Chapitre 1 : Harry est abandonné

N/T : Coucou ! Voilà la traduction de la fic 'Fantastic Elves and Where to Find Them' de evansentranced. Je trouve cette fanfic excellente et je voulais vraiment la partager avec un maximum de personnes. J'espère qu'elle vous plaira !

Le lien de l'originale est dans mon profil.

Bonne lecture !

N/A : Et voilà une nouvelle histoire ! Oui, il y aura une suite, qui n'est pas encore terminée. Merci également à darksatinbluenight, avalonchick5 et Sapphire Wing, qui change de nom bien trop souvent, d'ailleurs, pour le travail bêta !


"Pourquoi est-ce que Harry doit venir ? Il va tout gâcher ! Il est stupide !" Dudley donna un coup de pied dans le siège de Pétunia alors que Vernon chargeait le panier de pique-nique dans le coffre.

"Mme Figg ne pouvait pas le surveiller aujourd'hui, mon canard adoré, tu le sais." minauda Pétunia. "Ne t'inquiète pas, je ne le laisserai pas gâcher nos vacances parfaites !"

Harry se tenait tranquillement sur le trottoir, son petit sac à la main, attendant d'être autorisé à entrer dans la voiture.

Vernon claqua le coffre.

"C'est ça, garçon." Il ouvrit la portière du côté conducteur et se hissa derrière le volant. "Tu te tiendras à carreaux dans le Kent, ou ce sera le placard pendant une semaine pour toi."

"Oui, Oncle Vernon," dit Harry, grimpant à l'arrière. Il envisagea de mettre sa ceinture de sécurité, mais vu la couleur que prenait le visage de Dudley, il se dit qu'il serait plus en sécurité sans être attaché.

Le trajet allait être long.


Harry avait raison. Cela avait été un trajet interminable. Dudley, impatient comme toujours, avait décidé environ vingt minutes après le début du voyage que Harry prenait trop de place. Quand ils arrivèrent enfin à destination, Harry avait des marques en forme de portière de voiture d'un côté de son corps et des bleus en forme de baskets de Dudley de l'autre.

En arrivant sur le site de pique-nique, Vernon et Pétunia dirent à Harry d'installer leur table de pique-nique avec toutes les fournitures qu'ils avaient apportées. C'était un pique-nique pour l'entreprise d'oncle Vernon, Grunnings, donc il y avait aussi d'autres familles dans le coin, souvent avec des enfants. Il avait déjà été interdit à Harry de leur parler, et quand il eut fini de s'installer, oncle Vernon lui ordonna d'aller localiser les toilettes.

A la place, Harry s'éloigna vers la petite zone boisée à proximité. Quand oncle Vernon lui confiait une tâche comme celle-là, cela signifiait simplement qu'il voulait que Harry disparaisse et ne cause pas de problèmes. Il n'y avait aucune raison de revenir avant que le pique-nique soit fini. La zone boisée était en grande partie calme, même si de temps en temps, quelques enfants faisaient irruption dans le fourré, fixaient Harry avec curiosité et s'éloignaient lorsque leurs parents appelaient. Personne n'était rester pour lui parler, cependant.

Harry était ok avec ça, cependant. Il avait beaucoup réfléchi à ce qu'il apporterait lorsqu'il avait entendu parler de cette excursion. Il avait apporté pratiquement tout ce qu'il possédait, y compris des vêtements de rechange, juste au cas où il se salirait. Oncle Vernon avait refusé que Harry monte dans la voiture avec des vêtements sales auparavant, et Harry ne voulait pas imaginer comment la situation pourrait tourner si loin de la maison.

Il jouait maintenant avec ses petits soldats, ceux que Dudley avait fondus au micro-onde et abandonnés. Harry leur faisait combattre les trolls qu'il avait créés à partir de cailloux aux formes intéressantes qu'il avait trouvé. Tous les soldats avaient d'étranges déformations dues au micro-ondes, mais c'étaient des blessures de guerre. Les trolls gagnaient, après tout, et les soldats devraient bientôt appeler des renforts. Harry jeta un œil autour de la petite clairière dans laquelle il s'était installé, se demandant ce qui allait venir en aide aux soldats. Probablement les elfes verts. Il ramassa quelques petites branches d'un conifère et les planta dans le sol près des soldats. Les elfes ont toujours été de bons combattants et ils avaient de la magie. Oncle Vernon et tante Pétunia n'aimaient pas ça quand Dudley regardait des émissions avec de la magie, et ils ont vraiment explosé quand ils ont surpris Harry en train de lire des livres de fantasy, donc Harry savait que la magie était quelque chose de dangereux, important et étonnant.

