Bonjour à tous les lecteurs, connus ou inconnus ! Aujourd'hui, nous abordons le système judiciaire dans le monde sorcier. N'oubliez pas le bouton en bas de la page, les revues sont le carburant des auteurs. :)
Chapitre 8 : l'Audience Disciplinaire
À peine Harry eut-il ouvert la porte que la salle lui parut familière. Certes, il ne l'avait jamais vue sous cet angle, mais il était impossible de se méprendre les gradins, la chaire, et surtout le fauteuil : autant de détails prouvant que Harry, se trouvait dans la salle où avaient eu lieu les procès de mangemorts quatorze ans plus tôt, à moins que le ministère ne comportât plusieurs salles d'audience identiques.
- Harry Potter, dit une voix masculine. Prenez place.
Harry s'avança lentement vers le fauteuil, les yeux braqués sur les chaînes, ces mêmes chaînes qu'il avait vues enserrer Karkaroff et délaisser Ludo Verpey. Lorsqu'il s'assit enfin, les chaînes furent comme parcourues d'un frisson, mais retombèrent docilement sans entraver Harry. Celui-ci posa la mallette à sa droite et leva les yeux vers l'assistance. Ce qu'il y vit l'alarma au plus haut point : une cinquantaine de sorciers vêtus de robes prune ornées d'un M élégamment brodé se tenaient assis en face de lui, la mine curieuse, austère ou hostile suivant les cas. Et c'était Cornélius Fudge qui présidait le tribunal.
À sa gauche se trouvait une vieille sorcière à la mâchoire carrée que Harry ne reconnut pas, et à sa droite ce qui devait être une autre sorcière, bien que Harry ne pût voir son visage, qui n'était pas éclairé.
- Très bien, dit Fudge. Ne perdons pas de temps. Greffier ?
- Je suis prêt, monsieur le ministre, répondit Percy Weasley d'une voix empressée.
Le frère de Ron était assis dans un coin des gradins, plume en main. Harry se dit que si jouer les secrétaires était tout ce qu'il faisait, il avait coupé les ponts avec sa famille pour un métier bien ingrat…
- Audience disciplinaire du 12 Août, récita Fudge, ayant pour objet d'examiner les infractions (UNE infraction, s'il te plaît…) au décret sur la restriction de l'usage de la magie chez les sorciers de premier cycle et au Code international du secret magique (quoi ?) reprochées au dénommé Harry James Potter, domicilié au 4 Privet Drive, Little Whinging, Surrey. Le prévenu sera interrogé par Cornélius Oswald Fudge, ministre de la magie, Amelia Susan Bones (la sorcière à gauche de Fudge hocha la tête et réajusta un monocle sur son œil), directrice du Département de la justice magique et Dolores Jane Ombrage, sous-secrétaire d'état auprès du ministre. Greffier d'audience : Perceval Ignatius Weasley…
- Témoin de la défense, dit soudain une voix bien connue derrière Harry. Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore.
Harry vit avec délectation le visage de Fudge pâlir et se décomposer. Il n'avait manifestement pas prévu que le directeur serait là…
- Ah, heu, Dumbledore, balbutia-t-il. Vous avez… heu… été... prévenu de… de la modification… de l'heure de l'audience ?
- J'ai dû rater le message, répondit Dumbledore sans lâcher Fudge du regard. Mais à la suite d'une heureuse erreur, je suis arrivé au ministère avec trois heures d'avance.
Des murmures parcoururent bientôt les gradins. Certains membres du Magenmagot commençaient à se douter des véritables raisons de ces changements de dernière minute. Fudge, visiblement mal à l'aise, attendit que Dumbledore se soit assis (sur un fauteuil qu'il fit lui-même apparaître) pour lire les charges on aurait dit un concours pour dire « il a lancé un Patronus » de la façon la plus verbeuse possible.
- Vous êtes bien Harry James Potter, domicilié au 4 Privet Drive, Little Whinging, Surrey ? demanda alors Fudge.
- Oui, répondit Harry d'un ton neutre.
- Il y a trois ans, vous avez reçu un avertissement officiel du ministère pour avoir fait un usage illégal de la magie, c'est cela ?
