Disclaimer : Kingdom Hearts et ses personnages ne m'appartiennent pas.
A/N : Une mini-fic! Pour fêter les anniversaires de Chesterloup et de Flammula! Je voulais faire des OS séparés mais je me suis rendue compte qu'en fait, je pouvais les regrouper et faire une petite fic. Je le précise tout de suite : une certaine personne qui se reconnaîtra m'a fait découvrir Call of Duty et ça m'a pas mal aidée à trouver mon idée. Mais pas d'inquiétudes les filles, ça ne sera pas trop violent. (c'est moi où ça faisait très gigolo?) Si j'avais fait dans l'humour, je crois que j'aurais choisi le titre ''Call of Love''. XD Allez, passons – enfin, passez à la lecture...si vous en avez envie. Attendez-vous à un langage fleuri.
_-Attaque frontale-_
« Signez ici pour les trois exemplaires. Vous en conserverez un. Ne le perdez pas; s'il vous arrive quelque chose sur le terrain, votre famille devra être en mesure de le présenter afin de remplir les documents pour vos funérailles. Suivant! »
Un accueil fort chaleureux, vraiment. Sans rien dire, il prit la mince pile de papier et la fourra rapidement dans son sac à dos avant de sortir de la pièce. On lui remit un uniforme, des draps et une paire de chaussures avant de lui indiquer rapidement la porte au bout du couloir. Maintenant, il avait presque l'impression de se retrouver dans le couloir de la mort... Chassant toute idée morbide de son esprit, il sortit du corridor et se retrouva dans une pièce immense où s'étaient regroupées d'autres recrues. Il essaya de se trouver un coin tranquille mais abandonna rapidement quand il ne put éviter d'attirer l'attention. Il fallait dire que les hommes aux cheveux aussi blancs que les siens n'étaient pas monnaie courante; il allait forcément être repéré. Il ne lui restait plus qu'à donner l'air d'un dur à cuire qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. (et il n'en aurait pas seulement l'air : personne ne lui dictait sa conduite à part ses parents) Quand il était au collège, puis au lycée, on l'appelait l'Homme de Fer à cause de ses cheveux, de son regard froid et de ses poings qui en avaient fait baver plus d'un. Il ne frappait jamais le premier et était prompt à renvoyer les coups, ce qui avait eu pour conséquence d'être un peu trop connu des surveillants et des proviseurs. Il saurait se faire une place ici. Il savait parfaitement à quoi s'attendre en s'enrôlant dans l'armée; il s'y était même préparé pendant des mois. Hors de question de se laisser intimider après avoir fourni autant d'efforts.
Quand plus personne ne sembla entrer dans la pièce, un soldat aux décorations si nombreuses qu'elles recouvraient pratiquement la moitié de sa veste se plaça au cœur de la foule et demanda le silence d'une voix tonitruante. Il expliqua rapidement les principales règles des dortoirs, à savoir l'heure du petit déjeuner, de la fermeture des douches communes et de l'extinction des feux. L'heure à laquelle on les réveillerait fut omise, sans doute pour voir si l'un d'entre eux aurait l'audace de poser la question. Pas un bras ne se leva. Une heure plus tard, la répartition dans les dortoirs avait été faite et il se dirigea vers le sien. Ils étaient dix dans la même chambre, certains aussi jeunes que lui, d'autre beaucoup plus vieux. Les recrues prenaient soin de ne pas échanger le moindre regard. Lui, il les ignora complètement. Il défit son sac, plaça quelques affaires personnelles dans sa table de chevet puis fit son lit. Quand il fut satisfait de son travail, il quitta le dortoir et partit prendre son déjeuner.
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Il n'avait pas fallu beaucoup de temps avant que les premières brimades ne commencent. Il avait vu les autres nouveaux subir des traitements parfois à la limite du légal; son tour ne tarderait pas à venir, pas plus tard que son deuxième jour dans la caserne et là où il était le plus vulnérable : dans les douches communes. Des soldats présents depuis plus longtemps que lui (et d'ailleurs ceux qui se chargeaient généralement des brimades) se postèrent devant lui, les bras croisés, et observèrent la serviette qu'il portait autour de la taille avec intérêt.
« Non mais regardez-moi ça, les gars. Je rêve ou il a peur qu'on mate ses bijoux?
- Tu nous prends pour des tafioles, le nouveau? »
Ok, il devait rester calme. S'il les ignorait, ils finiraient par le laisser tranquille et il ne se ferait pas remarquer auprès du caporal qui s'occupait de son groupe. Il essaya donc de passer outre mais les mains des soldats le repoussèrent pour l'empêcher d'avancer.
« Vire-moi ça tout de suite, ordonna le plus costaud en désignant négligemment la serviette.
- Pourquoi? Ça t'excite tant que ça d'imaginer ce qu'il y a en dessous et t'en peux plus? » rétorqua l'argenté sans hésiter. Il n'avait pas tellement apprécié le geste qu'ils avaient eu envers lui et aimait encore moins leur façon de lui parler.
Il se fit un silence de plomb dans les douches et les soldats non concernés par la dispute choisirent de vite battre en retraite. À peine la porte se fut-elle fermée sur le dernier homme que le premier coup fut lancé. L'argenté esquiva rapidement, ses réflexes à leur summum, et renvoya l'attaque. Il entendit la mâchoire de son adversaire claquer puis le vit cracher un peu de sang sur le carrelage au sol. Finalement, les autres vinrent le tenir fermement pendant que le dernier le rouait de coups. Mais l'argenté ne se laissa pas faire pour autant. Il flanqua un coup de pied à son attaquant et renouvela l'assaut une seule fois avant que ceux qui le maintenaient ne le plaquent au sol. Le bruit et les cris avaient évidemment alerté un supérieur, qui entra dans la salle avec un air furieux.
« Qu'est-ce que vous foutez?! Tout le monde debout et au garde à vous! Maintenant! hurla-t-il si fort que son visage devint écarlate.
- Sergent, ce nouveau a essayé de- tenta de se défendre l'un des agresseurs qui finit par se prendre une bouteille de shampoing en pleine figure.
- C'est moi qui parle ici, espèce de larve! Et toi, dépêche-toi de remettre ta serviette. Tu crois que ça me plaît d'avoir tes saletés de roubignoles sous le nez?! »
L'argenté s'empressa de se couvrir et se remit au garde à vous.
