Ni Florent, ni Mikele, ni aucune autre personne ne m'appartient. Je ne touche pas d'argent, je ne connais pas personnellement les personnes desquelles je parle.

Point de vue de Mikele : Août

Nous rentrons dans l'aéroport. Je cherche ma maman du regard. Enfin, je la trouve, elle est là. Elle m'a énormément manquée pendant tous ces mois. Je sens la nostalgie m'envahir, ce mal du pays enfin comblée. Je lui tombe dans les bras en pleurant. Florent est resté à quelques mètres de nous, respectant nos retrouvailles.

Je lui jette un rapide coup d'œil, avant de l'inviter à nous rejoindre. Je le vois pâlir, il semble encore plus nerveux qu'avant de monter sur scène. Ma maman m'interroge du regard.

« Mama, je te présente Florent, je t'en ai déjà parlé. Flo, voici ma Mama… »

Je vois Mama scanner mon chéri du regard, et je lui demande en italien d'arrêter, parce que cela le rend encore plus mal à l'aise. Je regarde mon amant, ce dernier est à deux doigts de l'évanouissement. Je lui attrape la main et le tire vers nous. Ma mère semble s'impatienter.

« Toute la famille t'attend à la maison, Mikele ! (elle jette un regard vers Flo, puis continue, toujours en italien) Il n'a pas l'air bien, ton copain. Je lui fais peur ? »

Elle éclate de rire et le serre dans ses bras. Flo semble décontenancé par ce geste d'affection inattendu. Il sourit, gêné, et rougit. Nous finissons par suivre Mama, et montons dans la voiture. Je supplie ma mère pour conduire, avec mes yeux de chien battu, comme je sais si bien le faire, quand je veux quelque chose. Mais elle me regarde froidement et fait :

« Tu montes à l'arrière, comme les enfants. »

J'ouvre la portière en regardant une dernière fois ma mère, l'air suppliant. Flo éclate de rire, et Mama monte dans la voiture sans plus de cérémonie. Elle démarre en trombe. J'ai à peine le temps de voir le paysage défiler, mais il me semble que rien n'a vraiment changé.

Je descends de la voiture et cours dans les bras de ma sœur, qui m'a tellement manqué, et passe de bras en bras, avec les larmes et tout le reste. Je fini par m'apercevoir que j'ai oublié quelque chose. En effet, Flo est resté dans la voiture, et regarde droit devant lui, comme une de mes statues.

« Euh… Flo ?

Attends. Je ne suis pas prêt. »

J'attends une minute, puis il descend. Je lui frotte l'épaule en lui murmurant que tout va bien se passer. Nous arrivons devant la maison, et ma sœur lui saute au cou.

« Flo, uh ? »

Elle ne parle pas français, et le poursuit tout le reste de la journée en me traînant avec elle pour que je fasse la traduction. Ça a le don de détendre mon amoureux, qui sourit enfin.

Ma famille trouve Flo « charmant », « beau » et « drôle » alors qu'il n'a pas ouvert la bouche de la journée. Il a fait une magnifique arrivée. En sortant de la voiture, il a fait une chute monumentale qui a provoqué le fou rire immédiat de tous. Il a rougit de nouveau, ce qui l'a rendu encore plus adorable.

Flo et moi sommes sortis pour aller nous baigner. Nous nous courrons après sur la plage en hurlant S'il faut mouuuuuuuuuriiiiiiiiiiiir autant vivre à en creveeeeeeeeeer comme deux parfaits crétins. Des fans français nous reconnaissent et finissent par nous rejoindre pour chanter avec nous pour le reste de la nuit.

Il est six heures lorsque nous rentrons à la maison, et Mama nous attend derrière la porte. Elle semble… Très en colère. Elle commence à crier très fort et très vite en italien

« J'étais morte d'inquiétude ! Tu aurais pu appeler ! Non mais ça va pas ! blablabla »

J'opte pour la carte « sauter dans les bras de maman et lui faire un câlin » pour qu'elle se calme. Ça marche ! Je tourne la tête vers Flo en souriant. Il est tout pâle et se retient au meuble pour ne pas tomber.

« Qu'est ce qu'il a encore, la p'tite nature ! » dit Mama

Flo tombe par terre et rassemble ses jambes contres son torse en baissant la tête. Ma mère commence à s'inquiéter pour lui et fronce les sourcils. Je m'assois à côté de lui en lui frottant le dos, ma tête sur son épaule. Ma mère sort de la chambre.

« Elle est partie ? me murmure-t-il à l'oreille

Oui. Ça va ? »

Il se relève et époussète sa veste. Il sourit comme rarement, avec un air d'enfant content de sa blague :

« Super, et toi ? Comme quoi, les cours de théâtre, ça sert ! Dove avait raison... »

Je ne peux me retenir de l'embrasser, il a ce petit sourire taquin auquel je n'ai jamais su résister. Une fois encore, je me demande ce que je deviendrai sans lui. Il a pris une place tellement importante dans ma vie désormais. J'ai juste envie de composer une chanson en l'honneur de ce moment.

Nous nous endormons enlacés par terre, n'ayant pas le courage de ramper jusqu'au lit, sa douce odeur me chatouillant les narines.