- Oui, mais…
- Et pourtant, l'interrompit grossièrement Fudge, vous avez fait apparaître un patronus la nuit du 2 août ?
Alors, c'était comme cela qu'il entendait le piéger : exiger des réponses « oui » ou « non » à des questions biaisées en censurant toute explication et tout contexte. La lutte serait rude.
- Oui, répondit simplement Harry.
- En sachant qu'il est interdit aux moins de dix-sept ans de recourir à la magie en dehors de l'école ?
Harry aurait pu l'attaquer sur « moins de dix-sept ans », le premier cycle se terminant plutôt vers seize ans. Mais étant toujours en premier cycle, il s'abstint et répondit simplement par l'affirmative.
- En sachant également que vous vous trouviez dans une zone abondamment peuplée de Moldus ignorant tout de notre monde ?
- Oui.
- Et conscient que l'un de ces Moldus se trouvait tout près de vous ?
Oh oh, il manquait assez de précision dans la phrase pour la déclarer fausse, avec un peu de bonne volonté. À l'attaque !
- Non, répondit fortement Harry.
- QUOI ?
La salle fut plongée dans le silence.
- Indépendamment du fait qu'en tant que membre de ma proche famille il ait déjà été au courant de ma condition de sorcier, il était impossible audit Moldu de voir le sort dans l'état où il se trouvait.
Harry attendit juste une seconde pour la forme, puis s'empressa de reprendre la parole pendant qu'on ne l'interrompait pas.
- En effet, il était non seulement effondré face contre terre, mais aussi en état de choc dû à la présence d'un… d'une créature magique à un mètre de lui. (qui naturellement, n'a pas été détectée, s'abstint-il de remarquer…)
- Une créature magique à Little Whinging ? demanda Mrs. Bones, appâtée.
- Ridicule ! répliqua Fudge. Ce garçon invente n'importe quoi pour se disculper, c'est évident !
- C'est pourtant vrai, répondit Harry. Mon cousin a été profondément choqué. Traumatisé, je dirais même.
- Et je sup…
- Pouvez-vous décrire les créatures en question ? interrompit Mrs. Bones.
- Je dois pouvoir faire mieux, dit Harry en tendant le bras pour attraper la mallette.
Harry se leva, posa la valise à l'envers sur le siège, tenta de l'ouvrir, la retourna et l'ouvrit en grand. La pensine de voyage occupait pratiquement toute la place, à l'exception d'un logement contenant une bouteille solidement fermée. Un entonnoir était même prévu pour le rangement des souvenirs. La foule se remit à chuchoter en apercevant la pensine, tandis que Harry débouchait la bouteille pour la verser dedans. Sous le regard inquiet de Dumbledore, il posa alors sa baguette contre sa tempe et se concentra.
- J'ai intérêt à démarrer APRÈS avoir rangé ma baguette. Et si je pouvais ne pas trop montrer Mrs. Figg non plus… Mais la baguette est plus importante.
Harry posa délicatement le fil de pensée et se retourna vers l'assistance.
- J'ai bien peur qu'il faille que quelqu'un descende pour voir. Il ne faudrait pas que cette pensine soit accidentellement et brutalement renversée avec le souvenir dedans…
- Nous n'avons pas le temps pour ces salades, répondit Fudge.
- Alors faisons au plus vite, dit joyeusement Dumbledore.
- Exactement, dit Mrs Bones en se levant.
L'autre sorcière la suivit et Harry pu enfin voir ce qu'on appellera charitablement son visage. En fait, on aurait plutôt dit un crapaud, avec sa bouche trop large et son teint blafard. Le jeune homme avait une curieuse envie de lui enlever le ridicule petit nœud de velours noir qu'elle portait dans ses cheveux courts, à la façon d'une petite fille. Mais ce qui était le plus surprenant, c'est qu'elle avait à présent l'air aussi mal à l'aise que Fudge…
Les deux sorcières plongèrent simultanément leur main dans la pensine, suivies de près par Dumbledore. La salle fut emplie d'un profond silence jusqu'à ce qu'elles retirent leur main, visiblement choquées toutes les deux.
- Merlin, dit Mrs Bones, perdant son monocle. Mr Potter a été attaqué par des détraqueurs !