« Décline ton identité, ajouta le Sergent, les bras croisés et son regard austère fixé sur la recrue.
- Mattson; Riku Mattson, chef, répondit l'argenté en prenant soin de ne pas regarder le soldat dans les yeux.
« Suis-moi. Et vous, ne pensez pas vous en tirer aussi facilement. Vous foutez la honte à notre caserne en jouant les couillons. »
La voix bourrue retentit dans la salle et leur donna des frissons. La menace était claire. Riku ne voulait pas être à leur place quand ils se feraient remonter les bretelles; mais pour l'instant, il s'inquiétait plutôt pour lui-même. Il suivit le Sergent dans toute la caserne avec sa serviette pour seul habit mais malgré ça, il marcha la tête haute et d'un pas décidé. Il entendit vaguement son supérieur hiérarchique marmonner sur le chemin. Il avait l'air d'avoir passé une sale journée si l'argenté se basait sur son humeur. Ils finirent par entrer dans un bâtiment annexe, derrière le principal et complètement mis à l'écart des dortoirs. Riku entra et s'assit sur la chaise qu'on lui avait désignée. Il lut ''Cid Highwind'' sur une plaquette posée sur le bureau du Sergent. Cid s'apprêtait à parler mais fut interrompu quand on frappa à la porte. Cette fois, ce fut une jeune femme qui se présenta et salua le sergent.
« J'amène un fauteur de trouble, Sergent. » se contenta-t-elle de dire avant de pousser un homme dans le bureau. Lui aussi ne portait qu'une serviette et sortait atrocement du lot avec ses cheveux rouge vif.
« Bordel, c'est quoi ces recrues?! s'emporta Cid en pointant du doigt la dernière chaise disponible. Ton nom.
- Axel Hobst.
- Il s'est battu dans les douches avec d'autres recrues, expliqua brièvement la femme.
- Vous pouvez disposer; je me charge d'eux. » lui répondit le Sergent.
La porte fut fermée et Cid se leva de son siège. Il fit les cent pas dans la pièce, l'air pensif.
« Je vais sortir de ce bureau et quand je reviendrai dans dix minutes, vous aurez plutôt intérêt à avoir des excuses en béton armé si vous voulez pas que je vous foute dehors. »
Le duo fut étonné de le voir quitter vraiment le bureau et s'éloigner. Axel et Riku échangèrent des regards stupéfaits. Une fois le choc passé, Axel s'installa plus confortablement, allant jusqu'à croiser les jambes sans se soucier de dévoiler quoi que ce soit par la même occasion. Rien qu'à sa façon de sourire, Riku comprit que le soldat devait attirer les ennuis par dizaines.
« Toi aussi, on t'a fait le coup de la savonnette? demanda le roux en baissant ses yeux émeraude vers la serviette de l'argenté. Je peux te dire qu'elle s'est retrouvée là où le mec pensait me la mettre à moi et qu'il a hurlé comme une fillette. Que de la gueule, ces mauviettes. »
Riku préféra ne rien répondre et éviter d'imaginer la scène.
« T'es vachement bavard, toi. Tu parles pas aux inconnus? Je suis Axel. Et toi? »
L'argenté se risqua à jeter un coup d'œil en direction du roux et remarqua par la même occasion qu'il lui tendait la main. Ne voulant pas passer pour un snob, Riku la serra.
« Riku.
- Tu sais ce qui fait déjà de nous de bons potes, Riku?
- On vient à peine de se rencontrer et on est déjà amis? Bon sang, on s'est vu à moitié nus; il va bientôt me sortir qu'on est en couple, pensa amèrement l'argenté sans rien laisser paraître extérieurement.
- On a des couilles, tous les deux.
- Ça me paraît évident, lui fit remarquer l'argenté.
- Non, ce que je veux dire, c'est qu'on n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Pourquoi est-ce qu'on serait ici, sinon?
- Pour penser à ce qu'on va dire au Sergent pour essayer de garder notre place à la caserne?
- Y a de ça aussi. Écoute, vieux, t'as bien vu comment ils traitent les nouveaux ici. Même les recrues se foutent sur la tronche. On n'est pas dans une caserne, ici. C'est la jungle, la vraie. C'est la loi du plus fort qui prime et si on fait équipe, on n'aura plus à se soucier de savoir si y a quelqu'un derrière nous quand on se baissera pour ramasser notre savonnette dans les douches. On va devenir un duo qui fera trembler les autres soldats et avec un peu de chance, on se fera remarquer et on aura de bons postes assez rapidement. T'en dis quoi?
- J'en dis que t'as pas toute ta tête. Tu te rends bien compte qu'on risque déjà d'avoir de gros ennuis? Non, moi, je préfère garder un profil bas et ne pas trop me faire remarquer.
- T'as pas l'air bien motivé. T'es ici pour quoi?
- Tu n'as pas besoin de savoir ça.
- Des raisons personnelles, hein? Moi, on m'a envoyé ici en désespoir de cause. Je sais pas pourquoi mais les ennuis me collent à la peau. Tu vois le genre? Mes vieux m'ont envoyé ici pour que je dépense mon énergie utilement. Ils disent que j'ai besoin d'une discipline stricte pour être remis dans le droit chemin, ou des conneries du genre. J'ai pas tout écouté.
- Tu voulais pas venir ici alors? demanda Riku malgré lui.
- Pas au début, non. Je pensais que j'allais me faire chier mais ce soir, on m'a prouvé le contraire. Je suis remonté à bloc maintenant. Je veux devenir un mec respecté, que mon nom provoque à la fois l'admiration et la terreur. Bien, maintenant que j'ai partagé mon secret le mieux gardé, à ton tour de me raconter le tien. »
Mais Riku n'avait pas demandé à ce qu'il lui en parle! Il décida donc d'ignorer la demande et se concentra pour trouver une explication à son comportement. Il se dit que le mieux serait encore de dire la vérité au Sergent, tout simplement. Il y aurait peut-être quelques recrues qui seraient prêtes à témoigner en sa faveur. Des recrues qui s'étaient lâchement sauvées au moindre signe de tension. Non, Riku savait très bien qu'il ne pourrait pas compter sur ses homologues. C'était chacun pour soi. Enfin sauf s'il acceptait de faire équipe avec le roux. Les meilleures relations étaient fondées sur la confiance, non? Si Axel comptait sur lui pour emporter dans la tombe les raisons de son enrôlement dans l'armée, Riku devrait faire de même. Ce serait un bon début.
