Hahaha ! Le chapitre maudit ! Je dis ça parce que j'ai eu un mal fou à l'écrire ! o Quoi qu'il en soit, profitez bien =P

Chapitre 6: Passé.

Levy avait ramené Gajil chez elle et l'avait doucement recouché sur le lit. Lui était toujours conscient mais ne bronchait pas et pour une fois la laissa faire, plongé dans une sorte de mutisme, autant parce qu'il n'avait plus de voix que parce qu'il n'était pas au mieux de sa forme. Finalement il s'endormit, épuisé par toutes ces émotions et la jeune fille au cheveux bleus put enfin s'occuper de lui correctement sans avoir affaire à ses grognements dissuasifs.

Ayant terminé de le soigner, elle se leva et fit les cents pas, troublée. Finalement, sous ses airs froids et cruels, le Dragon Slayer était quand même capable de ressentir des émotions… Mais autre chose l'inquiétait plus que ses réactions à lui. La sienne. Rien qu'en repensant à son geste, elle tremblait. Rien qu'en le regardant lui, d'ailleurs. Instinctivement elle tourna son regard vers le mage d'acier. Il fallait reconnaître qu'il était chou avec des bandages partout. En soupirant avec un petit sourire attendri, elle s'assit à coté de lui observant son expression paisible, si différente de sa mine renfrognée et froide habituelle. On aurait pu le croire mort tellement il était pâle avec tout le sang qu'il avait perdu. Il s'était vraiment déchainé... Parce qu'elle avait dérapé. Levy sourit tristement. S'il n'avait pas été là, elle serait morte à l'heure qu'il est. Et si elle avait été assez forte pour se défendre, il n'aurait pas été blessé. Au fond d'elle, elle ne voulait plus qu'il souffre. Le voir dans une telle position de faiblesse, lui, le fier Dragon Slayer d'acier, n'était pas dans l'ordre des choses.

Elle avait prit le temps de penser à ce qui l'attirait chez lui, ses sentiments ayant malencontreusement été dévoilés. C'est vrai que, au début, c'est parce qu'il était solitaire et distant. Elle avait l'illusion de pouvoir l'atteindre un jour. Mais après l'avoir côtoyé, elle comprit que c'était plus que ça. Il était vraiment complexe… à la fois arrogant et cruel, mais il pouvait se montrer doux et timide par moments. Et puis, il était fort, elle se sentait en sécurité lorsqu'il était là. Il y avait tant de choses qu'elle n'apercevait que maintenant et qui faisaient qu'elle le désirait encore plus. Il était important pour elle maintenant, il était entré dans sa vie. Elle voulait que ce soit pareil pour lui. Elle voulait être importante à ses yeux, même si elle n'était pas forte comme lui, elle voulait être à ses cotés.

Levy le regardait pendant un moment déjà, perdue dans ses pensées, lorsque Gajil grogna dans son sommeil, la faisant sortir de sa rêverie. Timidement, elle glissa sa main dans la sienne, et la caressa doucement. Le Dragon Slayer murmura des paroles incompréhensibles, émit un son qui ressemblait à "fflllbllbll" et tourna la tête. La jeune fille caressa doucement son front, couvert de bandages lui aussi, coiffant ses longs cheveux noirs. Ses joues chauffèrent et rougirent soudain lorsqu'elle se rendit compte qu'elle adorait faire ça. La journée avait été longue et riche en émotions et la nuit commençait à tomber. Prenant le peu de place qu'il restait sur le lit, elle s'allongea à coté du Dragon Slayer, ferma les yeux et s'endormit rapidement, épuisée elle aussi, tenant toujours sa main dans la sienne.

…..

Gajil ouvrit doucement les yeux et ce simple fait lui donna le tournis et la migraine. Il ne sentait plus ses doigts, sa tête et même le reste. Remarquant une présence à coté de lui, il tourna la tête et vit Levy, endormie et lui tenant la main. Il ne chercha même pas à se dégager et de toute façon s'il n'avait pas vu que sa petite main tenait la sienne, il ne l'aurait tout simplement pas sentie. Il soupira et attendit patiemment qu'elle se réveille en regardant par la fenêtre. Dehors l'aube commençait à arriver, nimbant le ciel de jolies couleurs. Il restait quelques petits nuages, seuls signes de l'averse d'hier mais il les regardait sans les voir. Il était perdu, il ne savait plus quoi faire, ni comment se comporter envers la jeune fille. Ce qu'elle lui avait dit hier revenait dans sa tête: "tu m'as moi." Pouvait-il lui faire confiance ? Est-ce qu'elle n'avait pas juste fait ça pour l'inciter à rentrer à Fairy Tail ? Pour le tromper et l'amadouer ? Beaucoup trop de questions sans réponses hantaient son esprit. Tout d'un coup, quelque chose passa dans son champ de vision, interrompant le fil de ses pensées et il fronça les sourcils en voyant de quoi il s'agissait.

