Voilà déjà la suite alors bonne lecture à vous ;)

Chapitre 14

Chicago.

Le soleil sur mon visage, la légère brise dans mes cheveux, ma robe fluide et légère comme un plume, tous ces éléments de bonheur me faisaient du bien mais mon cœur s'emballa uniquement lorsque mes yeux se posèrent sur lui. Il était là, à me regarder adossé contre un arbre, un sourire qui s'étirait jusqu'aux oreilles. Il ne me quittait pas des yeux tout le temps que je m'avançais vers lui, comme si le monde ne tournait plus, qu'il n'y avait que lui, moi, nos sourires, notre joie. Au début je marchais doucement mais l'envie de le serrer fort, de l'embrasser, de le toucher, de le sentir, tout cela fit que je me suis mise à courir. Mais plus j'avançais, plus lui il reculait… Je ne comprenais pas, alors je redoubler d'effort, courir encore plus vite, encore plus fort, je commençais à pleurer car mes efforts ne payer pas, de rage aussi. Puis tout s'assombris autour de moi, le soleil s'était couché, la légère brise laissa place à un grand vent et quand j'arrivai enfin à cet arbre, il n'y avait plus personne. Je me tourner dans tout les sens, le cherchant du regard mais je ne voyais que la nuit. Je tentais à plusieurs reprises de l'appeler, de crier son nom, mais rien ne sortait de ma bouche. Je pleurais, je tremblais, j'avais froid. Mon esprit l'imagina au loin, tapis dans l'ombre d'un autre arbre et enfin j'arrivai crier

_ JASPER !

Je me relevai et il me fallut un temps pour comprendre que je venais de faire un cauchemar. J'étais assise sur mon lit, en sueur et en pleurs. Machinalement je regardai le réveil : 4 h 00. Quelle horreur. Mais de toute façon, j'étais trop anéantie pour pouvoir essayer de me rendormir. Je décidai de me lever, il fallait que j'essaie d'occuper mon esprit, alors pourquoi ne pas aller devant la télé… J'enfilai mon peignoir, essuya mes yeux et ouvrit tout doucement la porte pour ne pas réveillé Esmée. Mais une fois arrivé dans le salon je fus surprise de la trouver devant l'écran.

_ Oh Alice, je t'ai réveillé ? s'inquiéta-t-elle

_ Non ne t'inquiète pas, je viens de faire un horrible cauchemar… Tu ne dors plus ?

_ Ça doit être une nuit à cauchemar ! se contenta-t-elle de me dire

_ Ah d'accord !

_ On va avoir des têtes de déterrées demain ! plaisanta-t-elle

Je lui souris et elle se poussa pour tapoter de sa main la place à côté d'elle sur le canapé.

_ Allez assieds toi, je viens de faire du chocolat chaud, si tu en veux sers toi !

Je m'installai et bu une gorgée de cette boisson miracle. Comme quand j'étais enfant, ce breuvage me fit du bien.

Nous restions un moment dans le silence sans pour autant suivre ce qu'il se passait à la télé. Elle me regarda, me souria et me pris pas l'épaule pour me coller contre elle. Elle avait surement remarqué que mes larmes étaient revenues sans même avoir le temps de me cacher ou de les ravaler. Ces gestes tendres et maternelles me rassuraient toujours. Je parlai la première

_ Tu sais Esmée, dis-je timidement, à chaque fois que tu as de tels comportements avec moi, je suis tout de suite émue car… je… ma mère est morte en me mettant au monde…

Instinctivement elle m'avait serré plus fort contre elle, comme si elle voulait m'empêcher de souffrir après une telle confession.

_ Oh Alice je suis désolé…

_ Ne le sois pas tu ne pouvais pas savoir ! C'est juste que si j'avais eu une mère j'aurais beaucoup aimé qu'elle te ressemble.

Elle ne répondit pas et au bout de quelques secondes je décidai de lever les yeux vers elle pour savoir si j'avais dit quelque chose qu'il ne fallait pas.