« Je te jure que si tu te fous de moi, c'est pas qu'une savonnette qui va te boucher le trou de balle, le menaça l'argenté avec un regard appuyé. Si je suis ici, c'est parce que...parce que j'étais raide dingue de quelqu'un, qui partageait pas mes sentiments, et que j'avais besoin d'un endroit où on me laisserait pas le temps de me morfondre.
- Pourquoi t'as pas choisi un petit boulot plus tranquille et qui risque pas de te coûter la vie? demanda le roux avec le plus grand sérieux.
- Parce que je m'en fiche pas mal de crever sur le terrain. Au moins, j'aurais plus à penser à lui. »
Il se fit un moment de silence pendant lequel Axel se contenta d'écarquiller les yeux et d'ouvrir la bouche.
« T'es pédé.
- Ça te dérange? rétorqua aussitôt l'argenté d'une voix pleine de menaces.
- Non, je trouve ça amusant, fit l'autre avec un sourire pas franchement rassurant. On va former le duo de pédés les plus coriaces que l'armée de Midgar ait jamais connus. Ouais, on va leur montrer que les tapettes, ce sont ceux qui s'opposent à nous et qui mordent la poussière. Sérieux, t'es sûr que ça te tente pas? Ça me dérange pas de partager le titre avec quelqu'un.
- Au point où j'en suis, j'ai plus grand chose à perdre en acceptant, se lamenta presque Riku.
- Au contraire, vieux, t'as tout à y gagner. »
Le Sergent Highwind choisit cet instant pour rentrer dans son bureau. Il étudia les recrues avec prudence et partit s'installer dans son fauteuil, l'air à présent un peu plus calme et une odeur de tabac froid collée à ses vêtements.
« Alors? Vos excuses? »
Axel et Riku échangèrent un bref regard.
« On s'est juste défendus. » fut la réponse du roux.
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Rien, il n'y avait rien de pire que de devoir récurer des plats et des assiettes recouverts de purée de pomme de terre asséchée. Riku et Axel en étaient à leur quatrième et dernière semaine de corvée de plonge imposée par le Sergent suite à leur comportement à leur arrivée. Cependant, ils jugeaient la punition plutôt légère comparée à celle qu'avaient dû endurer leurs agresseurs. Riku, qui était du genre à toujours chercher le bon côté des choses, se disait que ç'avait été l'occasion rêvée de mieux connaître son complice. Le tableau n'était pas beau à voir.
Axel était sournois. Il aimait faire ses coups en douce pendant que personne ne le regardait et prenait un air détaché dès que l'attention se tournait vers lui. L'argenté l'avait surpris plus d'une fois à jouer de sales tours à certains soldats en particulier (il se dit qu'il devait s'agir de ceux qui étaient à l'origine de leurs corvées) ainsi qu'aux soldats qui s'en étaient pris à lui. Riku n'avait jamais donné de noms ni de description et il s'était demandé plus d'une fois comment le roux avait pu savoir qu'il s'agissait d'eux. Ce qui faisait que Riku préférait être dans les bonnes grâces d'Axel, c'était l'intelligence presque inhumaine du roux. Généralement, il s'arrangeait pour que ses méfaits soient découverts (trop tard, de préférence) sans qu'on puisse avoir la certitude qu'il en était l'auteur. Ainsi, une recrue s'était rendu compte que l'odeur étrange et la couleur jaunâtre qu'avait prises son savon n'était pas l'œuvre de son imagination. Un autre s'était même fait vomir après avoir retrouvé des pattes velues dans sa soupe. Axel regardait les résultats de ses farces avec satisfaction et faisait même une liste de ce qui pourrait être amélioré auprès de Riku.
L'autre aspect de la personnalité du roux dont Riku se méfiait, c'était sa capacité à manipuler les gens. Il en usait même avec l'argenté. Il lui faisait croire qu'ils étaient au même niveau, qu'aucun d'eux n'était supérieur à l'autre et que l'argenté avait droit à la parole, mais la vérité, c'était qu'Axel dirigeait toujours tout, à tel point que Riku se demandait souvent pourquoi son aide avait été sollicitée. Il avait bien essayé de donner son avis un jour, mais Axel avait réussi à le faire changer d'avis à grand renfort d'arguments convaincants.
S'il devait résumer les sentiments que lui inspirait son compagnon d'arme, Riku dirait qu'il le fascinait autant qu'il l'intimidait. Il ne savait jamais trop sur quel pied danser ni même si, au final, cette histoire de complicité n'était pas l'un des éléments d'un plan plus important qui aboutirait sur un Riku accusé de tous les torts pendant qu'Axel en sortirait lavé de tout soupçon. C'était inquiétant mais le côté intrépide de l'argenté le poussait à aller jusqu'au bout pour connaître le résultat final. Il irait même jusqu'à dire qu'il avait hâte. Pourtant, les mois, puis les années passèrent sans qu'une telle situation ne se produise. Mais l'effet désiré au tout début de leur rencontre était bel et bien là : ils formaient un duo respecté par les autres soldats. Les nouveaux tombaient souvent dans le panneau en se fiant un peu trop au sourire sympathique du roux. Ils allaient le voir, se confiaient volontiers à lui sans se douter une seconde que ce dernier dressait mentalement une liste d'éléments qu'il pourrait éventuellement utiliser contre eux un jour. L'argenté, lui, avait l'air bien trop froid pour attirer les foules. Ils confirmaient bien l'expression ''les contraires s'attirent'' : celui qui souriait tout le temps et celui qui passait ses journées à tirer une tronche de trois mètres. Leurs années en tant que recrues étaient bien loin derrière eux et ils avaient gravi quelques échelons. Ironiquement, c'était pile à ce moment-là qu'avaient débuté les hostilités avec un pays voisin. Tous deux savaient parfaitement qu'ils finiraient par être envoyés au combat, aussi profitaient-ils du temps qu'il leur restait à passer à la caserne.
« Hé, je crois que j'ai découvert un truc dément, déclara un jour Axel pendant le déjeuner.
