Chapitre 3
Une part du début
'' Un nouveau jour, un nouveau défi ! '' C'est ce que disait Tom Jedusor en réveillant son âme sœur avec tendresse. Lena sourit à cette pensée, Merlin qu'il lui manquait ! Cela faisait une semaine et demie que la jeune fille était à Poudlard, mais sa mission n'avançait plus et tout ça à cause d'une seule et unique personne : Ginny Weasley. Harry se méfiait de Lena à cause de sa futur petite amie... La jeune Gryffondor souris, chantage par chantage. '' Allez Lena, souviens-toi de ce que Tom t'a appris ! '' Un temps d'arrêt '' Non Lena ! Tu ne dois pas agir comme Tom te l'a enseigné. Tu as travaillée trop dur pour échouer... Perdre n'est pas envisageable, pas pour ce combat ! ''
Elle traversait à la hâte la Grande Salle, il était encore tôt, mais beaucoup de Serdaigle ainsi que quelques Gryffondors étaient déjà présents, notamment, Ginny.
- Weasley. Fît-elle en arrivant à sa hauteur. Suis-moi, il faut qu'on parle.
La rouquine la suivit avec un sourire victorieux.
- Tomjed ! Clama Lena à l'adresse du tableau qui ouvrait la Salle Commune des Prefets-en-chef.
- Bien le bonjour à vous Miss Jones ! Chantonna l'homme sur le cadre en s'ouvrant.
Ginny, n'étant jamais venue dans cette Salle Commune, en perdit les mots. Tout était décoré de rouge, vert, d'or et d'argent. Seule la cheminée était neutre avec son feu orange ainsi que les murs et le sol, tous deux blancs.
- C'est joli, n'est-ce pas ? S'amusa Lena. Je trouve que ça fait très '' Serpendor ''
- Joli mot, et magnifique Salle Commune.
- Ginny... S'il te plait, cesse de t'immiscer dans mon travail.
Voyant qu'elle entrait dans le vif du sujet, la petite Gryffondor décida d'y aller franc jeu.
- Tu sais Lena, je ne fais pas ça par plaisir, je ne te déteste pas, je ne te fais juste pas confiance. Tu arrives, on ne sait pas qui tu es, d'où tu viens ni ce que tu veux alors que toi, tu sais tout de nous ! Ça me sidère !
- Je m'appelle Elizabeth Lena Jones. Fît-elle après un temps. Je suis née le 19 mai 1900. Mon père était sorcier, ma mère moldue. Je suis donc ce que l'on appel une Sang-Mêlée.
- 1900 ? S'écria-t-elle. Mais... Mais alors, tu as 97 ans ! Comment ?
- Mon père inventait des sorts, des potions, il était ce que l'on appel un '' Inventeur''. Nous en avons très peu maintenant... Il voulait faire un sort pour changer de forme à volonté... Un genre de polynectar sans breuvage et six mois de préparation. Il a essayé sur moi et... ça m'a rendu immortelle. Un sort raté et c'est moi qui en paie les frais. Curiosité, peur, dégout, peine... Voilà ce que j'inspire à ceux qui connaissent mon histoire.
Elle marqua une pause, comme si elle essayait de se souvenir, la rouquine était suspendue à ses lèvres.
- Je n'ai jamais connue ma mère, elle est... Morte en me donnant naissance... Et mon père, après que j'ai découvert que je ne vieillissais plus, je l'ai tué. Un bon vieux Avada Kedavra.
- Mais... C'est affreux ! Souffla Ginny.
- Non. Ce n'est que vengeance. Si je n'ai pas voulu t'en parler, c'est que... Je ne l'ai jamais dit à personne. Albus le savait, car il était ami avec mon père. Dès qu'il a su, il est venu me voir, me demandant de le suivre à Poudlard. C'est en 1944 que j'ai fait ma première année mais en sixième année à cause de mon physique. Je connaissais déjà les bases de la magie grâce à mon père. Voilà, fît-elle, tu connais à présent mon histoire. Maintenant, pourrais-tu dire à Harry que je ne suis pas un danger ? Je suis là pour l'aider et le protéger de Lord Voldemort.
La jeune fille, complètement abasourdie par ces révélations, ne réagit pas.
- Alors ? Bougonna Lena, impatiente.
- Je... Je...
- Oh, c'est pas vrai Jones ! Tu ramènes tes amis, maintenant ? Grogna Malfoy en entrant. En plus Weasley ?
Lena le regarda de ses yeux presque noirs de colère.
- Ferme la, Malfoy. J'avais des choses à régler avec elle.
