LA POMME DE LA DISCORDE.
Harry Potter X Draco Malfoy ll Univers alternatif ll Rating : M ll Genre : Romance ll Les personnages appartiennent à J.K. Rowling.
Chapitre 5 : Complices.
Draco était allongé sur le canapé, dans le salon de Pansy. Ses paupières étaient closes. Les battements de son cœur étaient lents et réguliers. Dans cette nuit calme et harmonieusement étoilée, l'ange blond dormait.
Jusqu'à ce qu'il sente une caresse aérienne sur sa joue. C'était doux et délicat, légèrement chaud… Draco papillonna un moment, puis ouvrit les yeux. Ses pupilles étaient grandes ouvertes dans l'obscurité. Et là, installé à genoux près de lui, la main encore en suspend au-dessus de son visage, son démon…
« Salut, bel ange…
Draco se mit sur le ventre et cacha son visage entre ses bras en poussant un petit gémissement d'enfant qui se réveille. Harry, amusé, taquina alors sa pommette du bout du doigt.
- Réveillez-vous, princesse… »
Draco étira ses bras et se cambra alors qu'il émettait une sorte de ronronnement. Se faire réveiller par Harry. Voilà une nouvelle découverte qui lui permettait de mieux comprendre Pansy. Son visage rayonnait toujours lorsque Théodore la tirait délicatement du sommeil avec des caresses, des baisers et des mots d'amour. Et en effet, Draco découvrait qu'après le baiser, c'était la deuxième meilleure chose au monde.
Or ce qu'il ne savait pas, c'est qu'à ce moment-là, le regard d'Harry avait été inéluctablement attiré par cette envoutante courbure de ses reins et ne pouvait plus s'en défaire. Hésitante, sa main s'éloigna de son visage et se dirigea vers son bassin. Il posa sa main sur sa hanche, et la caressa sensuellement.
Et ce fut pour Draco un brusque retour à la réalité. Cette soudaine caresse le fit sursauter, mais il resta ensuite parfaitement immobile. Harry, ne sachant s'il s'agissait de son assentiment ou de son désapprobation, décida de prolonger sa caresse. Il souleva le bas de son tee-shirt beige, et fit glisser sa main le long de son dos. Finalement, n'en pouvant plus de désir pour cette peau bien trop douce, il s'installa au-dessus de Draco, une jambe encore au sol et une autre repliée sur le canapé, entre le corps de l'ange et le dossier. Il plongea son nez dans la chevelure blonde et en respira l'odeur, comme enivré. Tout en donnant grande attention aux réactions de Draco, pour l'instant toujours immobile, il accentua ses caresses. Il délaissa ses cheveux pour finalement venir mordiller le haut de son oreille, et là, il sentit le blond tressaillir. Cette réaction ne l'encouragea que plus à continuer. Sa main continua alors à monter et descendre le long de son dos dans une caresse lente et douce. Puis finalement, n'en pouvant plus de se contenir, Harry laissa glisser sa main, encore et encore, jusqu'à arriver sur ses fesses. Mais comme il sentit très clairement le blond de crisper, il laissa sa main sans toutefois esquisser le moindre mouvement.
« Harry… prononça-t-il comme s'il l'implorait.
- Draco ? Ça ne va pas ? Je vais trop vite ?
Draco poussa un long soupir, et Harry comprit qu'il n'irait pas plus loin. Il se redressa et le blond en fit de même. Finalement, ils se retrouvèrent tous les deux assis sur le canapé, l'un contre l'autre.
- Je ne suis pas… commença l'ange.
Comme il semblait avoir du mal à exprimer ses craintes, Harry passa son bras sur ses épaules et l'attira contre lui. Le blond posa sa tête contre sa poitrine, et, ainsi soustrait à son regard direct, continua d'une voix hésitante.
- Je ne suis pas comme les autres démons, Harry… Je n'ai jamais fait ce genre de choses.
- Je sais. Tu es pur, répondit simplement le brun.
- Oui, mais ce n'est pas ça le problème… Enfin, je veux dire…
Il rougit furieusement.
- Je ne pense pas que l'idée de ne plus être pur soit vraiment dérangeante, en soi… bredouilla-t-il.
Harry esquissa un sourire.
- Oh, voilà une bonne nouvelle.
- Mais ! se récria le blond. Je ne suis pas un démon. Si je dois perdre ma pureté, alors ce ne sera pas pour simple luxure. Je veux… Je veux être spécial.
- Un ange et un démon, cela ne te semble pas assez spécial ? demanda Harry, amusé.
- Tu ne comprends pas…
- Explique-moi.
