Après tant de retard, voilà enfin le nouveau chapitre !
Alors bonne lecture et merci pour vos commentaires :)
Chapitre 11
Chicago
Après avoir fermé le café, Esmée m'amène dans son joli appartement qui se trouve quelques rues plus bas que le lieu de son travail. Nous ne parlons pas mais je me sens à l'aise comme jamais je ne l'avais été avec un inconnu, s'en est même bizarre.
Nous arrivons devant un petit immeuble qui ne contient que 5 étages. Elle m'indique que le sien est au 2ème et nous nous engageons dans les escaliers en colimaçon car il n'y a pas d'ascenseur. Une fois la porte ouverte je m'étonne de ce charmant lieu clair et grand pour une personne vivant seule. Elle avait eu le temps de me confier qu'elle n'était pas mariée et qu'elle n'avait pas d'enfant mais qu'elle avait une chambre d'amis. C'est sans doute ce qui m'a poussé à accepter son offre sans trop être gênée. Vu qu'il est tard, nous convenons de faire la visite le lendemain. Elle m'indique juste la salle de bain et ma chambre d'une nuit et me mets à l'aise en me disant que si j'ai besoin de quoi que ce soit je n'hésite pas. Je la remercie chaleureusement et m'engouffre dans ma chambre pour retrouver mon masque de tristesse. Maintenant que je suis seule je peux enfin me laisser aller, ne plus essayer de faire semblant de sourire. Je ne déballe pas mes affaires, cela ne servirait à rien, mais je prends les photos que j'avais laissé dans mon sac exprès pour les avoirs sous la main dès que l'envie me prendrait de les regarder. D'ailleurs à peine sorties, je me souviens de ma lettre et de la promesse faite à mon père sur le fait de le prévenir dès que j'étais dans un endroit sûr. Mon estomac se noue mais je me jure de le faire dès demain matin, pour lui, c'est important que je le fasse.
Je suis épuisée par tant de peine, de douleur et de chagrin donc je m'étends sur le lit et le sommeil vient plus vite que je ne l'aurais cru. Ma nuit est cependant agitée par des cauchemars plus horribles les uns que les autres.
Lorsque je me réveille en sursaut il fait déjà jour dehors. Un coup d'œil autour de moi et la journée d'hier me revient bien trop vite en mémoire. Mais je n'ai pas le temps d'y penser qu'un petit coup sur ma porte me tire de mes lamentations.
_ Alice, vous êtes réveillée ?
Je me lève et vais ouvrir la porte sur une Esmée déjà prête, habillée et d'une élégance rare. C'est vraiment une très jolie femme.
_ Bonjour Esmée, excusez moi je n'ai pas vu l'heure, je vais m'habiller et y aller.
_ Mais rien ne presse Alice ! Voulez vous du café, j'étais en train de me préparer une tasse.
_ Oh non, je crois que j'ai assez abusée de votre hospitalité ! Je vais tenter d'aller me trouver un job et surtout me chercher une chambre d'hôtel ! Ce sont mes priorités du jour !
_ Vous cherchez du travail ? me demanda-t-elle en souriant.
_ Et bien tant qu'à faire oui ! Je n'ai pas assez d'économies pour tenir longtemps ici et comme je ne sais pas combien de temps je vais rester il faut que je me fasse un peu d'argent.
_ Écoutez je ne sais pas si ça vous intéresse mais je cherche une serveuse à temps plein, une de mes employée part en congé maternité et je n'ai pas encore eu le temps de mettre une annonce ! Si ça vous dit, le poste est à vous !
Je reste face à elle, bouche bée devant sa sympathie qui me désarçonne à chaque fois. Au bout d'un instant j'arrive enfin à formuler une phrase.
_ C'est vraiment très gentille de votre part, je ne sais pas…
_ Ne me remerciez pas, c'est plutôt à moi de le faire ! Vous me sauvez en acceptant ce poste !