Il l'ignora et s'installa sur un fauteuil vert.
- Pourrais-tu nous laisser seules, Malfoy ? Nous n'avons pas terminées. J'ai encore quelques trucs à lui dire...
- Non. Je suis là, j'y reste. C'est autant ma Salle Commune que la tienne. Si quelqu'un doit partir, c'est elle ! Cracha-t-il en pointant Ginny du doigt.
- J'allais m'en aller ! S'exclama celle-ci. On continuera plus tard, Lena ?
Avant qu'elle ne puisse donner une réponse, Ginny était déjà sortie. Elle porta alors son attention vers le jeune homme. Les yeux presque noirs de la Gryffondor le transpercèrent. '' Mauvais ''. Malgré son sang-froid, Drago sentait des sueurs froides lui traverser le dos.
- Qu'est-ce que tu veux, Sang-de-Bourbe ?
- Quand vas-tu cesser de m'appeler comme ça ?
- Mais jamais ! Après tout, ce n'est pas ce que tu es, une sale Sang-de-Bourbe ?
Il n'avait pas vu venir la gifle qui lui fît le plus grand mal. La joue en feu, la mine surprise, Drago ressemblait à un garçon, un « vrai » garçon. Pas ce froid, détestable, haïssable Prince de Serpentards.
- Les larmes aux yeux, le regard haineux, la mâchoire serrée, Lena contenait sa colère pour ne pas la tuer ou la torturer, ce qui, était difficile.
- Je suis peut-être une Sang-de-Bourbe, une Sang-Impur, une Abomination... Mais sache que toi, Drago Malfoy, tu ne vaux rien... Ta vie à moin de valeur que la mienne !
Et c'est sur cette phrase qu'elle courut, les larmes déferlants sur ses joues, en dehors du château. Elle courrait, courrait à en perdre haleine, à en perdre la raison... La pluie débuta violemment, accompagnant la peine de la jeune fille. Lena se retrouva alors adossée contre le Saule Cogneur, les deux mains cachant son visage. L'arbre, ressentant la contrariété qui la rongée, lui posa une petite branche sur l'épaule avec une délicatesse inouïe. Elle ne bougeait plus, seules ses épaules qui tremblaient montraient qu'elle était vivante. Une statue de marbre, emplie de tristesse...
- Il est interdit pour vous de sortir du château, Miss Jones.
Elle enleva ses mains et les laissa retomber le long de son corps, mais ne leva pas la tête.
- Je suis dans l'enceinte de Poudlard, alors je suis protégée... Murmura Lena.
Le professeur Rogue s'avança vers la jeune fille, l'air soucieux dû au Saule Cogneur. Mais le vieil arbre ne bougea pas d'une feuille. Lorsqu'il fût à distance raisonnable, il se stoppa net en voyant les yeux rougis de la jeune Gryffondor.
- Je n'y crois pas ! Severus Rogue s'inquiète de la monstrueuse âme sœur du monstrueux... Mage noir.
Elle laissa échapper un rire cristallin, mais il raisonnait faux.
- Miss Jones, rentrez dans le château. Répondit Rogue avec froideur.
- Il t'a demandé de me surveiller ? À toi, son fidèle, il t'a demandé de veiller sur ma misérable existence. Ça ne t'énerve pas, Severus ? N'est-ce pas dégradant ?
- Je ne vois pas de quoi vous parlez, Miss. Dit-il, tendu.
- De Lord Voldemort ! Qui d'autre ?
- Je ne...
- Oh ! Je t'en pris Severus ! Le coupa-t-elle. Je la sens, je sens sa marque sur ta peau. Tu peux berner le Ministère, Dumbledore, mais pas la première Mangemort.
Il la fixait de ses yeux noirs comme la nuit.
- Pourquoi êtes-vous venu ici ? Lâcha-t-il d'un ton morne. Pourquoi allez-vous dans le seul endroit qui vous rappel tous ces souvenirs douloureux ? Pourquoi, Miss Jones, vous accrochez-vous au peu de souvenirs qu'il vous reste de lui ? Tom Jedusor est mort. Il faut vous faire une raison.
- Oui, il est mort... Quand il les a tuées pour faire ses Horcruxes...
- Ôtez-moi d'un doute, Miss. Vous pensez vraiment que vous êtes une Sang-de-Bourbe ? Car ce n'est pas le cas. Vous êtes tout comme moi, une Sang-Mêlée.
- Je le sais, mais quand il les insultes, c'est comme s'il m'insultait moi.
- À cause d'Elles ?
