LA POMME DE LA DISCORDE.
Harry Potter X Draco Malfoy ll Univers alternatif ll Rating : M ll Genre : Romance ll Les personnages appartiennent à J.K. Rowling.
Chapitre 6 : Sociabilisé.
Lorsque Draco arriva au Paradis, il était encore morose. Il avait laissé Harry le matin même, et celui-ci lui avait promis de prendre soin de Pansy et Théodore le temps de son absence. Mais cela ne changeait rien au fait que tout le long de sa permission, Draco ne verrait pas Harry, et qu'il lui manquait déjà. C'est donc la mine sombre qu'il arriva dans la Salle de Transit. Mais là, il fut accueilli par un Blaise qui l'attendait avec un visage souriant.
« Draco, ça faisait longtemps ! Comment vas-tu ?
- Bonjour, Blaise. Tu as l'air plein d'entrain.
- Je suis content de te revoir. Ton séjour sur Terre n'a pas été trop pénible ?
Draco ne répondit pas. A présent, ils marchaient côte à côte vers le village. Blaise ne perdait pas son doux sourire.
- S'est-il passé des évènements notables durant mon absence ?
- Non, rien de spécial, répondit le noir. Je me suis fait deux nouvelles connaissances.
- Oh, c'est bien.
- Je te les présenterais, si tu veux bien ? Ils ont hâte de te rencontrer. Ils t'admirent beaucoup.
- Parce que je suis un ange originel.
- Oui, c'est vrai, mais pas seulement.
- Pourquoi alors ?
Blaise arrêta de marcher pour regarder Draco.
- Eh bien, parce que tu es très beau, parce que tu es très respecté, et que je fais toujours ton éloge !
Draco s'autorisa un petit sourire qui ravit Blaise.
- En fait, reprit le brun en marchant à nouveau, tu en as peut-être déjà vu un. Il était aussi au Grand Théâtre pour le discours.
- Oh, vraiment ? Il était assigné à la même ville que moi ?
- Non, en réalité, il ne partait pas en mission.
Devant l'air interrogateur du blond, Blaise développa :
- En fait, lui et son frère –parce qu'ils sont jumeaux– ont été réquisitionnés pour la prochaine mission. Celle qui suit ta permission. Vu que c'est la première fois, ils ont été prévenus avec beaucoup d'avance, et comme ils étaient assez inquiets, l'un d'eux a assisté au discours pour en savoir un peu plus.
Alors que Blaise poursuivait ses explications, les deux anges arrivèrent devant la maison de Draco. Mais alors qu'ils pénétraient à l'intérieur, le blond sentit une présence.
- Oh, on dirait qu'ils sont déjà là. Je suis désolé, ils étaient tellement enthousiastes que je leur ai proposé de venir t'accueillir… Mais je ne pensais pas qu'ils seraient là si tôt.
Draco ne dit rien, mais cela ne lui plaisait pas beaucoup. Il était suffisamment déprimé d'avoir quitté le monde des humains, il ne voulait pas en plus se forcer à se montrer courtois avec des anges qu'il ne connaissait même pas. Et tout cela sans même avoir eu quelques secondes de répit…
Lorsqu'ils arrivèrent dans le salon, les deux anges étaient effectivement là, l'un à côté de l'autre, comme si un miroir les séparait. Et là, Draco les reconnu. Comment oublier une telle caractéristique ?
- Tu es… commença-t-il.
- L'ange roux qui a attiré votre regard, sourit l'ange de droite. Enchanté, Ange Draco. Je m'appelle George.
- Enchanté, dit le second d'une voix tout à fait similaire au premier. Je suis Fred.
- Enchanté… répondit Draco, perplexe.
Blaise l'invita à s'assoir sur un siège, et il fut ravi de cette initiative. Il se sentait si désorienté qu'être assis lui redonna un peu de constance.
- Donc vous êtes… frères ? Jumeaux, qui plus est ? demanda-t-il pour masquer son trouble.
- Oui, tout à fait, répondit l'un.
- Mais comment est-ce possible ? demanda Draco. Je veux dire, il n'y a jamais eu de tels liens entre les anges, et comme nous descendons tous d'un Ancien différent…
- En réalité, expliqua l'autre, nous descendons de deux anges différents, mais nous avons pris la moitié de chacun. C'est une anomalie survenue au cours de notre formation.
- Donc, si j'ai bien compris, résuma Draco, vous possédez deux ailes venues chacune d'anges différents ?
- Exactement.
- Mais… continua Draco qui ne parvenait pas à se faire à cette idée. Ça ne vous a jamais gêné ? Pour voler, je veux dire ?
- Non, pas du tout. En fait, nos ailes sont parfaitement coordonnées. Ce qui est étrange, c'est qu'elles sont liées à leur paire, mais aussi à leur double.
