Chapitre 2: Rencontre.
– Toi? Qu'est ce que tu fous là? Fit Gajil en se levant brusquement.
Un peu trop brusquement peut être car il dégringola du toit et s'étala par terre. Levy fit un gros effort pour ne pas rire, s'approcha doucement et lui tendit la main pour l'aider à se lever. Main qu'il ignora superbement, d'ailleurs. Il jeta sur elle un regard rempli de méfiance auquel elle répondit par un petit sourire timide et engageant qui le fit grimacer de l'intérieur.
– Ca va? Tu ne t'es pas fait mal au moins?
- T'as pas répondu à ma question, je vois pas pourquoi je devrais répondre à la tienne! Pourquoi t'es là?
– Je suis là parce j'en ai envie. J'ai voulu venir… Pour te voir.
Il plissa les yeux, pas du tout convaincu. Il ne comprenait pas qu'elle puisse vouloir lui parler après ce qu'il lui avait fait, donc, ou elle se foutait de lui, ou elle était idiote.
– Ah oui? Et bien moi j'ai pas envie! Laisse-moi seul!
Il s'éloigna rapidement, ayant bien senti la culpabilité refaire surface. Car c'était bien cette fille qui hantait nuit et jour ses pensées.
– Gajil attend! Elle s'élança à sa poursuite et saisit son bras. En fait c'est le maître qui nous à dit qu'il t'avait trouvé, ça m'a intriguée et j'ai eu envie de venir. S'il te plait, reste.
- Je ne vois pas pourquoi je devrais t'écouter. Alors rentre chez toi avant que je ne m'énerve. Répliqua-t-il en se dégageant brusquement.
Cependant Levy n'avait pas l'intention de lâcher le morceau aussi facilement. Même si elle ne l'avait dit à personne, elle s'était vraiment inquiétée pour lui et, plusieurs fois, elle s'était demandée ce qu'il était devenu. Maintenant qu'elle était à coté de lui, elle le resterai. Jusqu'à ce qu'il l'accompagne à Fairy Tail.
C'est ce que Makarov avait demandé et à la surprise générale elle s'était portée volontaire. Jett et Droy l'avaient suppliée de rester et de ne pas y aller mais c'était dans sa nature d'aider les autres, elle ne pouvait pas ignorer ce que sa conscience lui disait. Et son cœur l'y poussait aussi, bien qu'elle ne comprenne pas trop pourquoi. Alors elle passa ses bras autour du Dragon Slayer et l'enlaça, sa tête contre son dos en murmurant:
- Ca à du être dur de passer trois mois tout seul.
– Non! C'était parfait avant que vous veniez tous me déranger! Hurla Gajil.
Il se retourna violemment et, saisissant la tête de Levy d'une seule main, il la poussa en arrière. Avec sa force, il la força à lâcher prise et avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, il était monté sur un toit, hors d'atteinte, lui tournant volontairement le dos en grognant. Elle eut un petit sourire, peut être en avait-elle fait trop? Malgré le fait qu'elle ait toujours un peu peur de lui, ça ne l'avait pas dérangée de venir. Pourtant elle n'était pas le genre de fille à chercher le danger. Elle s'assit et attendit qu'il redescende, ce qu'il ne fit pas. Parfois il lui jetait des coups d'œil, pour vérifier si elle était toujours là, mais se retournait vite en maugréant. La nuit commençait à tomber et Levy sortit ses affaires, c'est-à-dire des livres, de la nourriture magiquement conservée pour au moins un mois, un lit de camp avec coussin et couverture et des couverts. Puis grâce à sa magie elle fit apparaitre un feu et entreprit de faire griller de la viande et des légumes au dessus.
– Si tu as faim, n'hésite pas à descendre.
– Non merci. J'ai tout ce qu'il faut ici, rétorqua t-il acide.
Cependant son ventre criait le contraire. Pour une fois qu'il avait l'occasion de varier les menus… Alors il descendit tout doucement, calculant chacun de ses gestes et se maudissant intérieurement à chaque fois. Levy l'avait entendu et masqua son sourire satisfait, sachant très bien que ce n'est pas comme ça qu'elle réussirait à le convaincre.
– Je croyais que tu avais ce qu'il te fallait?
- La ferme! Donne m'en un peu, tu veux?
– S'il te plait, ça existe, tu sais.
- … S'il te plait. On aurait dit qu'il s'arrachait la gorge pour dire ce mot.
La jeune fille aux cheveux bleus sortit une petite assiette en métal de son sac et la remplit avant de la donner à Gajil puis tâcha de préparer la sienne. Lorsqu'elle se retourna cependant elle vit le Dragon Slayer à coté d'elle, qui n'avait plus rien en main.
– Tu as déjà fini? Et ou est l'assiette? S'étonna-t-elle.
– Ben je l'ai mangée. Pourquoi ça te dérange? Fit-il en prenant son air menaçant.
– Non. Bien sûr que non. T'es un rapide c'est tout.
Un petit rire s'échappa de sa gorge, mais il mourut aussitôt lorsque, trop vite pour qu'elle puisse clairement voir l'action, il était remonté sur son toit.
– Tu pourrais rester en bas. Qu'on discute un peu…
- Non.
Clair et définitif.
Levy termina son repas puis déplia son lit de camp sous un petit abri en ruines et se coucha. Il faisait chaud dans le désert, elle dormirait à la belle étoile. Se blottissant sous les couvertures elle admira le ciel sans nuages et se perdit dans ses pensées.
Elle avait enfin trouvé Gajil. On ne pouvait pas dire qu'ils aient eu une vraie conversation mais c'était un bon début, elle avait tout de même réussi à l'approcher et à le toucher. Il était comme dans ses souvenirs, grand, imposant, fort. Malgré la peur qu'elle ressentait encore lorsqu'elle repensait à ce que lui avait fait le Dragon Slayer, elle était à l'aise ici. Après tout, il avait juste agi sous les ordres de José, il n'avait pas eu le choix. Peut-être n'était-il pas aussi méchant qu'il le laissait croire…
Makarov l'avait prévenue qu'il risquait à nouveau de se faire enrôler dans une guilde animée de mauvaises intentions et qu'ils auraient encore à l'affronter. S'il n'avait pas réussi à le convaincre, Levy y arriverai sans doute. Mais pour cela, il fallait qu'elle le connaisse un peu mieux… C'était pas gagné.
Levy se retourna, ferma les yeux et s'endormit peu à peu, légèrement troublée de passer la nuit avec un mage qui avait failli la tuer.
Quand à Gajil, il était énervé maintenant. Pourquoi était-elle ici, cette fille ? Qu'est ce qu'elle lui voulait ? Ils pouvaient pas le lâcher un peu ? Tout ce qu'il demandait, c'était du calme et personne pour lui traîner dans les pattes. Est-ce qu'il devait partir et la laisser là ? Instinctivement, sa main fouilla dans sa poche et il sortit le shikigami qu'Iwan lui avait confié quelques jours plus tôt, une moue perplexe au lèvres. C'était devenu une habitude, dès qu'il réfléchissait il le prenait. Finalement après quelques minutes de réflexions profondes sur le oui, le non, le pourquoi et le comment, il fourra la poupée dans sa poche en grognant. Autant rester ici encore un peu et voir comment évolue la situation. Il jeta un dernier regard à la jeune fille, endormie à présent, soupira et se coucha à son tour.
