Salut ! Voici un deuxième OS, qui a aussi été écrit il y a longtemps, et mon écriture a beaucoup évolué depuis. Il vient d'une idée assez originale, mais que j'aime beaucoup !

L'histoire est un E/A un peu particulier qui se déroule longtemps après la victoire d'Eragon sur Galbatorix. J'ai écrit cet OS longtemps avant la sortie du tome 4, donc sa fin n'est pas respectée.

Bonne lecture !


Eragon se promenait dans Ellesmera, tranquillement, calmement. En fait, cela faisait quelques deux cents ans qu'il était calme. Il avait dû pacifier l'ancien Empire, et poursuivre les dernières poches favorables à l'Empire mais c'était maintenant de l'histoire ancienne. En réalité, il attendait que le dernier œuf éclose. L'oeuf que possédait Galbatorix n'avait en effet pas encore éclôt, et certains commençaient à désespérer. Mais pas Eragon.

Il s'en était passée des choses en deux cents ans...

S'arretant soudainement, il sourit et leva la tête vers les cieux pour distinguer, à travers le toit formé par les feuillages des grands et majestueux arbres de la forêt, sa dragonne Saphira. Et il n'eut pas beaucoup de mal à voir son long jet de flammes quand elle passa au dessus de sa position, brillante de mille feux, reflétant la grandeur de tous les dragons réunis. Elle avait beaucoup grandit encore ces dernières années. Elle était bien évidemment loin d'atteindre la taille de Glaerg mais elle grandissait quand même plus que la moyenne des dragons.

Coucou petit Homme ! Belle mâtiné, n'est-ce pas?

Et comment Saphira ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas entendu la nature en si parfaite symbiose ! Le temps est parfait ! Les arbres chantent le soleil sur leurs feuilles et l'eau dans leurs racines.

Échangeant encore quelques paroles, notamment au sujet de leur prochain voyage à la recherche des vestiges des dragonniers sur l'île de Vroengard, ils finirent par conclure sur la nouvelle politiques des Hommes. Puis Saphira partit chasser et coupa son esprit à celui d'Eragon, ne laissant qu'un mince fil entre les deux pensés liées. Eragon, quant à lui, s'éloigna un peu d'Ellesmera pour aller vers une petite clairière qu'il avait repérée des cieux et qui semblait parfaite pour une petite méditation.

Après quelques minutes de marches entre les gigantesques troncs d'arbres, Eragon atteint enfin ce havre de paix. Cette clairière était bordée d'arbres rapprochés les uns des autres et de hauts buissons, empêchant quiconque de voir à l'intérieur de cet espace dégagé. Le seul chemin qui permettait d'accéder à cet endroit était la petite rivière qui coulait paisiblement. Eragon avait donc dû lui aussi se jeter à l'eau...
Et l'intérieur de la petite clairière ne lui déplut pas. En effet, l'absence d'arbres permettait à la végétation florale de se développer d'avantage, et un véritable tapis de fleurs multicolores s'étendait au pied du dragonnier. Seul le bruit des oiseaux et le clapotis de l'eau de la rivière recouvrait le silence serein des lieux...

Sur le coté de la clairière, une souche blanchie par le temps prônait. Avec un petit pincement au cœur, Eragon repensa à la souche où son défunt maître l'avait mené plus d'une fois... Fermant les yeux, il fit le vide dans son esprit, puis s'installa en tailleur sur la souche. Il commença alors doucement à étendre son esprit, d'abord à un mètre de lui, puis...

Eragon ?

La voix résonna doucement dans son esprit, et le cœur d'Eragon battit plus fort... Toujours le même effet... et cela faisait pourtant plus de 100 ans. Cela faisait en fait 105 ans et 94 jours exactement qu'elle avait dit oui.

Eragon ? Dis moi, mon dragonnier, où es tu donc ? Je ne savais pas qu'un jour tu fuirais ta compagne...

Eragon sourit de toutes ses dents, et tant pis si elle ne pouvait pas le voir.

Je suis parti, en... exploration, princesse...

Il adorait ce surnom, bien que sa moitié ne le supportait pas...

Très bien, si tu ne veux pas me dire où tu es, je n'aurais qu'à prendre cette information, par force... ou par ruse...

Elle l'attaqua d'abord de front, mais, voyant que les défenses d'Eragon étaient imprenables, elle préféra la ruse... Glissant de doux mots à l'esprit de son amant, elle les accompagna bientôt des images de quelques 105 ans de relation amoureuse... Eragon n'avait malheureusement pas la possibilité de fermer les yeux, aussi il rendit vite les armes...

Très bien, je suis là.

Il lui envoya par images tout son trajet, et enfin une petite image de la clairière. Mais, juste avant qu'elle ne quitte son esprit, satisfaite d'avoir eu une réponse, il la retint.

Arya ?

Oui Eragon ?

Je t'aime.

Il ne la voyait pas mais sentait bien un petit sourire se dessiner sur ses lèvres... Elle quitta cependant son esprit en laissant quelques mots par écho...

Moi aussi...