- Ouais, les pastilles rouges sur les robinets, c'est pour l'eau chaude, répondit Riku avant de mâcher un bout de pomme de terre.
- Nan, c'est encore mieux. »
Un moment de silence s'installa pendant qu'un groupe de soldats passait près de leur table. Quand ils furent assez éloignés, Axel reprit.
« J'ai bien envie d'aller jeter un œil à ça. Bon, par contre, va falloir enfreindre un peu le règlement et sortir après le couve-feu. Tu me suis?
- T'es sérieux? T'as une idée des emmerdes qu'on risque d'avoir si on se fait coincer? fit Riku en haussant un sourcil.
- Il suffira de pas se faire prendre. Allez, me dis pas que t'es pas curieux. » le poussa le roux avec un sourire en coin.
L'absence de réponse de la part de l'argenté lui fit savoir qu'il l'avait convaincu. Ils finirent leur repas, vaquèrent à leurs occupations de l'après-midi et partirent se coucher avec tout le monde. Quand une bonne heure se fut écoulée après l'extinction des feux, les soldats sortirent de leur lit, enfilèrent des vestes et sortirent sans un bruit. Axel prit les devants, vérifia si personne n'arrivait tandis que Riku s'assurait qu'ils n'étaient pas suivis. Ils sortirent des dortoirs, se retrouvèrent dehors à la vue de tous. Riku suggéra de se dissimuler dans l'ombre, une idée qui séduisit immédiatement le roux.
« Ça te donne pas l'impression d'être Sam Fisher? demanda le roux.
- Qui ça?
- Vieux, t'as besoin que quelqu'un s'occupe de t'apprendre les trucs importants. Je propose de devenir ton mentor, fit le plus grand en se faufilant jusqu'au coin d'un muret avec la furtivité d'un chat.
- Tu l'étais pas déjà? »
Axel fut surpris d'entendre une pointe de rancœur dans les propos de l'argenté. Il se tourna vers lui et posa une main sur le torse de Riku pour éviter qu'il ne le bouscule en s'avançant.
« J'ai comme dans l'idée que tu m'as pas tout dit. Écoute, je sais pas quel est le problème, mais c'est pas le moment pour ça. Voilà ce que je te propose. On va fouiner, on retourne dans le dortoir et on en discute tranquillement demain. Ça te va?
- Ouais. Pas comme si tu me laissais d'autre choix de toute façon.
- Arrête un peu de pleurnicher comme une gamine et suis-moi. »
Vexé d'avoir été comparé à une ''gamine'', Riku serra les dents mais suivit l'autre soldat malgré tout. Au point où ils en étaient, il serait risqué de se séparer. Ils entrèrent dans un bâtiment reculé, séparé de la caserne par des murs bas et de la végétation. Ils virent la porte d'entrée et son système de sécurité perfectionné. Il y avait une borne d'identification par empreinte digitale ainsi qu'un lecteur de carte. Ils n'avaient pas eu l'intention d'emprunter l'entrée principale et voir tout ça acheva de les persuader que leur plan était bien pensé. Le duo fit le tour du bâtiment sans trouver d'autre moyen de se faufiler à l'intérieur. Cependant, ils virent des fenêtres au ras du sol d'où filtrait une lueur verdâtre. Ils s'accroupirent et observèrent à travers les carreaux couverts de poussière et de traces de boue. Il fallut un certain temps avant que leur vue ne s'adapte et lorsqu'ils réussirent enfin à voir quelque chose, ils durent retenir des exclamations de stupeur.
La pièce était enfouie sous terre et des hommes en veste blanche travaillaient près de grands conteneurs remplis d'un liquide vert phosphorescent auxquels divers tubes étaient reliés. Et dans les cages de verre se trouvaient des personnes endormies.
« Ce type-là, il te rappelle pas quelqu'un? demanda Axel à voix basse en désignant l'une des capsules.
- Il me semble qu'il est arrivé ici en même temps que moi. Je pensais qu'il s'était fait virer comme je ne le voyais plus.
- Visiblement, il a plutôt été admis dans la section spéciale, marmonna le plus grand. J'avais entendu dire que certains gars disparaissaient de la caserne et revenaient complètement changés. Je comprends mieux pourquoi maintenant.
- Où est-ce que t'as entendu ça? s'étonna l'argenté qui n'en avait jamais entendu parler.
- Disons que je sais être au bon endroit, au bon moment. » Le reflet de la lumière dans les yeux d'Axel lui donnait presque l'air fou et Riku se sentit mal à l'aise pendant un instant. « Je crois qu'on en a assez vu. On rentre au dortoir?
- Je te suis. »
Riku avait été assez perturbé par leur découverte, et il ne le comprit qu'après avoir passé une nuit blanche à se retourner sans cesse dans son lit en ayant en tête les images d'hommes enfermés dans des bocaux géants.
Ooooooooooo
Le lendemain matin, il fut levé avant le son du clairon et décida d'aller se doucher avant que le reste des soldats ne soient levés. Pour une fois, il pourrait prendre le temps de se laver convenablement et ne pas puer le bouc avant la fin de l'après-midi.
En se déshabillant dans les vestiaires, il repensa à ce qu'il avait vu la veille. Est-ce que ce genre de pratique était autorisée? L'expérimentation sur les humains était un sujet très controversé et même en temps de guerre, rien ne pouvait la justifier. Si ça venait à se savoir, Midgar aurait d'énormes problèmes, et pas seulement avec Balamb. Et si c'était justement pour ça que leur voisin avait ouvert les hostilités? Était-il possible qu'ils en aient entendu parler? Mais comment? Les informations au sein même de la caserne étaient quasi-inexistantes et seul Axel avait réussi à en intercepter.
Et si...et si Axel était en fait un espion envoyé par Balamb pour obtenir des preuves et dévoiler les secrets les plus obscurs de Midgar? Il était quand même étrange qu'il soit le seul à avoir appris l'existence du laboratoire, sans parler du fait que le roux avait préféré ne pas donner trop de détails sur la façon dont il avait su tout ça. Si ce que pensait Riku était vrai, il était dans de sales draps quoi qu'il fasse. S'il en informait le Sergent, ce dernier serait en droit de lui demander ce qu'il faisait dehors alors qu'il était censé rester dans le dortoir et pourrait même aller jusqu'à le soupçonner d'avoir été le complice du roux; ce qu'il était jusqu'à un certain point. Et si Riku en parlait à Axel, Shiva seule savait ce qu'il serait capable de faire pour l'obliger à tenir sa langue. Quel que soit son choix, Riku se retrouvait pieds et poings liés.
