Ni Florent, ni Mikele, ni aucune autre personne ne m'appartient. Je ne touche pas d'argent, je ne connais pas personnellement les personnes desquelles je parle.

Point de vue de Florent : Août

Avion. La tournée est terminée, et nous sommes enfin en vacances ! Dodo, Nutella, et chanter toute la journée en câlinant mon aimé… Le rêve ! Et surtout, nous partons pour l'Italie… Mikele a prévu de me faire visiter les coins de son pays natal, ceux qu'il aime tant et desquels il me parle sans cesse. Nous avons décidé de composer durant notre temps libre. Nous sommes dans l'avion.

« FLO ! On arrive bientôt ? Je m'ennuie… »

Moi, je suis agrippé à mon siège, tout tremblant. Il me regarde avec un air dubitatif, et part dans un éclat de rire. Tout l'avion nous regarde, et je rougis instantanément, ce qui a pour effet de faire redoubler le rire de Mikele.

Enfin, il se calme et pose sa main sur la mienne.

« Flo… Tu as peur ? »

Il se mordille les lèvres pour se contenir, mais ne tient pas longtemps et rit à nouveau.

« Non, tu crois ? »

Je retire ma main de sous la sienne et me retourne, boudeur.

« Tu ne vas pas me faire la tête juste pour ça, hein ? »

Je me retourne à peine, et devine son visage de Mikele battu tout triste. Je le regarde, il a les larmes aux yeux. Tss quel comédien !

« Tu pourrais me soutenir plutôt que te moquer de moi…

Mais mon amour, je plaisante !

Ne m'appelle pas comme ça devant les gens…

Tu as honte ? »

Je n'ai pas honte de l'aimer, au contraire, c'est ce qui pouvait m'arriver de mieux… Du moins quand j'étais anonyme. Mais il ne s'agit pas simplement de nous, il y a aussi tout ce qu'on peut représenter. Notre image, celle de l'Opéra Rock que nous devons préserver… Dove ne nous pardonnerais jamais une scène d'amour publique.

Il reste silencieux, mais semble comprendre ce que je pensais. Il hoche la tête en regardant droit devant lui, les mâchoires serrées. Il finit par fermer les yeux en chantonnant la 25e symphonie. Je l'accompagne, tout doucement. Il se tourne vers moi et me sourit.

Un petit garçon devant nous nous regarde avec insistance.

« Vous êtes pas dans Mozart l'Opéra Rock ? nous demande-t-il

Si, répond Mikele avec un grand sourire »

Le petit garçon répond à son sourire puis se retourne vers sa maman en chantant Tatoue-Moi, ce qui a pour effet de faire rire doucement Mikele.

« J'aime bien les enfants », souffle-t-il

Je reste silencieux. Moi, je ne les aime pas. Je les trouve capricieux et geignards.

« Mais Flo ! Arrête de m'ignorer-euh ! Réponds-moi ! » fait Mikele en pleurnichant.

Ok… Je sors avec une personne qui a un âge mental de deux ans et demi… Sa réaction me blase au plus haut point. Je pose mon doigt sur ma bouche et ferme les yeux, dans l'espoir de me détendre. J'ai atrocement peur. Je finis par me calmer et sombre dans les bras de Morphée, l'odeur de mon amant m'enivrant.

Nous arrivons enfin à destination. Mikele est extatique, autant dire qu'il est limite supportable. Je l'aime plus que tout, mais je dois avouer que son euphorie est parfois difficilement gérable.
Moi, je suis soulagé de pouvoir enfin sortir de cette boîte de conserve ambulante.

Mais pour être tout à fait honnête, je dois reconnaître que j'appréhende quelque peu la suite. Les parents de mon aimé viennent nous chercher à l'aéroport, et j'ignore s'ils sont au courant pour nous.

Bien sûr, j'ai déjà l'occasion de rencontrer les parents de mes précédentes petites amies, mais là, c'est différent. C'est de Mikele dont il s'agit, de l'homme avec qui je veux passer le reste de ma vie. Et si jamais je n'étais pas à la hauteur de leurs espérances, si jamais ils désapprouvaient notre relation. Comment mon aimé réagirait-il à cela ? Est-il possible que ces vacances tant espérées se révèlent finalement être mon plus grand cauchemar, à savoir perdre celui que j'aime.
Je suis conscient qu'il est totalement inutile de m'angoisser pour rien, mais je ne peux m'en empêcher. Je suis d'un naturel plutôt angoissé – très angoissé si je veux être tout à fait franc – et cette future rencontre me tétanise.

Mikele remarque mon air sinistre. Il m'interroge du regard, se demandent sans aucun doute les sombres pensées qui peuvent bien m'affliger en cet instant. Je tente de sourire pour le rassurer, mais à sa tête, je comprends que je n'ai pas dû me montrer très convaincant.

Il attrape ma main et la caresse tendrement. Je me laisse aller à ce doux contact. Comme toujours, sa présence m'est bénéfique, de la même manière qu'elle m'apaise lorsque nous sommes sur scène et que je sens le tract m'envahir.

Il semble si bien me connaître parfois que c'en est presque effrayant. J'ai toujours un peu de mal à me livrer, et savoir qu'une personne peut décrypter les moindres recoins de mon âme est une sensation à la fois attrayante et frustrante.