Le silence revint, et Eragon, heureux, recommença à étendre son esprit. Un mètre, deux mètres... chaque être vivant lui communiquait une multitude de sentiments, de sensations... Il se sentit alors à nouveau petit devant la force de la nature... Encore une fois il comprit à quel point il était insignifiant dans le grand cycle de la vie, et pourtant cela, au lieu de le rendre triste ou en colère, lui rappelait qu'il fallait rester humble et surtout qu'il devait aimer la chance qu'il avait de faire partie de ce grand cycle de la vie.

Son esprit, qui s'était arrêté à un rayon de deux mètres, eu soudain "faim" et commença à partir, beaucoup plus vite, sur plusieurs centaines de mètres... avant de se rétracter par réflexe protecteur. En effet il venait de détecter une présence à quelques mètres de lui.

Ouvrant les yeux, Eragon fut d'abord éblouit par les rayons éclatants de soleil. Mais il adapta vite sa vue, et tourna son regard vers l'elfe qui l'observait depuis il ne savait pas combien de temps.
C'était une elfe, qu'il n'avait jamais vu. Elle était plutôt grande, de taille fine mais musclée, le ventre plat, la poitrine arrondie, les jambes fines adaptées à la course, mais aussi musclées pour le combat rapproché. Ces bras étaient croisés sur sa poitrine ce qui la faisait gonfler à chaque respiration. Ses cheveux étaient plutôt courts, d'un noir identique à celui d'Arya... Son visage était à l'image de son corps : parfait. Se yeux étaient d'un bleu sombre , des pommettes hautes les mettant d'avantage en valeur. Sa bouche rouge sang s'étirait dans un sourire exquis qui dévoilait ses dents blanches et parfaites. Le dragonnier avait donc une magnifique représentante du peuple des elfes. Cependant, il n'eut pas la réaction qu'il aurait eu dans sa jeunesse. Il resta décontracté et souriant, et demanda d'un voix calme, après avoir prononcé avec elle les paroles traditionnelles de politesses, et après avoir remarqué que sa voix était légère et agréable :

« Qui es tu donc, belle représentante de ton peuple ? Je n'ai jamais eu le plaisir de te voir à aucune fête elfique depuis ces deux cents dernières années. »

« Je ne suis pas là pour parler Eragon Tueur d'Ombre, mais plutôt pour te voir... »

Elle laissa en suspend sa phrase tandis qu'elle se rapprochait d'une manière féline d'un Eragon dépassé par les événement.

« ...et te toucher. »

Elle était alors à quelques centimètres du dragonnier et, déposant ses bras sur ses épaules, elle rapprocha son visage du sien, puis déposa délicatement ses lèvres sur celles, tremblantes de surprises, du dragonnier abasourdi.

Arya venait de rentrer des Beors. Elle avait voulu continuer à tenir son rôle d'ambassadrice du peuple des elfes. Elle aimait faire ça. Bien sûr elle le regrettait très souvent, surtout quand elle était obligée de se séparer d'Eragon plusieurs mois... Elle ne l'avouera certainement jamais, même pas à son amant ni à sa mère.
Mais aujourd'hui elle était de retour chez elle, et elle venait d'apprendre qu'Eragon était lui aussi à Ellesmera. Cachant avec mal sa joie de le savoir si proche d'elle, elle était immédiatement partie vers son arbre en espérant l'y trouver. Cela faisait maintenant cinq mois qu'ils n'avaient pu se voir. Il était parti en mission longue et elle quelques semaines après avait été rencontrer quelques représentants nains et humains. Elle en avait profité pour reprendre l'oeuf de dragon vert qui était à Urû'baen pour le rapporter dans le Du Wedelvarden où un nombre impressionnant de naissance avait lieu depuis 150 ans. Il n'y avait pas moins de 26 enfants elfes en ce moment dans la capitale, et 12 autres dans le reste de la forêt.

Arya en était vraiment heureuse, bien que croiser un enfant lui rappelait qu'elle même n'en avait pas, et, même si ses instincts maternels n'étaient pas aussi fort que ceux des humaines, ils étaient bien présents en elle. Arya n'en avait évidemment parlé à personne... Il y a quelques siècles, elle aurait été voir Oromis mais il n'est plus, aussi elle avait du mal à se dévoiler. Sauf avec Eragon. Elle avait appris à le connaitre vraiment bien, mais, peu après la victoire des alliés contre l'Empire, elle ne se sentait pas prête à être avec lui. Eragon n'avait d'ailleurs jamais refait de demande et avait su garder toutes ses pensés pour lui et Saphira. Jusqu'à ce fameux jour où ils avaient tous fait la fête de l'Automne. Pendant ce genre de fête ce qui s'y passe rend les elfes encore plus insaisissables qu'à l'habitude. La force magique les rend ivre et le surplus d'énergie de leur corps s'exprime à travers leur comportement euphorique. Eragon participait à cette fête pour la première fois, et, après quelques heures de danses, tous avaient perdu la notion de temps. Arya s'était laissée totalement aller et c'est comme ça qu'Eragon et elle s'était retrouvée au milieu de tout le monde à danser, comme en transe. Personne ne s'était aperçu de cela puisque tous étaient dans le même état qu'eux. Personne ne s'aperçut non plus qu'ils dansaient de plus en plus proche, allant jusqu'à se toucher, se coller l'un à l'autre... Enfin leur lèvres se joignirent...

