Chapitre 6 : le secret de Shineko
Gaara attendait patiemment sur un banc, près de l'hôpital de Konoha, lorsque Naruto fit son apparition.
- Hey, Gaara ! l'appela-t-il. Qu'est-ce que tu fais là tout seul ?
- C'est aujourd'hui que Shineko va sortir de l'hôpital, lui répondit Gaara. Comme je voulais être le premier à l'accueillir, j'attends sa venue ici.
- Et tu sais quand elle va sortir ? demanda le genin blond.
- Non ... dit Gaara. J'attends ici depuis huit heures ce matin et elle n'est toujours pas sortie ...
- Quoi ? s'exclama Naruto. Mais il est presque quatorze heures ! T'attends là tout seul depuis tout ce temps ? Ce doit vraiment être une amie très chère, alors !
- Oui ... fit Gaara en souriant un peu.
- Salut la compagnie ! fit une voix.
Naruto et Gaara se tournèrent et virent que Rock Lee arrivait vers eux avec sa béquille.
- Gaara ! Tu es au courant que Shineko va mieux et qu'elle sort de l'hôpital aujourd'hui ? lui demanda Lee.
- Un peu, qu'il est au courant ! répondit Naruto à la place du genin des sables. Il attend ici depuis huit heures du matin !
- Sans blague ? s'étonna Lee en s'asseyant à côté de Naruto.
- Sais-tu à quelle heure elle va sortir ? demanda Gaara à Rock Lee.
- Non, mais elle ne va pas tarder, lui répondit ce dernier. Son lit était vide quand je suis passé devant la salle des soins intensifs. A mon avis, les médecins lui font passer quelques examens avant de la laisser partir.
Rock Lee fut un peu surpris de voir de la tristesse sur le visage de Gaara.
- Quelque chose ne va pas ? lui demanda-t-il.
- Non, tout va bien, murmura Gaara. C'est juste que ... que tu es plutôt gentil avec moi alors que je t'ai brisé un bras et une jambe. Et toi aussi, Naruto. Tu es venu me parler alors que j'ai failli tuer tes amis. Je ne pense pas mériter tant d'égards de votre part ...
- Ne t'en fais pas, Gaara, lui dit Lee en souriant. Au contraire, j'ai pu évaluer mon niveau lors de ce combat. Crois-moi, je serai très vite sur pied et prêt à en découdre à nouveau !
- Ouais, moi non plus, je t'en veux pas, ajouta Naruto. Je suis un jinchûriki, comme toi, alors je peux comprendre ce que tu ressens. Ça doit pas être drôle tous les jours, pour toi. Quand j'y pense, j'ai eu beaucoup de chance d'avoir des amis car ce sont eux qui m'ont permis de surmonter toutes les épreuves !
- Moi aussi, j'avais une amie, fit Gaara d'une voix triste. Mais je l'ai laissée tombée et voilà le résultat ... Des larmes, des blessures et des regrets à n'en plus finir ...
- Combien de fois devrais-je te répéter qu'il ne faut plus te tourmenter de la sorte ? lui dit une voix derrière lui.
Les trois genin se retournèrent d'un bloc. Shineko se tenait à l'entrée de l'hôpital, appuyée contre le mur d'enceinte.
- Shineko ! s'exclama joyeusement Gaara en se levant d'un bond.
Il se précipita vers la jeune fille et la serra contre lui de toutes ses forces.
- Aïe ! cria Shineko. Ne me serre pas si fort, Gaara, tu me fais mal ! Je viens juste de sortir de l'hôpital et mes blessures ne sont pas encore tout à fait guéries.
- Je suis si content de te voir, Shineko ! lui dit Gaara en la lâchant. Tu as l'air en forme !
- Plus que jamais ! affirma la jeune fille.
- Vous allez rentrer chez vous, maintenant ? demanda Naruto aux deux genin des sables.
- A présent que plus rien ne nous retient ici, nous allons en effet rentrer à Suna, lui répondit Gaara.
- Vous êtes sûrs que vous ne voulez pas rester un peu plus ? Leur proposa Naruto.
- Nous nous sommes trop attardés ici, lui répondit Shineko. Mais je te promets que nous reviendrons !
- Au revoir, alors, et faites bonne route ! leur souhaita Rock Lee.
- Merci ! répondit Shineko. Et bon rétablissement, Lee !
- Merci ! dit ce dernier.
Lorsque Gaara et Shineko eurent quitté leurs nouveaux amis, Kankurô, Temari et "" les rejoignirent.
- Enfin remise de tes blessures ? lui demanda Kankurô.
- Oui, répondit joyeusement Shineko. Et désolée de t'avoir fait si peur lorsque je suis arrivée à Konoha.
