Et voila le chapitre 3 ! Bonne lecture ! ;)

Chapitre 3 : une journée entre deux opposés.

Levy se réveilla en sentant une brise fraiche sur sa joue et un rayon de soleil sur son visage. Elle ouvrit les yeux et se redressa lentement. Il faisait froid tout d'un coup, c'était étrange. C'est ensuite qu'elle remarqua qu'elle était à moitié ensevelie sous du sable. Elle sursauta de surprise en se demandant comment il était arrivé là, puis se rappela qu'il y avait fréquemment des tempêtes de sable dans le désert. Bon, elle dormirai dans une des rares maisons encore parfaitement entières de la ville. Secouant sa couverture pour enlever le sable, elle partit s'installer quelques mètres plus loin pour manger son petit déjeuner et regarder le soleil se lever. C'est vrai qu'il faisait sacrément froid et, vêtue simplement d'un T-shirt sans manches et d'une jupe, elle se mit à claquer des dents. Ils étaient dans un désert non ? Il ne devait pas faire 50 degrés plutôt que 6 ?

Lorsque soudain quelque chose atterrit sur sa tête, lui cachant la vue et elle poussa un grand cri en se débattant.

– Eh, calme ta joie ok? Tu te crois ou? C'est comme ça que tu me remercie? Fit Gajil derrière elle.

Il lui avait balancé son manteau

– Euh merci, c'est gentil mais tu n'es pas obligé, tu n'as pas froid comme ça? Demanda-t-elle en rosissant, gênée par la situation.

– Non, j'ai pas froid, et vaut mieux pour toi que t'arrêtes de claquer des dents sinon je t'égorge.

Oups.

– D'ailleurs, pourquoi il fait aussi froid? Demanda la jeune fille, ignorant la remarque qu'il venait de lui faire.

– Parce que y'a pas de nuages dans le désert. Ca retient pas la chaleur. Tout le monde sait ça. Puis il la planta là et s'éloigna.

Elle se leva pour le suivre mais il l'arrêta immédiatement.

– Si jamais tu me suis, je m'arrangerai pour qu'on puisse te ramasser seulement à la petite cuillère, compris?

– Je sais que tu ne le feras pas, assura Levy.

Jusqu'à ce que Gajil la plaque au mur, lui tenant fermement les poignets, une lueur de défi dans le regard.

- Si tu penses que je suis pas chiche, crois moi, tu te goures. Maintenant soit une gentille fille si déjà t'abuses de mon hospitalité et va jouer ailleurs. Grogna-t-il doucement en la relâchant soudain.

– Je ne suis pas une petite fille.

- Ah, et t'es quoi alors ? Un rat de bibliothèque qui se mêle de ce qui le regarde pas, c'est ça ? T'es même pas fichue de te battre.

Ah il voulait se battre ? Et bien dans ce cas ils allaient se battre. Elle s'élança vers lui mais fut stoppée net avec une seule main, ses poings battant le vide pitoyablement.

– C'est pas juste! Tu triches! Rigola-t-elle.

– Bien sûr que non. Je triche jamais. Et je vois pas ce qu'il y a de drôle.

– Décidément, tu ne connais pas le sens de l'humour toi!

– Probablement pas, non. Maintenant lâche moi et vas voir ailleurs si j'y suis.

Avant qu'elle n'ait pu rétorquer la moindre remarque, il s'était élancé sur les toits et avait disparu dans les ruelles. Il l'avait semée. Mais Levy était têtue, elle ne lâcherai pas l'affaire. Et puis elle avait une excuse pour le suivre: elle avait encore son manteau. Alors elle courut à la poursuite du Dragon Slayer. La ville n'était pas immense non plus, elle finirait bien par le trouver. Enfin c'est ce qu'elle se disait mais Gajil était fort au cache-cache apparemment. Décidément! Et puis c'était quoi son problème avec les autres? Un petit mot gentil, ça lui coutait quoi ? Vexée, elle s'amusait à taper dans les rares cailloux qui agrémentaient le sable puis s'assit finalement à l'ombre et sortit un livre de son sac. Elle resta ainsi toute la matinée à attendre qu'il se montre, ce qu'il ne fit pas.

