26 mars : Païennes

Univers : Triss, Witcher

Thème qui m'a fait beaucoup galérer. Je suis partie sur le côté païenne associée à la figure de la sorcière, puisqu'on a considéré que la païenne était celle qui en dehors de la religion et par extension qui a souvent été assimilée à des pratiques étranges dans la forêt etc. Quand à Triss, je connais pas son passé, donc si c'est pas cohérent, tant pis.


Leurs yeux étaient remplis de mépris.

Malgré les années, Triss ne s'était toujours pas habituée à sentir cette haine brute sur elle. Pourtant, elle aurait dû l'être. Toute petite déjà, elle s'enfuyait de chez elle pour gagner la forêt. Là, elle s'amusait à sauter, courir, lancer des pierres dans la rivière, observer les animaux et les plantes. Des jeux d'enfants bien innocents, mais qui lui avaient attirés les foudres de sa famille.

« Une fille ne se comporte pas comme ça » lui avait assené sa mère. « Que vont penser les gens à te voir aussi sauvage ? »

Triss avait répondu que les gens pourraient penser qu'elle était heureuse, tout simplement, mais elle s'était vide rendue compte que ce n'était pas le cas. Les membres de son village avaient commencé à la regarder bizarrement, à s'éloigner d'elle, jusqu'à ce que soit murmuré le terrible nom.

Sorcière.

Tous furent d'un seul coup convaincus que Triss Merigold passait ses journées à concocter des potions à l'aide d'ailes de chauves-souris ou de sang de belettes, pour pouvoir jeter des sorts sur le village. C'était à ce moment là qu'elle était partie pour l'académie ; quitte à être traitée de sorcière, autant l'être pour une bonne raison.

Maintenant qu'elle détenait de la vraie magie, elle pouvait sentir que les autres autour d'elle n'avaient pas changé d'opinion à son sujet. Elle était toujours la fille bizarre, étrange, effrayante, sans foi ni loi, incapable de se plier aux règles. Elle était cette fille sans discipline, dangereuse car elle refusait de faire ce qu'on attendait d'elle – il n'y avait qu'à voir ses longs cheveux, outrageusement laissés au vent !

Quand elle entendait cela, Triss soupirait. C'était à croire que rien n'avait changé...

Mais sitôt qu'elle posait son regard en retour, elle comprenait que ce n'était pas la vérité. Contrairement aux temps de son enfance, le mépris n'était plus seul ; il y avait aussi la peur. Cette peur qui paralysait ces pauvres êtres, qui les conduisaient à ravaler leur salive devant elle. Cette peur lâche, mais qu'elle avait gagné à la sueur de ses efforts.

Alors tous pouvaient bien la regarder avec méfiance, elle n'en avait cure. S'ils devaient mourir de terreur devant elle, qu'ils le fassent.