Harry devint si absorbé par son jeu, qu'au moment où il releva les yeux, le soleil s'était déjà bien couché. En rangeant ses jouets dans son sac à dos, il examina ses vêtements et constata que son pantalon était un peu boueux. Il prit quelques minutes de plus pour se changer dans le bois ; s'il sortait de sa cachette l'air débraillé, l'oncle Vernon serait énervé.

Il décida de se glisser dans les toilettes et de soigner son apparence un peu plus avant de trouver les Dursley, mais quand il sortit de la zone boisée et commença à marcher vers le site de pique-nique, il découvrit que beaucoup des collègues de l'oncle Vernon et leurs familles étaient déjà partis. Il marcha plus vite, remettant son sac sur son épaule. Un pressentiment s'installa au creux de son estomac alors qu'il approchait de la zone où il avait laissé les Dursley pour la dernière fois.

Il ralentit ses pas en gravissant la petite colline au sommet de laquelle ils pique-niquaient. Tante Pétunia aurait sûrement quelque chose à dire à propos de sa disparition, et l'obligerait probablement à nettoyer leur quartier et à ranger la voiture tout seul, maintenant qu'il n'y avait pas autant de monde. Oncle Vernon passerait la moitié du trajet en voiture à dire à Harry à quel point il était ingrat. Dudley lui donnerait encore plus de coups de pied. Et ils allaient tous…

Harry s'arrêta au centre de l'aire de pique-nique vide et regarda autour de lui. A proximité se trouvait le parking presque vide où la voiture des Dursley s'était arrêtée quelques heures auparavant. La berline sensée de l'oncle Vernon n'était nulle part en vue. Les poumons d'Harry semblaient se contracter, et son cœur battait d'une manière un peu lointaine. Il regarda autour de lui et vit que la plupart des autres pique-niqueurs partaient. Si l'un d'eux le remarquait ici...

Faisant comme si tout était normal, Harry se cacha dans les toilettes et s'enferma dans une stalle. Il s'assit sur le réservoir avec ses pieds sur le siège et se rendit silencieux, contrôlant les petits gémissements et les souffles rauques qui voulaient sortir de lui. Si une des personnes dehors l'entendait ici, il serait attrapé et ils l'enverraient à la police. Les Dursley lui avaient dit des choses horribles sur la police et rien de ce que Harry avait entendu ailleurs ou vu à la télévision (quand il pouvait regarder sans que les Dursley s'en aperçoivent) n'avait pu changer cette mauvaise opinion. Il se recroquevilla sur lui-même et pencha son front sur ses genoux, respirant durement (mais en silence) dans la jambe de son pantalon, sa tête martelant un staccato derrière ses paupières.

Il resta là pendant ce qui lui semblait être des heures, jusqu'à ce que tous les bruits des autres personnes à l'extérieur des toilettes se taisent, et la seule chose qu'il pouvait entendre était le bruissement du vent à travers les arbres. Même après que le silence ait régné assez longtemps pour que Harry ne sache plus combien de temps, il resta dans les toilettes, plié en deux, les bras enroulés autour de ses cuisses, fixant d'un air morne la porte de la cabine. Il y avait beaucoup de graffitis dessus. 'Shawna la pute' et 'Jay étai la 1985' étaient griffonnés dans son champ de vision. Il y avait une profonde entaille dans le nom de Shawna. Harry attendit, et quand sa gorge cessa de se sentir si sèche et son visage serré, mais moins mouillé, il se détendit et descendit des toilettes. Il ne pouvait pas rester ici pour toujours. Les toilettes ne se nettoient pas toutes seules. Quelqu'un finirait par le trouver.

Il sortit dehors précipitamment et regarda autour de lui, se frottant le visage. Le soleil était déjà presque couché et il n'y avait personne en vue. Sans s'arrêter pour considérer ses options, il se dirigea vers le bois où il avait passé la majeure partie de la journée. Il reprendrait ses esprits et ferait un plan là-bas.

