Ni Florent, ni Mikele, ni aucune autre personne ne m'appartient. Je ne touche pas d'argent, je ne connais pas personnellement les personnes desquelles je parle.

Point de vue de Mikele : Panique à(vant) l'aéroport

Nous arrivons donc à l'aéroport après un réveil plutôt mouvementé… Flo n'a montré aucune compassion à mon égard. J'avais seulement envie de dormir encore un peu, étant donné l'heure tardive à laquelle nous nous étions couchés.

Et dire qu'hier encore, je pensais que l'entrée de ce garçon dans ma vie était un cadeau, tu parles… En plus, comme si ça ne suffisait pas, ma mère ne s'est pas montrée plus conciliante. Franchement, quand je pense que ce sont les deux personnes qui comptent le plus à mes yeux… C'est déprimant !

Toujours est-il que je suis plutôt nostalgique à l'idée de m'éloigner une nouvelle fois de mon pays natal. C'est une sensation qui ne me quitte jamais vraiment, même si j'adore la France et que j'ai trouvé une nouvelle famille avec la troupe de Mozart l'Opéra Rock, en particulier avec mon chéri.

Flo tente de remercier ma mère pour son accueil, et je dois avouer que je suis très ému par ses efforts pour tenter de parler italien et pour s'attirer les bonnes grâces de ma Mama…

Après de dernières embrassades, nous embarquons enfin. Je commence déjà à m'agiter sur mon siège pendant que mon aimé pâlit considérablement, en agrippant fortement le sien. Je dois avouer que je trouve sa peur de l'avion très attendrissante. Il est tellement craquant quand il est dans cet état…

Je lui serre la main rapidement pour le rassurer. Nous rentrons en France, et je sais qu'il faut que nous cessions nos gestes d'affection en publique. Ici, nous ne pouvons permettre que les petits regards. C'est étrange, je m'étais rapidement habitué à ne plus être sans cesse sur le qui-vive en Italie.

Mais bon, je suis heureux à l'idée de pouvoir remonter sur scène. Ces vacances ont été géniales, et le repos bien mérité, mais interpréter Mozart m'a manqué, comme me manque déjà ma famille…

Nous arrivons enfin à Paris, le voyage m'a paru interminable. Je n'ai pas peur de l'avion, contrairement à certaines personnes, mais je déteste être assis sans rien faire pendant des heures.

Je suis heureux de retrouver le confort de notre petit appartement. Je m'écroule sur la banquette, pendant que Flo tente de ranger nos affaires. Nous aurons bien le temps de le faire plus tard, mais puisqu'il se dévoue si gentiment… J'ai tout de même bien envie qu'il me rejoigne, je décide donc de le distraire un peu. Je me lève du canapé et commence à faire des vocalises sur l'Assassymphonie.

Flo me regarde, désespéré par ma puérilité. Mais il ne parvient pas à effacer totalement son sourire amusé. Il pose les affaires qu'il tenait à la main et prend sa guitare pour m'accompagner.

Les voisins doivent être vraiment ravis de notre retour. On entend déjà quelques coups sur le mur et nous baissons d'un ton…

Nous avons décidé d'inviter les autres chanteurs de la troupe à nous rejoindre dès le lendemain.

Nous nous racontons nos vacances, tous affalés sur les banquettes. Merwan et Maeva sortent officiellement ensemble, et ça me brise le cœur qu'eux puissent exposer leur amour aux yeux du monde alors que nous non. Je croise le regard de Flo et comprend qu'il ressent la même chose.

J'imagine que c'est temporaire, une fois Mozart l'Opéra Rock terminé, nous serons libres de nous aimer. Mais en attendant, j'avoue avoir de plus en plus de mal à supporter la situation. Et cela provoque quelques tensions au sein de notre couple.

C'est agréable de retrouver nos amis ainsi que les pitreries de Merwan et les blagues ratées de Solal. Claire n'est pas venue. Elle a quitté la troupe depuis quelques mois. J'avais oublié. C'est une blonde aux yeux bleus qui a reprit le rôle de ma « femme ».

Mélissa a eu beaucoup de mal à s'habituer à l'absence de sa protagoniste. Elles étaient devenues très proches, mais elles ont gardé contact.

Florent prend sa guitare, à la demande de Solal. Il commence à jouer un morceau et s'arrête, indigné.

« QUI A FAIT CA ? »

Quelqu'un s'est amusé à désaccordé la maitresse de mon petit ami, et visiblement, vu le fou rire entre Merwan et Solal, l'auteur de la blague est un des deux amis. Je prends sa guitare pour éviter une crise et l'accorde.

« Dieu demanda à Mikele d'accorder, et Mikele accorda…fait Merwan. »

Ok… Finalement, je ne suis pas sur que leurs blagues m'avaient réellement manqué…

Je me mets au piano pour accompagner mon aimé. Solal se glisse derrière moi et crie :

« Wolfgang… Je suis ton père ! »

Cela provoque l'hilarité générale. Je le regarde, blasé avant d'éclater de rire à mon tour. Je suis agréablement surpris de voir que notre complicité est toujours intacte.

Je joue Counting Crows de Colorblind et chante seul. Les autres m'écoutent religieusement. Pas un ne rit, ou ne chahute. Je lève rapidement la tête et vois mon aimé, assis sur le fauteuil en face du piano, qui me dévore du regard, les larmes aux yeux.

Cette chanson semble le toucher au plus haut point. Je ne sais pas si je dois arrêter ou continuer. Je l'interroge du regard, et Flo me fait comprendre silencieusement que je dois continuer. Lorsque je termine la chanson, j'enchaîne sur Vivre à en crever, j'ai besoin d'entendre sa voix se mêler à la mienne.

Nos regards se rencontrent pour ne plus se lâcher. Les autres semblent se sentir en trop. Solal se racle la gorge. Dernières notes de la chanson, nos yeux se détournent. Je quitte le piano, et Mélissa s'assoie à ma place. Elle joue La Lettre, de Renan Luce, et tout le monde chante avec elle.

Nous continuons la soirée dans une ambiance bonne enfant. Nous rions, mangeons, chantons… ça m'avait manqué. Beaucoup. Mais ils finissent par partir.

« A lundi ! », crie Solal quand nous les regardons filer, par la fenêtre.

Oui… Lundi. Enfin on peut se dire ça. Ça me réchauffe le cœur. En quittant l'Italie hier matin, j'ai un peu perdu ma famille. Mais en rentrant en France, j'en ai retrouvée une autre. Florent pose sa tête contre mon dos.

« Je suis épuisé… Allons dormir. »

Je le serre contre moi et chantonne en italien à son oreille. Nous nous couchons et nous endormons l'un dans les bras de l'autre, mon moment préféré de chaque jour…