- Du coup, nous avons aussi une sorte de lien spécial, mon frère et moi, continua le second. Nos ailes nous unissent.
Draco n'en revenait pas. Il n'avait jamais entendu parler d'une telle chose.
- C'est… incroyable, put-il seulement articuler.
Les jumeaux sourirent. C'était bien la première fois qu'un ange se montrait si curieux par rapport à leurs ailes. Surtout un ange originel qui, d'après ce qu'on en disait, se préoccupait peu des autres.
- En tout cas, nous sommes ravis d'avoir fait votre connaissance, Draco. Blaise nous a tellement parlé de vous !
Le blond tourna alors son regard vers Blaise, qui était resté en retrait pendant leur discussion.
- Et toi, Blaise, comment les as-tu rencontré ? demanda-t-il.
- Oh, tu sais, ce n'est pas très dur. Il suffit d'être un peu plus sociable que toi, ce qui n'est pas très difficile ! »
Les anges dérivés rirent, et Draco sourit.
Finalement, presque à chaque fois que Blaise venait voir Draco, il était accompagné des jumeaux. Pour lui, ils étaient toujours aussi indifférenciables, mais comme il en était de même pour Blaise, il ne s'inquiétait pas trop. Fred et Georges avaient beaucoup d'humour et une discussion agréable. Parfois, Draco oubliait qu'il était avec des anges et non avec des humains. La seule chose qui dérangeait réellement le blond, c'était de se rendre compte toujours un peu plus à chacun de leur rendez-vous la simplicité de leur esprit et la futilité de leurs discussions. Ces deux anges ne semblaient jamais approfondir une seul question ne voyaient jamais plus loin que le bout de leur nez. Ils étaient certes très doués pour les émotions humaines, mais avaient perdu toute leur intelligence d'ange. Blaise, que Draco considérait déjà comme un ange assez simple d'esprit, semblait presque être une lumière à côté d'eux. Si tous les anges dérivés devenaient ainsi, très bientôt, le Paradis deviendrait futile et bruyant…
Draco, en ange pacifique, avait appris à ne pas se formaliser sur les défauts. Aussi, il passait de bons moments auprès des deux anges roux qu'il appréciait pour leur enthousiasme si enfantin, et en réalité, si humain.
Les jumeaux adoraient entendre Draco leur raconter des histoires anciennes sur le Paradis. Le blond leur avait alors raconté comment était celui-ci, lorsqu'il n'était peuplé que d'Anges Originels. Il leur raconta la très ancienne époque où anges et créatures célestes se mélangeaient. Il leur parla même de son créateur et de ses exploits guerriers, et leur décrivit la façon dont il s'était battu pour garder son nom. Les rouquins furent tellement touchés par cette histoire qu'à partir de ce jour, ils ne l'appelèrent plus Draco, mais Dragon, comme feu son ange créateur.
Ces histoires leur semblaient tellement lointaines, comme des légendes, et quand ils firent part de cette impression anodine à Draco, elle le laissa perplexe. En effet, le Paradis avait bien changé. Le temps s'était-il écoulé sans que le blond n'en ait eu conscience, puisque rien ne le laisse paraître en ce lieu, ou bien les choses avaient-elles réellement évoluées si vite qu'il n'avait pas eu le temps de le comprendre ? En tous les cas, cette constatation ne fit qu'alourdir un peu plus la solitude du blond. Ses anciens camarades, Anges Originels, bien que totalement passifs et indifférents, mais cultivés et philosophes, lui manquait plus qu'il ne l'aurait devinait au temps où il les côtoyait encore. Et l'absence d'Harry ne se fit que d'avantage ressentir, car en cet être se mêlaient l'intelligence des Anges Originels, la sociabilité des Anges Dérivés, et plus encore, la nouveauté d'un Démon.
« Je suis impressionné, avoua un jour Blaise, alors qu'ils se retrouvaient enfin en tête-à-tête sur la grande étendue d'herbe où Draco aimait se reposer. Tu es devenu sociable.
- Tes efforts ont porté leurs fruits, répondit Draco.
- Je ne suis pas sûr que la gloire me revienne, sourit Blaise. J'ai plutôt l'impression que c'est ton voyage sur Terre qui t'a changé.
- Qu'est-ce qui aurait pu me changer là-bas ?
- Je ne sais pas, en fait. Mais quoi –ou qui– que ce soit, je suppose que c'est bien.
- Blaise, pourquoi ai-je l'impression que ta voix est amère ? demanda le blond. Serais-tu jaloux ?
Le brun ne répondit pas tout de suite. Son regard était perdu là où Draco ne pouvait voir.
