Chapitre 9 : Une soirée mouvementée

Après avoir enfilé son pyjama (composé d'un T-shirt et d'un short noirs), Gaara rejoignit Shineko dans le salon. La jeune fille portait un T-shirt violet avec une tête de chat blanc dessinée dessus et un mini-short noir comme pyjama. Elle était assise sur le canapé, toute seule.

- J'arrive pas à dormir ... fit-elle d'une petite voix en se tournant vers Gaara.

- Et moi non plus, lui dit Gaara en s'asseyant à côté d'elle.

- Eh ! Maintenant que tu n'es plus le jinchûriki d'Ichibi, tu peux dormir ! s'exclama Shineko.

- Peut-être mais je ne pense pas y arriver de si tôt ... murmura Gaara. Je n'ai pas dormi une seule fois de toute ma vie ...

- Tu y arriveras bien un jour, le rassura Shineko en ébouriffant la tignasse grenat du jeune homme. Ou plutôt une nuit !

Cette remarque fit beaucoup rire les deux shinobi.

- Alors, que va-t-on faire ? demanda Shineko après s'être arrêtée de rire.

- Je n'en sais rien, répondit Gaara. Qu'est-ce que tu veux faire ?

- Ah non ! On ne va pas commencer avec ce genre de conversation sans but ! Ça ne mène à rien et en plus, ça énerve les fans !

- Désolé ... fit Gaara. Oh ! J'ai une idée !

- Peut-on savoir laquelle ?

- On pourrait regarder un film, répondit Gaara.

- D'accord, mais c'est toi qui choisit, lui dit Shineko.

Gaara se leva, alla chercher un DVD et se dirigea vers le poste de télévision qui se trouvait en face du canapé. Il mit en route le lecteur-DVD (ils sont bien équipés, chez le kazekage ^^) et y glissa le disque. Il allait faire démarrer le film lorsque Kankurô arriva dans le salon.

- Que faites-vous dans le salon à cette heure-ci ? demanda le marionnettiste.

- Nous n'arrivons pas à dormir, alors on reste ici en attendant que le sommeil vienne, lui dit Shineko.

- Et toi, Kankurô, que viens-tu faire dans le salon ? demanda à son tour Gaara.

- Mais je suis chez moi ! s'indigna Kankurô. J'ai le droit de me promener en pyjama dans le salon à onze heures du soir, si j'veux !

- D'accord, d'accord, fais comme bon te semble, personne ne t'en empêche, lui dit Shineko.

- En fait, j'étais juste venu boire un verre de lait avant de me coucher, répondit finalement Kankurô.

- Ah, c'est donc pour ça que je retrouve la bouteille de lait presque vide chaque matin ... lui dit Gaara d'un ton ironique.

- Je suis en pleine croissance alors j'ai besoin d'un grand verre de lait, inventa Kankurô pour se justifier.

- Mais bien sûr ... se moqua Shineko.

Kankurô alla tout de même se servir son grand verre de lait avant d'aller rejoindre son frère et Shineko sur le canapé du salon.

- Au fait, que faisiez-vous avant que j'arrive ? leur demanda Kankurô.

- J'allais mettre un DVD, répondit Gaara.

- Eh bien lançons-le, lui dit Kankurô en saisissant la télécommande.

Kankurô allait bientôt regretter ses paroles et ses gestes. En effet, à peine avait-il appuyé sur la touche " lecture " de la télécommande que l'écran afficha des images classées X (et encore, je suis gentille) et que des bruits très significatifs sortirent des hauts-parleurs. Les trois shinobi ouvrirent des yeux ronds comme des soucoupes.

- Non mais qu'est-ce que c'est que ce DVD ! cria Shineko. Arrête ça immédiatement, Kankurô !

Ce dernier appuya au hasard sur une touche de la télécommande, ce qui eut pour effet d'arrêter le film sur une image ... hum ... dont je m'abstiendrai de faire la description ...

- Mais pourquoi t'as appuyé sur " pause ", espèce de crétin ! lui hurla Shineko. C'est encore pire comme ça !

- Aaaaah ! cria Kankurô en portant ses mains à ses yeux. Mes chastes pupilles ont été brûlées au dixième degréééé !

- Tes chastes pupilles ? répéta Shineko d'un ton sceptique et énervé en lui arrachant la télécommande des mains. Tu ne vas pas me dire que tu n'as jamais regardé de films porno !

- Non mais c'était pour le gag ...