Harry atteignit le bois et grimpa à l'un des arbres aussi haut qu'il le pouvait sans sentir l'arbre commencer à pencher. Il s'accroupit alors que les derniers rayons de lumière mouraient, son sac à dos fermement attaché à son dos. Il serra le tronc dans ses bras, pressant son visage contre celui-ci et se sentant plus clame, il réfléchit. Maintenant qu'il avait eu le temps de surmonter sa panique initiale, Harry s'était un peu calmé.

Pour un enfant de son âge, Harry ne se faisait aucune illusion sur les Dursley. Ils ne l'appréciaient pas, ils ne l'aimaient pas et ils ne se souciaient pas de lui. Il était une nuisance, c'est tout. Lorsqu'ils interagissaient avec lui, ils passaient le plus clair de leur temps à essayer de le rendre le plus utile possible et ne rataient aucune occasion pour lui faire savoir à quel point il était inutile. S'il ne faisait pas les corvées, il était puni pour une raison ou une autre. Cela faisait de Harry un garçon de six ans très pragmatique.

Il savait que les Dursley ne l'avaient pas simplement oublié. Il savait qu'ils ne reviendraient pas. Il faisait déjà nuit. Ils auraient pu conduire jusqu'à Privet Drive et en revenir au moins deux fois depuis qu'il avait remarqué leur absence. Il savait que la seule façon pour lui de revoir Privet Drive était par ses propres efforts. De vagues plans de monter à bord d'un train ou d'un bus se formaient dans son esprit. Même s'il n'était pas vraiment sûr de la façon dont ces choses marchaient, il savait qu'elles devaient fonctionner. Les gens s'en servaient tous les jours pour rentrer chez eux.

Mais alors que Harry revenait à lui-même, il commença lentement à se rendre compte qu'il ne le voudrait peut-être pas.

Les Dursley étaient affreux. Il rêvait chaque jour d'une autre famille qui viendrait l'emmener, qui le sauverait, l'aimerait et le traiterait comme le leur comme le faisaient les familles des autres enfants, comme les Dursley traitaient Dudley. Il voulait vraiment faire partie d'une autre famille surtout pour oublier à quel point il ne faisait pas partie de celle des Dursley.

Harry respira l'odeur apaisante des arbres autour de lui et reconnut finalement l'inévitable. Il n'avait pas de famille. Ces proches n'étaient plus là maintenant. Tout ce qu'il avait, c'était lui-même, et vraiment, c'était tout ce qu'il avait jamais eu. Il n'était pas pire qu'avant.

Ce fut cette pensée, si nouvelle et pourtant si évidente, qui sortit complètement Harry de la panique dans laquelle il était depuis qu'il avait réalisé que les Dursley étaient partis. Il avait tout ce qu'il possédait avec lui. Il avait un endroit où dormir pour la nuit, et ce n'était pas comme s'il n'avait jamais dormi dans un arbre avant. Les chiens de tante Marge l'avaient forcé à rester en haut d'un arbre pendant une nuit à plus d'une occasion. Soudain épuisé, Harry parvint à s'endormir, se permettant d'imaginer que ce n'était qu'un autre de ces moments, qu'il était dans le jardin derrière et Ripper faisait les cent pas autour des racines, un grondement sourd au fond de sa gorge chaque fois que Harry bougeait.


Il y avait une ville près du site de pique-nique. Cette pensée était proéminente dans l'esprit de Harry quand il se réveilla le lendemain matin, et alors qu'il descendait de l'arbre, raide mais bien reposé, il réfléchit à la façon dont il pourrait y arriver.

C'était idiot pourtant. Il était seul maintenant. La marche était la seule option, vraiment. Harry mit sa sacoche sur son dos et partit à travers les arbres le long de l'autoroute, en suivant les panneaux. Au fur et à mesure qu'il marchait, il commença à se rendre compte qu'il était important de trouver de la nourriture. Il avait piqué un peu de nourriture à tante Pétunia alors qu'elle préparait leur pique-nique hier matin, mais il avait déjà tout mangé. Il ne s'était pas attendu à devoir le faire durer indéfiniment. D'habitude, il était un peu prévenu pour ce genre de chose. Les humeurs de l'oncle Vernon étaient plutôt prévisibles.

