Ni Florent, ni Mikele, ni aucune autre personne ne m'appartient. Je ne touche pas d'argent, je ne connais pas personnellement les personnes desquelles je parle.

Point de vue de Florent : Panique à (vant) l'aéroport, fin août.

Rome. Les vacances se sont bien passées. La famille de Mikele m'a déjà adopté. Nous avons passé notre temps sur la plage avec ma guitare à composer, se reposer et à nous câliner. C'est le jour du départ, il est huit heures et je ne trouve pas Mikele.

« Mikele ! Mikele ! »

Sa mère arrive et me dévisage. Elle me montre la porte de la chambre dans laquelle nous avons dormi, et je m'y précipite.

« Mikele ! Réveille-toi ! Mikele !

Nyah… Laisse-moi dormir… »

Il se tourne et se retourne dans le lit. J'ouvre le rideau, la fenêtre, la porte… Il ne bouge plus.

« On va rater l'avion…

Mm on prendra le suivant…

MIKELE ! LEVE TOI ESPECE DE LARVE !

Me parle pas sur ce ton… »

Il a pris sa tête de Mikele battu. Aoutch. Il se frotte les yeux, encore tout ensommeillé. Il a une bouille adorable. Je le tire hors du lit, comme un barbare. Il me supplie de le laisser dormir encore un peu. J'ai du mal à ne pas lui obéir, et le relève. Je l'emmène dans la salle-de-bain et lui lave le visage.

« Mais laisse-moi tranquille ! fait-il, le visage plein de savon, Flo, s'il te plaît…

Excuse moi mon p'tit gars, mais on n'a pas le temps. »

Je l'habille, il me demande encore une fois de le laisser. Il pleurniche. Sa mère monte dans la chambre. Elle lui crie dessus en italien. Il sèche ses larmes, nous pousse hors de la chambre en jurant, et claque la porte.

Deux minutes plus tard, il sort lui-même de la pièce en boudant, et va vers la cuisine, histoire de petit-déjeuner. Il parvient à gober une brioche de la taille d'un poing en quelques secondes, boit son thé brulant et va à la salle-de-bain pour se brosser les dents. Il boude toujours.

En l'attendant, je descends les valises et les mets dans la voiture, puis m'affale sur la banquette avec ma guitare. Je commence à jouer tranquillement, jusqu'à ce que la mère de mon amant me fusille du regard. Je range ma guitare et monte dans la voiture, comme une enfant sage.

Elle monte à son tour dans la voiture en pestant contre son fils. Elle démarre en bougonnant. Mikele n'arrive toujours pas. Je crois comprendre qu'elle me demande d'aller le chercher.

Il est encore dans la salle-de-bain, en train de se maquiller.

« Mikele ? Ta mère nous attend…

Mm.

Euh… Tu… Boudes ?

Mm. »

Il range son maquillage dans la trousse de toilette et descend en trottinant jusqu'à la voiture, puis monte à l'arrière, puisque sa mère lui interdit de monter à ses côtés avant qu'il n'ait un comportement adulte. (Il est TRES vexé).

« Euh… E se no, va bene ? »

Personne ne me répond. Super, pour une fois que j'essaie de parler en italien… Grand moment de solitude. Je pose ma tête contre la fenêtre et sens une main sur mon épaule.

« Bene e tu? »

Yeah ! Enfin une réponse évoluée de la part de mon chéri ! Miracle ! Il ne boude plus. La mère de Mikele conduit plus vite. L'aéroport apparait déjà. J'ai de la peine de quitter cette femme.

Nous descendons, et Mikele donne la main à sa mère, les larmes aux yeux. Il n'a pas envie de quitter l'Italie, lui dit-il. (Je commence à comprendre l'italien, même si j'ai du mal à le parler. Ça fait quand même un mois que je vis avec une femme qui ne parle que cette langue.). Tiens, je vais essayer de faire une phrase, soyons fous.

« Grazie per noi hanno permesso. »

Mikele sourit, et sa mère fait « Mais qu'est ce qu'il raconte encore, celui-là ? ». Un autre moment de solitude tient…