- Tu t'entends très bien avec Fred et Georges, dit-il finalement. Tu leur en dis tellement en si peu de temps… Combien de temps ai-je mis pour que tu m'en dises autant ?
- Blaise… murmura Draco. Ces deux anges n'auront jamais la même place que toi.
Comme le noir ne disait rien, le blond se força à continuer.
- Je ne leur raconte que des histoires pour les divertir, probablement parce que je suis un peu plus sociable, mais aussi parce que je pensais que je te devais cet effort, comme c'est toi qui me les as présenté. Mais tu es celui qui, pendant toutes ces décennies, s'est obstiné à demeurer auprès de moi malgré mon indifférence. Ces anges ne savent rien de moi, Blaise. Personne ne me connait mieux que toi, tu le sais bien.
- Si je suis celui que tu prétends, alors dis-moi. Dis-moi ton secret.
- Quel secret ? demanda Draco, surpris.
- Celui qui est resté dans le monde des humains. Raconte-moi !
Un silence plana. Le regard du brun brillait de détermination, alors que celui de Draco se perdait.
- Blaise… finit-il par murmurer. Ce secret pourrait te mettre en danger.
- Peut m'importe, répondit-il.
- Blaise… répéta Draco en se prenant la tête entre les mains, comme si ce dilemme qui s'imposait à lui le faisait souffrir.
Il aurait voulu pouvoir prouver sa confiance en son ami, mais il avait peur des conséquences. Ce qu'il faisait était tellement tabou, tellement interdit…
- Tu as tellement changé… murmura alors Blaise. I peine quelques temps, tu aurais simplement refusé d'une voix plate. A présent, on dirait que ton silence te déchire.
- Blaise… répéta-t-il encore, surpris cette fois-ci.
Oui, vraiment, Blaise le connaissait mieux que ce qu'il pensait. Il ne savait si c'était dû à sa nouvelle sociabilité, mais il voyait son ami sous un nouveau jour. Peut-être pourrait-il lui en dire suffisamment pour le contenter, mais pas assez pour le mettre en danger…
- Je vais te dire ce que je peux, décida-t-il finalement. Mais tu dois me promettre de garder le silence !
- Je promets, répondit solennellement le brun.
Draco prit une grande inspiration, puis se lança :
- J'apprends les sentiments humains. Au début, je les ai seulement appris en étudiant ma protégée, mais j'ai ensuite pu… les expérimenter, dirais-je…
- Les expérimenter ? répéta le brun. Comment ?
Draco ne répondit pas, l'air gêné.
- Seul ? demanda Blaise avec une petite voix alors que ses yeux le suppliait clairement d'affirmer.
- Non, Blaise, pas seul…
- Tu as rencontré un ange… ? Un ange spécial ?
Draco fit non de la tête
- Oh… Un humain, alors… ? demanda-t-il. Mais les humains ne peuvent pas nous voir…
Il se frotta le front alors qu'il réfléchissait, cherchant à donner un sens à ses pensées. Et soudain, son corps se figea et sa tête se releva. Son regard écarquillé se planta dans celui de Draco. Il avait compris.
- Un démon ?! s'exclama-t-il.
- Chuuut ! siffla Draco.
- Draco, je t'en supplie, jure moi que ce n'est pas vrai… murmura-t-il alors.
Le silence de du blond ne pouvait que confirmer ses craintes.
- Draco, non ! Un démon ? Un démon ?! Mais où as-tu perdu ton esprit, aux portes du Paradis, ou bien est-ce ce malin qui te l'a volé ?! Un démon ! »
Blaise s'était brusquement levé et faisait les cents pas. Il était secoué de colère, d'incompréhension et révulsion. Les Anges et les Démons n'avaient rien à faire ensemble, c'était interdit, pire encore, c'était contre nature. Le simple fait d'imaginer un démon auprès de Draco lui envoyait des frissons de dégouts. Comme Draco ne se défendait ni ne s'expliquait, Blaise finit par le regarder à nouveau. Et pire que cette nouvelle, ce fut l'attitude du blond qui le chamboula. Il était resté assis sur l'herbe, et le regardait avec ces mêmes yeux inexpressifs qu'il avait eu pendant des siècles. Mais même derrière ce masque, Blaise devina sa déception et sa tristesse. Deux sentiments qui, normalement, n'existaient pas chez le blond.
« Je croyais que tu appréciais ce que j'étais devenu.
- Draco…
- Je me suis confié pour te prouver mon amitié. C'est ainsi que tu me prouves la tienne. »
- Sur ce, il se leva, laissant là Blaise avec une étrange sensation dans sa gorge.
Le temps au Paradis s'écoula sans donner de signe. Draco voyait toujours les jumeaux et Blaise. Ce dernier cherchait sans cesse son regard alors que Draco s'obstinait à ne pas le lui accorder.