Shineko arrêta définitivement le film et rangea le DVD dans son boîtier. Puis elle se tourna vers Gaara et lui demanda :

- Dis-moi, Gaara, quelle idée tordue a bien pu passer dans ta tête rousse pour que tu mettes CE film ?

- Je pense que tu l'aurais su si je n'étais pas venu chercher mon verre de lait ... lui glissa Kankurô en lui lançant un regard qui en disait long sur ce qu'il pensait.

- Encore un sous-entendu pervers et vaseux comme celui que tu viens de faire et je te colle mon poing dans la figure ! le menaça Shineko.

- Je dis ça, je dis rien, se défila Kankurô. Qui sait ce qui se passe dans la tête de mon petit frère ...

- Alors, Gaara, pourquoi as-tu mis ce film ? redemanda Shineko.

- C'est Naruto qui me l'a prêté la dernière fois que je l'ai vu, expliqua Gaara. Il l'avait emprunté à Kakashi et m'a dit qu'il fallait absolument que je voie ce film avant qu'il le rende à son maître. Lorsque je lui ai demandé ce que c'était, il m'a répondu " Tu verras bien ... " d'un air malicieux.

- M'étonne pas de lui ... marmonna Shineko.

- Au fait, qu'est-ce que faisait cet homme à cette femme ? demanda Gaara. Il l'attaquait ? Le texte ne collait pas vraiment avec l'idée d'un meurtre ...

Devant l'air ahuri que lui lança Shineko, Gaara préféra se taire. La jeune fille se tourna alors vers Kankurô, qui sifflotait avec un air de " je-fais-semblant-de-ne-rien-savoir-sur-l'affaire-pour-éviter-les-reproches-mais-ça-ne-trompe-personne " sur le visage. Cependant, face au regard meurtrier que lui lança Shineko, il avoua :

- Bon, d'accord, c'est ma faute ! Comme personne ne s'est occupé de son éducation sexuelle et que ni Temari ni moi n'avons envie de nous en charger, nous avions décidé de le laisser au stade de la cigogne qui apporte les bébés, en nous disant qu'il apprendrait bien assez tôt les choses de la vie ...

- Ah oui, là pour sûr, ce qui vient de se passer a sans doute été la meilleure méthode pour lui apprendre les choses de la vie ! dit ironiquement Shineko en lançant un autre regard assassin au jeune marionnettiste.

- Vous allez m'expliquer ce qui se passe, à la fin ? s'impatienta Gaara.

Ne pouvant retarder plus l'échéance, Kankurô et Shineko lui firent un cours accéléré sur l'histoire de la vie. " Ah ... " fut tout ce que Gaara put dire comme commentaire à la fin de leurs explications.

Kankurô, un peu fatigué, regagna sa chambre vers minuit, laissant Gaara et Shineko seuls dans le salon.

- Tu as sommeil, maintenant ? demanda Shineko à Gaara.

- Je ne sais pas … répondit Gaara. Comme je suis habitué à veiller depuis que je suis né, je ne fais pas la différence entre '' avoir sommeil '' et '' être bien réveillé ''.

- Et si on faisait une pile de coussins ? proposa Shineko avec enthousiasme.

- Comme quand on était petits ? demanda Gaara

- Oui ! Mais cette fois-ci, pas de Yashamaru rabat-joie pour nous gronder !

Les deux jeunes shinobi mirent beaucoup de cœur à l'ouvrage. La pile de coussins qu'ils montèrent était immense (d'ailleurs, je me demande d'où ils ont sorti tant d'oreillers …).

- C'est la plus belle pile qu'on ait jamais faite ! s'exclama Gaara.

A peine eut-il prononcé ces mots que l'édifice commença à trembler.

- Tous aux abris ! s'écria Shineko en se cachant derrière le canapé.

Elle fut suivie de près par Gaara. La pile de coussins vacilla encore un instant puis s'écroula mollement sur le sol. Quelques coussins tombèrent malgré tout sur les deux shinobi des sables, qui rirent de bon cœur. S'assurant que plus aucune chute de polochon ne les menaçaient, les deux amis sortirent de leur cachette.

- Waoh ! Il y a des coussins partout ! s'exclama Gaara. On va avoir du mal à tout ranger, maintenant ...

- Qui te parle de ranger ? lui glissa Shineko. On va s'en servir de matelas !

Joignant le geste à la parole, elle s'étala de tout son long sur le parterre de coussins. Gaara s'allongea à côté d'elle.

- Tu as eu une bonne idée, lui dit-il. C'est très confortable !

- N'est-ce pas ? Alors, toujours pas fatigué ?

