Ni Florent, ni Mikele, ni aucune autre personne ne m'appartient. Je ne touche pas d'argent, je ne connais pas personnellement les personnes desquelles je parle.

Point de vue de Mikele : 18 décembre 2009

Les mois ont passé, nos vies ont été totalement bouleversées pour le meilleur. J'ai l'impression de vivre un véritable rêve.

Je fais le métier que j'aime, je vis de ma passion, et tout cela accompagné de l'homme de mes rêves. Tout à l'air bien trop beau pour être vrai. Depuis le réveil ce matin, je suis angoissé. J'ai l'horrible pressentiment que quelque chose de grave va se produire.

Nous avons une émission prévue cet après-midi à l'Ecole des Stars. Jusque là, rien de bien extraordinaire. Nous sommes habitués à ça depuis bien longtemps maintenant, en particulier depuis que nous avons commencé à nous produire au Palais des Sports.

Le show se passe comme prévu, nous chantons Tatoue-Moi. Être de nouveau sur scène me remet d'aplomb. Peu à peu, l'anxiété me quitte pour laisser place au bien être de chanter. Mozart me possède une fois encore et j'entre totalement dans mon personnage.

Je me rapproche de Mélissa, entourant sa taille comme le ferait un amoureux. Je jette un rapide coup d'œil à Flo avant de me retourner vers Claire. Cette dernière me caresse tendrement le menton puis le torse et je surprends le regard furieux de mon chéri.

Je ne comprends pas sa réaction, je me comporte seulement comme l'exige mon personnage. Après une pause durant laquelle Flo cherche à m'éviter en se réfugiant sur le bord de la fenêtre, nous revenons pour chanter l'Assassymphonie.

Florent est en colère et ça se ressent jusque dans son interprétation. J'aimerai pouvoir arranger les choses, mais j'ignore comment m'y prendre. Je sens le malaise revenir au galop, et je me détourne de Flo.

Comment en sommes nous arrivés à ce point ? Je n'arrive pas à comprendre. Tout se passait pourtant à merveille entre nous. Il devrait savoir qu'il est celui pour lequel mon cœur bat, qu'il est l'inspiration de chacune de mes compositions, et qu'il est ma joie de vivre depuis qu'il a croisé ma route.

Je sens son regard en permanence sur moi, mais je n'ai pas le courage de plonger dans le chocolat de ses yeux. Je préfère la fuite.

Je l'aime, je ne veux pas le perdre, seulement je suis terrifié à l'idée de le confronter, peur de ce qui pourrait se dire et se faire. S'il réagit de cette manière, c'est peut être seulement parce qu'il ne tient pas autant à moi que je tiens à lui.

Je rentre dans la loge où il ne reste plus que Mélissa et Flo.

« J'aurais aimé que Maeva soit là… »

Ces paroles m'ont blessé. Je sais à quel point il est proche d'elle. Mais j'aimerais que ce soit à moi qu'il se confie plutôt qu'à elle. Après tout, s'il a un problème avec moi, je préférerais qu'on en discute ensemble pour tenter de le résoudre.

« Flo… On peut parler ? »

Mélissa se lève, passe sa main sur l'épaule de Florent, pose son magasine sur la table, me sourit, et nous laisse.
Flo se résout enfin à poser son regard sur moi. Il a les mâchoires crispées, et sort une nouvelle cigarette de son étui, sachant pertinemment que je déteste ça.

Nos yeux s'affrontent pendant quelques minutes qui me semblent interminables. Puis, il se lève, ouvre la fenêtre et allume sa cigarette.

« De quoi tu veux parler ?

Apparemment tu es en colère contre moi ? J'aimerais juste savoir ce que j'ai fait pour te contrarier.

... Comme si tu ne le savais pas ! »

Il me jette un regard furibond et me souffle sa fumée au visage.

« Quoi ? C'est à cause de tout à l'heure, avec les filles ? Tu sais que c'est mon rôle qui veut ça !

C'est ton rôle qui veut que tu te frottes de la sorte à tout ce qui porte une jupe ?

Tu sais qu'elles n'ont aucune importance pour moi.

Et toi, tu sais que Caroline m'a brisé le cœur, et que je ne veux pas que ça se reproduise ? »

Il semble bouleversé. Il rejette encore de la fumée, et écrase sa cigarette. Il essuie ses yeux.

« Flo… Je t'aime.

… »

Il range sa guitare qui traine sur la banquette dans son étui, ouvre la porte, et se retourne.

« Idiot. Je t'aime aussi. »

Puis il claque la porte, me laissant seul avec ma culpabilité. Les larmes coulent sans que je puisse les retenir. Je ne sais même pas si je suis triste qu'il soit parti, ou heureux qu'il m'aime toujours. Tout ce que je sais, c'est que je veux le rattraper.

Je rassemble mes affaires, sors du studio, et décide de rentrer à pieds, ce qui me laissera aisément le temps de réfléchir.

Après, ma fierté mise de côté, je me trainerais à ses pieds en le suppliant de me pardonner. Bon plan.