- Allons, c'est impossible, commença Ms. Ombrage.
Son timbre surprit Harry. On aurait dit une voix d'enfant, en total contraste avec son apparence massive.
- C'est absolument ridicule, ajouta-t-elle. C'est une fumisterie, bien entendu.
- Voyons, Dolores… Si c'était un faux, croyez-vous vraiment ce jeune homme capable d'un travail aussi parfait ?
- Euh, non, bien sûr, balbutia Ombrage, déstabilisée. Mais quelqu'un a pu…
- Se donner beaucoup de mal, répondit Mrs. Bones. Au lieu, par exemple, de déclarer s'être trouvé sur place et avoir lancé le patronus lui-même…
- Ne vous laissez pas avoir, Amelia, dit Ms. Ombrage en regagnant sa place. Cette histoire n'est tout simplement pas plausible.
- Dans ce cas, pourquoi avoir choisi une histoire aussi peu plausible ? objecta Mrs. Bones en se rasseyant à son tour.
Fudge reprit la parole.
- Une très intéressante performance, sans doute longuement répétée avant l'audience. Mais vous avez vu trop gros. Que feraient des détraqueurs dans une banlieue moldue, et quelles auraient été les chances qu'ils croisent un sorcier sur leur chemin ? Ludo Verpey lui-même ne parierait pas sur une coïncidence pareille…
- Mais personne n'a parlé de coïncidence, dit Dumbledore d'une voix douce mais parfaitement audible.
- Qu'entendez – vous – par – là ? articula Fudge d'une voix aussi hostile que possible.
- J'entends par là qu'ils se sont rendus spécifiquement à Little Whinging, lieu de résidence d'Harry Potter, avec ordre de l'attaquer.
Ombrage toussota et Fudge lui donna la parole.
- Excusez-moi, dit-elle, je ne suis pas sûre de vous avoir très bien compris. Je sais que c'est un peu bête, mais l'espace d'un instant, j'ai cru vous entendre suggérer que le Ministère de la Magie pouvait avoir ordonné une… attaque… sur cet enfant !
- Oh, je ne pense absolument pas, naturellement, qu'il puisse s'agir d'un ordre officiel du ministère. Mais plusieurs personnes, au sein de l'administration comme à l'extérieur, ont la possibilité de donner un tel ordre, ou de le relayer.
- L'intégrité des agents du ministère ne saurait être mise en doute ! aboya Fudge.
- Et la source de l'ordre peut tout aussi bien être extérieure, répondit calmement Dumbledore. Nous avons déjà discuté à ce sujet, Cornélius.
- Et ce que vous me suggérez est complètement fantaisiste, Dumbledore. Seul le ministère a pouvoir sur les détraqueurs, et ceux-ci restent à Azkaban.
- Vous êtes dont persuadé que le souvenir présenté ici est un faux de qualité irréprochable, et qu'aucun détraqueur n'était présent à Little Whinging ce soir-là ?
- Tout à fait ! s'emporta Fudge.
S'il ne cogna pas du poing sur la table, il s'en fallut de peu.
- Pas vraiment, décréta Mrs Bones. Dites-moi, Mr Potter, où avez-vous obtenu cette pensine ?
- Ici même, répondit honnêtement Harry. Au ministère.
- Ah ? fit la sorcière, attendant des précisions.
- Euh... oui. Monsieur Basile McLagan et ses frères m'ont proposé leur aide en me fournissant une pensine afin de vous montrer les faits le plus exactement possible, madame.
- Excellente suggestion, approuva Mrs Bones. Cornélius, je ne vois pas comment ce garçon aurait eu le temps de truquer une pensine entre son arrivée dans nos murs et sa comparution.
- Nous n'avons que ce seul témoignage, et vous savez aussi bien que moi que ce n'est pas valable aux yeux de la loi, rétorqua le ministre.
- J'ai un témoin qui peut confirmer la présence de ces détraqueurs, annonça paisiblement Dumbledore.
- Qui ? aboya presque Fudge.
- Elle se nomme Arabella Figg, expliqua Dumbledore. Elle est la voisine de Harry Potter depuis des années. Vous allez m'objecter que ce n'est pas une sorcière, puisqu'elle ne figure pas sur vos listes, et c'est tout à fait exact, puisque cette aimable dame est cracmolle. Elle est prête à répondre à toutes vos questions.
