Voilà déjà le chapitre suivant pour m'excuser du retard de la dernière fois !
Bonne lecture, j'espère que ça vous plaira ;)
Chapitre 12
Forks
Elle ne m'avait pas laissé le temps de répondre qu'elle avait déjà raccroché. Je fini donc ma phrase seul, avec mes larmes pour seul témoin de ma souffrance
_ Moi aussi je t'aime ma puce. Prends soin de toi.
Ma voix n'est que murmure parmi mes sanglots, je repose le téléphone sur la table et me laisse tomber lourdement sur une chaise. Après m'être laissé aller à la tristesse un bon moment, je décide de sortir prendre l'air sur un coup de tête. La maison m'oppresse, me ramène constamment des souvenirs en mémoire et je ne le supporte plus. Vu mon état je préfère partir à pied, ce ne serait pas prudent de prendre la voiture dans un tel état.
Je ne sais pas où je vais, je laisse mes pas m'emmener où bon leur semble de toute façon mon esprit est ailleurs. Quand je sors de mes pensées, je lève la tête et je m'aperçois seulement maintenant de l'endroit où je me trouve : le parc d'enfant. Pour vouloir me changer les idées, j'ai pris la mauvaise direction, car ce lieu me projette des années plus tôt quand j'emmenais Edward et Alice faire de la balançoire. Je m'y assois et me surprend à sourire quand les flashs me reviennent à l'esprit. Ça me parait si proche que j'entends encore le rire des enfants, Alice voulait toujours que je la pousse plus fort pour aller toujours plus haut, Edward était moins téméraire que sa sœur et préféré encore le tourniquet qui était, selon lui, moins dangereux ! Tant de bons moments passés en leur compagnie, comme j'ai aimé ma vie… J'ai vécu pour eux, pour leur apporter le meilleur que je pouvais et je ne regrette absolument rien.
Ces années d'innocence me manque souvent d'ailleurs, le temps passe si vite, j'aurais du leur dire plus souvent à quel point je les aime, à quel point je suis fier d'eux, fier d'être leur père. Il faudra que je le fasse à présent car je ne supporte pas d'être loin d'un seul de mes enfants.
Des bruits de pas dans mon dos me sortent de mes rêves et lorsque je me retourne j'aperçois un être rempli de tristesse lui aussi, des cernes de fatigue et de pleurs sous les yeux, il n'est plus que l'ombre de lui-même. Il vient s'asseoir sur la balançoire, restant à mes côtés et commence à me parler sans trop me regarder. Bien que ce soit plus clair entre nous, je pense qu'il s'en veut encore trop pour oser me regarder droit dans les yeux.
_ Bonjour Carlisle. Je suis passé chez toi et comme il n'y avait personne j'ai continué mon chemin et c'est là que je t'ai aperçu. Je ne te dérange pas au moins ?
_ Pas du tout Jazz, j'étais plongé dans mes souvenirs, ce n'est pas plus mal que tu m'en sortes… Tu voulais me parler ?
_ Euh oui, dit-il gêné en shootant dans une pierre.
_ Je t'écoute.
_ Avant de partir… Il ravala un sanglot, et mit un temps avant de reprendre. Alice m'avait dit qu'il fallait que j'assume, mais je ne sais pas quoi faire, je suis complètement perdu et ce n'est pas comme si j'avais envie d'être père de cet enfant.
_ Je vois. Depuis combien de temps sait-elle qu'elle est enceinte ?
_ Aucune idée, je ne lui ai pas demandé plus de détail que ça…
_ A-t-elle consulté au moins ?
_ Je ne sais pas du tout !
Il y avait de la colère dans sa voix, chose que je comprenais, mais ma fille avait raison, maintenant c'était trop tard pour s'en vouloir. Je choisi la douceur pour lui expliquer un peu ma façon de voir, ça ne servait à rien de s'énerver.
_ Écoute, je pense que vous devriez en parler et tu devrais surtout lui conseiller de se faire ausculter. Si ça peu vous rassurez, je veux bien m'occuper d'elle, propose lui.
_ C'est très gentil Carlisle. Je lui dirais. Je suis désolé de te faire ça, mais je ne savais pas à qui en parler.
_ Ne t'en fait pas, ça ira.
Après plusieurs minutes de silence, il osa enfin me poser la question qui lui brûler les lèvres, la vrai raison de sa visite.
_ Est-ce que… Est-ce que tu as eu des nouvelles ?
_ Non pas encore.
Je préférais lui mentir au début, je voulais d'abord avoir une plus longue discussion avec ma fille avant de la trahir. Je lui avais promis alors je tiendrais bon, sauf avec son frère. Il se fait tellement de soucis, mais bon je pense qu'il comprendra la décision de sa sœur et tiendra le secret lui aussi. De toute façon, il en veut un peu à Jazz donc il ne risque pas de se croiser souvent dans les premiers temps.
_ Ah.
Il n'ajouta rien et je sentais que la discussion prenait fin.
_ Bon je vais y aller, n'oublie pas de dire à Lauren de passer me voir si elle le désire. A bientôt.
_ Merci Carlisle, à bientôt.
Je rentrais chez moi assez rapidement, je n'avais pas envie de croiser des gens, pas envie de parler, de devoir expliquer, non juste être chez moi et si possible seul. Heureusement la maison était encore déserte, Edward devait être chez Bella, elle l'aidait beaucoup à passer ce cap difficile. Je montai m'enfermer dans sa chambre pour être le plus près d'elle possible, c'est bête mais j'en avais besoin. Je me couchai sur son lit et le sommeil m'emporta vu les derniers jours sans dormir que je venais de passer.