- À cause d'Elles. Affirma Lena.
« Elizabeth pleurait, pleurait toutes les larmes que son corps pouvait fabriquer. Mais ils continuaient... Tout son corps se détruisait, il brûlait, se noyait, explosait en même temps. Elle voulait qu'on l'achève sur-le-champs ! '' Par Merlin lancez-le ! Lancez cet Avada Kedavra et cessez cet Endoloris, par pitié ! ''
- Assez ! Hurla la voix mielleuse. Arrêtez ça tout de suite !
La douleur cessa instantanément, mais son esprit ne pouvait supporter plus, c'est ainsi qu'elle sombra dans l'inconscient. »
Lorsqu'elle se réveilla, il faisait déjà nuit. Lena était dans sa chambre, encore habillée. La jeune Gryffondor décida d'aller prendre l'air. À peine eut-elle le temps d'ouvrir la porte qu'elle tomba nez à nez avec un blond à la mine contrariée. L'ex-Serpentard se rembruni.
- Fiche le camp, Malfoy ! Ta vue m'est insupportable !
- Attend, Jones...
La jeune fille était déjà sortit. En passant par plusieurs passages secrets, elle se retrouva en un temps record hors du château. Pour une fois, ses pas la dirigèrent vers le lac. Elle prit place à quelques mètres de l'eau, observant la lune. Le chant des sirènes était lointain, mais donnait un air magique à cet endroit. Elle ne réagit pas lorsque Malfoy s'assit à côté d'elle. Il y eu quelques minutes de silence.
- Jones... Tenta-t-il.
Elle l'ignora totalement, trouvant la pleine lune plus intéressante que lui. Drago serra la mâchoire, il détestait être ignoré, ce qu'elle faisait tout le temps.
- Je... M'excuse.
Il lui jeta un coup d'œil, elle l'ignorait encore. Il soupira.
- Je suis désolé de t'avoir blessée.
- Sais-tu... À quel point c'est blessant ? Murmura-t-elle, enfin.
Il fût surpris qu'elle lui réponde, vaincu, le jeune blond baissa la tête.
- Franchement, je n'en ai aucune idée... Je ne suis pas né de parents moldus.
- Moi non plus. Annonça-t-elle dans un souffle. Sais-tu ce que ça fait d'être insulté toute sa vie sur quelque chose que l'on est pas ?
- Tu n'es pas une...
Il se releva d'un bond.
- Je suis terriblement désolé ! Je n'ose même pas imaginer ce que ça doit être... Je n'aurais pas aimé être à ta place. Comment me faire pardonner ? Euh... Frappe-moi ! Vas-y n'ai pas peur!
Drago ouvrit grand les bras comme s'il voulait l'enlacer. Lena se leva à son tour.
- Tu es désolé parce que tu m'as insulté de ce que je ne suis pas, ou tu t'excuses parce que le mot Sang-de-Bourbe est scandaleux et que tu n'aurais jamais dû l'utiliser de ta vie ?
Le sourire du Serpentard se fana, il laissa retomber ses bras. Sans un mot, il tourna les talons et disparut dans le noir de la nuit.
- Tu lui ressembles tellement... Tu es tout ce que je hais, Drago Malfoy. Suivras-tu ses idéaux ? Je me le demande.
- Tu sais, Albus... Il va falloir garder un œil sur Malfoy. Il serait un bon postulant pour devenir Mangemort.
Albus Dumbledore posa sa tasse de thé sur son imposant bureau. Il la fixa avec curiosité.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- C'est simple, un père Mangemort, Serpentard, une haine prononcée pour les enfants de moldus... Il est facile de deviner qu'il deviendra Mangemort dans peu de temps. Tu devrais te pencher sur son cas et surveiller ses aller-venues... Par exemple ce matin, il était assez tôt... Vers sept heures du matin, j'étais avec Ginny dans la Salle Commune des Prefets-en-chef, lorsqu'il est revenu dont ne sait où ! Et je te parie dix Endoloris en même temps qu'il parlait avec un Mangemort si ce n'est Voldemort lui-même... D'ailleurs, en parlant du Lord, il n'a rien fait, sachant que je suis ici ?
Le directeur lui sourit gentiment, reprenant une gorgée de son thé.
- On ne peut rien te cacher à ce que je vois... Bien, puisque tu insistes. Annonça-t-il avec amusement. Il nous a attaqué trois fois depuis ton arrivée... Enfin, plutôt essayé de transplaner. Mais seul toi et moi le pouvons.
- Dans Poudlard ! Je peux... Transplaner ?
