais rien avalé ! »

Mon ventre se mit à grogner lui donnant la réponse... Ce qui lui fit faire la grimace!

Nous mangeâmes rapidement, et nous passâmes une bonne soirée. Elle était particulièrement excitée par les vacances qui s'annonçaient sous de bons auspices et me parla longuement de ses projets professionnels et de la collection que préparait sa société de stylisme dans laquelle elle finissait ses études en aternance. La soirée se passa sans que jamais elle n'aborde les évènements passés, et je l'en remerciais silencieusement. La nuit était déjà bien avancée quand elle elle commença à réprimer un bâillement, j'avais oublié que contrairement à moi elle n'avait pas dormi toute la journée!

Je lui proposais de partager mon lit pour la nuit, surement plus confortable que mon canapé. Après s'être préparée et changée, elle s'allongea près de moi. Un doux silence s'installa avant qu'elle ne prenne la parole, sa voix chargée de fatigue.

« Tu sais, j'ai quelque chose à te reprocher quand même...à cause de toi, je n'ai pas pu libérer mes pulsions vengeresses »

« Comment ça? »

- « Quand tu es partie en courant, tu m'as fait tomber sur Rosalie et sur Emmett qui se trouvait derrière elle...Le temps qu'on se démêle, Esmée avait déjà frappé Tanya et Carmen l'avait traîné par les cheveux en bas! J'aurai vraiment aimé avoir le temps de lui coller mon poing dans les dents, et de lui dégonfler ses prothèses mammaires! »

« Ses seins sont faux! » m'exclamais-je

« Bah oui, faits et refaits ma belle ! Crois moi, je la connais depuis assez longtemps pour le savoir »

« Ah, et bien désolée, la prochaine fois...non, si je la revois je m'en chargerais moi même! »

« Pff, égoïste! »

Ce fut ses derniers mots avant ne sombre dans le sommeil, un léger sourire sur le visage.

Je me tournais alors sur le côté avant de me laisser emporter à mon tour dans mes rêves.

En me réveillant, j'entrouvris légèrement un oeil pour regarder l'heure affichée sur mon réveil. 9 heure déjà...Je m'étirais doucement, puis me rendis compte que quelque chose était différent. J'entendais une respiration derrière moi, mais ce n'était pas Alice...Cette odeur, je l'aurai reconnu entre mille! Je me retournais doucement dans mon lit, et malgré la pénombre de ma chambre, j'y distinguais le contour du visage de mon bien aimé.

« Bonjour » me dit il

« Bonjour à toi aussi. Où est Alice? »

« Partie..Je suis venue prendre sa place, elle devait préparer ses bagages...Ca ne t'ennuie pas? »

« Non, bien sur que non »

Il se leva du lit, et s'approcha de la fenêtre qu'il ouvrit, puis poussa les volets.

« Ça fait trop longtemps que je ne t'ai pas vu, c'est mieux comme ça! » me dit il avant de revenir sur le lit.

Je regardais à l'extérieur et vis qu'il pleuvait, le ciel était gris et bien chargé.

« Bella, si tu savais comme je suis... » commença t'il

« Stop, si tu prononce le mot désolé, je me fâche tout rouge...Je le suis tout autant que toi, et je ne veux pas qu'on en parle pour le moment. » je mis ma tête au creux de son épaule, la seule chose qui m'importait à ce moment était de le sentir près de moi. Il caressa mes cheveux un long moment, ses lèvres les effleurant.

« Tu veux déjeuner? » me demanda t'il

« Oui, je vais prendre une douche d'abord »

« Ok, je vais faire le café. »

« Tu sais ce que j'aimerai? »

« Non, mais je suis d'accord, quoi que ce soit »

« Qu'on aille au parc après! »

« Heu, tu sais qu'il pleut? »

« Oui, justement...Ca fait si longtemps que je n'ai pas senti la pluie sur mon visage, les odeurs d'herbe mouillée! »

« Sauter dans les flaques d'eau » continua t'il en souriant

- « Aussi oui...quoique d'aussi loin que je m'en souvienne, je ne l'ai jamais fait! »? riais-je.

