Arya traversa la rivière à la nage. L'eau fraîche contre son corps presque entièrement nu lui faisait du bien, la réveillait. Quand elle sortie enfin, trempée et frigorifiée, elle dût utiliser un sort pour pouvoir éviter l'hypothermie. Elle sécha ses cheveux noirs et les peigna sommairement puis continua son chemin, après s'être rhabillée. Elle écarta quelques branches sur le sentier qui ne semblait pas avoir été emprunté depuis un certain nombre d'années maintenant. Elle se dépêcha malgré la fatigue de ses membres, et accéléra le pas. Des branches fouettaient son visage et quelques égratignures apparaissaient au fur et à mesure de son avancé.
Tout d'un coup elle s'immobilisa, et, tendant l'oreille, elle entendit un bruit sourd, suivit d'un autre, au loin sur. Elle continua d'écouter, immobile et silencieuse, et elle entendit le même bruit toujours sur sa gauche mais se rapprocher. Inquiète, elle ne fuit pas pour autant et se rapprocha aussi silencieusement que possible, aidée par sa légèreté et son agilité elfique.
Elle écarta une dernière branche et devant elle s'étendait un sentier qui lui semblait familier. L'obscurité envahit tout d'un coup le chemin et elle vit quelques mouvements dans les fourrés plus loin à gauche. Puis des bruits de sabots retentirent, la ramenant loin en arrière...
Trois cavaliers surgirent, prudents, puis, après un mouvement d'hésitation accélérèrent. Mais arrivés au niveau d'Arya, deux d'entre eux, touchés par une flèche, tombèrent tandis que le troisième cavalier disparaissait dans le sentier, poursuivit par des flammes.
Sachant qui était là, à agoniser sous ses yeux, Arya sentit des larmes couler sur sa joue. Mais l'homme touché par une flèche se releva brusquement et braqua son visage encapuchonné vers lui. La princesse elfe eut un mouvement de recul quand deux yeux rouges se braquèrent sur elles, puis, quand la capuche tomba, révélant les cheveux rouges sur la peau glaciale de l'Ombre, elle ne pût se retenir et hurla, voulant quitter l'endroit... Elle tourna le dos à cette vision... mais elle n'était plus dans la forêt. Ses mains dans son dos étaient attachées par de solides cordes qui lui entaillaient la peau.
« Alors ma Belle, vas-tu donc me dire où se trouve l'oeuf? »
Elle regarda, paniquée, autour d'elle, les murs sombres les torches... Elle tenta de se lever mais constata avec horreur que ses jambes ne répondaient plus. De même elle voulut invoquer la magie mais aucun mot ne venait. Le sourire de l'Ombre s'élargit et il la gifla.
« J'attends une réponse, sinon nous allons devoir passer aux méthodes moins douces... »
Une nouvelle gifle l'envoya frapper l'un des murs, dans un choc tel qu'elle entendit son dos craquer, puis elle s'effondra par terre, ne pouvant toujours pas tenir sur ses jambes. Elle leva les yeux vers l'Ombre qui s'approcha d'elle jusqu'à ne plus être qu'à quelques millimètres.
« Je t'aurais bien torturé mais d'autres s'en chargeront... De plus... compétents. »
Puis il tourna les talons et alla ouvrir la porte, et s'inclina devant le nouvel arrivant.
« Maître... »
Et à la plus grande horreur d'Arya, Galbatorix lui même entra dans la salle. Il était grand, blond, les cheveux mi-longs. Son visage, creusé par de longues années d'études et de combats, restait harmonieux malgré les cernes profondes qui creusaient d'avantage encore le creux de ses yeux. Il eut un petit sourire en voyant l'elfe.
« Voici donc Arya... -il se tourna vers Durza- laisse nous. »
Refermant la porte derrière l'Ombre il commença à faire le tour de la pièce, s'arrêtant à côté d'un meuble plein d'instruments de tortures. Il releva Arya par magie et l'installa sur une chaise.
« Alors, ma très chère elfe, par quoi veux tu commencer ? Me livrer les secrets des elfes ou l'endroit où tu as envoyé l'oeuf ? »
Il se tourna vers elle, un fouet à la main, et eut un petit sourire.
« Et crois moi, tu me diras tout. »
Il se retourna à nouveau et prit un instrument long et fin, une sorte d'aiguille avec un tout petit réservoir au bout. Puis il s'approcha de l'elfe toujours silencieuse. La prenant par les cheveux il lui leva la tête.
« Alors quelle est ta réponse ? »
Mais devant son silence, il se résolu, non sans plaisir, à devoir la torturer avant.
« Je pourrais harceler ton esprit, mais auparavant je préfère prendre le plaisir de te torturer... »
Et il lui planta l'aiguille dans la cuisse, très profondément dans le muscle, puis injecta un peu du liquide, ce qui fit hurler l'elfe. L'huile de Seither se répandant dans son organisme, et plus elle criait, plus Galbatorix devenait violent, et plus son visage changeait. Bientôt de nouveaux traits apparurent... Et enfin la princesse elfe ne voyait plus le roi mais Eragon qui le torturait. Un grand sourire sadique se dessina sur son visage.
« Je t'aimais, mais tu m'as rejeté ! Mais aujourd'hui je peux enfin me venger ! »
L'elfe hurla à nouveau et ouvrit les yeux, sautant de son lit et sortit en trombe de sa tente. Dehors tout était calme, alors qu'elle tremblait de tous ses membres qui souffraient encore des tortures de son rêve.
Elle ne savait où aller, mais ce qu'elle savait, c'est qu'elle ne pourrait plus dormir tranquillement cette nuit. Elle déambula au hasard entre les tente du campement et tomba sur celle d'Eragon. Saphira n'était pas devant, mais la princesse elfe n'hésita pas plus de deux secondes. Pénétrant dans la tente, elle regarda le dragonnier dormir, et ne pût que repenser à son cauchemars. Malgré cela, elle s'approcha encore et détailla le visage serein d'Eragon. Mais, comme si il sentait sa présence, ses yeux s'ouvrirent lentement et il la regarda sans trahir de sentiments. L'elfe face à lui ne bougeait plus, silencieuse... Mais le dragonnier se leva subitement pour la prendre dans ses bras quand il vit les larmes perler au coin des yeux de son elfe. Elle se laissa faire et se retrouva sur le lit dans les bras du dragonnier.
Une dernière l'arme coula, mais avant même qu'elle ne touche le sol, les deux amis dormaient profondément.