- Nous n'avons pas le temps d'entendre d'autres sornettes, coupa Fudge, provoquant quelques remous dans les rangs des juges derrière lui.
- Mais il me semble que d'après la charte des Droits du Magenmagot, tout accusé a le droit de faire entendre des témoins à décharge. C'est bien la politique du Département de la justice magique ?
- En effet, opina Mrs Bones.
- Dumbledore, intervint Fudge, il est hors de question de faire venir un témoin qui a sans doute été longuement conditionné par vos soins. Nous ne sommes pas en mesure de déterminer l'influence que vous avez pu exercer sur cette dame Figg, aussi nous ne prendrons pas le risque de recevoir un témoignage partial.
Harry faillit s'étouffer en entendant une telle énormité. Mrs Bones commençait à trouver la plaisanterie un peu longue et ses yeux froids se tournèrent soudain vers le ministre.
- Dites-moi, Cornélius, est-ce que par hasard, vous auriez vraiment envie de faire chasser ce garçon de Poudlard ?
Quelques juges ricanèrent dans les rangs du fond.
- Quoi ? Mais... non... pas du tout...
- Suite à ce que j'ai vu dans cette pensine, poursuivit Bones d'une voix assez tranchante pour tenter un boucher, il y avait bel et bien deux détraqueurs dans ce quartier moldu et ils ont attaqué les garçons. Je n'ai décelé aucune anomalie dans ce souvenir, rien qui pourrait faire croire qu'il a été modifié ou déformé. En tant qu'enquêtrice, j'ai une très bonne connaissance de ce genre de pratiques, je vous le rappelle.
Quelle douce façon de dire que Fudge était parfaitement ignare dans ce domaine et qu'il valait mieux pour lui ne pas se donner plus longtemps en spectacle.
- Et il serait bon, ajouta-t-elle, de mener une investigation approfondie pour savoir ce que ces créatures faisaient là. Il n'est pas totalement impossible que deux d'entre elles aient quitté Azkaban. Il n'y a jamais eu de système de comptage des détraqueurs sur l'île.
- Et qu'allez-vous faire, grogna Fudge, dont le visage prenait progressivement des teintes de coucher de soleil, envoyer un agent avec un crayon et un calepin ?
- Non, répliqua rudement Bones. Envoyer des aurors ! Eux sauront à quoi s'en tenir.
- Je me permets de vous remettre en mémoire que ce ne sont pas des soi-disant détraqueurs dont nous devons débattre ici, mais des actions de ce garçon ! Nous examinons les infractions commises à l'encontre du décret sur la Restriction de l'usage de la magie par les sorciers mineurs !
- Nous sommes bien d'accord, fit Dumbledore, qui paraissait un peu moins serein qu'à l'ordinaire.
Si la situation n'avait pas été si sérieuse, Harry se serait beaucoup amusé à suivre l'échange comme on regarderait des joueurs de ping-pong se renvoyant la balle.
- Mais la présence des détraqueurs, disait le directeur de Poudlard, est directement reliée à ce sujet. L'article 7 du décret stipule en effet que l'on peut faire usage de magie devant des Moldus dans des circonstances exceptionnelles, en particulier lorsque la vie du sorcier ou de la sorcière est en jeu, ou celle de tout autre personne présente.
- Nous connaissons tous très bien le contenu de cet article, je vous remercie ! fulmina le ministre.
- J'en suis convaincu, répondit le directeur d'un ton qui disait clairement le contraire, aussi serons-nous sans doute d'accord pour estimer que le recours au patronus en pareille situation relève précisément de ces circonstances exceptionnelles ?
- Oui, si des détraqueurs étaient présents, ce dont je doute fort.
- Vous avez la pensine, et un témoin oculaire que vous refusez d'entendre. Vous pouvez toujours la faire entrer et l'interroger.
- Je... Euh... non, bafouilla Fudge en triturant sa plume. Je veux régler cette question aujourd'hui !
Une telle déclaration ne pouvait manquer d'impressionner les juges, et ce fut le cas, mais certainement pas dans le sens désiré par le ministre.
