Ni Florent, ni Mikele, ni aucune autre personne ne m'appartient. Je ne touche pas d'argent, je ne connais pas personnellement les personnes desquelles je parle.
Chapitre du point de vue de Mikele: Mikele versus Mass
J'étais furieux, je crois même qu'on pouvait dire que j'étais hors de moi !
Je ne suis généralement pas quelqu'un qui prône la violence, au contraire, j'aime me considérer comme un pacifiste !
Mais cet homme… pour qui se prenait-il pour toucher ainsi Florent, mon Florent à moi que j'ai pour moi tout seul ! Je suis possessif et jaloux, direz-vous, c'est sans doute vrai, mais j'ai toujours détesté qu'on touche à ce qui m'appartient. Or Flo est à moi, il me l'a juré des centaines et des centaines de fois. Et je travaille d'arrache-pied chaque jour pour que cela demeure ainsi.
Alors si Mass veut jouer les Casanova de pacotille, il va me trouver sur son chemin, il n'a aucun doute à avoir là-dessus ! Il veut sortir ces tours de passe-passe italiens, qu'il le fasse, ce n'est pas comme si je n'étais pas un pro dans ce domaine !
Que la guerre commence et que le meilleur gagne… autrement dit moi !
De toute façon, Flo était avec moi, et ce n'est pas comme si j'allais me montrer coopératif à l'idée qu'il me quitte. C'est une idée que je ne peux même pas envisager.
Flo est tout pour moi, alors voir Massimilio le touchait de cette manière, tenter à chaque fois de l'embrasser, ça me rend fou de rage.
Personne d'autre que moi ne devrait pouvoir tenter ce genre de gestes sur mon amour.
Personne ne devrait même avoir le droit de regarder.
Je peux supporter ces fans hystériques qui scandent son nom sans relâche et qui hurlent au point de s'en arracher les cordes vocales, je peux accepter leurs gestes déplacées, ses tentatives pour attirer désespérément son attention.
Ca fait partie du jeu. Je peux gérer le fait que mon homme attire la convoitise de ses femmes, qu'elles se l'approprient dans leurs rêves, puisque de toute façon, ce ne sont que des chimères. Ce qui sont, pour elles de simples fantasmes, sont pour moi une réalité… la réalité la plus tangible et la plus belle qui soit !
Alors voilà, mon homme est admiré, respecté, aimé, idolâtré parfois, mais l'important à saisair, c'est « mon ». Elles ont la sensation que Flo appartient à tout le monde, c'est une illusion, le seul qui ait un droit sur ses sourires, sur ses baisers, sur ses caresses, c'est moi… et personne ne pourra me retirer sur ça.
Je suis prêt à tout pour cet homme, à « penser l'impossible » juste pour le combler et le rendre heureux… Il n'y a absolument rien qui me fasse peur tant qu'il est à mes côtés. La seule chose que je puisse redouter est de le perdre…
Je ne veux même pas me souvenir ce qu'était ma vie avant de le connaître. C'est une existence qui n'est plus, et sur laquelle je ne souhaite désormais plus m'attarder.
Quand je me retrouve avec Florent et Solal, je fais en sorte de ne pas me préoccuper de mon amant et me démaquille tranquillement. Je ne sais pas pour quelle obscure raison Florent me rend aussi furieux, mais tout ce que je sais, c'est que je suis en colère contre lui…
Après que Florent eut essayé sans succès de me parler – je n'ai pas envie de l'écouter pour l'instant – je me réfugie dans la loge d'Estelle, enfin moi et ma bombe de laque.
Depuis peu, la Diva est devenue une confidente pour moi. J'ai besoin de parler de ce que je ressens et je sais qu'elle ne me jugera pas. Je sais aussi qu'elle se ne moquera pas de la jalousie maladive et sans doute injustifiée.
Elle m'écoute plusieurs minutes sans m'interrompre avent de me regarder blasée :
« Mikele, vraiment, tu crois que Flo serait capable de te tromper alors qu'il est clairement fou de toi…
…euh non, pas vraiment, mais Mass…
Mass aime jouer, tu le sais bien. Ca ne veut pas dire qu'il tenterait réellement quelque chose, et surtout que Flo se laisserait faire. Tu as parlé avec lui au moins ?
Euh… c'est-à-dire que… non, pas vraiment, mais tu comprends…
Ce que je comprends Mikele, c'est que tu devrais sérieusement discuter de ça avec Florent avant de t'emballer ainsi !