- Tu bouges tout seul maintenant ? Chuchota-t-il au petit Shikigami qui flottait dans les airs.

Génial. Il se mettait à parler avec une poupée en papier. En même temps c'était suspect qu'elle flotte… Cependant seul le silence répondit à sa question.

- Qu'est ce que tu me veux ? Va voir ailleurs si j'y suis, j'ai pas la tête à réfléchir à ça.

Toujours aussi silencieuse, elle obéit pourtant et se posa sur le rebord de la fenêtre ou elle ne bougea plus. Gajil continua à la fixer, à la recherche de tout mouvement suspect, mais le Shikigami resta inerte. Il avait halluciné ou quoi ? Grognant un "tss" agacé, il tourna la tête et observa la jeune mage endormie contre lui. Sentir son corps contre le sien n'était pas déplaisant en fin de compte mais jamais il ne le lui dirait.

Un peu plus tard, Levy se réveilla à son tour, croisa le regard du mage d'acier posé sur elle et se rendit immédiatement compte que le Dragon Slayer était déjà réveillé et qu'elle avait dormi contre lui. Elle verdit, pâlit, rougit, cria et tomba proprement sur les fesses. Gajil la regarda pendant quelques instants avant de se détourner à nouveau sans un mot.

- Coucou, dit-elle timidement. Il fallait bien que quelqu'un commence à parler et elle savait que ce ne serait pas lui.

- 'Lut. Fut la seule réponse qu'il grogna, toujours sans la regarder.

- Ca va ? Tu as mal quelque part ?

- Non.

Bon Dieu que c'était embarrassant ! Quelle idée de s'être couchée à coté de lui ! Et puis il faisait quoi exactement ? Il boudait ?

- Tu es fâché ? Demanda la jeune fille d'une petite voix en se relevant enfin.

Cette fois Gajil ne répondit pas tout de suite, regardant le plafond, les sourcils froncés et Levy se tassa mal à l'aise.

- Non.

Il se redressa doucement en grimaçant parce qu'il avait mal partout et la mage au cheveux bleus l'aida un peu, nerveuse à l'idée de le toucher, ce qu'il ne manqua pas de remarquer.

- Encore désolée pour hier, s'excusa-t-elle en se tordant les mains, les joues rouges.

- Je t'ai d'jà dit que t'as rien fait, arrête de t'excuser. C'est ma faute. Râla le Dragon Slayer en croisant les bras et en grognant.

- Tu ne veux toujours pas en parler ? Elle s'assit timidement à coté de lui.

Cette fois il ne lui répondit même pas, plissant juste les yeux et détournant le regard. Levy sourit doucement et au bout de quelques secondes, elle s'assit sur les genoux du Dragon Slayer, un pied de chaque coté. A peine avait elle bougé vers lui, qu'il avait sursauté et s'était raidi, mais il l'avait laissé faire sans prononcer un seul mot. Lentement, elle posa ses mains sur les bras du mage d'acier et entreprit de les décroiser, calculant chacun de ses gestes. Lorsque ce fut fait, elle posa sa tête contre son torse et plaça les mains du dragon sur sa taille.

- Tu te souviens de ce que j'ai dit hier ? Chuchota-elle en fermant les yeux.

- Oui. Mais disons que… la dernière fois que j'ai fait confiance à quelqu'un, j'ai failli me faire tuer, ça suffit à se montrer réticent, lâcha enfin le mage, toujours sans la regarder, sans faire le moindre geste et sans réagir plus que ça, même si ses joues avaient prit des couleurs.

- Gajil… Tu penses réellement que je pourrais te trahir ? Je ne suis pas comme ça. Je ne peux pas non plus te forcer à me raconter ce qu'il s'est passé, mais je t'assure que tu irais beaucoup mieux.

