Dominique aidait Louis à faire ses valises. « Failamalle ! » clamait-elle dans la salle commune des Gryffondor, tout en pestant que, tout de même, en troisième année, il devrait être capable d'un sortilège aussi simple. Lucy était impatiente de raconter à son père comment elle avait fait gagner 30 points à sa maison. Elle était si fière, et un peu vantarde, il faut l'admettre. James se moquait souvent d'elle et de sa suffisance, mais ça ne l'empêchait pas de fréquenter avec plaisir sa cousine aux cheveux auburn toujours coiffée « comme une institutrice moldue », disait-il (et il savait de quoi il parlait : sa tante Mathilde Dursley était institutrice).

Scorpius regardait les Weasley sur le départ, le cœur serré. Il n'y avait qu'eux qui continuaient de le soutenir. Il n'y avait qu'eux, dans tout Poudlard, pour ne pas croire en la culpabilité de son père.
Eux qui l'aidaient à tenir le choc, eux qui le forçaient à manger le matin (et c'était vraiment une preuve d'amour que de lui tenir tête sur ce point), eux qui lui donnaient des tapes amicales dans le dos en disant « On est là, ça va aller, on est là… ».
Parfois James et sa bande se retrouvaient collés pour avoir attaqué quelques « petits cons » (c'était le mot employé par James) qui osaient insulter son protégé, oubliant que lui-même l'avait fait il n'y avait pas si longtemps que cela.
Eux, ils étaient là. Et ils allaient le laisser…
Albus et Rose descendirent de leurs dortoirs respectifs.

« Vous n'avez pas fait vos valises ? »
« On reste ici. »

Regard interrogateur.

« Déjà, hors de Poudlard, c'est toujours un peu dangereux avec les Détraqueurs et… » commença Albus.
« … et on préfère rester avec toi », termina Rose.

Le cœur de Scorpius allait exploser. Il se jeta dans les bras de ses amis.
« Hey, moi aussi je veux rester alors ! »

C'était la petite Lily, qui semblait toute rouge de colère.
« Pourquoi VOUS vous pouvez rester, et pas moi ? »
Elle avait laissé tomber sa valise à ses pieds, avait croisé les bras. Elle avait la même posture, la même expression que leur mère lorsqu'elle les gronde.

« Mais Lily, tu ne seras pas mieux avec papa et maman ?... »
« Non, non, non ! Moi aussi je veux rester ! » Elle tapait du pied. « Je veux rester, je veux rester, je veux rester ! »

Albus la prit à part. Il tentait de lui expliquer que non, ce n'était pas possible, que sans les parents ou James elle s'ennuierait surement, que toutes ses amies rentraient chez elle… Rien n'y faisait.
« Je… je veux rester… avec Scorpius. »

C'était donc ça.
Son meilleur ami n'était pas seulement la coqueluche de la famille. Sa petite sœur avait le béguin pour lui.
Il ne parvint pas à réprimer un petit rire.

« Et en plus tu te moques de moi… »

Il aurait voulu lui répondre « Mais non, je ne me moque pas de toi. » mais ç'aurait vraiment sonné faux.

« Je veux rester. Je ne vous embêterai pas, promis. Oh, s'il te plaît Albus ! Écrivons aux parents… »
Elle ouvrait grand ses yeux sombres, prenait une pose de petit chat. Du haut de ses onze printemps, elle savait toujours y faire pour amadouer son entourage. Albus céda.
« Je vais voir ce que je peux faire… »

Et ainsi le Poudlard Express revint voie 9 ¾ allégé d'une autre personne.
Quand les portes s'ouvrirent, Hugo se jeta dans les bras d'Hermione en criant « maman ! ». Dominique et Louis furent accueillis par leur sœur et son fiancé. Dominique hurla « Hiiiiiii ! » en voyant la bague de Victoire.
James partait avec un de ses amis, Edward Thomas. Harry salua d'un geste de la main Dean, le père de ce dernier. Puis, regarda sa femme : cet hiver, ils seraient tous les deux, seuls. Ça ne les réjouissait pas plus que ça…

Enfin Lucy prit sa petite sœur dans ses bras, frottant sa joue contre la sienne, tout en racontant ses exploits à ses parents.
Audrey souriait, amusée, bienveillante.
Percy caressait la tête de sa fille. Il était fier.
D'ailleurs, ses filles étaient sa seule source de fierté…