En y réfléchissant, cependant, il réalisa qu'il serait facile de trouver de la nourriture. Lorsque les Dursley décidaient de ne pas nourrir Harry, tout ce qu'il avait à faire était de piquer leurs restes dans la poubelle. A son école primaire, les enfants jetaient aussi de la nourriture. Il lui suffisait de trouver une école ou un quartier où les poubelles étaient accessibles.

Il atteignit les abords d'un village alors que le soleil atteignait son apogée dans le ciel, et il considéra ses options. La route principale de la ville était probablement le meilleur endroit où aller au début, pour savoir où se trouvait l'école. Il prit une route plus large et la suivit, certain qu'elle le conduirait là où il devait aller. Effectivement, alors qu'il marchait, les maisons se rapprochèrent et les magasins commencèrent à apparaître.

Il repéra une épicerie et la regarda du coin de l'œil. Il y avait de la nourriture là-dedans. Et là où il y avait de la nourriture, il y avait des gens qui jetaient de la nourriture. Harry avait appris cela à un jeune âge. Il était difficile de ne pas remarquer quand tout le monde en avait un petit quelque chose en plus sauf lui.

Il s'y dirigea prudemment, essayant de deviner où étaient gardées les poubelles.


Harry appris au cours des quelques semaines où les différents magasins d'alimentation du village jetaient des choses. Il y avait d'autres personnes qui venaient parfois fouiller les poubelles, et Harry s'assurait de rester à l'écart. Il les voyait parfois, à l'écart des autres villageois, dans les endroits qu'il pensait être les plus sûrs pour dormir ou se détendre (jusqu'à ce qu'il comprenne qu'eux aussi avaient eu la même idée). Il ne parlait à personne s'il pouvait l'éviter. Et il le pouvait généralement.

Il ne savait toujours pas comment s'appelait le village, mais cela importait peu. Il était doué pour être discret et en savait assez pour rester hors de vue lorsque les autres enfants de son âge étaient à l'école. C'était presque l'été et il pourrait alors se déplacer sans entrave pendant la majeure partie de la journée. Jusque-là, il faisait profil bas.

Il passait une grande partie de la journée après l'école à la bibliothèque du village. Personne n'y regardait à deux fois en voyant un enfant dans une bibliothèque. Personne n'attendait que Harry achète quelque chose ou sorte, et quand la bibliothécaire le voyait assis à une table avec un livre, elle lui souriait et le laissait tranquille. Harry choisit quelques tomes de 'Survivre dans la nature' dans la section pour adultes et les cacha dans des livres d'images. Il eut des difficultés à les lire, car il n'avait commencé que récemment à lire des livres qui n'avaient pas d'images dedans, mais il pensait en comprendre une bonne partie. Il y avait des photos, au moins. Celles-ci aidaient. Il apprit un peu comment se tenir au chaud la nuit, comment allumer des feux et quelles plantes dans les bois n'étaient définitivement pas mangeables. Il vola le livre le plus utile (celui avec le plus d'images) et arracha le métal de la reliure qui déclenchait la sonnerie de la bibliothèque, afin qu'il puisse le garder dans son sac à dos sans éveiller les soupçons.

Après un certain temps, Harry se lassa des livres de survie (bien qu'il ait gardé son guide volé). Il lut de manière sélective dans la section pour enfants, tout ce qui attirait son attention ce jour-là, et finalement la curiosité le conduisit à la section pour adultes. Ses capacités de compréhension s'étant considérablement améliorées, lorsque l'un des bibliothécaires lui montra les dictionnaires pour enfants et lui a appris à s'en servir.

Harry avait deux tenues de rechange dans son sac, qu'il portait jusqu'à ce qu'il ne puisse pas ignorer à quel point elles étaient sales. Les bibliothécaires avaient commencé à le regarder de travers. Il avait déjà pensé à les laver cependant. Le site de pique-nique se trouvait près d'une rivière, et Harry y retourna un jour et lava ses affaires sur des rochers, comme le montrait les images de ses livres 'Survivre dans les bois'.