Je l'embrassais rapidement et filais sous la douche. Je pris le temps de me détendre, prenant conscience que l'un comme l'autre nous ne savions pas très bien comment réagir pour ces retrouvailles. J'aurai voulu lui sauter au cou, l'embrasser, mais lui? Bon, il était là, et c'était déjà beaucoup... Peut être que j'aurai du prendre le temps de le laisser parler, sauf qu'au plus profond de moi, j'avais eu peur. Peur qu'il me dise qu'il était désolée, mais qu'elle avait eu raison...Pourtant, je savais d'un autre côté qu'il n'en était rien...Jasper avait raison, je devais me faire confiance, lui faire confiance et me laisser aller...Et c'est ce que j'allais faire! Aujourd'hui serait le début de la nouvelle Bella.

Forte de ces bonnes résolutions, je m'habillais rapidement et le rejoignis pour déjeuner.

Vers onze heure, Edward se gara sur le parking désert du parc. La pluie tombait de manière régulière, et je sortis de la voiture un sourire radieux sur le visage. Il ne faisait pas froid du tout, pas un brin de vent, juste la pluie fine qui s'abattait sur mes cheveux. Je me tournais vers lui, heureuse, et lui attrapais la main.

Je l'entrainais vers le parc, et me mis à courir dans l'herbe trempée. Je riais à gorge déployée, je le lâchais et me mis à tournoyer, le visage levé vers le ciel, les yeux fermés. Un sentiment incroyable de liberté et d'euphorie s'était emparé de moi, j'avais cette sensation énorme de bonheur qui m'enveloppait et qui me donnait la certitude qu'une vie radieuse s'offrait à moi.

J'ouvris les yeux de nouveau, pour croiser son regard rieur...il était tout simplement magnifique, ses cheveux lui collaient au visage, des gouttelettes lui glissaient le long de la mâchoire, et je me jetais enfin dans ses bras. Il me souleva, plaçant mon visage à hauteur du sien. J'enroulais mes jambes autour de ta taille, et plongeais sur ses lèvres si tentantes.

Nous nous dévorions, nos baisers libéraient nos peurs passées, nos dents s'entrechoquaient sur leurs puissances, mes poings serrés sur ses cheveux, le maintenaient contre moi, comme par peur de le voir s'éloigner. Nos respirations s'étaient accélérées par manque d'oxygène, mais nous ne pouvions pas nous séparer, des gémissements s'échappaient de nous...Mais il nous fallut respirer, et nos bouches n'arrivaient pas à s'éloigner de plus de quelques centimètres avant de replonger l'une vers l'autre. Je sentais son corps se réveiller au contact du mien, et une douce chaleur m'enveloppait.

Il me reposa enfin au sol, son regard toujours ancré au mien...Il avait l'air plus heureux encore que jamais auparavant, je crois que l'un comme l'autre avions prit conscience que les choses nouvelles s'annonçaient enfin !

Je l'entrainais à ma suite pour poursuivre notre ballade autour du lac, son bras prenant place autour de mes épaules, le mien autour de sa taille, comme un couple d'amoureux. Mon regard dériva vers un établissement, que je devinais être un restaurant, qui en temps normal devait surement être plein, vu la taille de la terrasse. Nous étions à peine à trois cents mètres, et seule une voiture se trouvait sur le parking. Je resserrais ma prise sur la taille d'Edward, et lui demandais timidement s'il avait faim. Ma voix était étrange, un peu enrouée, j'avais une envie presque irrépressible d'y aller. Mes yeux restaient fixés sur ce restaurant, y manger devenait une idée fixe...Moi dans un restaurant, était ce envisageable? Peut être! Surtout s'il n'y avait presque personne, non? Mon coeur battait à tout rompre, un mélange de peur et de désir...