- Oui, j'ai fait en sorte que tu le puisses. Mais seulement toi et moi sommes en mesure de le faire. Tu peux avoir un passager, mais ceux qui essaierons seul, n'y arriverons pas.
- D'accord. Merci pour ce privilège, Albus.
- Ce n'est rien mon enfant... Il est tard, tu devrais aller te coucher.
Lena fît une grimace.
- Je n'ai pas très envie de voir Malfoy...
- Après que Severus t'ai ramené, tu t'es encore disputé avec lui ?
- Rogue m'a ramené ? Je suis choquée !
Le directeur sourit tendrement.
- Tu sais, Elizabeth. Les personnes ne sont pas toujours celles que l'on croit.
- Je sais... Et c'est aussi valable pour toi, l'Ancien.
Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, elle avait transplanée.
- Brave petite. Rigola-t-il.
« Lorsqu'Elizabeth se réveilla, elle fût surprise de plonger dans l'océan des yeux de Tom Jedusor. Il posa sa main sur la joue de la jeune fille qui frémit à ce contact.
- Pardonne-moi. Pardonne-moi de ne pas t'avoir cru, de n'être pas arrivé à temps... Je suis tellement désolé !
Elle posa son index sur la bouche du jeune Serpentard. Il ferma les yeux, profitant de cet échange tactile.
- Je sais. Finit-elle par articuler. Je sais... J'aurais dû te le dire dès le début, mais tu avais l'air de tellement me détester que j'ai pensée que ce n'était pas grave si tu pensais que j'étais née de parents moldus.
- Je suis tellement désolé... Répéta-t-il.
- Oubli ça. C'est du passé. Pensons plutôt au futur... Comment vont réagir les autres en apprenant que tu es devenu mon ami ?
- Ce qu'ils pensent ? Je m'en fiche. Cela t'importe ce qu'ils pensent ?
Elle sourit malicieusement.
- Pas le moins du monde !
Elizabeth essaya de se relever, mais grimaça sous le coup de la douleur. Tom, quant à lui, serrait la mâchoire.
- Je vais les détruire, tous ! Les faire souffrir.
Il se leva d'un bond, mais fût retenu par le bras.
- Qu'y a-t-il ? Demanda-t-il, aussitôt.
- Ça ne servira à rien. N'y va pas. Tu vaux mieux que ça, Tom. Tu vaux tellement mieux qu'eux. »
Lena se réveilla en pleurs. Elle essuya rageusement ses larmes et s'habilla. Lorsqu'elle sortit de sa chambre, elle se planta devant celle du Serpentard. Elle se ravisa et sortit de leurs appartements. La jeune Gryffondor marchait d'un pas lent, traînant les pieds, ses Doc Martens noires l'amenèrent dans la Grande Salle. Ginny Weasley y était déjà, elle semblait l'attendre, car à sa vue, elle sourit. Lorsque Lena fût assise en face de sa nouvelle amie, la rouquine lui pris une main.
- Ne t'inquiète pas, Jones. Malfoy est un idiot...
L'ex-Serpentard leva la tête instinctivement.
- Hier après-midi, je suis allée voir le professeur Dumbledore et je l'ai trouvé en pleine conversation avec Rogue. Ils parlaient de... Toi. Je n'ai pas pu m'empêcher de les écouter. Rigola-t-elle avec un sourire d'excuse.
- Continue.
- Il paraît que Malfoy t'a insulté de Sang-de-Bourbe. Rogue ne comprenait pas pourquoi ça t'avait autant affectée. Dumbledore, lui, semblait au courant. Il y a quelque chose que tu as oublié de me dire ?
'' Pleins de choses, Ginny... Tellement de choses !'' La jeune fille se tût, évitant de croiser le regarde de la petite sœur de Ron.
- Harry n'est pas encore là ? Je dois commencer ma mission au plus vite !
- Jones...
- Weasley. Si je change de sujet, c'est que je n'ai pas envie d'en parler. Alors, s'il te plait, oublie.
- Tu recommences, Jones. Tu te renfermes sur toi-même et tu sais tout comme moi que ce n'est pas la bonne solution.
- Au contraire ! S'écria-t-elle en se levant. Moins tu en sais sur moi, mieux c'est pour ta vie. Il pourrait t'utiliser...
- Qui ça ?
La jeune fille l'ignora, pris un pain au chocolat et sortit de la Grande Salle en luttant contre les larmes qui lui montaient. Ginny ne mourrait pas pour elle, plus personne n'allait mourir à cause d'elle. Ses pas la dirigèrent vers la bibliothèque.
