Voilà la suite, bonne lecture !
J'espère que ça vous plaira ;)
Chapitre 10
Aéroport Minneapolis.
J'ère dans l'aéroport en attendant ma correspondance qui me conduira à Chicago. J'ai choisi cette ville pour avoir un but dans ma vie qui n'est que chaos à présent. En me rendant là bas je compte continuer les recherches que mon père n'aura sans doute pas la force de poursuivre par ma faute. Donc au lieu de baisser les bras encore plus, je vais m'acharner pour lui de façon à lui rendre le sourire, c'est bien le minimum que je puisse faire.
Je tourne en rond ne sachant que faire, pourtant je ne dois attendre que 30 minutes mais j'ai l'impression que ce sont des heures… Est-ce que ma vie sera comme ça désormais ? Est-ce que maintenant que je suis loin des gens que j'aime le temps va être une éternité ? Je suis fatiguée et toutes ces questions qui trottent dans ma tête ne m'aident pas vraiment.
J'entre dans une sorte de librairie, il y a tellement de tout et n'importe quoi dans cette boutique que je pense que j'arriverais à dénicher une carte de Chicago. Tant qu'à tuer les minutes, autant apprendre les rues de ma nouvelle ville, je serais peut être un peu moins perdue ainsi.
J'entends enfin la voix annoncer que mon avion est là. J'achète la carte et me précipite vers l'embarcation avec mes valises. Une fois dans mon fauteuil, les questions reprennent, notamment celle d'un moyen de transport. Ayant laissé ma voiture à l'aéroport de Forks je n'ai pas de moyen de locomotion pour Chicago. Tant pis je prendrais un taxi jusqu'à un hôtel et j'aviserais dans les prochains jours. Je n'ai pas d'autres solutions, il va bien falloir que je me fasse à cette drôle de vie qui m'attend. L'émotion qui me submerge est trop grande pour la contenir, les larmes noient mes yeux alors je les laisse aller ne faisant pas attention aux autres personnes à mes côtés. J'essaie de me résonner mentalement pour tenter de me calmer un peu et finalement je suis tellement épuisée par cette journée de cauchemar et par les 3 heures 30 de vol que je m'assoupis jusqu'à l'atterrissage.
Une hôtesse de l'air vient me réveiller et c'est seulement à ce moment que je comprends que je n'ai plus le choix. J'y suis. Je ne peux plus faire demi-tour. C'est ainsi.
Un taxi me conduit au centre ville, je regarde ma montre et je constate qu'il est presque minuit. Je ne sais pas si je vais réussir à trouver une chambre à cette heure-ci et je commence à être angoissée de me retrouver seule dans les rues d'une ville inconnue en plein milieu de la nuit. L'homme du taxi n'étant guère sympathique, je ne lui confis pas mes craintes et le laisse repartir. Me voila devant des immeubles avec mes bagages trop lourds vus les soucis que je porte déjà sur les épaules.
L'air frais me fait sortir de mes pensées et je me dirige vers le premier hôtel que j'aperçois. Premier refus, il est trop tard, tout est pris. S'en suit une longue liste de réponses négatives… Je commence à me perdre, déjà que je n'étais pas très sur du chemin que j'empruntais me voila complètement paniquée car même avec une carte je n'ai jamais eu le sens de l'orientation. Je décide de suivre mes instincts et descends une ruelle pour déboucher dans une rue un peu plus animée. Ouf, j'aurais peut être un peu plus de chance dans celle-ci ? La rue est longue, et je n'en trouve qu'un seul. Je prie pour que ce soit le bon, mais avant de pousser la porte je fais mine de rien et essaie de continuer mon chemin. Malheureusement les quatre garçons trainant dans le hall de cet hôtel m'ont vu et ils commencent à me suivre. Respire, reste calme et ne cours pas. Ce sont les seuls mots que je réussis à me dire mentalement mais la peur me gagne et je commence à trottiner vers un café qui à l'air encore ouvert.
_ Eh attends ! On pourrait faire connaissance ! Tu m'as l'air perdue, on peut t'aider ma belle !
Oh non, ce que je craignais était en train de m'arriver, ils me parlaient et eux aussi augmenter la cadence pour pouvoir se rapprocher de moi. J'avais l'impression que ce café se trouvait à des kilomètres maintenant, les larmes commençaient à me monter aux yeux, n'avais-je pas eu une journée assez lamentable ? Qu'allait-il m'arriver maintenant ? La peur m'avait poussé à courir sans même que je m'en aperçoive et je me retrouvai face au videur du café qui me regardait bizarrement comme si j'étais une folle. Ne voulant pas avoir à m'expliquer je décidai d'entrer dans ce lieu où il n'y avait plus tellement de monde. Trop fatiguée et à bout de nerfs je m'affalai sur un fauteuil et laissa mes larmes de nouveau inonder mes joues.