Gajil ne répondit pas. Devait-il baisser les armes et lui raconter son passé ? Il avait juré de ne plus s'attacher à personne, mais il devait le reconnaître, il n'y parvenait tout simplement pas avec elle. Elle était gentille et ouverte, mais il avait été tellement déçu par le passé qu'il l'empêchait de parler. Sa tête disait "non", son cœur disait "oui" alors qui devait-il écouter, sa raison ou ses sentiments ? Il se raidit en repensant à tout ce qu'il avait vécu et Levy dû le sentir car elle plaça ses mains dans son dos et se serra un peu plus contre lui. Et voila. Maintenant en plus de sa petite guerre intérieure, il avait l'impression que son cœur était tombé dans son ventre. Et qu'est ce qu'il lui arrivait à rougir ainsi ? Il était le Dragon Slayer d'acier tout de même ! Finalement, il prit sa décision après de longues minutes de silence. Il inspira et expira doucement, et finit par tout lâcher en bloc.

Il était né dans un petit village perdu dans la campagne, où les gens avaient la particularité de détester tout ce qui touchait à la magie. Autant dire que la vie était dure. Tout allait bien, jusqu'au jour ou la magie se développa chez Gajil. Il devait avoir sept ans à l'époque. Bien sûr, il ne la maitrisait pas et elle enveloppait juste son corps avec un halo de lumière quand il ressentait des émotions violentes, mais ça suffisait à faire fuir les enfants et provoquer le dégout des adultes. Ses parents et même ses anciens amis ne lui parlaient plus. Lui ne comprenait pas ce qu'il avait fait de mal, il n'y pouvait rien, il était né comme ça. Pourquoi n'arrivait-on plus à l'accepter juste parce qu'il émettait un petit rayon de lumière ? Résigné à ce qu'on l'évite, il passait ses journées tout seul, rentrant tard le soir et se levant tôt pour ne pas affronter le regard de ses parents. Dans son village, la magie était considérée comme malsaine, pervertissant l'âme de celui qui la possède. C'est de là que lui vint son surnom de "Kurogane". Il était un démon, il ne fallait pas l'approcher.

Mais cela s'aggrava le jour ou il fit malencontreusement exploser un verre et sa table chez lui parce qu'il était triste et dépressif à force de rester seul. Et dans ce petit incident, il blessa ses parents, même si ce n'était rien de grave. Une coupure ça se soigne… Mais aussitôt ils le jetèrent à la porte, craignant que la prochaine fois il ne fasse exploser quelque chose de plus gros (la maison ou le village) où pire, ne tue quelqu'un. Ils ne voulaient pas en être responsables, eux aussi étaient assez critiqués comme ça pour avoir mis au monde un magicien. Ce petit incident finit de convaincre les villageois qu'il était dangereux, et maintenant ils lui balançaient ce qui leur passait par la main lorsque Gajil revenait au village supplier ses parents de le reprendre. Pourquoi personne ne l'aimait ? Pourquoi était-il si différent ? Lui voulait juste des amis, des gens avec qui s'amuser, des parents pour le prendre dans ses bras… mais la seule chose qu'il recevait des autres étaient soit des cailloux, des balais, des chaises, des pots de fleur, des insultes… la dernière fois, on lui avait même balancé un couteau et un chat!

Il s'était installé un peu en dehors de la ville, près d'une rivière. Il avait de quoi se nourrir, un garçon lui ramenait à manger. Sans doute le seul qui le supportait et qui lui parlait. Gajil avait neufs ans à cet époque, et lui en avait un de plus. Il s'appelait Riko. Au bout d'un moment, ils finirent par devenir très proches. Après tout, c'était son seul ami, son confident. Il n'avait pas peur de ce que les gens pensaient, c'était un rebelle et il le prouvait. Ils devinrent vite inséparables, trainant toujours ensemble et faisant les quatre cent coups en effrayant les plus jeunes et en provoquant les ados. Mais Gajil avait peur. Il avait peur d'être rejeté à nouveau, peur de perdre le seul ami qu'il avait. Alors il faisait tout son possible pour le garder, quitte à s'aplatir complètement devant lui, même s'il n'aimait pas spécialement cela.