Il commençait à y voir clair dans le jeu d'Axel. Le roux n'avait pas voulu impressionner les autres soldats par plaisir mais parce qu'il voulait s'assurer que personne ne viendrait se mettre en travers de son chemin pendant qu'il mènerait son investigation. Oui, ça se tenait. Axel aurait très bien pu le faire seul, mais pour une raison que l'argenté ignorait encore, le supposé espion avait besoin qu'un soldat du camp adverse lui accorde une confiance aveugle. Peut-être ferait-il porter le chapeau à Riku quand la présence d'une taupe finirait par être découverte? La pensée lui fit froid dans le dos tant elle paraissait plus que probable. L'argenté s'en voulut de s'être laissé avoir à ce point. Il avait vite compris qu'Axel était dangereux mais pas autant que ça. Et il avait horreur d'être pris au piège. Il n'avait jamais été du genre à laisser d'autres personnes lui dicter sa conduite et quand il se rendit compte que c'était ce qui s'était produit sans qu'il en ait conscience, une rage difficilement contenue le fit voir rouge.
L'argenté jeta ses vêtements de nuit sur un banc avec force et marcha prestement vers les douches. Il ralentit cependant la cadence quand il entendit de l'eau couler dans l'une des cabines. Il s'avança et quand il eut trouvé la bonne, il ne sut s'il devait rire ou hurler face à l'ironie de la situation. Axel avait visiblement eu la même idée que lui et était venu avant le réveil de tous les soldats. L'argenté profita du fait que l'autre militaire ait le dos tourné pour aller dans la cabine la plus éloignée avec l'espoir d'être ignoré. Cependant, le roux avait l'ouïe fine et s'était retourné tandis que Riku commençait à s'éloigner.
« Ben alors, t'ignores ton vieux pote? » lui lança le plus grand en passant la tête en dehors de sa cabine.
Il vit l'argenté continuer son chemin et choisir une douche au hasard dans l'espoir de le fuir. (c'est en tout cas ce que pensait Axel) Sa curiosité prenant le dessus, le roux sortit de la douche en nouant une serviette autour de sa taille et partit rejoindre l'argenté. Se disant qu'il serait grossier d'entrer dans sa cabine, il choisit d'aller dans celle d'à côté et parla par-dessus le mur.
« Tu fais la gueule? »
Riku sursauta violemment. Il se tourna sur sa gauche et vit la tête d'Axel dépasser de la cloison.
« Ça te dit rien le mot ''intimité''? lui lança l'argenté avec humeur en commençant à se frotter vigoureusement les bras avec son savon.
- Oh allez, fais pas ta chochotte. De toute façon, je vois pas plus bas que ton nombril d'ici. »
L'autre soldat ne répondit rien et continua à se laver en s'imaginant qu'il était totalement seul.
« C'est à cause de ce qui s'est passé hier? Je savais pas que ça te choquerait à ce point-là.
- Non, penses-tu. C'est tout à fait normal de voir d'autres gars traités comme des rats de laboratoire. Sans compter que tu m'as foutu dans la merde en me laissant voir ça.
- Roh, tu crois pas que t'en fais un peu trop? Et puis où est le problème? Tant que tu gardes ça pour toi, t'as pas à t'en faire. »
Riku risqua un coup d'œil en direction du roux et le regretta aussitôt. Ce dernier avait ce satané sourire dont on ne savait jamais s'il était amical ou un signe de catastrophe imminente. Qu'était-il en train de penser en ce moment? Qu'il était stupide de s'en faire autant? Qu'il était totalement impuissant et que c'était drôle à voir? Qu'il valait mieux que sa marionnette comprenne qu'il valait mieux pour elle qu'elle se tienne tranquille?
L'argenté frotta sa peau un peu plus fort sans s'en rendre compte et baissa les yeux vers l'évacuation de douche.
« Pourquoi tu m'as demandé de faire équipe avec toi, Axel? Et je veux une réponse claire, pas une excuse bidon. »
Très sincèrement, l'argenté ne s'attendait pas à en connaître la raison, et il en eut la confirmation quand il entendit la porte de la cabine adjacente s'ouvrir et se fermer. Enfin, il crut qu'il l'avait jusqu'à ce que la porte de sa douche soit ouverte. L'argenté fit rapidement volte-face, manqua de tomber en glissant sur le carrelage et se cogna la tête contre le mur. Il laissa échapper un léger gémissement de douleur en se massant l'arrière du crâne. Axel, lui, avait observé la scène sans rien dire et sans la plus petite trace de sourire. C'était bien la première fois que l'argenté le voyait aussi sérieux et pendant un instant, il se demanda si on n'allait pas retrouver son cadavre d'ici quelques heures.
« Tu es sûr de vouloir une réponse à ça? demanda le plus grand en laissant son regard étudier l'argenté des pieds à la tête. (ce qui acheva de mettre celui-ci mal à l'aise)
- S'il-te-plaît, répondit Riku en se forçant à le regarder dans les yeux.
- Bon, c'est toi qui l'as demandé. »
L'argenté se prépara au pire quand l'autre s'approcha de lui. Il n'allait quand même pas vraiment le tuer dans les douches? Est-ce qu'il avait planqué une arme sous sa serviette avant de venir lui parler? Riku, lui, n'avait rien d'autre qu'un savon dans la main; autant dire qu'il avait vu mieux comme arme improvisée. Quand il ne resta finalement plus que quelques centimètres entre eux, son regard croisa celui du plus grand, qui avait toujours l'air aussi sérieux. Finalement, peut-être que Riku préférait le voir sourire. Au moins, il savait à quoi il devait s'attendre. Là, il était dans le brouillard, à tel point que sa vue elle-même se brouillait. Quand Riku sentit des lèvres se poser sur les siennes, il comprit pourquoi.