Il était bientôt midi, il n'allait sans doute pas tarder à revenir. La température commençait à monter, devint vite étouffante et Levy comprit qu'elle haïssait le désert. Mais comment avait fait le Dragon Slayer pour supporter cette chaleur depuis qu'il était ici ? Elle allait devenir folle! Enervée maintenant, elle se leva, enleva le manteau de Gajil sinon elle allait fondre et se choisit une petite maison parmi celles qui tenaient encore debout, entreposa ses affaires dedans et invoqua une brise fraiche et de la glace avec sa magie. Si ça continuait, elle n'aurait même pas besoin de feu pour cuisiner, autant tout mettre dehors!

Tout d'un coup, une idée sournoise lui vint, sans aucun rapport avec le reste. Et le Dragon Slayer, il avait quoi dans ses poches ? Retenant un sourire malicieux, elle prit son manteau et fourra la main dans sa poche. En fait non, elle y glissa tout l'avant bras. Ah des poches magiques hein ? Comme pour son sac… Elle fouilla un peu et ne réussit qu'à effleurer quelques objets en métal avant de toucher… autre chose. Sans pouvoir identifier d'avantage l'objet, elle entendit un claquement sec et sentit une grosse douleur dans ses doigts. En hurlant elle sortit sa main pour découvrir un petit piège à souris serrant sa main. En grognant elle tenta de l'enlever en secouant sa main dans tout les sens et en insultant copieusement le propriétaire dudit piège mais sans succès. Heureusement Gajil entra dans la maison à ce moment là en marchant tranquillement pas plus inquiet que ça de l'avoir entendue crier. Si ça avait été des ennemis elle serait sans doute morte, vu à quel point il s'était dépêché de venir. En la voyant s'agiter pour enlever le machin chose, un sourire narquois se dessina sur son visage, sans doute le premier qu'elle voyait.

- Qu'est ce que c'est que ça ? Et qu'est ce que ça fait dans ta poche ? Râla Levy, les larmes aux yeux et tenant sa main qui commençait à virer au rouge parce que le sang ne circulait plus.

- C'est pour éviter que les pickpockets dans ton genre me volent quelque chose. Répondit-t-il calmement pour une fois, en lui agrippant la main pour enlever le piège.

Et bien sûr à ce moment là Levy rougit, pas à cause de sa remarque mais parce qu'il lui avait pris la main avec tellement de douceur qu'elle n'arrivait pas à y croire. Lentement il décoinça ses doigts, lui rendit sa main, prit son manteau et s'assit sur son lit de camp sans aucune gêne.

- Ou étais-tu pendant toute la matinée ? Demanda la jeune fille en dépliant une petite chaise pour s'asseoir plutôt que de se disputer avec le mage.

- Ca te regarde ?

- Non mais j'aurais bien aimé venir.

- A quoi ça t'aurais servi de me suivre à part pour m'emmerder hein ? T'as que ça à faire ? Rentre donc chez toi et arrête de me coller! Cria-t-il, énervé soudain.

Levy sursauta et baissa les yeux intimidée. Elle ne tenait pas à se battre avec le dragon, elle n'était pas là pour ça. Toujours silencieuse elle sortit un petit sandwich de son sac et commença à manger sans regarder son compagnon. Cependant lorsqu'elle entendit un bruit de ferraille provenant de sa direction, une question qu'elle s'était souvent posée sortit de ses lèvres.

- Dis, c'est bon l'acier ?

Le Dragon Slayer qui regardait par la fenêtre en mâchouillant un morceau d'acier se tourna vers elle et pour une fois, lui répondit plutôt que de l'envoyer balader.

- Ca a un goût à part. La première fois c'est un peu bizarre mais à la fin tu t'habitues. Après, c'est assez difficile à décrire.