Edward glissa sa main libre sous mon menton pour m'obliger à le regarder

« Est ce que c'est ce que tu veux? » me demanda il doucement, une lueur d'espoir et de joie l'illuminant

« Oui, je crois que j'aimerai essayer...avec toi » lui répondis-je faussement sure de moi

Il me fit un sourire éblouissant et m'entraina à sa suite jusqu'à la porte de ce lieu si attirant. Je le lâchais un instant pour regarder par la fenêtre, et vis que seul un couple avec ses deux enfants y était installé. Je pris une grande inspiration et reprenant sa main, je poussais la porte pour entrer dans cette pizzeria, dont le décor était chaleureux et accueillant.

POV Edward

Seule une famille était attablée avec ses deux enfants, Bella se dirigea vers une table proche de la porte, et s'installa face à la fenêtre. Elle paraissait calme, seul son regard montrait un léger signe de tension. La serveuse, une femme agée d'une cinquantaine d'années, s'approcha de nous en souriant et nous tendit les menus. Sans laisser le temps à Bella de réfléchir, je commandais deux coupes de champagne, espérant secrètement que les petites bulles l'aideraient à se détendre d'avantage.

Son regard erra dans la pièce, observant chaque recoin, puis se fixa sur la porte du fond.

- « Je vais aller au lavabo, peux tu… ? »

- « Ne t'inquiète pas, je surveille la porte, et si quelqu'un rentre, je t'y rejoins » lui dis je rapidement, sentant la tension monter d'un cran dans le son de sa voix.

Elle me fit un sourire crispé puis se leva. Je regardais sa démarche rapide quoiqu'un peu hésitante, j'avais le sentiment qu'à tout moment elle pouvait faire demi tour et s'enfuir en courant.

Elle ressortit quelques minutes plus tard, les cheveux presque sec et désordonné…un petit sourire aux lèvres, avant de se rassoir face à moi. Je haussais un sourcil en la regardant rougir.

- « Heureusement que personne ne m'a vu, je me suis servie du sèche mains pour me sécher les cheveux…dommage, je n'avais pas ma brosse ! Je ressemble à rien là, hein ? »

- « Tu es ravissante, Bella, et je suis tellement fier de toi… » Je levais mon verre vers elle, l'incitant à faire de même pour trinquer

- « A nous ! » lui murmurais je, en la faisant rosir.

Ses yeux pétillaient autant que sa boisson, elle était merveilleuse, et ses cheveux tout emmêlés lui donnaient un petit air de chat sauvage qui me faisait craquer. Elle commença à se mordiller la lèvre inférieure en parcourant la carte, hésitant à faire son choix…Je sentais une douce chaleur m'envelopper, partiellement due à la boisson mais surtout à l'envie d'elle qui montait en moi.

Nous décidâmes de prendre les deux pizza pour lesquelles elle hésitait le plus, que nous partagerions. Petit à petit elle se détendait, et regardait de moins en moins vers l'extérieur, pour ancrer son regard dans le mien. Tout ceci ne m'aidait pas à me détendre, bien au contraire…ses joues rougies par la pluie m'appelaient, et je prenais de plus en plus sur moi pour ne pas l'embrasser, lui sauter dessus.

J'avais promis à Emmett que je trouverais le courage de lui dire mes sentiments, mais je me demandais si le lieu était propice à ce genre de déclaration. J'en doutais tout comme je doutais qu'elle ne soit ouverte à m'entendre m'expliquer sur ce qui c'était passé avec Tanya. Elle ne voulait pas que je m'excuse, je l'avais compris, mais pour moi c'était important. Je ne voulais pas de non dit, et mon coeur se serrait de peur à chaque fois que je pensais que je pouvais la perdre si facilement.

Finalement j'axais la conversation sur un terrain moins sensible, j'avais beaucoup pensé ces derniers temps à l'orientation que je souhaitais donner à mon avenir professionnel. Si elle fut étonnée de me voir bifurquer pour ma dernière année d'étude, elle n'en dit rien dans l'immédiat, se contentant de m'écouter, la tête légèrement penchée.