Cependant, il finit par tomber encore plus bas qu'il ne l'était déjà…

Riko avait réussi, par il ne sait quel moyen, à provoquer une bande de brigands qui lui avaient volé ses affaires. Et comme un idiot Gajil s'en mêla. Il les poursuivit sans relâche et tout seul, bien décidé à reprendre ce qu'ils avaient volé. Lui qui n'était même pas capable de lancer un fichu sort, contre cinq voleurs expérimentés et armés jusqu'au dents. Autant dire que son plan " je récupère les affaires de mon copain, j'explose les méchants et tout va s'arranger" ne marcha pas du tout. Il se fit tabasser royalement et laisser pour mort. D'ailleurs il l'était à moitié, complètement assommé et saignant de partout. Finalement, il réussit par il ne sait qu'elle volonté à revenir où il vivait et à se soigner du mieux qu'il put. Cela dura une semaine avant qu'il puisse à nouveau se déplacer correctement. Pendant ce temps là, Riko n'était pas venu une seule fois, sans doute le pensait-il mort puisqu'il ne l'avait pas vu revenir. Gajil ne savait pas s'il devait aller le voir et lui dire qu'il avait échoué ou rester ici. Il aurait mieux fait de choisir la seconde option… Lorsqu'il le retrouva enfin, il lui raconta ce qu'il s'était passé. Bien sûr, il ne s'attendait pas à un gros câlin de son ami, mais au moins à un remerciement pour avoir essayé. Bon Dieu qu'il se faisait des idées. Au lieu de ça, Riko l'engueula copieusement, le traitant de faible et de minable à tout bout de champ.

"Finalement tu n'es pas différent des autres, ce que je veux c'est quelqu'un de fort et qui fera ce que je lui demande, pas un minable comme toi, même pas capable de battre trois-quatre bandits… Tu n'as donc pas encore compris que j'avais juste besoin de toi pour dissuader tous ceux qui voulaient se frotter à moi ?

Il se prit tout cela en pleine figure, n'en revenant pas. Il ne connaissait plus son ami. Non d'ailleurs il venait de dire qu'il ne l'était plus. Après tout ce qu'il avait fait, après tout ce qu'il avait enduré, il se faisait encore rejeter ? Alors tout ce qu'il lui avait dit, tout ce qu'ils avaient fait ensemble, c'était du vent ? Il avait mal, trop mal, il voulait juste que cette douleur disparaisse, quitte à mourir, de toute façon il était prêt à parier maintenant que la mort elle-même allait le rejeter aussi.

Alors, le cœur brisé et l'âme déchirée, il s'enfuit. Où ? Il n'en savait rien mais il devait partir le plus loin possible. Mais finalement, ailleurs ou chez lui, c'était pareil. Il avait un aspect tellement misérable et bizarre avec ses cheveux longs qu'il ne coupait pas, que personne ne voulait de lui. Qu'avait-il fait au monde pour se faire rejeter ainsi ? Il avait beau chercher dans son passé ce qu'il avait fait de mal, il ne comprenait pas. Et puis il commençait à en avoir assez. Assez de souffrir, assez d'être seul. Si c'était possible, il aurait tout donné pour changer cela.

Ce qui arriva un beau jour. Gajil marchait dans une forêt, ignorant s'il tournait en rond ou pas. Et il s'en fichait d'ailleurs. Peu lui importait où il était, du moment qu'il restait seul. Il avait finalement compris : même si cela lui faisait mal de rester seul, c'était toujours mieux que de s'attacher au gens et de souffrir encore plus par la suite. Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas le gros rocher noir devant lui et se le prit en pleine tête. Sous le choc, il tomba par terre sur les fesses et bizarrement entendit un drôle de bruit. Le rocher dans lequel il était rentré avait sonné comme si le gosse avait shooté dans un morceau de métal. Et puis… il était grand quand même le caillou. Se frottant doucement le front et le derrière, il releva la tête pour se retrouver nez à nez avec le museau d'un dragon. Sa mâchoire se mit à pendouiller mollement et si vous me trouvez quelqu'un qui arrive à écarquiller les yeux comme lui à ce moment, vous m'appelez. Il se sentait mou du genou, tout à coup. En même temps c'était sans doute normal, il avait exactement la taille de l'œil rouge qui le fixait. Autant dire que le reste était impressionnant. Ce dragon, c'était Metallicana. Il enseigna la magie à Gajil et lui apprit à contrôler ses émotions. Même s'il se montrait très dur et restait froid et distant vis-à-vis du garçon, celui-ci ne pouvait s'empêcher de le considérer comme son père, bien qu'il se soit juré de ne plus aimer personne. C'était l'exception, pensait-il. Et puis, il admirait le dragon, capable de ne rien ressentir, ou du moins de ne rien laisser paraitre, il voulait être comme ça aussi. Par moment, cela le rendait triste qu'il ne lui rende pas son amour, mais au final les épreuves qu'il avait subies l'avaient tellement habitué qu'il laissait ses émotions de coté et tâchait de travailler sérieusement pour devenir plus fort. Tout allait bien, jusqu'au jour ou Metallicana disparut. Gajil ne sut jamais si c'était volontaire ou non de sa part, mais il s'en fichait. Il s'était de nouveau attaché, et encore une fois, se retrouvait seul. Cette fois il en avait assez. Peu lui importait la raison de sa disparition, il souffrait à nouveau et il lui en voulait pour ça. Il s'en voulait aussi, c'était de sa faute, il n'avait rien appris de ses erreurs et avait chéri le dragon, sachant très bien ce qu'il risquait. Maintenant, il ne serai plus jamais blessé. Non. Plus jamais."