- Je… Quand les démons font… Ce qu'ils font, ce n'est que de la luxure et de la débauche. N'importe quel corps mis à votre disposition suffirait. C'est une simple pulsion malsaine que vous devez assouvir. Et je ne veux tout simplement pas être rabaissé à cela. De la chair dans laquelle on se déverse.
Harry, de l'index, lui fit relever la tête et plongea ses yeux dans les siens. Il le dévisagea de longues secondes, l'air ahuri.
- Et tu penses que je te considère ainsi ? demanda-t-il.
- Non ! Non… Je ne sais pas… avoua le blond. J'ai peur que ce ne soit qu'un besoin, qu'un automatisme pour toi.
Harry poussa un soupir et Draco eut peur d'avoir commis une erreur. Mais finalement, son étreinte se resserra, ramenant le blond toujours plus près de lui.
- Alors j'attendrai le temps qu'il faudra pour que tu me fasses confiance.
Ce fut alors au tour de Draco de le regarder comme s'il était la septième merveille du monde. Harry ne cherchait même pas à le persuader. Harry lui donnait du temps. Harry le respectait…
- Mais je peux refaire comme la dernière fois, quand même ? demanda-t-il le plus sérieusement du monde. »
Et Draco acquiesça avec un grand sourire.
Quand les lèvres d'Harry rencontrèrent les siennes, un délicieux frisson traversa tout son corps. Il était là, dans ses bras, à sa place. Automatiquement, toute tension le quitta.
Mais comme Harry était un démon et qu'il ne pouvait rester sage, il ne lui fallut que quelques secondes pour entrouvrir ses lèvres et mêler sa langue à celle du blond. Le baiser devint passionné. Draco noua ses bras autour de sa nuque alors que le brun plaçait chastement ses mains sur sa taille, par-dessus son vêtement. Leurs langues s'enlaçaient dans un ballet passionné, leur souffle se saccadait et leur bouche laissait passer de petits gémissements.
« Harry, pourquoi es-tu un démon… demanda le blond dans un murmure.
Les bras du brun se resserrèrent en une courroie serrée autour de la taille du blond, et il le serra contre lui de toutes ses forces. Ainsi, il le gardait pour lui, il le protégeait. Ainsi, ils se donnaient l'illusion que rien ne les séparerait.
- Aurait-ce été réellement plus simple ? murmura Harry dans son oreille.
- Non… Certainement que non.
- Un long silence s'installa. Un silence durant lequel chacun se remémora leurs barrières. Leur race. Leur rang. Leur guerre.
- J'aurais voulu être un humain… laissa échapper Draco.
- Peut-être n'aurions-nous pas été attirés l'un par l'autre, dans ce cas, répondit Harry.
Comme le blond lui lançait un regard interrogatif, il crut bon de préciser avec un sourire :
- Le goût de l'interdit !
Cette réponse typiquement démoniaque fit sourire Draco. Après tout, peut-être avait-il raison. Et puis même si ce n'était pas le cas, Harry était un démon, et Draco un ange. Chacun le resterait. Alors à quoi bon regretter son origine ?
Draco préféra se serrer contre le torse puissant du démon, profitant du temps qu'ils avaient, sachant qu'il ne serait pas éternel.
Lorsque le matin arriva, Draco et Harry étaient toujours ensemble sur le canapé. Le brun venait d'annoncer qu'il était à sa disposition pour la journée entière, ce qui avait ravi Draco. Or comme il ne pouvait se défaire de la surveillance de Pansy, ils avaient décidé qu'Harry le suivrait, et que de ce fait Draco pourrait lui faire découvrir le monde des humains.
C'est ainsi qu'Harry fit la connaissance d'une Pansy peu égaillée par cette douce matinée ensoleillée, marmonnant contre son Théodore trop pris par son travail qu'elle n'avait pas vu depuis huit jours.
Ils la suivirent jusqu'à son lieu de travail, et la laissèrent là. Juste en-dessous de l'immeuble se trouvait un jardin public où Draco emmena Harry. Ils s'assirent sur un banc et observèrent les humains autour d'eux. Les mamans avaient profité du soleil pour promener leurs enfants, et l'ange et le démon avaient donc le loisir d'admirer ces petits humains jouer sur différentes structures métalliques telles que des balançoires ou des tourniquets. Harry se moquait gentiment de leur candeur alors que Draco s'émerveillait de chacune de leurs mimiques. Finalement, un peu garçon roux aux taches de rousseur et un visage rond vint se joindre au groupe d'enfants.