Ils terminèrent en silence et Gajil sortit à nouveau, sans un mot. Cette fois, Levy n'avait rien dit, n'avait pas insisté et réussit cette fois à suivre le Dragon Slayer sans un bruit. Connaissant l'odorat surdéveloppé de Natsu, elle tachait de rester à une distance raisonnable et face au vent, même s'il était quasi inexistant. Lui, silencieux comme une ombre, ne l'avait pas remarquée ou faisait semblant. Il n'avait pas chaud avec son manteau ? Parce que Levy suait à grosses gouttes. Il se rendit jusqu'à ce qui ressemblait à une ancienne place, vide et en ruines à présent, bien entendu. La jeune fille au cheveux bleus se cacha contre un mur, dans l'ombre, en le voyant s'immobiliser. Gajil enleva sa veste et la posa à proximité sur des rochers puis inspira et détendit ses puissantes épaules, ses yeux luisants comme jamais sous le soleil. Et la mage au cheveux bleus assista à un spectacle qu'elle n'aurait jamais cru voir un jour. Un Dragon Slayer en plein entrainement.

Le mage d'acier se lança dans une série d'échauffements, faisant doucement travailler ses muscles et d'une manière si vive et agile que Levy avait l'air d'une jeune fille maladroite et disgracieuse à coté. Chaque geste était calculé avec une infinie précision et il paraissait vraiment concentré. Puis il se mit en position de combat et enchaina des mouvements complexes frappant le vide comme un serpent et tellement rapidement que cela paraissait flou. En fait, chacun de ses gestes était empreint d'une telle perfection que ça ressemblait plus à de l'art ou de la danse qu'à du combat. Il utilisait à la fois sa force, son agilité et sa souplesse. Il n'utilisait même pas la magie, juste son physique. Si quelqu'un s'était réellement battu contre lui, il serait sans doute mort depuis longtemps. C'était hypnotisant, la jeune fille ne détachait plus son regard de lui, tétanisée, impressionnée et la gorge nouée d'émotion. Tout d'un coup elle avait chaud, mais pas à cause du soleil. Et cela dura toute l'après midi. Quatre heures de chorégraphie parfaite.

Le Dragon Slayer s'immobilisa, guère plus essoufflé qu'au début même s'il transpirait pas mal et dit soudain en se retournant vers l'endroit ou Levy était cachée.

- Alors le spectacle t'as plus, p'tite espionne ?

La jeune fille écarquilla les yeux rougit jusqu'au bout de ses doigts et se leva d'un bond. Le teint cramoisi et le regard au sol elle ne réussit qu'à bégayer une petite phrase.

- Co-comment tu savais que j'étais là ?

- Avec ta tignasse bleue, t'es aussi facile à repérer dans le désert qu'une grosse vache à trois mètres de toi.

Là, elle vira au violet.

- C'est pas vrai! Et puis ne critique pas mes cheveux, les tiens aussi sortent de l'ordinaire!

Aussitôt elle regretta ses paroles quand elle croisa son regard, trop proche d'elle soudain.

- Répète. Ordonna-t-il, penché sur la jeune fille.

- Euh… J'aime bien tes cheveux ! C'est juste qu'ils sont un peu bizarres…

- C'est étrange, c'est pas ce que j'ai cru entendre juste avant.

Elle commença à rire nerveusement, ne sachant plus quoi dire. Pourquoi fallait-elle qu'elle perde ses moyens lorsqu'il était trop près d'elle ? Et pourquoi était il si beau torse nu ?

La fin de la journée fut plutôt monotone, comme le jour d'avant. Quelques petites phrases et de longs silences. Levy rentra dans sa maison, fatiguée par la chaleur et les émotions de la journée, mais Gajil préféra dormir dehors. Elle lui dit bonne nuit par la fenêtre mais le Dragon Slayer ne prit même pas la peine de lui répondre et lui tourna le dos en grognant. La jeune fille sourit sous les couvertures. Finalement c'était plus difficile que prévu mais cela importait peu. Elle ferma les yeux et s'endormit rapidement, bercée par de doux rêves habités par un certain mage…