Après qu'il eut terminé, le silence s'installa entre les deux mages. Gajil ne bougeait pas, dur comme la pierre, et il serrait les poings tellement fort que le sang en coulait à nouveau. Levy, elle, ne savait plus quoi dire. Elle était vraiment surprise et ne s'attendait pas à ce que le Dragon Slayer ait un passé aussi troublé. Elle le comprenait mieux maintenant. Lentement, elle desserra ses doigts crispés et prit la main du mage dans la sienne.

- Gajil… commença-t-elle avec une petite voix en serrant sa main.

- Ah, c'est bon, me prends pas en pitié, c'est bien la dernière chose dont j'ai besoin. Râla-t-il, agacé.

- Merci de m'en avoir parlé...

- Tss.

- Ca va mieux non ? Elle lui sourit d'une façon si adorable qu'il sentit son cœur s'emballer à nouveau.

Pour une fois, les lèvres du Dragon Slayer s'écartèrent légèrement vers le haut, dévoilant un petit sourire en coin très mignon et il prononça une phrase qu'il n'aurait sans doute jamais dite auparavant. Sa fierté en prit un coup.

- … Ouais… merci.

La jeune fille rougit et détourna le regard vers la fenêtre où elle aperçut quelque chose de suspect.

- Gajil ? C'est quoi ça ? Demanda-t-elle en désignant le Shikigami qui s'était posé innocemment sur le rebord juste avant. Innocemment hein.

Ledit Gajil écarquilla les yeux et la seule chose qui lui vint à l'esprit fut "!"

- Rien du tout ! Il répondit trop précipitamment et d'une façon tout à fait suspecte.

- Tu ne sais pas mentir. La jeune fille lui sourit mais tendit quand même la main pour prendre la poupée en papier et la regarder de plus près. C'est un Shikigami non ? Depuis quand tu as ça ? Demanda-t-elle en plissant les yeux.

- C'est quelqu'un qui me l'a passé.

- Qui ça ?

- Tu connais pas. Le Dragon Slayer transpirait à grosses gouttes maintenant.

- Au contraire, j'ai entendu parler de quelqu'un maitrisant ce genre de magie. Dis-moi qui c'est Gajil.

Le mage retira la main que la jeune fille tenait toujours, croisa les bras et regarda ailleurs avant de déclarer sombrement.

- Iwan. Il fait partie d'une guilde noire.

Levy sursauta effrayée soudain.

- Mais tu n'as pas accepté hein ?

- Non. J'ai dit que j'y réfléchissais.

La jeune fille poussa un imperceptible soupir soulagé puis le regarda sérieusement dans les yeux.

- Tu ne dois pas accepter Gajil. Ce n'est pas bien, tu ne te rachèteras pas comme ça. A Fairy Tail, on est une famille, on ne te laissera pas tomber tu sais.

- J'en suis pas si sûr, tu vois.

- En tous cas, moi je ne te laisserai pas tomber.

Le Dragon Slayer ne répondit pas, au contraire, il se raidit et lorsque la mage le sentit, elle fit de même. Avait-elle dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Elle leva la tête et vit qu'il avait une expression bizarre et que son nez frémissait. Aussitôt un frisson d'inquiétude parcourut son dos et elle demanda :

- Qu'est ce qu'il y a ?

- Je crois… qu'on à de la visite. Non… t'as de la visite.

Levy se raidit et se leva brusquement avant d'ouvrir la porte et de passer une tête timide à l'extérieur. Vu l'état de Gajil, il ne ferait pas long feu si on venait encore lui chercher des noises. Cependant ce n'était pas des ennemis qui arrivaient. La mage au cheveux bleus écarquilla les yeux lorsqu'elle les reconnut. Franchement. Ils ne pouvaient pas tomber plus mal ces deux là.