Ni Florent, ni Mikele, ni aucune autre personne ne m'appartient. Je ne touche pas d'argent, je ne connais pas personnellement les personnes desquelles je parle.
Point de vue de Florent : Mikele ou Mass
Mikele est de plus en plus distant, ces derniers temps. A la fin de chaque spectacle, il reste plus proche d'Estelle que de moi. S'il savait comme ça me blesse…
J'ai donc décidé de lui en parler. Après le spectacle, dans la loge, j'attends que Solal sorte pour fumer pour commencer à exprimer ma tristesse à mon amant. Mais même quand je lui parle, il ne m'adresse pas un regard. Il se démaquille un peu et serre la mâchoire.
« Ne me mens pas, Flo. »
Il prend sa laque et sort. Je reste sous le choc. Je n'arrive pas à comprendre sa réaction. Je décide donc de le suivre. Je n'ai aucune idée d'où il pourrait aller. Mon cœur se sert. Il s'approche de la loge d'Estelle. Bien sûr. Evidement. Je suis idiot.
Je n'ai pas la force de le suivre jusqu'à la loge de la Diva. Je rebrousse chemin, frustré, et lutte pour que mes larmes ne coulent pas. Je baisse la tête pour que les gens que je croise ne perçoivent pas mon malaise et attend d'être dans ma loge pour éclater en sanglots.
« Euh… Florent, ça va ? »
Je lève la tête, hébété. Laurent est déjà revenu de sa pause-cigarette. Et il est avec Merwan et Yamin, qui s'amusent à se maquiller en clown, la conscience de Mozart, dans le spectacle. Je me relève brutalement et essuie mes larmes. J'ai ma fierté, tout de même.
« Bien sûr, que ça va ! Ahah ! Je pète la forme ! Je... J'ai… J'ai une poussière dans l'œil. Ça fait mal, ces petites choses là. Hein ? Hein ? Pas vrai ? »
Ok. Humiliation au maximum. Amazing ! J'attrape ma guitare et ma veste et ressors de la loge, rouge de honte. Enfin, j'essaie d'en sortir. Merwan me rattrape et me tire en arrière.
« Mon petit Flo, tu ne vas pas t'en tirer comme ça. »
Il n'est toujours pas démaquillé. Et franchement, un clown psychopathe qui vous parle à trois centimètres du visage, ça peut être effrayant. Vraiment.
« Laisse moi deviner, souffle Yamin, C'est à cause de Mikey ?
Foutez lui la paix. »
C'est Mikele qui vient de faire irruption dans la pièce. Il écarte Solal qui s'est posté devant la porte, puis ramasse ses affaires. Il nous regarde un instant.
« Florent, suis-moi. »
Il ne m'appelle jamais Florent. Mes trois acolytes me regardent, puis, sentant l'ambiance devenir électrique, sortent de la loge pour nous laisser, Mikele et moi.
« STOP ! crie mon amant. Je lui ai demandé de venir. Donc vous, vous restez là, et lui, il me suit. Et vite ! »
Mes amis restent figés, choqués par l'agressivité de Mikele. Je le suis, penaud, me demandant mille fois les maux que j'ai pu lui causer pour qu'il se mette dans un tel état.
Nous sommes dans les couloirs menant aux loges des danseurs quand nous apercevons Estelle. Mikele s'approche d'elle et lui glisse un mot à l'oreille, puis lui pose un baiser tendre sur la joue. Je me sens mal, blessé, trahi.
Je me détourne et m'apprête à repartir, mais mon amant m'interpelle.
« Suis-moi. «
Nous entrons dans une pièce vide, très petite, une sorte de cagibi. Il remet une mèche derrière mon oreille.
« Mon Flo… Je ne suis pas énervé contre toi… Enfin… Si.
Mais pourquoi ? Qu'est ce que je t'ai fait, mon amour ? »
Il ne répond pas. Il m'attrape la main et la triture nerveusement. Il me regarde droit dans les yeux. Puis, il prend la parole.
« Flo. Est-ce que tu ressens quelque chose pour Mass ? »
J'éclate de rire. Tout ça pour ça ? Beaucoup de bruit pour rien, comme on dit ! Vexé par ma réaction, mon petit ami lâche ma main. Il sort un instant puis revient après avoir poussé Mass dans la pièce. Il ferme la porte derrière lui.
« Mass. Est-ce que tu ressens quelque chose pour l'amour de ma vie, le soleil de mes nuits, le Nutella sur mes gaufres, ma barbe-à-papa ?
Ouah… »
C'est tout ce que Mass répond. Puis, il se retourne vers moi et m'adresse un clin d'œil. C'en est trop pour Mikele qui l'empoigne violement, ce qui a pour effet de faire beaucoup rire Mass. D'un autre coté, mon amant fait une tête de moins que lui, donc bon, à la base, ce n'est pas vraiment effrayant… Mikele, outré par sa réaction, s'écarte.
« Florent est à moi. Tu m'entends ? A moi ! Et je déteste prêter ce qui m'appartient ! , aboie mon bel Italien, rouge de fureur. , Merde, à la fin ! »
Puis il sort. Mass me regarde, tout sourire. Moi, je me questionne. Suis-je considéré comme un objet ? C'est presque vexant, tout ça… L'Italien en face de moi s'approche. Près. Très près. Je m'écarte avant qu'il n'atteigne mes lèvres.
« Flo, t'es pas marrant. »
Il soupire, puis me regarde avec affection, et passe sa main dans mes cheveux.
« Mikele t'aime vraiment. On en a la preuve, maintenant !
J'ai jamais eu besoin d'avoir une preuve, j'ai confiance en lui…
Ah vraiment ? Et les regards que tu lui jettes quand il est avec Estelle ? »
… Ouaw. C'est ce qui s'appelle se faire repérer. Je me pensais plus discret. Profitant de mon instant de bug, Mass prend mon visage entre son pouce et son index et pose un bisou sur ma joue. Je n'ai même pas envie de me débattre. Je me sens mal. Mikele n'a pas confiance en moi et me considère comme un objet…
« T'inquiète pas, va ! »
Il me fait un clin d'œil et sort, me laissant seul avec mes noires pensées. Je secoue la tête, comme si cela pouvait en faire sortir les images désagréables qui y trônent. Bien sûr, ça ne marche pas.
Je sors en trombe du petit local et cherche des yeux mon amant, mais ne vois que Merwan qui fais des claquettes pour amuser la galerie. Je cours vers ma loge, mais il n'y a personne. Je m'assois et pose ma tête contre la table, désemparé.
Et si Mikele me quittait ? Non… Il ne peut pas. Il ne doit pas ! Je ne peux pas vivre sans lui, non… Il est et restera l'unique homme de ma vie. Les larmes roulent sur mes joues comme une plume glisserait sur une des partitions de mon amant, remplissant d'encre noire la feuille qui, peu avant, était vierge.
Je suis secoué de tremblements. Lamentable… Je me relève et prend ma veste, puis retourne à l'appartement. Je ne veux voir personne. Je suis bien trop mal pour ça.
J'ouvre la porte, et jette ma veste par terre. Je tombe à genoux dans l'entrée. Il n'est pas là. Je craque. Ce garçon, lui… Il avait l'air si différent des autres… Je croyais que celui là ne se jouerais pas de moi. Je pensais que peut être il était sincère dans sa musique comme dans ses sentiments… Je me trompais. S'il avait été l'homme que je croyais, il serait là, à mes côtés…
J'ai mal dans mon cœur, j'ai mal dans ma tête, j'ai mal dans mon âme… Mais pourquoi… ?
A suivre…