Dans l'ensemble, même s'il ne faisait pas chaud, ce n'était pas paisible, et Harry passa beaucoup de temps stressé, affamé, caché et seul, il réussit à passer plusieurs mois dans le petit village près de l'aire de pique-nique. Il avait juste assez de nourriture et il était plein de ressources pour un enfant de son âge. Plus important encore, il était petit et il pouvait s'adapter à des endroits où d'autres ne pouvaient pas, ce qui lui donnait beaucoup de cachettes où personne ne penserait à le chercher.

L'une des personnes âgées qui fréquentait la benne de l'épicerie s'est intéressée à Harry après un mois. Il essayait fréquemment de parler à Harry et de le suivre. Harry n'aimait pas l'attention quand il vivait encore avec les Dursley, mais maintenant, même le son de la voix d'une autre personne dans sa direction faisait monter son adrénaline, et il s'enfuit les mains vides plusieurs fois.

Ce soir-là, Harry avait dû attendre que quelques personnes partent avant de pouvoir se rendre aux poubelles lui-même, alors il se sentait déjà sur le qui-vive. Il escalada le rebord de la benne et se laissa tomber à l'intérieur, espérant remplir son sac et ne pas avoir à revenir avant la semaine prochaine. Il y avait du pain parfaitement bon, que Harry prit, et une boîte de céréales déchirée qui n'était qu'un peu humide. Il venait juste de finir de fouiller dans un sac à moitié plein de légumes abîmés, presque pourris (tout le monde avait pu prendre toutes les choses décentes, donc Harry devait trier pour trouver un concombre passable et quelques pommes), quand il entendit quelqu'un s'approcher.

Il se figea et s'accroupit un peu plus bas, regardant à travers une ouverture dans la petite ouverture carrée sur le côté de la benne.

"Hé, bonhomme." C'était l'homme plus âgé qui l'avait suivi. Harry serra son sac contre sa poitrine, écrasant le pain. Il ne répondit pas.

"Bonhomme, ça va ? T'as des parents ?"

Harry fixa la petite ouverture. Son cœur battait la chamade et ses membres tremblaient. Il voulait que la porte reste fermée de toutes ses forces.

"Je ne vais pas te faire de mal," dit l'homme, bien que Harry l'ignorât. Si l'homme voulait lui parler, c'était probablement mauvais signe. Il se tenait juste devant la benne maintenant. Harry se pressa contre le coin arrière, fixant la petite ouverture. Le haut de la benne était fermé. Sa seule issue était cette petite porte, et Harry pouvait voir l'homme qui se tenait juste de l'autre côté.

"Tout va bien, bonhomme." L'homme mit ses doigts dans l'interstice et essaya d'ouvrir la petite porte. Ça ne bougeait pas. L'homme jura et tendit la main pour soulever le haut à la place. Le cœur de Harry bondit et il vit le visage débraillé de l'homme apparaître quelques millisecondes avant que tout ne devienne sombre et que tout son corps se tende comme s'il était pressé à travers un tuyau d'évacuation.

Harry haleta alors qu'il ouvrait les yeux et se retrouva accroché au tronc d'un arbre. Déconcerté, il fit le point sur sa situation. Il était perché sur une branche à 12 mètres au-dessus du sol à l'autre bout du parking. De cette hauteur, il pouvait voir la benne et l'homme grisonnant se tenant devant, regardant à l'intérieur. Harry cligna des yeux. Son sac à dos était coincé entre lui et le tronc, et bien que la nourriture ait été écrasée, elle était toujours parfaitement mangeable.

Il prit quelques minutes pour se calmer, fixant avidement le vieil homme au cas où il trouverait Harry dans l'arbre et le poursuivrait à nouveau. Pour sa part, l'homme regarda la benne un peu plus longtemps, fit un tour complet autour de celle-ci et finalement s'éloigna.

Une fois qu'il eut quitté la vue de Harry, marchant dans la direction opposée, Harry s'autorisa à se détendre vraiment. C'était l'une de ses cachettes les plus sûres. Personne ne jamais grimpait aux arbres pour dormir à part lui, et personne dans cette ville ne levait vraiment les yeux. Et même s'ils le faisaient, les feuilles obscurcissaient la plupart de la forme de Harry. Il décida de simplement rester ici pour la nuit, et de s'inquiéter de la façon dont il y serait arrivé demain.