Son premier réflexe fut d'essayer de repousser le roux et il leva donc les mains, mais le plus grand fit peu de cas de sa tentative et les plaqua contre le mur derrière Riku. Son esprit combatif le quitta peu à peu et il se surprit à embrasser l'autre homme en retour. Lentement, comme pour être sûr qu'il ne chercherait pas à se débattre, Axel lâcha les poignets de l'argenté. Ceux-ci tombèrent mollement aux côtés de Riku. Le roux posa alors une main sur la hanche de l'argenté, se colla un peu plus contre lui et laissa son autre main s'aventurer sur le postérieur de Riku. Celui-ci laissa échapper un hoquet et le bruit le ramena aussitôt à la raison.
Les jurons lui venaient à l'esprit si vite qu'il fut incapable de penser clairement pendant plusieurs secondes. Ce salaud essayait encore de l'embobiner en lui faisant croire qu'il éprouvait quelque chose pour lui. Mais Riku n'était pas dupe : c'était encore une façon de l'obliger à arrêter de penser à des choses qu'il ferait mieux d'oublier. C'était vraiment un coup bas, même pour quelqu'un comme Axel. Ce dernier savait très bien ce qui avait poussé l'argenté à vouloir faire partie de l'armée et comme avec les plus jeunes, il utilisait ses faiblesses contre lui pour mieux le dominer et ça, Riku ne l'accepterait jamais. Il tourna la tête sur le côté pour pouvoir parler et il en résulta que le roux se mit à lui mordiller le cou.
« T'es vraiment qu'une-qu'une pourriture, hoqueta Riku malgré ses efforts pour ne pas réagir aux caresses. Dégage d'ici, sale imposteur! »
L'air sembla soudain se figer. Riku avait crié ça sans réfléchir, sous l'impulsion de la colère. Axel cessa aussitôt ses actions et se recula. Il regarda Riku glisser le long du mur et s'asseoir à terre, la respiration haletante. Jamais ils ne se quittèrent du regard. L'argenté était en rogne et l'autre, lui, avait repris une expression neutre. Sans rien dire, Axel sortit de la cabine puis des douches. Riku resta assis sur le carrelage en se prenant la tête entre les mains. Il ne laisserait jamais le roux le manipuler de cette façon. Riku acceptait déjà difficilement d'avoir été embarqué à son insu dans une possible affaire d'espionnage, hors de question de laisser Axel lui faire tourner la tête. Sa fierté ne s'en remettrait jamais.
L'argenté décida que le mieux qu'il avait à faire, c'était de ne plus fréquenter Axel et de le laisser se débrouiller seul. Il ne lui servirait plus de roue de secours.
Évidemment, si tout se passait comme on l'entendait, les anxiolytiques n'existeraient pas. Or ils étaient bel et bien là et Riku en aurait volontiers demandé pour pouvoir vivre un peu plus paisiblement à la caserne. Axel l'avait laissé tranquille le jour qui avait suivi leur altercation puis l'avait suivi comme une ombre, sans arrêt. L'argenté ignorait ce qu'il espérait obtenir en agissant de la sorte car ça n'avait d'autre effet que de le mettre plus en rogne qu'il ne l'était déjà. Riku avait donc rongé son frein, fait de son mieux pour se convaincre que non, il n'avait pas vu de cheveux rouges au coin de ce couloir, ni dans la salle qu'il traversait et encore moins dans le reflet de l'eau que contenait son verre. Mais quand Axel se tint directement devant lui, Riku n'eut plus d'autre choix que d'admettre qu'il le pistait comme un chasseur avec sa proie.
D'ailleurs, l'image ne lui plaisait pas tant que ça. Il ne savait toujours pas s'il avait vu juste au sujet du prétendu double jeu d'Axel et s'attendait presque à se faire égorger dès qu'il se retrouverait seul; un peu comme en ce moment. L'argenté avait voulu sortir prendre un peu l'air et tenter d'échapper à la vigilance du roux mais il était fait comme un rat. Têtu, Riku baissa les yeux vers le sol et croisa les bras pour faire comprendre au soldat qu'il n'appréciait pas du tout sa présence. Axel le comprit mais, étant lui-même entêté, il resta là où il était.
« Écoute, Riku, tu peux me fuir aussi longtemps que tu le voudras, tu finiras forcément par devoir faire face, et comme tu n'avais pas l'air décidé, j'ai pris la liberté de choisir moi-même ce moment.
- Pourquoi est-ce que je ne suis pas étonné d'entendre ça? marmonna Riku.
- Quoi? C'est parce que c'est moi qui prends toutes les décisions que tu me fais une crise? Ok, je te laisse ma place à partir de maintenant. Qu'est-ce que tu veux faire?
- Ce que je veux faire, c'est te foutre mon poing dans la figure pour que tu comprennes enfin que je veux plus voir ta sale face de rat! Ça te plaît tant que ça de t'amuser à tromper tout le monde? Eh bien devine quoi : pas moi! J'ai été vachement con de penser que tu me ferais pas de coup en traître comme tu le fais avec tous les autres, mais au final, je suis jamais qu'un pion de plus dans ton jeu pervers et...et...et sadique!
- Il a eu du mal à sortir, celui-là, fit remarquer le roux en haussant les sourcils.
- Voilà! Voilà! C'est ça, le problème avec toi! Tu penses qu'à ta petite personne, Axel. T'en as jamais rien eu à branler de moi dans tout ça. Du moment que tu avais ce que tu voulais, je pouvais bien crever la gueule ouverte à tes pieds, t'aurais même pas daigné baisser les yeux. Mais c'est fini tout ça. Je vais garder ce qui s'est passé pour moi, faire comme si je t'avais jamais parlé et tout le monde sera content.
- Tu crois vraiment que c'est aussi simple que ça? Je te croyais plus futé. »
L'argenté fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour riposter mais aucun son n'en sortit. Axel profita du moment de calme pour regarder autour de lui. Décidant qu'ils étaient trop facilement repérables à rester en plein milieu de la cour, il entraîna l'argenté (non sans mal) vers un coin à l'abri des regards indésirables. Quand il fut satisfait de leur cachette, le roux poursuivit leur conversation.
« Tu l'es assez pour avoir compris pourquoi je suis venu ici. C'est vrai, je suis ici pour récupérer et donner des infos à Balamb. T'as dû remarquer que la guerre a été déclarée peu de temps avant que je te propose d'aller faire un tour au labo. »
En y réfléchissant bien, Riku réalisa qu'il s'était effectivement écoulé peu de temps entre le début des hostilités avec Balamb et leur enquête secrète.