- Aucun soucis ! lui assura Kankurô. Je n'étais pas si terrifié que ça.
- Ce n'est pas ce qu'on aurait dit ... insinua Temari en lançant un regard moqueur à son frère.
- Eeeh ! s'indigna Kankurô.
- Êtes-vous prêts à repartir ? leur demanda "".
- Oui, répondit Gaara.
- Il me tarde de rentrer à la maison ! s'exclama Kankurô.
- Moi aussi ! renchérit Temari.
Shineko, quant à elle, regardait le sol d'un air triste.
- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda Temari.
- C'est que ... je n'ai pas de maison ... fit Shineko d'une petite voix. La petite cabane que j'habitais tombe en ruines et ...
- Alors viens habiter chez moi ! lui proposa spontanément Gaara. Enfin ... si vous êtes d'accord, bien sûr, ajouta-t-il à l'adresse de Kankurô et Temari.
- Attends, laisse-moi réfléchir ... dit Kankurô, feignant l'indécision.
Il changea d'attitude après s'être pris un coup de poing sur la tête de la part de Temari.
- Roh, ça va ! Si on peut plus rigoler ...
- Le problème, c'est que tu n'es pas drôle, Kankurô, lui répondit sa grande sœur.
- C'est pas plutôt toi qui n'a aucun humour ...? marmonna Kankurô.
- Qu'est-ce que tu as dit ? lui demanda Temari sur un ton énervé.
- Rien du tout ...
Pendant le voyage, Gaara prit Shineko à part.
- Lorsque nous étions en soins intensifs à l'hôpital de Konoha, un médecin m'avait dit que tu ne possédais pas de cœur, lui dit-il. Et j'ai remarqué que tu avais une énorme cicatrice du côté gauche de la poitrine. Peux-tu me dire ce qui t'est arrivé ?
- Mmm ... fit Shineko. C'est une drôle d'histoire ...
- Qu'est-ce qui est une drôle d'histoire ? demanda Kankurô avec curiosité.
- Nous aussi, on veut savoir ! ajouta Temari.
Il était juste derrière Gaara et Shineko, qui bondirent de surprise.
- Ça ne se fait pas, d'espionner les conversations ! lui reprocha Gaara.
- Qu'est-ce que vous pouviez bien vous dire de si intéressant pour que tu réagisses ainsi, Gaara ? le questionna Kankurô d'un air intéressé.
- Rien pour le moment, mais si tu te tais, tu le sauras, lui répondit Shineko. Gaara me demandait simplement ce qui m'était arrivé durant ces dernières années.
Shineko s'éclaircit la gorge et commença son récit.
- Lorsque nous étions enfants, tu savais que je vivais dans la rue et que je devais mendier pour me nourrir, dit-elle à Gaara. C'était assez difficile car les gens voyaient d'un mauvais œil les gamins des rues. Lorsque je n'avais rien à manger, tu m'apportais quelques sandwichs, que l'on partageait. Mais dès que tu m'as abandonnée, ma situation s'est dégradée. Les habitants de Suna ont appris que j'étais un jinchûriki et se sont mis à me fuir comme la peste. J'étais tout le temps affamée et désespérée. Je voulais partir de Suna mais le monde extérieur était bien trop dangereux pour une petite fille de mon âge ; et je m'étais déjà assez mise en danger pour arriver jusqu'à Suna. De plus, je pense que quelque part, je continuais à espérer qu'un jour, tu reviendrais vers moi ... Alors j'ai décidé de poursuivre mon rêve et suis entrée à l'académie ninja de Suna. J'ai obtenu assez difficilement mon diplôme de ninja.
- Pourtant, tu es une kunoichi très douée, s'étonna Kankurô.
- Peut-être, mais quand on est affamé et en mauvaise santé, on a du mal à produire du chakra, répondit Shineko.
- Ah ... fit Kankurô d'un air compatissant.
- Grâce à la solde que je recevais pour les missions accomplies, j'ai pu m'acheter de la nourriture, un nouvel équipement et des vêtements neufs.
- Pourtant, tu as toujours ta vieille cape et ton écharpe mitée, remarqua Gaara.
- C'est parce que j'y tiens beaucoup, voilà ! rétorqua Shineko. Mais un jour, une de mes missions a failli mal tourner ...
- Pourquoi ? demanda Gaara. Que s'est-il passé ?
- J'étais dans un groupe de trois genin, dirigés par un chunin. Notre mission était classée C et nous étions chargés de récolter des informations sur un chasseur de prime et son acolyte. Ils se trouvaient à quelques kilomètres de Suna. Nous devions juste les espionner discrètement et rentrer pour faire notre rapport. Cependant, rien ne se passa comme prévu ...