_ Arrêtez, merci à vous vraiment, et pour tout ! dis-je en me retournant sur la chambre.
_ Allez, venez prendre un café, vous irez prendre une douche après !
Elle en profite pour me faire visiter les lieux au passage. Au fond du couloir se trouve sa chambre et en face la salle de bain, puis nous arrivons sur le salon avec un magnifique canapé d'angle en cuir beige qui rend la pièce encore plus lumineuse. Une bibliothèque remplie d'ouvrage trône contre le mur qui mène à la cuisine. Encore une fois une pièce claire, bien meublée et surtout qui m'a l'air très pratique. En effet la cuisine est vraiment bien rangée avec un plan de travail en plein milieu et des placards bien grand. Puis nous arrivons à une autre pièce, plus petite que la précédente où seule une table, 4 chaises et un buffet y sont installés.
_ J'espère que ça vous plait ?
_ Oui, c'est vraiment très jolie chez vous ! Vous avez vraiment un bon gout pour le décor, rien à redire !
_ Merci ! J'ai toujours rêvé de faire des études pour être décoratrice d'intérieur, malheureusement il fallait bien que je trouve un emploi pour payer mon loyer et je ne pouvais pas associer les deux. J'ai donc laissé tomber et je prends cela plutôt pour une passion !
_ C'est dommage car vous avez vraiment un don ! Moi je voulais être styliste, mais bon je crois que je vais être dans le même cas que vous !
_ Il ne faut pas renoncer si vite à ses rêves Alice, vous êtes jeune, vous avez encore le temps !
_ Alors premièrement j'aimerais beaucoup que vous me tutoyez, je n'ai que 18 ans vous savez ! Et deuxièmement je pense que vous êtes jeune aussi pour me dire ça, vous pourrez peut être un jour reprendre vos études !
_ J'ai 33 ans donc les études ne sont plus ma priorité tu sais ! Mais puisque nous allons travailler ensemble, tu peux aussi me tutoyer se sera bien plus simple pour tout le monde. Allez viens, allons déjeuner.
Pendant le déjeuner nous parlons de la ville, elle m'indique les rues où il ne vaut mieux pas se rendre seule et me donne des points de repères pour que je ne me perde plus. Ce que j'aime avec elle c'est qu'elle ne me pose pas de questions. C'est comme si on se faisait confiance mutuellement sans se connaitre. Je suis ravie de travailler avec elle, d'ailleurs j'ai appris que ce n'était pas simplement un café mais qu'il y avait une salle attenante à l'étage pour des soirées à thème. La salle n'est ouverte que le weekend pour des concerts ou des bals pour les anciens. Ce qui est bien c'est qu'il y en a pour tous les gouts et pour tous les âges comme ça la clientèle est vaste. C'est elle la patronne des lieux et elle m'apprend déjà les choses essentielles à savoir.
_ Voila tu sais à peu près tout ! Mais surtout si tu as des questions tu n'hésites pas, d'accord ?
_ Oui, merci beaucoup. Je ne sais pas comment je peux te remercier et j'espère qu'un jour je pourrai te faire un cadeau aussi important que ce que tu es en train de m'offrir ! Un job si vite, c'est vraiment le rêve, merci infiniment !
_ Tu pourrais peut être me faire plaisir encore, seulement je ne sais pas si trop si tu vas vouloir accepter…
_ Tout ce que tu voudras ! Je ne peux rien te refuser de toute façon ! dis-je enjouée
_ Bon alors, ça me ferais très plaisir si tu accepterais de rester ici quelques mois, le temps que tu puisses te retourner. Tu sais l'appartement est assez grand pour nous deux, et je dois avouer que ça fait du bien d'avoir un peu de compagnie.
Ma gorge forma une boule, mes yeux commençaient à s'embuer. Elle venait de me proposer de rester avec elle, la seule personne que je connais dans cette ville inconnue, la seule qui a réussi à m'arracher quelques sourires.