Au bout de quelques instants une serveuse s'approcha de moi pour savoir si j'avais une commande, mais elle n'eut pas le temps de finir sa question qu'une femme plus mûre, sans doute la patronne, la rappela
_ Fiona, laisse la jeune fille veux-tu !
Elle ne répondit rien et repartie derrière le comptoir servir les derniers clients. Je lui adressai un semblant de sourire pour la remercier et elle me rendit un signe de tête compatissant. Mais à peine quelques minutes plus tard elle vint s'asseoir à mes côtés et commença tout de suite à me parler
_ Écoutez, je ne vous connais pas et je ne vous demanderez pas d'explications. Néanmoins je ne vois pas tous les jours des jeunes filles débarquées dans mon café, des valises à la main, en pleurs et qui plus est à minuit passé.
Elle me regarda enfin comme pour jauger mes réactions après son petit monologue. Je ne répondis rien et elle pensa certainement qu'elle pouvait continuer sur sa lancée. Elle prit une voix plus douce et son regard ne quitta pas mes yeux quand elle continua
_ Avez-vous un endroit où dormir ?
J'étais décontenancé par sa question, je ne m'attendais pas à cela. Je baissai le regard, respira et répondis simplement
_ Non. Je viens d'arriver dans cette ville, je ne pensais pas que les hôtels seraient complets.
_ A cette heure-ci je pense que c'est normal non ? me demanda-t-elle en souriant.
_ Oui vous avez raison mais… ma voix se brisa et il me fallut un petit moment pour continuer.
Elle attendait toujours aussi patiemment que je puisse continuer ma phrase.
_C'est juste que je ne pensé pas quitter ma ville si précipitamment. Ce matin encore j'ignorais que je n'allais pas dormir dans mon lit ce soir.
_ Je comprends, ne vous en faites pas. Alors vu les types qui vous suivaient vous comprendrez que je n'ai pas envie de vous laissez repartir seule dans les rues incertaines de Chicago ! Je ne voudrais pas avoir quelque chose sur la conscience !
Elle eu un léger frison, comme si elle venait de s'imaginer ce qu'ils auraient pu me faire.
_ Si vous voulez, vous pouvez venir dormir chez moi ce soir ? Continua-t-elle
Elle parut étonnée elle-même de m'avoir posé cette question. Je le voyais bien dans son regard mais elle me paraissait si douce et sympathique que je n'avais pas de raison de m'inquiéter. Au contraire, sa simple présence m'avait déjà rassurée.
_ Je ne voudrais pas vous embêter et puis vous ne me connaissais pas !
_ Je ne pense pas que vous soyez une criminelle quand même ! demanda-t-elle en plaisantant. Non, franchement ça ne me dérange pas. Ça doit être mon instinct maternel qui me dit de vous faire confiance alors pour une fois que ça m'arrive je vais l'écouter !
_ Entendu alors, dis-je en baissant les yeux quelque peu gênée par cet élan de sympathie. Je ne vous remercierez jamais assez ! Toute seule dans cette ville, j'étais complètement perdue et paniquée.
_ Je vous comprends, je sais ce que c'est que de se retrouver seule dans une ville que l'on ne connait pas…
Elle avait baissé les yeux et était pensive face à sa dernière phrase. Pour éviter ce moment de silence qui pouvait me faire retomber dans mes pensées néfaste, je lui tendis la main en me présentant
_ Je m'appelle Alice, dis-je en lui adressant un sourire que je m'efforçais d'être convainquant.
Elle serra ma main et me renvoya un sourire
_ Enchantée Alice, moi c'est Esmée.
Forks.
Edward venait de trouver le sommeil dans le canapé du salon. Nous avions décidé de rester ensemble car nous ne pensions pas fermer l'œil de la nuit mais il était si dévasté que la fatigue avait finalement eu raison de lui.
Quand à moi, j'étais dans un tel état que je ne sais pas si un mot existe pour me décrire. Jamais de toute ma vie je ne m'étais senti aussi inutile, vide et sans espoirs. Je ne pleurais plus, mes yeux étaient devenus trop sec, mais mon cœur saigner et j'avais surtout l'impression que quelqu'un était venu me l'arracher.