- « La pédiatrie, hein? Je pensais que travailler aux urgences était une sorte de palliatif à…la douleur » me dit elle doucement

- « C'est vrai, ou du moins ça l'était, mais les choses…évoluent ! Et là où avant il m'était égal d'enchainer les jours de garde, les nuits et les week-ends, maintenant…je ne veux plus. »

Son regard se fit interrogatif.

- « Je ne comprends pas. Tu as suivi ce rythme pendant six années, et maintenant…Pourquoi ? Et en pédiatrie, il n'y a pas de garde ? »

- « Bella » lui dis je en prenant sa main par-dessus nos assiettes vides « ça me convenait parce rien ni personne ne retenait mon attention ailleurs…mais ce n'est plus le cas ! Je ne veux plus être séparé de toi comme ça, je ne peux plus…vivre loin de toi, même quelques jours. J'en ai parlé à mon maître d'apprentissage à l'hôpital, et il se trouve que l'un des deux pédiatres va prendre sa retraite d'ici dix-huit mois, et je souhaite être son remplaçant. »

- « Tu en as parlé à Carlisle ? »

- « Non, pas encore. Je voulais t'en parler d'abord…savoir ce que tu en pensais » Je murmurais ces dernières paroles, me sentant fébrile. Voudrait-elle me voir plus souvent ?

Si mon désir n'était pas partagé, que ferais-je ? Continuer les gardes aux services des urgences, en essayant de l'oublier ou prendre tout de même une option plus régulière en espérant qu'un jour elle ne change d'avis ?

- « Je ne sais que te dire…Je pense qu'il faut que tu choisisses en fonction de ce qui t'attire le plus, et pas en fonction de moi…Sais tu déjà comment se dérouleraient tes semaines ? »

Ma gorge se serra d'avantage, et lorsque Bella commanda son dessert, une dame blanche avec beaucoup de chantilly, je ne commandais rien, me sentant incapable d'avaler quoique ce soit d'autre. Elle ne souhaitait pas me voir plus que nécessaire, elle n'avait pas le même besoin que moi, et mon coeur se déchirait doucement.

Je me forçais à sourire, ne voulant gâcher cette journée et notre premier restaurant. Ses yeux s'illuminèrent, et je m'attendais presque à la voir taper des mains comme une enfant excitée lorsque la serveuse déposa devant elle une énorme glace avec un bâtonnet scintillant.

Je déglutis avec difficulté, puis continuais pour elle mon explication, la gorge toujours nouée.

- « Je…j'ai eu des information par le docteur Young que je souhaiterai remplacer, et qui m'a donné son accord pour devenir mon nouveau tuteur, si je confirmais mon désir. Hum, les matinées sont consacrées au cabinet, avec les visites libres et les après midi sont plutôt occupés aux visites dans l'hôpital, pour les petits hospitalisés et les sorties de la maternité. L'autre pédiatre ayant un emploi du temps inversé. Et de son expérience, seul un week end de temps à autre peut être bloqué en cas de problème particulier, épidémie, accident… »

Un gémissement échappa de la bouche de Bella, et je relevai mon regard vers elle, pour la voir savourer sa glace les yeux mi clos.

Je commençais à me sentir à l'étroit dans mon jean trempé, et continuant de la regarder, je bougeais doucement sur ma chaise pour essayer de me calmer.

Bella sortit lentement la cuillère d'entre ses lèvres et rouvrit les yeux. Ses yeux avaient une lueur de plaisir que je ne lui avais jamais vu, son visage était radieux, alors qu'elle tendait vers moi une cuillère pleine, me demandant de gouter. J'entrouvris ma bouche et laissais fondre la chantilly sur ma langue tout en restant soudé à ses yeux. Je n'arrivais plus à m'en détacher, et ma respiration devenait difficile.