Flashback ...
Nous nous étions cachés dans un arbre afin de voir nos cibles sans être vues par elles. Je trouvais ces deux shinobi bien étranges. Pour moi, ils n'avaient absolument pas l'allure de chasseurs de prime. Le chasseur et son compagnon portaient d'étranges manteaux noirs sur lesquels étaient cousus des nuages rouges. Je n'ai pas pu voir le visage du chasseur de prime car il portait une cagoule sur la tête. Son compagnon avait les cheveux gris et portait un collier bizarre autour du cou qu'il n'arrêtait pas de tripoter. Soudain, les deux shinobi se sont arrêtés et le shinobi aux cheveux gris s'est tourné vers notre arbre en criant :
- Hey ! Vous là-bas ! Pas la peine de faire tant d'efforts pour vous cacher, vous êtes repérés ! Pourquoi ne pas venir nous saluer en face ?
Normalement, nous aurions dû fuir immédiatement. Mais c'était sans compter sur la stupidité d'un des deux genin qui m'accompagnait. Il est descendu de l'arbre dans lequel nous nous cachions et leur a demandé ouvertement ce qu'ils cherchaient si près de Suna. Le chunin, l'autre genin et moi sommes descendus afin de ramener notre crétin de partenaire avec nous. C'est là que le chasseur de prime a dit quelque chose de très étrange ...
- Regarde ça, Hidan. Finalement, notre gibier est venu jusqu'à nous.
- Ça m'étonne quand même que le jinchûriki de Nibi soit cette gamine chétive, dit le shinobi aux cheveux gris.
- Eh bien peut-être que cela facilitera notre tâche, lui répondit le chasseur. Capture-la !
Ma surprise fut immense. Ils me cherchaient, moi ? Pour quelle raison ? Toujours est-il que le shinobi aux cheveux gris est passé à l'attaque juste après. Il a voulu me trancher en deux avec une énorme faux à trois lames. Heureusement, j'étais bien plus rapide que lui.
- Hidan ! cria le chasseur de prime à son acolyte. Tu as failli la tuer ! Rappelle-toi ce que Pain a dit : il nous la faut vivante !
- Mais ça va à l'encontre de tous mes principes religieux, Kakuzu ! se plaignit " Cheveux-gris ".
- Alors je vais m'en occuper, puisque tu es incapable de le faire correctement, répondit le chasseur.
" Cheveux-gris " a alors attaqué les trois autres membres de mon équipe afin de les tenir à distance, pendant que le chasseur de prime s'occupait de moi. Le genin crétin y est passé très vite. L'autre genin a tenté de retenir le chasseur de prime pendant que je m'enfuyais ; il s'est fait tuer, lui aussi. J'ai voulu me transformer en Nibi afin de le mettre hors d'état de nuire mais le chasseur m'en a empêché. Une masse grouillante de fils noirs est sortie de ses bras et est venue s'enrouler autour de moi, m'empêchant de me mouvoir. J'étais bloquée à terre par les fils noirs, terrifiée. Le chasseur de prime s'approchait de moi quand soudain, une grosse lame de métal est sortie du côté gauche de sa poitrine : le chunin avait planté sa dague dans le cœur du chasseur. Mais à ma grande surprise, les fils noirs n'ont pas relâché leur étreinte et le chasseur de prime était toujours debout. Tout à coup, le chunin a craché du sang.
- Tu en as mis du temps, Hidan ... marmonna le chasseur de prime.
J'ai tourné la tête sur le côté en même temps que le chunin pour apercevoir l'autre shinobi. La peau de ce dernier s'était recouverte de tatouages tribaux. Mais le plus étonnant était qu'il avait planté sa propre faux dans son corps et que ça ne l'avait pas tué.
- A présent, tu vas mourir au nom de Jashin, mon dieu bien-aimé ! cria " Cheveux-gris " en riant comme un dément.
Sur ces paroles, il a sorti sa faux de son corps et se l'est plantée dans le cœur. Le chunin a alors hurlé et s'est écroulé.
- Aaaah, que de souffrance ! s'écria le shinobi aux cheveux gris en tremblant de plaisir.
- Dépêche-toi d'en finir, Hidan ! lui dit le chasseur. On a encore de l'argent à récupérer !
- Les préceptes sont les préceptes, on ne peut pas y couper ! lui répondit " Cheveux-gris ". De toute façon, il n'y a que ton putain d'argent qui compte, pour toi !
- Ne me parle pas comme ça, espèce de gaga fanatique, ou je vais m'énerver ... le menaça le chasseur.
- Oulàlà, il va s'énerver, j'ai peeuur ! se moqua son acolyte.