Arya n'avait qu'un vague souvenir de la journée de fête, mais se souvenait parfaitement de leur premier baiser, puis de la première nuit qu'ils avaient passé ensemble... et ils ne s'étaient plus jamais quitté. Elle ne le regrettait pas.
Bien sûr, il avait dû se séparer un nombre incalculable de fois, ce qui avait fait souffrir autant la princesse que le dragonnier, d'ailleurs. Enfin aujourd'hui elle était là et elle comptait bien profiter de son compagnon. Elle avait aperçu Saphira volant au dessus de la cime des arbres et l'avait saluée gaiement, puis s'était mise à chercher son amour... qu'elle trouva par esprit. Il était elle-ne-savait-où mais il était hors de question pour elle de ne pas le savoir très vite, aussi elle lui arracha la réponse à sa question... de ruse. Cela faisait bien longtemps que la force ne marchait plus avec son amant... elle le regrettait parfois...

Courant à travers la forêt et les anges qu'elle aimait tant, elle profita autant qu'elle le pouvait de chaque détail qui fait de cette forêt sa maison, son foyer. Les rayons qui traversaient le feuillage pour voler contre sa peau, la douce brise qui remuait les branches basses, l'épais tapis de mousse et d'herbe sous ses pieds qui lui permettaient de rester pieds nus... C'était un tel délice...

Elle arriva très vite à la fameuse rivière, et elle s'y jeta sans hésitation, et tan pis pour ses vêtements qui seront mouillés ! Elle nagea avec délice dans cette eau peu profonde et pénétra dans la petite clairière qu'elle n'avait encore jamais vu... et elle fut frappée par la beauté sereine des lieux. Cependant, ce n'est pas la multitude de couleur des fleurs qui l'attira en premier... non ce qui attira son regard, pour son plus grand désespoir, était un dragonnier, enlaçant une elfe particulièrement belle. Une elfe qu'elle n'avait d'ailleurs jamais vu.

Alors une colère sourde monta en elle... un colère comme elle n'en avait que rarement connue. Son visage était resté le même, seuls ses yeux trahissaient l'envie grandissante qu'elle avait d'extérioriser son état. Mais, digne représentante des elfes, pas même une ride n'était apparue sur son visage aussi beau qu'à l'habitude. Elle sortie de la rivière sans faire de bruits et s'approcha du couple, encore incertaine du sort qu'elle leur réserverait. Maintenant à moins de trois mètres, elle allait signaler sa présence, quand soudain la main de l'elfe inconnue descendit vers le pantalon du dragonnier. Et cela fut de trop. Hors d'elle, Arya s'en saisit et, tirant de toute ses force le bras de l'elfe pour l'éloigner de son (ex?) bien aimé. Son visage était soudainement devenu plus rouge, ses yeux étaient noirs, et des étincelles de magie, menaçantes, crépitaient dans l'air... Elle accentua le déséquilibre qu'elle avait créé et balança l'elfe par terre en hurlant.

« COMMENT OSES TU POSER LA MAIN SUR MON DRAGONNIER, ELFE ? »

L'elfe en question se releva d'un bond, surprise un premier temps, puis totalement indifférente, exhibant un masque désintéressé, ce qui accentua la colère d'Arya qui se tourna vers Eragon.

« ET TOI, COMMENT AS TU PU ME FAIRE ÇA ! »

Eragon avait les joues rouges feu, et ne savait plus où se mettre. Ce qui énerva la princesse elfe encore d'avantage.

« COMMENT PEUX TU ME TROMPER AVEC... CA ? »

Cela ranima le dragonnier, comme si une abeille géante venait de le piquer dans son sommeil.

« Arya... crois moi, je n'ai rien fait, pas même bougé. »

« OUI ! J AI VU ÇA QUE TU N'AS PAS BOUGÉ ! »

Eragon eut soudainement peur... Arya ressemblait à la déesse de la guerre et incarnait la colère elle même, et malgré leur beauté sauvage, le dragonnier refusait de croiser ces yeux.
Mais, alors qu'il croyait qu'elle allait se défouler sur lui, elle se retourna et flanqua une gifle absolument incroyable à l'elfe derrière qui vola sous l'impact.

« ERAGON EST À MOI ! PERSONNE D'AUTRE N'Y TOUCHERA ! »

Utilisant la magie, elle souleva l'elfe et quitta la clairière comme une furie, sa pauvre prisonnière la suivant...

Eragon était abasourdi.


Voilà ! Les personnages ne sont peut etre pas totalement respectés, puisque je doute voir Arya réagir ainsi, mais c'était une idée à développer et ça m'a, pour ma part, bien amusé de l'écrire cet OS !

Bien sûr, si vous avez un petit commentaire à laisser, il est le bienvenue !