« Et comme il y a un cerveau sous cette tignasse, tu as dû comprendre dans quelle situation tu te retrouves.
- Et? Tu comptes faire quoi? Me faire porter le chapeau quand quelqu'un d'autre découvrira comment Balamb a su pour les expérimentations?
- J'admets que c'était l'idée de base quand je t'ai croisé dans le bureau de Highwind. T'avais beau te donner de grands airs, je voyais pas vraiment un gars insensible. Plutôt un grand naïf.
- Donne-moi une bonne raison de pas vouloir t'arracher les yeux, menaça Riku d'un ton étrangement calme.
- T'es différent des autres, Riku. T'as vu comme moi de quoi ces crétins sont capables pour s'en sortir. Mais toi, t'as jamais essayé ne serait-ce qu'une seule fois de profiter de notre situation pour t'en prendre au premier venu. T'as rien à faire ici, vieux.
- En gros, je suis une lavette, c'est ça?
- Bordel, réfléchis deux secondes, tu veux? Ce que je te dis, c'est que t'as rien à foutre dans une armée qui n'hésite pas à se servir de soldats comme cobayes! T'es trop clean; tu vas te faire bouffer si tu restes. Y en a là-dedans qui seraient prêts à se porter volontaires pour participer à la ''classe spéciale''. Mais visiblement, les supérieurs ont les yeux tournés vers quelqu'un d'autre, et ce depuis un bon bout de temps. »
Axel n'eut pas besoin d'en dire plus pour que Riku comprenne qu'il était en train de parler de lui. L'argenté se sentit blêmir à la simple pensée qu'il puisse se retrouver enfermé dans l'une de ces capsules de verre.
« Tu déconnes, murmura Riku en regardant partout sauf dans les yeux du roux.
- Je te jure que je préfèrerais, mais c'est pas le cas. J'ai toujours eu une veine de pendu, Riku, et j'aurais dû m'en douter quand je t'ai vu la première fois. Je savais pas à ce moment-là, mais ils s'intéressaient déjà à toi. Ça m'avait rien fait de le savoir sur le coup mais avec le temps, j'ai eu envie de t'aider à échapper à ça.
- Juste pour les emmerder. Tu fais pas ça pour moi.
- Ce que je dis en ce moment, c'est pour toi. Parce que t'es un vrai pote. On a couvert nos arrières ensemble, on a toujours pu compter l'un sur l'autre et ça, t'as pas à en douter. J'étais et je suis sincère. »
Il s'installa un lourd silence entre eux. Axel attendit que Riku lui pose la question à laquelle il s'était attendu depuis le début de leur discussion.
« Et ce que tu m'as fait l'autre jour, c'était sincère ou une façon – pas très distinguée, soit dit en passant – de me faire taire? demanda Riku en levant enfin les yeux vers l'autre.
- Tu crois ça? répondit le roux avec un sourire malicieux. Il me semble que tu préfères les réponses franches mais vu la façon dont ça s'est terminé la dernière fois, je crois qu'il vaut mieux changer de tactique. Tu veux savoir si j'étais sincère? Ok, ça marche. Rassemble tes affaires les plus importantes et rejoins-moi ici après le couvre-feu. On va dire une heure après. »
L'argenté le regarda sans savoir quoi dire, plutôt confus. Et indécis. Est-ce qu'il pouvait vraiment lui faire confiance? Ça pourrait être un piège. Axel ne venait-il pas d'admettre qu'il voulait l'utiliser comme couverture quand les coups viendraient à pleuvoir?
« J'espère sincèrement que tu seras là, Riku. »
Sur ces mots, Axel s'éloigna et retourna dans la caserne. L'argenté choisit de ne pas le suivre et de le laisser partir avec assez d'avance pour être certain de ne pas le croiser plus tard. Il avait déjà pris sa décision. Il ne viendrait pas. Il ne pouvait pas se fier à un espion qui avait passé autant de temps à lui mentir. C'était le mensonge de trop. Hah, le faire intégrer la section spéciale, vraiment! C'était, et de loin, le plus gros bobard qu'on lui ait jamais sorti. Riku ne put s'empêcher de rire en y repensant. Et lui, pauvre abruti, y avait cru. Oui, il était peut-être vraiment naïf dans le fond...
Quand il traversa la cour, Riku aperçut le Sergent Highwind au loin et il fit le salut militaire quand son supérieur le vit à son tour.
« Mattson, suivez-moi dans mon bureau. J'ai à vous parler. » lui ordonna le Sergent en marchant vers le petit bâtiment.
Le plus jeune lui emboîta le pas avec l'impression d'avoir un serpent dans le ventre qui lui serrait les entrailles. Il essaya de se remémorer ses derniers faits et ne trouva rien qui puisse lui être reproché. En tout cas, rien qui puisse clairement lui être reproché. Ils entrèrent dans le bureau, Cid s'assit et désigna une chaise à l'argenté, qui prit place.
« Je suis agréablement surpris par votre parcours exemplaire, Mattson. J'ai eu des doutes quand vous vous êtes retrouvé ici peu de temps après être entré dans l'armée, mais je m'étais trompé. Bon comportement, bons échos auprès de vos supérieurs. Je vous félicite.
- Merci, Chef, répondit poliment l'argenté.
- On a l'intention de récompenser vos efforts. Vous avez entendu parler de la section spéciale?
- Non, mentit Riku en sentant le serpent remonter dans sa gorge et l'empêcher de respirer convenablement.
- Oui, évidemment. On évite d'en parler pour ne pas nourrir davantage l'esprit de compétition de nos soldats. Ce programme va vous permettre d'améliorer vos capacités mentale et physique. Bien sûr, je ne le propose pas à n'importe qui et surtout, je ne tiens pas à vous forcer à l'intégrer si vous n'en avez pas envie. Cependant, permettez-moi d'insister sur le fait que ça ne pourra pas vous faire de mal; bien au contraire. »
En effet, Riku ne voyait absolument pas en quoi rester enfermé et se voir injecter des substances inconnues pouvait lui faire du tort. Il fit mine de réfléchir à la proposition bien qu'il sache d'avance qu'il ne mettrait pas les pieds dans le laboratoire.