Elle me sourit presque timidement en tirant doucement sur sa cuillère.

- « Contrairement à ce que tu as l'air de penser, je t'ai écouté…Mais la saveur de ma glace a eu raison de ma parole ! Je suis confuse que tu veuilles mon sentiment sur tes projets, peut être parce que…je ne veux rien espérer trop vite. »

Elle rebaissa son nez vers son dessert, et joua un instant avec sa glace, avant d'en reprendre une grande bouchée et de refermer les yeux dans un soupir de plaisir.

Je soufflais de désespoir, essayant de soulager une douleur grandissante du à la compression de mon membre.

Elle se méprit sur mon soupir, et prit ma main dans la sienne, en posant son couvert.

- « Edward, je souhaite de mon côté…être le plus souvent avec toi, mais je ne veux pas que tu prennes une voix qui ne te conviendrait pas juste pour…moi ! »

J'eus soudain l'impression d'être libéré d'un grand poids, et de me sentir plus léger. Une légère pression de sa part sur ma main me re-concentra sur elle.

- « On y va ? »

Je me levais en passant mon T-shirt par-dessus mon pantalon, payais l'addition puis nous nous retrouvâmes dehors sous une pluie devenue fine et irrégulière.

Je faillis me trouver déséquilibré par Bella qui sauta dans mes bras, et que je maintenais contre moi, mes mains sous ses fesses, et ses jambes enroulées autour de ma taille. Elle se mit à rire alors que je tournais sur moi-même, regardant ses cheveux flotter dans une ronde éphémère.

Elle approcha son visage du mien alors que je nous stoppais, et se jeta sur mes lèvres avec force, sa langue forçant le barrage de mes lèvres, et ses mains empoignant avec une énergie débordante mes cheveux.

Lorsqu'elle s'éloigna de moi pour reprendre sa respiration, son sourire illumina ma vie.

- « Waouh » lui dis je, en chuchotant dans son cou

- « Je… je me sens heureuse et … libre, et j'aimerai vraiment…beaucoup, si tu es certain que la pédiatrie t'intéresse, que tu optes pour cette discipline, et aussi passer mon temps le plus possible avec toi et… »

- « Respire Bella » riais-je

Elle se dégagea de mon étreinte et m'entraina à sa suite en courant, me tirant par la main.

- « Hé, que fais tu ? » lui demandais je surpris

- « On rentre, maintenant…Allez cours ! »

J e n'avais jamais vu une telle énergie chez elle, elle riait, courait et sautait telle un cabri, jusqu'à ce qu'elle s'arrête devant ma voiture, toujours en riant, mais à bout de souffle.

Je nous ramenais rapidement chez elle, sa main était restée sur la mienne pendant tout le temps où je conduisais. Et même si plus aucune parole n'était échangée, j'étais aux anges. Moi aussi, d'un coup je me sentais heureux et libre, et si elle n'avait pas subitement mis fin à notre étreinte je sais qu'à ce moment là, j'aurai trouvé le courage de lui dire enfin tout ce qu'elle représentait pour moi. Et pour tout dire, j'avais même pensé qu'elle allait me devancer, son regard étant plein de joie, de gaité mais aussi d'amour.

Nous étions trempés, grelottant, main dans la main dans l'entrée. Elle retira ses chaussures et ses chaussettes, m'enjoignant de faire de même.

- « Je crois d'une douche bien chaude nous ferait le plus grand bien » dit elle en claquant des dents

- « Vas y ma belle, j'irais après »

Sa main me tira doucement, son visage rougit, et je la vis hésiter avant de me demander :

- « Ca t'ennuies de venir avec moi ? tu as froid toi aussi, et je ne veux pas que tu attendes ! »

- « Hum, tu es sure ? »

- « Oui, on restera en sous vêtement, OK ? »

Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu! Au fait, préparez vos armes, aiguisez les, Tanya fait son retour au prochain chapitre, qui sera normalement l'avant dernier!

Bizz à toutes et à bientôt