Chicago
La porte d'entrée claqua mais ça ne réussi pas à me faire sortir de ma pose en fœtus à même le sol. J'étais resté ainsi depuis que j'avais raccroché, ne réussissant pas à me calmer.
_ Alice, tu es là ?
Ses pas résonnaient, se faisant plus proche de seconde en seconde.
_ Alice ?
Elle se rapproché inexorablement et je n'arrivais pas à parler. Quand elle fut sur le seuil de ma porte, elle se jeta à mon chevet, craignant certainement le pire vu ma tête.
_ Alice, tu m'entends ? Que s'est-il passé ?
Elle me prit dans ses bras et me berça, telle une mère bercerait son enfant pour le rassurer. Elle me caresser les cheveux et je continuer de pleurer.
_ Chut, ça va aller. Ne t'en fais pas, tu n'es pas seule, calme toi.
Nous restions ainsi une bonne dizaine de minutes dans le silence. Ses bras autour de moi et le bercement avaient réussi à me calmer, je ne pleurais plus désormais.
_ Est-ce que ça va mieux ? me demanda-t-elle d'une douce voix.
Un hochement de tête en signe d'une réponse positive fut la seule chose que j'arrivais à faire pour le moment.
_ Tu sais je ne te force pas à parler, si tu en as besoin tu peux te confier sinon je respecte ton silence, d'accord ? Sache simplement que je suis là.
_ C'est gentil, merci.
Je venais enfin de retrouver ma voix bien qu'elle était très enrouée.
_ Allez viens, je vais te préparer un petit quelque chose, tu te sentiras mieux après !
_ Je n'ai pas trop faim.
_ Je sais mais pour ce genre de chose pas besoin d'avoir faim, il suffit juste d'être gourmande et je pense que tout le monde l'es un peu, non ?
_ Peut-être…
_ Mais qui pourrait résister à des muffins avec double ration de pépite de chocolat ? C'est LA recette anti déprime ! Viens ma belle, tu verras je fais des merveilles derrière mes fourneaux !
Sa bonne humeur et sa douceur me firent du bien, je me relevai et alla avec elle dans la cuisine. Je commençais à pourvoir enfin reparler sans me mettre à pleurer comme une madeleine.
_ Assieds toi pendant que je prépare, remets toi de tes émotions.
_ Comment tu fais à savoir les mots exacte qui me font du bien ?
_ L'expérience je pense !
_ Ah bon, tu as sauvé beaucoup des filles dans le même état que moi ?
_ Non. J'étais dans le même état que toi.
Sa voix venait de changer, laissant place à une émotion que je n'avais encore pas entendue dans son timbre. Et l'insistance sur le mot « j'étais » me laissa penser qu'elle aussi était passée par des coups durs dans sa vie.
_ Oh. Je suis désolé.
_ Il ne faut pas, tu ne savais pas. Et je pense que quand je t'ai vu entrer dans mon café, ton regard et ta façon d'être m'ont tellement rappelé de souvenirs que je n'ai pas pu te laisser seule.
_ Alors merci d'être venue vers moi. C'est vrai que là sans toi je ne sais pas ce que je serais.
_ Ne t'en fait pas, moi aussi j'ai eu mon ange gardien en temps voulu. Je pense que c'est un peu comme ma mission de te sauver à présent. Sans elle je ne sais pas ce que je serais devenue.
Ses yeux s'étaient illuminés quand elle avait évoqué cette femme. La sonnerie du téléphone nous arracha de notre discussion.
Quand elle revint dans la cuisine elle enfourna ses petits délices et m'indiqua qu'il faudrait être un peu en avance au café car une serveuse voulait partir plus tôt. Elle avait l'air d'être une patronne assez souple, proche de ses employés.
_ Tu penses pouvoir commencer aujourd'hui ? Tu ne voudrais pas te reposer un peu ?
_ Non merci. J'ai hâte de commencer, ça me fera penser à autre chose.
_ D'accord. Alors niveau tenue par contre, tout le monde porte une jupe noir et un chemisier blanc, un style de tailleur. Tu en as ou tu veux que je t'en prête un le temps que tu t'en achète un ?
Coup de poignard. L'après midi passé avec mon père ressurgit dans ma mémoire. Le beau tailleur qu'il m'avait offert… Comme quoi, c'était le destin. Mais je ne voulais pas retomber dans la déprime qui me guettée alors je fis des efforts pour ne plus trop y penser.
_ Non ça ira, j'ai une tenue.
_ Super ! Alors vas te préparer pendant que ça cuit, on mange et on y va !
_ Ça marche, je me dépêche !
Je mis un temps record pour me préparer, ne voulant pas rester seule trop longtemps. De retour dans la cuisine, Esmée était elle aussi changé en tenue de travail et les muffins était prêts.
_ Ils sont chaud, mais tu as raison, tu fais des merveilles ! Ils sont succulents !
_ Merci ! Je te donnerais la recette si tu veux ! Bon allez, on ne va pas trop trainer, de toute façon aucune de nous n'a vraiment l'appétit !
Et voilà, la première journée de boulot allé commencer. J'allais me concentrer à fond pour ne penser qu'à ça.