_ Excuse moi Esmée, je ne voulais pas te faire pleurer, je…

Elle ne me laissa pas finir et mit son doigt sur ma bouche

_ Ne t'en fais pas, c'est juste que j'aurais tellement aimé avoir des enfants… ça à toujours été mon rêve, le premier d'ailleurs. Avant tout je voulais fonder une famille, avoir plusieurs enfants, une maison, un mari…

_ Mais tu peux encore avoir tout ça ! Tu as vu comme tu es jolie ! Tu es encore jeune, c'est possible !

_ Merci Alice mais pour avoir tout cela il me faut d'abord quelqu'un et je dois dire que ça fait déjà longtemps que j'ai perdu la confiance que j'avais dans les hommes.

_ Tu sais ce ne sont pas tous les mêmes, tu as peut être souffert mais il y en a d'autres…

_ D'accord mais imagine toi, ton premier grand amour, tu te vois finir ta vie avec lui et il te trahit…

Ses larmes coulaient toujours, elle avait le regard perdu et mit du temps à finir sa phrase. Je crois que même après tant de souffrance une part de moi lui appartiendra toujours, même s'il m'a dévastée…

Mes larmes avaient rejoint les siennes, nous pleurons toutes les deux et à ce moment là je la comprenais bien plus qu'elle ne pouvait l'imaginer.

Elle se ressaisit, essuya ses larmes et me dit

_ Mais bon, tu es trop jeune pour savoir tout ça, tu as la vie devant toi encore !

_ Oh non, ma vie s'est arrêté à la minute où j'ai claqué la porte de sa maison…

Elle me regardait, attentive, scrutant mon visage.

_ Je vois ce que tu veux dire alors. Et je comprends mieux ton état. Pour être honnête, je pensais que tu avais fait une fugue parce que tu t'étais disputé avec tes parents mais maintenant je comprends mieux. Tu as fuis à cause d'un garçon. Oh oui comme je te comprends…

Nous restions enlacées pour nous soutenir dans ces moments d'aveux pénibles et douloureux.

La sonnerie du téléphone nous fit sursauter. Nous nous étions endormis l'une contre l'autre, affalées dans le canapé et il faisait déjà grand jour dehors. Esmée se leva en me recouchant sur sa place vide et se dirigea vers le téléphone en se frottant les yeux. Elle arriva à temps avant que le correspondant ne raccroche et répondit d'une voix encore toute endormie

_ Allo ?

_ …

_ Oh mince, qu'elle heure est-il ?

_ …

_ Ce n'est pas vrai ! J'arrive dans 10 minutes Emma !

_ …

_ Non non ne t'en fais pas, je me prépare et j'arrive, excuse moi ! A tout de suite.

Elle revenait dans le salon et se mit à rire. Je me levai, encore dans les nuages mais je m'étirais pour essayer de me sortir de ce sommeil. Je la questionnai du regard, pourquoi riait-elle ainsi ?

_ Excuse moi c'est nerveux ! Je ris parce que c'est la première fois que je loupe le réveil, tu te rends compte qu'il est 10h30 ! Je n'avais plus fait de grasse mat' depuis des années et quand je repense à la condition dans laquelle j'ai si bien dormis ça me fait rire !

_ Effectivement, dis-je en regardant le canapé trop petit pour nous deux, les couvertures sans dessus dessous et nos tasses encore remplies de chocolat chaud.

_ Mais bon au moins ça nous a permis de nous endormir plusieurs heures d'affilées ce qui n'est pas négligeable !

_ Oui c'est vrai, ça m'a fait du bien !

_ Bon je dois me dépêcher, il faut que j'aille voir Mme Bennet je suis déjà en retard.

_ Mais tu vas la voir tous les jours cette Mme Bennet ?

_ Oui.

Elle ne me laissa pas le temps de lui poser d'autres questions qu'elle fila dans la salle de bain. Elle fut prête en un éclair et me dit qu'elle ne rentrerait pas trop tard.

Je pris le temps de me lever et de me préparer car pendant ce temps j'essayais de ne pas trop penser, chose extrêmement dur mais que je m'efforçais à faire…

Forks.