Lorsqu'elle y entra, la jeune Gryffondor fila vers les anciens ouvrages classés par années.
- 1936, 1937... 1942, 1943, 1945... 1945 !
Quelqu'un avait emprunté le livre sur l'année 1944 de Poudlard. L'année où elle avait fait sa première année avec Tom. Instinctivement, elle se rendit au bureau de la bibliothécaire.
- Excusez-moi, Madame Pince. Savez-vous qui a emprunté « L'histoire de Poudlard en 1944 » ?
La bibliothécaire la fixa de ses yeux aussi sombres que ses cheveux.
- Je ne peux vous donner ce renseignement, Miss. Annonça-t-elle après un temps.
- Vous en êtes sur ? Insista Lena.
Celle-là la toisa avec agacement.
- Bon... Imperium ! Chuchota la jeune fille après s'être assurée que personne ne faisait attention à elles. Vous allez me donner le nom de la personne qui a emprunté ce livre...
Les yeux vitreux, Mme Pince acquiesça.
- C'était hier, en fin de matinée. Récita-t-elle monotone. Une Gryffondor, rousse, Ginny Weasley.
C'est avec un sourire victorieux que Lena claqua des doigts pour la désensorceler.
- J'en étais sur... Ginny Weasley, tu es drôlement perspicace et intelligente ! Marmonna-t-elle en se retrouvant dans le couloir.
Quelques élèves traînaient, mais en voyant la Prefet-en-chef, ils trouvèrent un prétexte pour se dépêcher.
- Tu as l'air de leur faire peur... C'est vrai que tu peux être effrayante quand tu le veux.
Lena fît volte-face en entendant la voix de Malfoy derrière elle. Celui-ci était adossé contre le mur en pierre, un sourire arrogant en coin, les bras croisés contre sa poitrine.
- Tu sais, à propos d'hier... Commença-t-il.
- Je t'arrête tout de suite, Malfoy. Je ne veux pas de tes excuses. Quand tu auras compris la gravité de tes paroles, là, peut-être, et je dis bien peut-être, que je serais en mesure de les accepter.
C'est sur ces paroles qu'elle le laissa hébété.
- Mais... Murmura-t-il pour lui-même. Je n'en ai pas dormi de la nuit pour formuler ces excuses... Tu abuses Jones... Tu abuses de moi. Je n'aime pas la tournure de cette situation.
- Je sais que tu l'as Weasley. Pourquoi t'obstines-tu à vouloir tout savoir sur ma vie ? Hurla Lena dans les toilettes des filles.
- Pourquoi tu ne dis rien sur toi, aussi ? S'égosilla Ginny à son tour. Pourquoi tu restes si secrète ? Tu ne vois pas que je m'inquiète pour toi ? Ne vois-tu pas que j'essaie d'être ton amie ?
- Si elle ne dit rien, c'est parce qu'elle a honte ! S'amusa Mimi Geignarde.
Le fantôme de cette pauvre fille était assise sur l'un des robinets. La rouquine reporta son attention sur Lena.
- Pourquoi avoir honte, Jones ? Tu sais que je peux tout entendre... Je ne te jugerais pas.
- Foutaises ! Honte... Mon âme me fait honte...
- Comment c'est... D'aimer un monstre, Elizabeth ? S'égaya Mimi.
Lena lui balança un stylo, celui-ci se cala dans un des lavabos.
- La ferme... Marmonna-t-elle entre ses dents.
- Embrassait-il bien ? Continua le fantôme sans se soucier de la lionne. Tu l'as embrassé depuis qu'il est devenu... Cette chose immonde ?
- ASSEZ ! Hurla-t-elle, à bout, faisant sursauter la jeune fille (et fantôme). Tu veux savoir ce que ça fait ? Je ne le souhaite à personne. Je suis devenue cette... Fille que je regarde chaque jour dans le miroir et qui me donne envie de vomir ! Cette fille qui utilise les Endoloris, les Imperium, et les Avada Kedavra comme elle le ferait pour Lumos ! Cette fille qui s'est faite pervertir par ce serpent ! Je parle Fourchelangue, charmeuse des serpents... De tous les serpents... Même lui !
À bout de souffle, Lena se laissa tomber à genoux, puis pleura encore une fois. Elle pleurait son amour perdu, à ses amies mortes depuis longtemps maintenant, à ses sept prochaines vies de fuite, elle pleurait sans relâche dans les bras de Ginny qui ne comprenait pas.
- Je... suis... fatiguée... Hoqueta Lena entre deux sanglots. Je suis fatiguée... De vivre...