Je sais, tu as raison… Merci Estelle.
De rien, tu sais que je suis toujours là pour toi. »
Je l'enlace affectueusement avant de poser un bisou sonore sur sa joue et de quitter la pièce.
Je décide donc de récupérer Florent dans la loge et j'arrive au moment où les trois zouaves vont passer un interrogatoire digne de la Gestapo à mon chéri.
Je le sors de cet enfer tel un chevalier servant venant sauver sa belle demoiselle en détresse. Mon Florent, pourquoi le trio infernal se croit-il toujours obligé de le harceler ?
Je pars à la recherche d'une pièce où nous serons libres de discuter sans être dérangés et croise Estelle dans les couloirs. Je lui demande de me souhaiter bonne chance avant qu'elle ne m'adresse un sourire encourageant et que nous la quittions sur un baiser.
Florent semble perdu, quelque peu interrogatif sur la démarche à suivre, et un peu étonné par mes changements d'humeur et mon comportement distant. Je sais qu'il faut que je reste calme et que j'évite de m'énerver sans raison.
Mais c'est moins facile à faire qu'à dire. J'ai tellement peur de le perdre… Et que je vois bien que mes questions l'exaspèrent profondément. C'est comme s'il m'accusait silencieusement de ne pas avoir confiance en lui.
Mais bien sûr que si, j'ai confiance en lui, c'est Mass que je crains. Il est le genre d'hommes à tout faire parvenir à ses fins. Et il est hors de question que Flo – mon Flo – devienne une nouvelle conquête sur son tableau de chasse.
Je ressors du cagibis – dans lequel nous nous étions réfugiés – désappointé que Florent ne cherche pas à me rassurer, mais qu'il m'accable plutôt du regard. J'ai besoin de câlins et de baisers, j'ai besoin de savoir que je suis le seul qui compte à ses yeux, que je suis son oxygène comme il est le mien.
Le seul moyen d'être totalement rassuré serait de confronter Mass à Flo, je pars donc à la recherche du danseur, avec la ferme intention de lui rappeler que je déteste partager.
Non, je ne considère pas Flo comme ma chose, mais ce n'est pas pour cette raison qu'il ne m'appartient pas. Il est à moi comme je suis à lui. Je suis bien conscient que ça fait cliché, mais c'est la vérité je ne peux rien.
Nous apparaissons peut-être comme un couple guimauve et pathétique, mais s'il y a bien une chose dont je me fiche, c'est ce que peuvent penser les autres. Je me suis toujours considéré comme quelqu'un d'indépendant, qui n'a pas besoin des autres et surtout qui ne tient pas compte de leurs avis. Bien sûr, depuis que j'ai fait la connaissance d'un certain brun aux yeux nutella, j'ai quelque peu revu ma notion d'indépendance. J'ai besoin de lui, plus que je ne saurais le dire ou l'exprimer…
Et cela n'est pas sans conséquences malheureusement, ça a créé en moi une insécurité, cette peur constante de ne pas le réussir à le combler et de le perdre au profit d'un(e) autre. Et je ne peux donc pas m'empêcher d'être jaloux, de savoir ce qu'il fait à chaque heure du jour et de nuit, de savoir avec qui il est, de savoir s'il pense à moi… si j'accapare chacune de ses pensées comme il hante chacune des miennes.
Je ne devrais pas rentrer dans le jeu de Mass qui fait tout pour attiser encore davantage mon désir de possession sur Flo. Il fait exprès de draguer mon chéri ouvertement. Je suis bien conscient qu'il ne s'agit pour lui avant tout, mais je sais aussi qu'il ne lâchera pas l'affaire aussi facilement.
Toujours est-il que j'ai vexé Flo en me comportant de la sorte, je l'ai lu dans ses yeux. Et si je continue ainsi, je le perdrai par ma faute, en le faisant douter de ma confiance, de mes sentiments – pourtant si intenses – envers lui.
C'est décidé, je vais me faire pardonner. Je pars avec l'intention de lui faire passer une excellente soirée, de lui oublier mon emportement excessif, ma mauvaise humeur.
Ce soir, il n'y aura que nous, plus de jalousie, de craintes, de regrets, juste lui et moi, sa douceur, ma passion, mes lèvres contre les siennes, ses mains qui épousent chaque forme de mon corps, mes déclarations enflammées, ses mots tendres murmurés au creux de mon oreille. Juste lui et moi, et toute la force et l'intensité de l'amour qui peut nous réunir…