Harry lui manquait terriblement.
Fred et Georges exprimèrent à Draco leurs craintes quant à leur prochaine mission, et le blond tenta de les rassurer pour le mieux. Il leur promis de rester avec eux les premières nuits de pleine lune.
« Une fois que l'on aura nos pendentifs, nous pourrons essayer de les modifier afin d'y ajouter une nouvelle couleur. Ainsi, peut-être pourrons-nous installer un signal rien que pour nous trois.
- Vous seriez capable de faire ça, Draco ?
- Avec un peu de magie, je suppose que ça ne doit pas être très difficile, expliqua-t-il.
- Et ne peux-tu pas faire pareil pour moi ? demanda alors Blaise. Que je sache qu'il ne t'arrive rien…
- Tu n'as pas de pendentif.
Blaise soupira.
- J'aurais voulu venir avec vous, laissa-t-il échapper.
- Je t'interdis de dire ça, contra Draco, la voix dure.
- Mais… tenta le brun.
- Je suis soulagé de te savoir ici, en sécurité.
Cette explication sembla convenir à Blaise, qui se permit un petit sourire. C'était peu, mais juste suffisant de la part de Draco pour qu'il comprenne : il l'estimait encore.
Un peu plus tard, alors que Draco se retrouvait seul et que les jumeaux étaient partis méditer, Blaise vint lui rendre visite. Il s'attendait à entendre retenir la corne de brume à n'importe quel moment, aussi il voulait prendre le temps de parler une dernière fois à Draco avant qu'il ne s'en aille.
« Draco, c'est moi, dit-il pour annoncer sa présence lorsqu'il entra dans la chambre du blond.
Celui-ci était allongé, les yeux fermés, et profitait des quelques instants qui lui restaient avant son départ. Lorsqu'il entendit Blaise, il se redressa sans entrain et le regarda avec indifférence. Peu rasséréné par le comportement de son ami, le brun s'installa timidement au bord du lit.
- Je suis désolé de revenir sur le sujet, mais je pense que c'est nécessaire… débuta-t-il.
Il prit le silence de Draco pour un assentiment et poursuivit avec la question qui lui brûlait la langue depuis leur dispute :
- Quel genre de sentiment expérimentes-tu, au fait… ?
- Je ne sais pas. Plusieurs, je suppose, dit Draco.
Il ne voulait pas répondre directement à ce genre de question. Lui-même n'en était pas certain.
- Mais… Es-tu sûr que ce soit une bonne idée ? Je veux dire, c'est un démon. Peux-tu réellement lui faire confiance ?
- Il m'a sauvé la vie par deux fois, Blaise.
- Mais peux-tu être certain de ses intentions ?
- Non. Mais j'en prends sciemment le risque. S'il m'arrive quelque chose, ce sera de ma faute, et uniquement de ma faute.
- Mais je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose… Draco, je suis désolé de t'avoir blessé. Je m'inquiète seulement pour toi.
- Je sais, avoua le blond. C'est bien pour cela que je te pardonne.
- Mais comment puis-je être sûr qu'il ne t'arrive rien ?
- Tu ne peux pas, répondit simplement Draco.
- Je ne comprends pas… soupira Blaise. Pourquoi prends-tu autant de risques ? Au final, c'est pour quoi tout ça ? Pour des sentiments humains ? Pour un démon ? Tu es un ange, Draco. Pourquoi aller chercher plus loin ?...
- Parce que j'ai besoin de plus ! Plus que cette simple existence passive. En réalité Blaise –et je sais que ce que je vais dire ne vas pas te plaire– cette expédition sur Terre m'a sauvé. Depuis quelques temps déjà, je songeais à aller me coucher. C'est ça, ou le Tombeau Blanc.
Blaise ne dit rien d'abord, probablement trop étourdi de prendre conscience que son ami pouvait vouloir en finir. Puis finalement, il soupira, comme résigné.
- Je suppose que je ne peux rien y faire. Promets-moi tout de même de faire attention. »
Draco acquiesça, et ce fut suffisant pour Blaise. Il le salua une dernière fois, puis quitta la maison. A peine fut-il sorti que la corne retentit.
À suivre...
Et voilà un nouveau chapitre ! Ce n'est pas le plus passionnant, je vous l'accorde, mais pas de crainte, le chapitre à venir verra un peu plus d'action, un peu plus de sentiments, et un peu plus de questions ! Mais il fallait bien que Blaise soit un minimum au courant, le pauvre... Donc je vous souhaite du plaisir à lire, j'espère que ça vous plaira, et je vous retrouve dans quelques jours avec le chapitre 7... Au plaisir !
Nagisa.