« Oh, il est adorable… s'extasia Draco.
- Adorable, un gamin roux ? se moqua gentiment le brun. Tu ne crois pas que c'est contre-nature d'aimer ça pour un ange ?
- Détrompe-toi, Harry. J'ai déjà vu un ange roux au Paradis.
- Pardon ? Le roux est la couleur des démons.
- Je sais… C'est ce que je me suis dit. Ça m'a vraiment perturbé, avoua Draco.
Un silence s'installa alors que tous les deux regardaient le petit garçon. Il jouait avec une petite fille blonde autour de la balançoire. Ses cheveux étaient tout ébouriffés et ses jolis yeux bleus brillaient de malice.
- Comment ton Dieu peut-il créer un ange roux… ? Au-delà de la couleur des démons, c'est surtout la couleur de cheveux de Lucifer.
- Lucifer est roux ? demanda Draco.
Harry acquiesça pensivement.
- Dis, Harry… risqua l'ange d'une voix mal assurée. Tu sais pourquoi Dieu et Lucifer se détestent ?
- Je me suis souvent posé cette question.
Draco fut surpris par cette réponse. Lui et Harry avaient beau être de deux clans différents, ils se posaient les mêmes questions.
- Lucifer n'en parle jamais ? demanda-t-il.
- Non, tu es fou ! Je suis certain que même Dieu est moins braqué sur ce sujet.
A nouveau, un silence s'installa pendant lequel Draco essayait d'assimiler ces étranges révélations. Finalement, ce fut Harry qui reprit la parole.
- Ne penses-tu pas que c'est ridicule ? Nous nous battons sans même savoir pourquoi.
L'ange ne répondit rien. Evidemment, qu'il le pensait aussi : il ne passait pas une seule journée sans se faire une réflexion de ce genre. Mais jamais il n'aurait pensé qu'un démon puisse penser de la même façon que lui, et remettre son autorité en question.
- Êtes-vous nombreux, en Enfers, à penser de cette façon ?
- Je ne sais pas. Nous n'en parlons jamais. Je ne sais pas quel genre de relation règne entre les anges au Paradis, mais aux Enfers, ce n'est qu'un rapport de force.
- Que veux-tu dire ? demanda Draco.
- Les démons ne s'entendent pas entre eux. Nous n'avons pas d'amis ou même d'affinités. Nous nous méprisons les uns les autres, et tout ce que nous souhaitons, c'est être plus puissant que les autres. Notre cœur n'est habité que de colère et de jalousie.
- Pas le tien, dit Draco le plus sérieusement du monde, le regard rivé sur Harry.
Celui-ci fut d'abord surpris d'une telle affirmation, puis un sourire tendre se dessina sur ces lèvres.
- Merci.
Draco rougit furieusement.
- Non… ! C'est sorti tout seul, je n'ai pas réfléchi avant de parler !
Harry rit et Draco se renfrogna, l'air boudeur.
- A toi, maintenant. Raconte-moi, demanda le démon.
- Le Paradis… Le Paradis est le lieu le plus ennuyeux que je n'ai jamais vu. Les anges passent leur vie à méditer. Ils ne se méprisent pas, mais ne s'aiment pas. Ils sont indifférents.
Draco se tut et se perdit dans ses pensées. Il en sortit quelques secondes plus tard comme dans un sursaut.
- En fait, non !
- Non ? demanda Harry, qui ne comprenait plus.
- Ça, c'était avant. Du temps où le Paradis n'était peuplé que d'anges originels. Maintenant, il n'y en a presque plus et ce sont les anges dérivés qui ont pris notre place. Les anges dérivés sont beaucoup plus sociables que les anges originels.
- C'est d'ailleurs un principe que je n'ai pas compris, dit Harry. Pourquoi les anges originels ont-ils été remplacés par des anges dérivés ?
- Je n'en sais rien… Au début, je pensais simplement que Dieu voulait un peu de diversité dans son Paradis, et qu'il changeait donc notre apparence. Mais j'ai l'étrange impression que ce n'est pas la seule chose qu'il change…
- Que veux-tu dire ? demanda Harry alors que la conversation prenait une tournure étrangement inconfortable.
- Je ne suis certain de rien mais… En parlant avec mon ami Blaise, ou bien les rares fois où je dois adresser la parole aux autres anges dérivés, j'ai l'impression qu'ils sont bien plus simples d'esprit que les anges d'autrefois. Leurs sujets de méditations sont plats, leur analyse est médiocre. Ils ont l'avantage d'être plus sociables, mais j'ai l'impression que c'est au détriment de leur intelligence.