« Est-ce que je dois vous donner une réponse maintenant? demanda-t-il quand il jugea être resté silencieux assez longtemps.
- Non, bien sûr que non, mais ne traînez pas trop quand même. Les places sont limitées. »
Riku n'allait pas le contredire. Il demanda la permission de quitter le bureau et retourna dans la caserne, soucieux. Ce serait un sacré hasard qu'Axel lui ait annoncé être l'un des candidats de cette section et que Cid l'ait convoqué à ce sujet le même jour. Le roux avait dû se douter que leurs supérieurs décideraient de passer à l'action dans les jours qui allaient venir. Cette nouvelle information ébranla la détermination de l'argenté à ne pas se fier à Axel et s'il était franc avec lui-même, quitte à choisir, il préférait rejoindre le soldat dans la cour cette nuit. Ce qui l'attendait ne pouvait pas être pire que de passer les prochains jours immergé dans une eau verte. Ce pourquoi il fit ses bagages aussi discrètement que possible. Il n'emporta que le strict minimum pour ne pas éveiller les soupçons de ceux qui partageaient le même dortoir et attendit patiemment que tout le monde se soit endormi. Quand une heure fut passée, il se leva et sortit. Quelle ne fut pas sa surprise quand il remarqua que les couloirs étaient plus fréquentés que d'habitude. Des soldats étaient postés à peu près partout, si bien qu'il fallut près d'un quart d'heure à Riku pour sortir. Quand il fut enfin dehors, il se hâta en direction du lieu isolé où Axel et lui avaient parlé un peu plus tôt dans la journée et y trouva le roux.
« T'as au moins cinq minutes de retard, fit ce dernier en se tournant vers lui.
- Je sais, mais il y avait du monde dans les couloirs. »
En entendant ça, le visage d'Axel s'assombrit légèrement.
« Ils ont dû se douter de quelque chose, dit-il.
- Qu'est-ce qu'on fiche ici? voulut savoir l'argenté.
- Tu voulais savoir si j'étais sérieux dans les douches alors voilà la seule preuve que je peux t'apporter pour te convaincre que je me suis pas foutu de toi : je repars à Balamb ce soir et je veux que tu viennes avec moi. En fait, t'as pas vraiment le choix. Que tu le veuilles ou non, je t'emmène.
- Mais pourquoi? demanda Riku, confus. Tu crois vraiment que je vais être le bienvenu là-bas? Ou alors vous avez l'intention de m'utiliser comme otage pour forcer Midgar à se rendre? »
L'argenté ne s'attendit pas à la première forme de réponse que lui donna le plus grand : il le tira brutalement vers lui et écrasa ses lèvres contre les siennes. Quand ils se détachèrent, tous deux étaient à bout de souffle.
« Non, c'est parce que je tiens à toi, crétin. Tous ces types peuvent bien crever, j'en ai rien à foutre du moment que je sais que tu vas bien, toi.
- Pitié, je suis pas une princesse qui a besoin d'être protégée. Je peux me débrouiller tout seul, protesta l'autre.
- Ah bon? Pourtant, si je t'avais pas prévenu, tu crois pas que toi aussi, on t'aurait enfermé dans une de ces cellules qu'on a vues? Sincèrement, Riku, tu te serais vraiment méfié? »
L'argenté préféra ne pas répondre à la question. Bien sûr qu'il serait tombé dans le panneau. Qui aurait pu se douter qu'une chose pareille se préparait si près de leur caserne? Mais le savoir ne voulait pas dire que Riku était prêt à admettre à haute voix qu'il avait eu besoin d'être protégé cette fois-ci.
« Écoute, avoir besoin d'aide ne fait pas de toi une princesse; heureusement, d'ailleurs, sinon j'en serais une moi aussi vu le nombre de fois où tu m'as sorti d'une situation épineuse. Je sais très bien que la plupart du temps, je peux te laisser tout seul sans avoir peur de te retrouver trois heures plus tard avec un œil au beurre noir-
- Je suis pas un gamin! s'exclama l'argenté, outré.
- Mais tu peux pas m'en vouloir de m'inquiéter de ce qui peut arriver aux personnes qui me sont chères. Oui, tu peux me regarder avec un air complètement ahuri mais c'est la vérité. Et compte pas sur moi pour le répéter alors retiens bien ce que je viens de te dire, d'accord? »
Ils furent interrompus par des bruits de pas tout proches. Riku se prépara à se battre quand plusieurs silhouettes se détachèrent de l'obscurité environnante et les encerclèrent.
« Vous avez tout ce qu'il vous faut? demanda Axel en les regardant tour à tour.
- On peut partir. Qu'est-ce qu'on fait de lui? dit l'un des inconnus en désignant Riku.
- Il vient avec nous, dit aussitôt le roux.
- Il vient de Midgar. Il pourrait nous faire un sale coup plus tard, insista le même soldat.
- Riku ne le fera pas pour la simple et bonne raison que s'il remet les pieds ici, il finira à son tour dans un de ces bocaux. Et il a toute ma confiance.
- Pas ton genre de faire confiance aussi rapidement, remarqua un autre soldat de Balamb.
- Raison de plus pour le laisser nous suivre. »
Un accord silencieux fut passé entre les balambiens puis ils se mirent en route. Riku entendit les sécurités de leurs armes être retirées et il se sentit soudain bien faible. Il n'avait rien pour se défendre et n'avait donc pas d'autre choix que de dépendre de soldats qu'il ne connaissait pas.
_-À suivre-_
A/N : Fin du chapitre pour Chesterloup qui, m'a-t-on dit, voulait de l'AxelRiku avec un Axel proche de celui du jeu. J'espère que j'y suis arrivée au moins un minimum. Il est pas facile à cerner, le bougre, mais j'ai fait de mon mieux. J'ai voulu faire la même chose avec Riku, du coup. C'est comme ça que je les imagine en couple. Ils seraient pas tellement du genre à se faire la cour à longueur de journée ni à se lire des poèmes, mais ils sauraient qu'ils n'en sont pas moins attachés l'un à l'autre pour autant. Le prochain sera pour Flammula et centré sur son couple fétiche. Selon la façon dont ça se passera, peut-être qu'il y aura un troisième chapitre pour clore le tout mais je ne promets rien pour l'instant. Merci d'avoir lu et j'espère que ça vous aura plu, les filles! :D