Ce matin je m'éveillais différent de la veille. J'avais passé une nuit un peu moins agitée mais surtout j'étais plein de résolutions que je comptais bien ne pas trahir. L'accès de colère d'Edward m'avais ouvert les yeux et comme le souhait de ma fille était de ne pas me laisser abattre je ne voulais pas la décevoir. C'est donc d'une humeur neutre que je me levais, en effet j'allais appeler le sentiment qui m'habitais « neutre » car je n'étais ni heureux ni triste. Mes enfants étaient en bonne santé et c'était là le plus important… Il fallait bien que je m'accroche à quelque chose…

Edward était déjà dans la cuisine devant une tasse de café mais son esprit était ailleurs, il avait le regard perdu, regardant à travers la fenêtre et son café ne fumait plus, ça devait faire un moment qu'il était là. Je m'approchai de lui doucement et le fit sursauter, il ne m'avait pas entendu.

_ Oh, bonjour papa, je ne t'ai pas entendu te lever.

_ Bonjour fiston ! C'est bien ce que j'ai vu… Depuis combien de temps es-tu debout ?

Il regarda sa montre et parut étonné.

_ Et bien ça fait 1h00 ! Je n'ai pas vu le temps passé.

Tout en vidant sa tasse pour lui en servir une autre et m'en faire une à moi aussi par la même occasion, je continuais de discuter avec lui.

_ A quoi pensais-tu ?

_ A rien, j'étais perdu dans mes pensées.

_ Tu sais que je suis là maintenant. Tu peux me parler tu sais ?

_ Oui je sais papa, merci.

_ Tu as prévu quelque chose aujourd'hui ?

_ Bella doit venir, nous comptions rester avec toi si ça ne te gêne pas.

_ Ce n'est pas la peine de vous priver pour moi les enfants ! Je vais mieux, je vais retourner au travail demain !

_ Mais je le fais avec plaisir pas par obligation ! Et je pense que tu devrais encore te reposer un peu avant de reprendre les consultations.

_ J'en ai besoin, si je reste à ne rien faire je vais tourner en rond comme un lion en cage !

_ Je comprends… Moi aussi je suis là pour toi, d'accord !

_ Je sais fils ! Merci. J'ai une question.

_ Je t'écoute !

_ Tu penses pouvoir revoir Jasper bientôt ?

Lorsqu'il entendit son prénom, ses doigts se fermèrent contre sa paume pour former un poing et vu l'expression de son visage je pense qu'il s'imaginait déjà où le mettre…

_ Du calme Edward. Pense à ta sœur.

_ Justement ! cria-t-il en bondissant de son siège. Je ne fais que ça ! C'est de sa faute si elle est partie !

Je restais calme et posé, je savais très bien la réaction qu'il allait avoir et j'avais eu ce que je voulais. Et oui, j'espérais qu'une fois sa colère sortie il serait mieux dans sa peau et arriverait peut être à pardonner à son ami.

_ Ce n'est pas tout à fait sa faute, il est désemparé lui aussi tu sais. Il a commis une erreur mais ils n'étaient pas ensemble, il ne l'a pas trompé et tu sais il s'en veux énormément à présent.

_ Ne prends pas sa défense, tu n'as pas le droit !

_ Alors dans ce cas tu n'as pas écouté mon histoire Edward !

Le ton de ma voix avait changé, se faisant plus autoritaire et plus sec. A ce moment il baissa les yeux, semblait réfléchir à ma phrase et se laissa tomber sur son siège.

_ Et qu'est-ce que je suis censé faire alors ?

_ Je ne sais pas Edward, mais imagine un seul instant si tu étais à la place de Jazz. Tu trouves enfin l'amour de ta vie et une chose horrible vient tout bouleversé, la femme que tu aimes part, par ta faute tout le monde est malheureux et toi tu reste seul car tes amis t'en veulent.

_ Mais je ne sais pas si j'aurais la force de lui pardonner…

_ Le pardon ne viendra pas tout de suite. Essai au moins d'accepter dans un premier temps… Accepter la décision de ta sœur, accepter la tristesse de Jazz, la tienne, la mienne, celle de Bella, de Rosalie et même d'Emmet. Vous avez tous une vision différente des choses mais au fond nous sommes tous dans le même sac !

Il me sourit et se contenta d'acquiescer en silence. Je pense que cette discussion lui a fait du bien et qu'il ira peut être voir Jazz dans les prochains jours.