- Mais… Pourquoi Dieu voudrait-il rendre ses anges plus stupides ?
- Plus stupides, je ne sais pas. Mais moins lucides.
- Moins lucides par rapport à quoi ? demanda Harry presque en murmurant, tant cette conversation semblait transgresser les interdits.
- Je ne sais pas, mais c'est une question que je me pose souvent. N'as-tu jamais une drôle de sensation en considérant ton univers ?
- Tu veux dire, l'impression que nous vivons en équilibre sur un mensonge ?
- Exactement… chuchota Draco. »
Finalement, en fin de journée, Pansy sortit de l'immeuble l'air plus renfrogné qu'à son arrivée. Elle rentra directement chez elle.
« Je suppose que c'est son doux caractère qui t'a charmé en premier ? ironisa Harry une fois arrivé à l'appartement.
- Elle n'est pas comme ça d'habitude ! La défendit Draco. Enfin, si, parfois, mais c'est aussi une qualité d'avoir un caractère vif. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds.
Harry rit.
- Un peu comme toi, en fait, dit-il en le prenant dans ses bras. Une gueule d'ange, mais un caractère de cochon !
- Hey, je te permets pas !
Le démon rit de plus belle alors que Draco offrait un visage offusqué. La sonnerie du téléphone les sortit de leur bulle, et Pansy pénétra dans le salon pour décrocher. Harry et Draco s'approchèrent pour entendre la voix lointaine du combiné.
« Allô ?
- Allô, Pansy ? C'est Théo.
- Tiens, tu me donnes signe de vie ? demanda la jeune femme d'un ton hargneux.
Harry pouffa.
- On dirait toi après que je sois revenu des Enfers !
Il reçut un coup de coude dans le ventre.
- Pansy, je t'en prie, ne le prends pas comme ça… C'est difficile pour moi aussi, tu me manques…
La brune ne dit rien, mais sembla se radoucir.
- Je pensais passer ce soir, te rendre visite. Tu es d'accord ?
- …D'accord, marmonna-t-elle.
- Génial ! Je suis là dans une petite heure.
- A tout à l'heure.
- Dis, Pansy ! interpella-t-il avant qu'elle ne raccroche.
- Oui ?
- Je prends mon pyjama et ma brosse à dent… ?
- Évidemment ! s'exclama la brunette en raccrochant précipitamment.
- Ces humains… soupira Harry en riant. »
Et comme promis, environ une heure après, Harry faisait la connaissance du fameux Théodore. Cependant, la phase de découverte fut brève. Lorsque Pansy lui ouvrit la porte, le jeune homme tenait dans les mains un énorme bouquet de roses rouges. Pansy avait alors, pour la première de la journée, retrouvée son si beau sourire. Elle l'avait embrassé pour le remercier, et le manque faisait, ils avaient rapidement commencé à se caresser. Finalement, ils avaient pris le chemin de la chambre à coucher.
Harry était assez ébahi par cette démonstration affective. Mais surtout, il était stupéfait par ce sourire niais et comblé qu'affichait Draco.
« Alors c'est ça… murmura-t-il simplement.
Le blond acquiesça.
- Et là, ils…
- Font l'amour, termina Draco. L'amour des humains.
- Je veux voir ! annonça Harry.
- Non ! s'exclama alors le blond. C'est intime comme moment, tu ne peux pas !
- Arrête, Draco, ne me fait pas croire que tu as appris tout ça en restant de l'autre côté de la porte, dit le brun en lui faisant en clin d'œil. »
Draco rougit, et Harry en profita pour entrer dans la chambre. Là, il ne fut plus question de parler. La pièce était plongée dans une semi-obscurité, seulement troublée par l'éclat du croissant de lune. On devinait plus que l'on voyait les corps s'emmêler, se caresser tendrement, se fondre l'un dans l'autre. Leurs gémissements de plaisirs étaient entrecoupés par leurs murmures, « Je t'aime, je t'aime, je t'aime… » répétés dans une litanie, et les « Tu m'as tellement manqué, tellement… ».
Harry sortit de lui-même de la pièce, ressentant le besoin de leur laisser leur intimité.
« Alors c'est cet amour-là que tu veux ? demanda-t-il doucement.
Draco se contenta de rougir.
Mais une autre couleur attira le regard du démon.
- Draco, ton pendentif devient mauve.
Le blond baissa la tête et constata qu'effectivement, son pendentif changeait de couleur.
- Oh… murmura-t-il, déçu.
- Que se passe-t-il ?
- J'ai une permission. Je dois rentrer au Paradis. »
À suivre...