- Non, je ne crois pas, lui répondit Gaara. Mais peut-être que si tu chantes ta berceuse favorite, j'aurais envie de dormir.

Alors Shineko commença à chanter. Gaara écouta d'abord la mélodie, se souvenant de toutes les fois où il l'avait écoutée lorsqu'il était enfant. Puis il se mit à observer Shineko. D'ordinaire, il ne s'attardait pas trop sur son visage car cela faisait un peu plus de trois ans qu'ils habitaient sous le même toit et il s'était habitué à la voir tous les jours. Mais depuis quelques temps, il avait pris l'habitude de regarder plus attentivement les courbes gracieuses de la jeune fille, la façon gracieuse qu'elle avait de se déplacer, les sourires qui se dessinaient sur son beau visage chaque fois qu'elle croisait le regard du jeune adolescent. Et chaque fois que Gaara la regardait avec attention, il se passait quelque chose d'étrange en lui, comme une chaleur nouvelle qui s'allumait et le réchauffait tout entier. Et aussi cette sensation étrange au creux de son ventre.

- Qu'y-a-t-il, Gaara ? lui demanda Shineko.

La jeune fille, s'étant rendue compte du trouble de Gaara, avait cessé de chanter.

- Il y a que chaque fois que je te regarde, mes joues chauffent et c'est comme si j'avais des papillons vivants dans l'estomac, expliqua Gaara.

Shineko rit doucement.

- Sais-tu ce qui m'arrive ? demanda Gaara. Et pourquoi ris-tu ?

- Parce que ce que tu ressens en ce moment, c'est la sensation d'être amoureux, répondit Shineko en lui souriant tendrement.

- A ... amoureux ? Moi ? fit Gaara.

Les joues du jeune homme s'empourprèrent. " Alors c'est ça, être amoureux ? songea-t-il. C'est vraiment bizarre ... ".

- Oui, amoureux, répéta Shineko. Tu m'avais dit que tu m'aimais lorsque nous nous sommes retrouvés, il y a quatre ans. Tu ne t'en souviens pas ?

- Si, mais ... ce n'était pas pareil, dit timidement Gaara. A cette époque, je t'aimais beaucoup, certes. Mais aujourd'hui, il y a autre chose … Je t'aime d'une façon différente … plus forte. Je … je ne sais pas comment l'expliquer ...

- Il y a quelque chose en plus, n'est-ce pas ? dit Shineko.

Encore plus troublé par le fait que la jeune fille semblait lire en lui comme dans un livre ouvert, Gaara ne dit rien. Shineko lui sourit et lui glissa doucement :

- Viens plus près, Gaara. Et prends-moi dans tes bras.

Gaara s'exécuta. A présent, les papillons avaient laissé place à une douce euphorie. Il pouvait sentir la chaleur de Shineko tout contre son torse. Et sa poitrine si ronde qui s'appuyait contre la sienne si plate. " Elle est si douce ... ", songea le jeune homme en rougissant un peu plus. La jeune fille se pelotonna contre Gaara et passa ses bras autour de la taille du kazekage. Gaara avait presque le nez dans les cheveux de Shineko et il pouvait sentir leur odeur sucrée. " Pomme, pensa-t-il en se souvenant du shampooing qu'elle avait utilisé. Quel parfum délicieux ... ". Ses lèvres s'avancèrent machinalement et embrassèrent la chevelure soyeuse de la jeune fille. Cette dernière, surprise, se redressa et s'écarta de Gaara. Ce dernier, se rendant compte de ce qu'il venait de faire, rougit en puissance.

- Je … je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris ! s'excusa-t-il en agitant les bras, tout gêné.

- Moi non plus, je ne le sais pas, lui dit Shineko en souriant. Mais peut-être qu'après ça, la mémoire te reviendra.

La jeune fille approcha son visage de celui de Gaara et posa délicatement ses lèvres sur celles du jeune kazekage. Ce dernier, d'abord extrêmement surpris, tenta de se dégager. Mais face à la douceur de ce baiser, il se laissa finalement faire. Shineko se sépara de lui quelques instants plus tard. Gaara se souvint alors de ce que Temari lui avait à propos des baisers. '' Finalement, ce n'est pas aussi stupide que ce que je pensais … se dit Gaara en se touchant les lèvres. C'est même plutôt agréable … ''. Remarquant l'air un peu perdu du jeune kazekage, Shineko lui demanda :

- Quelque chose ne va pas, Gaara ?