- Certes, fit Dumbledore, l'air grave, mais on pourrait finir par imaginer que vous refusez d'entendre un témoin-clé, ce qui constituerait un grave déni de justice.
- Déni de justice ? Comme vous y allez, railla Fudge, sa voix montant en puissance. Avez-vous jamais pris la peine d'établir la liste de toutes les histoires abracadabrantes que ce garçon a inventées pour essayer de couvrir ses usages abusifs de la magie en dehors de l'école ?
- Excusez-moi, intervint Harry, mais de quoi parlez-vous, exactement ?
- Tout d'abord, de ce sortilège de lévitation lancé il y a trois ans...
- Je suis désolé, monsieur le ministre, mais vous m'accusez d'avoir lancé ce sort par défaut, répliqua Harry. Vous n'avez jamais eu la preuve formelle que c'était ma baguette qui l'avait produit, puisque personne n'a pris la peine de vérifier.
- Et, poursuivit Fudge en essayant de ne pas se laisser démonter, vous avez gonflé votre tante comme un ballon !
Un coup de poing de trop sur la table eut pour effet de renverser une bouteille d'encre qui macula les papiers étalés devant le ministre.
- Vous avez estimé qu'il était inutile et idiot de punir de jeunes sorciers qui ne contrôlent pas encore très bien leur magie, surtout en cas d'émotion forte, rappela complaisamment Harry. Et vous m'avez assuré vous-même qu'il n'y aurait aucune poursuite concernant ce cas.
Quelqu'un étouffa un petit rire parmi les juges.
- Sans compter vos actions à Poudlard, continua le ministre avec hargne.
- Mais ce dernier point ne concerne pas le ministère, décréta Dumbledore, à moins que vous n'ayez modifié une autre loi pendant ces dernières semaines ? Si ce n'est pas encore le cas, souvenez-vous que le ministère n'a aucune autorité pour expulser un élève de l'école ou pour juger les faits qui s'y sont produits. Il ne peut non plus confisquer une baguette sans avoir la preuve que les faits reprochés à l'accusé ont été commis. Je vous ai parlé de tout cela le 2 août. Hélas, dans votre admirable empressement à veiller au respect de la loi, vous en oubliez vous-même – par complète distraction, je suppose – des dispositions essentielles.
- Les lois peuvent être changées, répliqua Fudge.
- Cela, je n'en doute pas, admit Dumbledore. Et vous avez déjà procédé à quelques petites modifications. Je note que seulement quelques semaines après mon renvoi du magenmagot, il est désormais d'usage de réunir un grand tribunal pénal pour juger un simple usage de la magie chez un sorcier de premier cycle.
Des gens s'agitèrent sur leur siège, d'autres toussèrent, mal à l'aise.
- Harry Potter est accusé d'avoir commis une certaine infraction et il a présenté sa défense en toute bonne foi. C'est à présent à vous de rendre votre verdict.
Des murmures s'élevèrent aussitôt dans le dos de Fudge, tandis que Harry tentait en vain d'accrocher le regard de Dumbledore. Celui-ci préférait de loin détailler les juges qui parlementaient. La vieille Miss Figg lui aurait-elle rapporté les mots pas très aimables que Harry avait eus à son égard ce soir-là ?
La rumeur mourut et Harry redressa un peu la tête.
- Qui est partisan d'abandonner les charges contre le prévenu ? lança Mrs Bones d'une voix de stentor.
Harry sentit un grand poids s'enlever de sur ses épaules quand il vit plus de la moitié des mains se lever.
- Les partisans d'une condamnation ?
Sans surprise, Fudge et la tête de crapaud comptaient parmi la demi-douzaine qui leva la main. Se rendant compte qu'il était mis en minorité, le ministre avala sa salive, sans doute dans l'espoir de décoincer la grosse arête qui semblait s'être fichée dans sa gorge, puis il parvint à articuler :
- Les charges sont abandonnées.
Harry soupira de soulagement.
- Excellent, dit Dumbledore. Je dois m'en aller, à présent. Bonne journée à vous tous.
Et il quitta la salle sans même un coup d'œil en direction de son soi-disant protégé.
