Bonjour, bonsoir tout le monde ! Me voici avec un recueil de crackship o/ Pour l'instant, 16 OS sont prévu mais il se peut que d'autre vienne se rajouter. Aussi, pour rajouter du challenge, parce que c'était évidemment trop facile, j'ai aussi décidé d'écrire sur un thème à chaque fois !

On commence donc avec une songfic sur du Dabi x Fumikage, la chanson était Repeat Until Death de Novo Amor que j'aime beaucoup beaucoup beaucoup et je ne peut que vous conseiller d'aller l'écouter avant même de lire cet OS !


Low

Fumikage regardait le ville s'étendre à ses pieds, lumineuses de son perpétuel éclat, assis sur le rebord d'un toit. Elle était bien loin de refléter ses propres pensées. Toutes tournées dans la même direction.

Dabi.

Il pensait à Dabi, à leur dernière rencontre, dans ce petit restaurant bien caché dans les petites rues de la ville. Cette soirée avait été plus que bonne et comme tant de fois auparavant, ils avaient fini la nuit dans un hôtel miteux qui se fichait de qui prenait une chambre tant que le prix était payé.

Une mauvaise relation née d'une mauvaise habitude. Celle de laisser Dabi filer en douce quand il le croisait en patrouille, pour une raison qu'il avait aujourd'hui oublié. Celle de rester à discuter au bord d'un toit, les jambes dans le vide et l'air balayant leurs cheveux et plumes. Celle de le regarder plus que de raison, fasciné de la pire façon qui soit. Celle de lui parler, de discuter plus qu'il ne le faisait avec ses propres collègues.

Sûrement que c'était destiné à se produire. Sûrement qu'il n'aurait rien y faire de toute façon.

A part of me now

Sûrement que son cœur l'avait déjà choisi avant même qu'ils ne se rencontrent. Sûrement qu'il était ridicule, de penser à un vilain de cette manière, de le laisser tant s'approcher, de ne même plus essayer de le repousser, d'avoir envie de plus encore, de quelque chose qu'il ne pouvait avoir.

D'avoir envie, soir après soir, nuit après nuit, de laisser échapper quelques mots.

A palm to my mouth

I said it, almost

Des mots qu'il n'avait simplement pas le droit de dire. Ils étaient trop lourds de sens, de sentiments pour être prononcés. Trop sincères aussi. Mais il était habitué au silence et s'y contraindre pour préserver cette relation malsaine ne semblait pas être un prix trop élevé.

Snow

La neige tombait en gros flocons sur la ville mais elle ne tiendrait pas. Elle fondrait et deviendrait de la bouillie noircie au bord des routes pour quelques jours, donnant un bien triste aspect à ces flocons purs.

Il ferma les yeux et inspira l'air froid. Son costume n'était pas prévu pour l'hiver, la faute à un temps de réparation un peu trop long du bon costume, mais ça ne le gênait pas tant que ça. Ses plumes étaient déjà bien assez chaudes. Pourtant, sa poitrine semblait froide, quoique, non, elle n'était pas froide mais c'était autre chose, une chose qu'il n'arrivait pas à nommer mais qui lui tordait l'estomac. Désagréable, pourtant, il était sûr que c'était essentiel.

Brother, I'll bet it all gold

Il voulait que ça marche entre eux, que ça puisse marcher. Que les coups qu'ils échangeaient n'aient aucune signification, qu'ils puissent marcher dans la rue côte à côte ou peut-être se tenir la main. Non, Dabi ne voudrait pas, mais ce qui s'en rapprocherait le plus alors.

Il aurait été prêt à tout pour lui, plus jeune, lors de ses premières patrouilles en solo, quand sa fascination s'était révélée être autre chose.

Ça lui avait valu une sacré droite dans le bec d'ailleurs.

Shudder with blood in my nose

I had it, almost

Il déglutit et inspira de nouveau. Était-ce des larmes dans ses yeux ?

Don't go

Il sentait, savait que ça ne durerait pas. Il observait Dabi depuis si longtemps qu'il pouvait prévoir son comportement, et la façon qu'il avait de tourner la tête vers l'horizon quand ils se retrouvaient sur les toits en disait long.

Bientôt, dans quelques semaines peut-être, ce serait fini.