- Non, non … Tout va bien … répondit Gaara, encore un peu troublé. J'aime bien, en fait.

Shineko sourit à cette remarque.

- Je … je peux avoir ... un autre baiser, s'il te plait ? demanda timidement Gaara.

- Non.

Gaara fut déstabilisé par cette réponse catégorique. Pensant avoir froissé son amie, il prit une expression coupable.

- Ai-je dit quelque chose de mal … ? fit Gaara.

- Non, tu n'as rien dit ni fait quelque chose de mal, répondit Shineko. Mais j'estime que c'est à mon tour de recevoir un baiser, ajouta-t-elle en tapotant ses lèvres du bout de l'index.

Les joues de Gaara rougirent de plus belle. Lui, embrasser Shineko ?

- Je … je ne sais pas co … comment on fait … bredouilla-t-il.

- Est-ce que par hasard, j'entendrais de la peur dans ta voix ? demanda Shineko en arborant un sourire moqueur. Le kazekage serait-il effrayé par la perspective d'un simple …

- Non ! s'écria Gaara. Je n'ai … pas peur !

Il se pencha alors vers la jeune fille et l'embrassa maladroitement. Très maladroitement. Shineko repoussa le jeune homme et lui dit :

- Pas comme ça, voyons ! Tu as les lèvres si crispées qu'on dirait que tu as peur que je te morde !

Face aux yeux de chien battu que lui fit Gaara, Shineko adoucit le ton de sa voix.

- J'ai compris, laisse-moi faire ...

Elle l'embrassa tendrement, caressant de sa langue la bouche du jeune kazekage et passant ses doigts sur sa nuque et dans ses cheveux grenat. Les lèvres de Gaara se mirent alors à remuer machinalement pour rendre son baiser à Shineko. Gaara entoura cette dernière de ses bras, caressant son dos et sa longue chevelure soyeuse. La bouche de Gaara s'entrouvrit. Il frémit en sentant la langue de la jeune fille frôler la sienne. Le garçon des sables continua ses caresses, se servant à présent de sa langue aussi bien que de ses mains.

Ils rompirent le baiser quelques secondes plus tard et se rallongèrent, haletant tous les deux. Gaara se tourna vers Shineko et plongea son regard dans celui de la jeune fille. Il put y lire l'immense amour qu'elle ressentait à son égard et cela lui réchauffa plus encore le cœur. Il plaça sa tête rousse contre la poitrine de Shineko et passa ses bras dans son dos. La jeune fille entoura d'un bras les épaules du kazekage et caressa ses cheveux grenat de sa main libre. Les yeux de Gaara commencèrent à papillonner.

- Je t'aime, Shineko … lui murmura-t-il.

- Je t'aime aussi, Gaara, répondit la jeune fille en déposant un doux baiser sur la tête du jeune homme.

Ce dernier ferma les yeux et se laissa bercer par les caresses de Shineko.

Lorsque Gaara ouvrit les yeux, il faisait déjà jour. Il cligna plusieurs fois des paupières, avant de réaliser l'impensable.

- J'ai dormi ! s'écria-t-il en se redressant brusquement.

Cela eut pour effet de réveiller en sursaut la pauvre Shineko, qui ne comprenait pas très bien ce qui lui arrivait.

- Kèss kiss pass ? bredouilla-t-elle, à moitié endormie.

- J'ai dormi, Shineko ! J'ai dormi ! répéta Gaara, au comble de la joie.

- C'est bien, Gaara, tu as dormi, lui dit une voix qui n'était pas celle de Shineko.

Gaara et Shineko, surpris, se tournèrent alors vers l'endroit d'où provenait la voix. Kankurô était appuyé sur le dossier du canapé et les regardait d'un air amusé.

- Depuis quand es-tu là ? lui demanda Shineko.

- Depuis environ une heure, répondit Kankurô en souriant.

- Pourquoi tu ne nous as pas réveillés ? le questionna Gaara.

- Vous étiez si mignons, tous les deux, se justifia Kankurô. Je ne pouvais tout de même pas gâcher cet adorable tableau. J'ai même pris quelques photos pour passer le temps, ajouta-t-il en agitant un appareil-photo devant lui.

Shineko se leva d'un bond et se lança vers Kankurô.

- Donne ça tout de suite, Kankurô ! cria-t-elle.

- Faudra d'abord que tu viennes le chercher ! lui dit Kankurô en partant en courant.

La jeune fille se lança à sa poursuite, laissant Gaara seul au milieu des coussins.

- J'ai dormi … murmura le jeune kazekage en souriant.