- Si tu n'arrêtes pas ce petit jeu tout de suite, je te promets que je viens te tordre le cou si fort que tu pourras voir tes fesses en direct ...
- Eh ben, vas-y, j't'attends, Picsou !
- Ok, là c'est trop ! Tu vas souffrir, je te le ...
Sentant les fils noirs relâcher un peu leur étreinte, j'en ai profité pour passer en mode " première queue ". Cependant, le chasseur de prime l'a senti. Et son énervement était tel que lorsqu'il s'est retourné pour me bloquer, il m'a carrément arraché le cœur !
J'ai déjà eu mal dans ma vie. Mais la douleur qui traversa mon corps au moment où mon cœur a quitté ma poitrine n'avait rien à voir avec ce que je connaissais déjà. C'était comme si j'avais été frappée cent fois par la foudre, ou plutôt comme si une scie sauteuse lancée à plein régime avait élu domicile dans ma poitrine. J'ai hurlé si fort que mes cordes vocales ont lâché.
- Ah bravo, môssieur " il-faut-la-ramener-vivante " ! lui dit " Cheveux-gris ". Et qu'est-ce qu'on va faire, maintenant ? Parce que après ça, je doute qu'elle se relève et qu'elle nous fasse un numéro de claquettes !
- On aura qu'à dire qu'elle était déjà morte quand on l'a trouvée, répondit le chasseur sans se démonter. Au moins, ça me fait un nouveau cœur ...
Et ils sont partis en me laissant là. Ma vision se brouilla. Puis le noir. Mais ce qui m'étonna le plus, c'est qu'après le noir, au lieu d'apercevoir la fameuse lumière au bout du non moins célèbre tunnel, c'est le sol que je vis en premier. J'ai cligné des yeux pour que ma vue soit plus claire. J'étais allongée sur le sol dans une mare de sang, à l'endroit même où les deux shinobi m'ont laissée. Je n'étais pas morte ! Et pourtant, le chasseur de prime m'avait bel et bien arraché le cœur, car je ne le sentais plus battre. Une énorme cicatrice rose barrait déjà ma peau à l'endroit où le chasseur avait transpercé ma poitrine. C'est là que je fis le lien avec le cœur de nuages que j'avais donné à Gaara. J'ai dû y mettre tant de chakra qu'à présent, il pouvait me tenir lieu de véritable cœur ! Et la blessure s'est guérie automatiquement.
J'ai ainsi pu revenir au village caché de Suna, où j'ai très vite reçu les premiers soins. A présent, une boule de chakra concentré me sert de cœur et me relie à la poupée en bois que Gaara garde près de lui. Pour me tuer, il n'y a pas d'autre moyen que de détruire le cœur de nuages. A ce moment, j'aurais aimé récupérer la poupée afin de mieux pouvoir la surveiller. Mais je suis dit que si c'était bien elle qui me tenait en vie, c'est que Gaara devait en prendre soin. C'est pourquoi j'ai choisi de la lui laisser.
Puis le jour des examens de sélection des chunin est arrivé. Comme la seule personne qui pouvait me recommander pour cet examen ne l'a pas fait, je n'ai pas pu m'y présenter. Mais quelques semaines plus tard, j'ai ressenti une douleur cuisante dans la poitrine. J'ai tout de suite pensé que Gaara avait finalement décidé de se débarrasser de mon cœur de nuages et me suis mise en route vers Konoha dans l'espoir de lui faire entendre raison ...
Fin du flashback ...
- Et c'est pour cela que je me trouve parmi vous en cet instant, conclut Shineko.
- Waoh ... fit Kankurô, impressionné.
- Quelle histoire ! s'exclama Temari. On peut dire que tu en as bavé !
- Je ne pensais pas que garder cette poupée en bois représentait tant de responsabilités ... murmura Gaara. C'est comme si je tenais ta vie entre mes mains ...
- Je te sens parfaitement capable de protéger mon cœur de nuages, lui dit Shineko en souriant. Sinon, je ne l'aurais pas confié !
- Merci, dit Gaara. Je ferai de mon mieux pour le protéger !
- A la bonne heure ! s'exclama Shineko.
- Dites-moi, cela fait une bonne demi-heure que vous marmonnez dans votre coin, leur dit Baki en se retournant. De quoi pouvez-vous bien discuter ?
Shineko se mit alors à courir, dépassant Baki en riant.
- Rien d'important !
Gaara se mit à courir à la suite de son amie.
- Attends-moi ! lui cria-t-il.
Kankurô et Temari se lancèrent à leur tour sur leurs traces.
- Suna, nous voilà ! cria joyeusement Kankurô.
" Est-ce qu'un jour, je comprendrais ce qui se passe dans leurs têtes ...? ", se demanda Baki en les suivant au pas.