_ C'est trop beau pour être vrai, je dois être en train de rêver !
_ Heu, non je t'assure que tu es bien réveillée ! dit-elle en rigolant
_ Alors j'accepte mais à une seule condition.
_ D'accord, dit moi.
_ Je te paie un loyer.
_ Si ce n'est que ça, alors d'accord, marché conclu !
Je ne pu m'empêcher de la serrer dans mes bras pour la remercier. Elle paru surprise au début puis me serra en retour.
_ Bon allez, je dois aller voir Madame Bennet au 4ème. J'en ai pour un moment donc fait comme chez toi !
_ C'est très gentil, merci beaucoup.
_ Alors cette après-midi on commence à 15 heures donc tu peux faire ce que tu veux, si tu as besoin de dormir encore un peu, n'hésite pas. Je serais rentré pour faire le repas. A tout à l'heure alors.
_ Oui à plus tard Esmée.
Une fois la porte fermée je fille sous une bonne douche. La décontraction me fait encore verser quelques larmes mais j'essaie de les contenir, il faut que j'essaie d'être forte je ne vais pas me laisser abattre. Ouais, enfin c'est plus facile à dire qu'à faire… Chaque fois que je ferme les yeux, je vois le tendre visage de mon Jasper, quand je touche ma bouche, j'ai encore la sensation de ses lèvres sur les miennes, quand je me concentre j'entends encore son rire tout contre mes oreilles. La blessure va être longue à soigner surtout qu'elle est profonde. Pour l'instant je ne peux pas me plaindre, j'ai trouvé Esmée telle un ange sur ma route vers l'enfer. Et puisqu'elle compte sur moi je dois lui montrer que je peux m'en sortir et assurer les heures de serveuse, mais une fois que je serais seule je sais très bien que je ne pourrais pas faire semblant. Il me manquera toujours, tout comme mes amis, mon frère, mon père… Oh oui, papa me manque, d'ailleurs je me dois de lui téléphoné alors courage et fais le !
Je sors de la douche et une fois habillée, je compose fébrilement le numéro. Mes mains tremblent, mon cœur s'emballe et mes jambes flanchent rien qu'à l'idée d'entendre sa voix. Il ne faudra pas que je craque et pour cela il va falloir que je sois brève et rapide.
A peine une tonalité et le téléphone se décroche
_ Allo ?
Oh mon dieu, quelle voix triste, qu'est-ce que tu lui as fait, comment as-tu pu ?
_ Allo ?
J'essaie de parler mais rien ne sors de ma bouche
_ Alice c'est toi ?
Sa voix venait brusquement de changer tant il espérer m'entendre. Je ne réussi qu'à murmurer un simple mot :
_ Oui
_ Oh mon bébé, comment tu vas ? Où es-tu ? Comme je suis heureux de t'entendre.
Il ne pleurait pas mais je devinais que ses larmes couler en silence. Je n'arrivais toujours pas à m'exprimer et il reprit
_ Excuse moi, je ne devrais pas te poser ce genre de questions. Dit moi seulement que tu vas bien, rassure-moi s'il te plait !
_ Oui ça va.
_ Écoute je suis seul, si tu ne veux pas que je dise que tu as téléphoné alors je ne dirais rien, promis.
_ Non ne dit rien.
_ D'accord. Tu ne veux pas me dire quand même où tu es ?
_ Je ne peux pas.
_ Bon. Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?
_ Sois fort !
Ma voix se brisa alors je devinais que je ne pouvais plus continuer bien longtemps. Sans lui laisser plus de temps je repris avant lui la parole
_ Je te rappellerais. Je vais bien, ne t'en fais pas. Je t'aime papa. A bientôt.
Je raccrochai avant même de lui avoir laissé le temps de me répondre. La colère était trop forte pour la contenir, je jetai mon téléphone par terre et me laissa tomber à genoux sur le sol pour hurler et pleurer toute ma souffrance.