You're half of me now

Les larmes qui menaçaient d'échapper à ses yeux réussirent à s'en échapper et à couler le long de ses plumes. Comment avait-il fait pour s'attacher à ce point à un criminel qui n'avait échappé à la rafle massive de vilains que par miracle ? Comment avait-il pu se faire avoir, alors que Dabi n'avait rien fait pour ça ? Comment avait-il pu tomber si bas ? Comment avait-il pu… ?

But I'm hardly stood proud

Chaque fois qu'ils devaient se battre lors d'une patrouille, parce que d'autres étaient là, il savait qu'il retenait ses coups. Pas Dabi. Amant ou pas, Dabi ne faisait jamais preuve de pitié. Et ça faisait mal, de voir comment il arrivait à se détacher de ses émotions alors que Fumikage en était simplement submergé. Mal de savoir que ses émotions n'avaient jamais été à ce point en bordel et qu'il savait qu'il n'arriverait à rien arranger. Il avait passé sa vie à gérer des émotions, des sentiments, simples et logiques. Rien de trop bouleversant.

Pourtant c'était bien ce qu'était Dabi. Une tempête qui ne s'arrêtait à rien, même aux sentiments d'un proche. Si Fumikage pouvait être considéré comme un proche.

I said it, almost

Il avait tellement envie de le dire, au moins une fois avant que ça se termine mais il savait que s'il le faisait, s'il osait, alors tout se briserait. Oh, comme il se sentait pitoyable.

Oh, I've been low

Il expira et regarda le léger nuage de vapeur disparaître doucement, comme la fumée d'une cigarette qui volette avant de s'éteindre.

But dammit, I bet it don't show

Il laissa les larmes couler, sachant pertinemment qu'il n'aurait que peu d'autres occasions de le faire. Il devait garder la face, parce qu'il était Tsukuyomi, le héros de l'ombre. Il était un symbole pour certain et ce symbole ne pouvait pas, n'avait pas le droit, de faiblir. Et être autant attaché qu'il soit à Dabi,- oh que le mot était juste - ça ne pouvait qu'affaiblir son image, celle qu'il travaillait depuis le lycée.

Et c'était hors de question.

Et pourtant…

It was heaven a moment ago

Pourtant, quelques semaines, quelques mois, auparavant, tout allait si bien. Si bien, en fait, qu'il avait été à deux doigts de basculer de l'autre côté, pour pouvoir obtenir ce qu'il n'obtiendrait jamais.

Oh, I had it almost

We had it almost

Il aurait pu, peut-être aurait-il dû. Difficile à dire, même avec du recul. Car les vilains n'abondait plus autant qu'avant, tout comme les héros, ils se faisaient plus discret. Alors si un héros changeait de camp, qu'est-ce que ça ferait ? Probablement pas grand chose. Ses collègues proches seraient sûrement choqués sur le coup, mais ils s'en remettraient rapidement, parce qu'il deviendrait une cible pour eux et que le travail primait sur les considérations personnelles.

Oh, I can't seem to let myself leave you

Mais non. Il ne pouvait, ni ne devait, le faire. Ce serait rejeter les valeurs qui l'avaient vu grandir et pousser à choisir ce métier.

Et l'air se bloqua dans sa gorge quand il réalisa que quoi qu'il fasse, il perdrait Dabi.

But I can't breathe anymore

L'air était soudain trop lourd, ses narines encombré de larmes et il inspira de manière hachée et misérable.

Un rire sans joie lui échappa mais disparut dans ses sanglots.

Il avait besoin de Dabi. Il s'était laissé prendre dans un jeu où il ne pouvait que perdre et il y était allé la tête en avant. Et maintenant, il ne pouvait plus faire marche arrière. Mais Dabi oui. Dabi pourrait et mettrait un terme à leur relation, car lui seul en était capable. Lui seul aurait le détachement nécessaire pour briser ce lien.

Oh, I can't seem to not need to need you

Ce lien devenu si précieux aux yeux de Fumikage, comme une corde autour de son cou, qui pourrait l'empêcher de chuter ou le tuer sur le coup. Un corde douce, aux bords rêches, longue mais qui rétrécissait de jour en jour. Un jour, plus rien ne retiendrait sa nuque et il tomberait, la tête en avant, les pleurs dans la gorge.

And I can't breathe anymore