Je restais debout dans la cuisine, hagard, guettant sans arrêt qu'un taxi vienne me ramener mon rayon de soleil, ma joie, ma fille. Edward avait eu le courage d'aller récupérer la voiture de sa sœur avec l'aide d'Emmet pendant que Rosalie était restée avec moi pour essayer de comprendre et chercher où Alice avait pu se rendre, sans résultat. Elle aussi était dans un état lamentable, elle en voulait énormément à son frère mais se rendait aussi responsable d'avoir poussé Alice à avouer ses sentiments à Jasper. Je lui avais répéter que ce n'était pas de sa faute mais elle n'en était pas convaincue, même Bella éprouvé des remords. Seul Jasper n'était pas venu ici, d'après ses amis il était plongé dans un mutisme et restait enfermé dans sa chambre à pleurer.
Je ne peux pas dire que je lui en voulais mais au fond de moi, je préférais ne pas le voir pour le moment, j'aurais dit des paroles qui dépasseraient ma pensée et pour Alice je devais m'efforcer de rester humble. Pourtant en relisant encore et encore sa lettre je ne pu m'empêcher de rester sur ces lignes « Je suis sur que toute ma vie je resterais amoureuse de Jasper et qu'il sera dans mon cœur à chaque instant jusqu'à ma mort. » Les larmes commençaient à revenir car je me revoyais des années auparavant dans la situation presque exacte. Je ne devais pas mal agir face à Jasper, au contraire je me devais de l'épauler.
Après avoir réfléchi toute la nuit, je me sers une tasse de café pour essayer d'avoir une autre mine. C'est décidé, je vais aller voir Jazz ce matin. Nous pourrons avoir une bonne discussion et il pourra peut être savoir où Alice à pu s'enfuir.
Les parents de Jazz étant déjà partis à leur travail, c'est Rosalie qui m'ouvre la porte. Je vois bien qu'elle n'a pas du beaucoup dormir elle non plus. Elle ne parait pas très étonnée de me voir et m'indique presque tout de suite la chambre de son frère. Cependant elle me prévient avant que je monte qu'elle a tenté de lui parler mais qu'il n'a ouvert à personne depuis qu'il s'y est enfermé.
_ Jazz, c'est Carlisle. Ouvre-moi s'il te plait, il faudrait que l'on se parle.
Sans plus attendre il déverrouilla sa porte et me laissa entrer dans sa chambre obscure. Il ne s'était pas donné la peine d'ouvrir les volets, ne s'était pas habiller et avait les yeux gonflés et rouge de chagrin. Il se rassit sur son lit et attendais que je commence la discussion, les yeux rivés sur son plancher.
_ Tu ne devrais pas te laisser aller comme ça, elle ne le supporterait pas.
Je n'osais pas prononcer son prénom devant lui, de doute façon c'était trop douloureux pour chacun de nous deux.
_ A quoi bon faire attention, de toute façon elle est partie et ne reviendra pas.
Sa voix enrouée n'était que murmure mais je comprenais dans sa voix à quel point il s'en voulait. Je ne connaissais que trop bien le ton qu'il venait d'employé, je faisais pareil au début de ma rupture.
Je m'installai à ses côtés, respira un bon coup et commença
_ Tu sais Jazz, je ne t'en veux pas. Je ne peux pas t'en vouloir, ce serait injuste.
Il leva enfin les yeux vers moi mais me laissa finir mes explications.
_ Je sais exactement ce que tu ressens, l'état dans lequel tu es, le dégout que tu éprouves pour toi, j'ai vécu la même période.
Je me lançai dans l'explication de mon histoire et il m'écouta attentivement. Une fois celle-ci finie, je n'eus pas besoin de lui demander d'explication sur la sienne, il me la raconta d'emblée. Mine de rien, ce moment venait de nous rapprocher et je su au fond de moi qu'il aurait besoin de moi dans les prochains mois mais que sa présence me ferait du bien à moi aussi. Nous allions nous aider mutuellement à retrouver notre trésor et unis nous serons plus fort.
Avant que je ne parte il me présenta des excuses mais avant d'avoir fini sa phrase il fondit en larmes. Je le prit dans mes bras, tel un père l'aurait fait et lui assura que nous allions la retrouver. En échange je lui avais fait promettre de s'occuper de Lauren, c'est ce qu'Alice voulait le plus. Au départ cette idée ne l'avait pas emballé mais lorsque j'évoquai l'éducation de mes enfants, il comprit mieux la réaction de ma fille.
En quittant la maison des Hale j'avais une drôle d'impression, c'était du déjà vu, du déjà vécu… Mais pour Alice, je tiendrais la route, il le fallait et de toute façon je la retrouverais, je remuerais ciel et terre pour ça, et j'allais commencer dès maintenant.
