27 mars : Il n'y a que deux espèces d'êtres humains : ceux qui ont tué et ceux qui n'ont pas tué, Colette
Univers : Chloé, 24h chrono
Ecrit en l'honneur de l'anniversaire de Mary Lynn Rajskub.
Il n'y a que deux espèces d'êtres humains : ceux qui ont tué et ceux qui n'ont pas tué.
Tel était le credo de Jack Bauer. Il y avait ceux qui n'étaient pas encore passés à l'acte, et ceux qui avaient déjà emportés avec eux des vies. Il fallait dire qu'avec sa longue vie à traquer les pires terroristes de cette planète, il en avait vu, des êtres de cette dernière catégorie. À force, il pouvait les reconnaître d'un simple coup d'oeil ; il y avait la posture, mélange étrange entre l'assurance d'être le plus fort et entre le poids de la culpabilité, toujours présente, même si elle n'était parfois qu'infime. Il y avait surtout le regard, dur, et bien sur le cœur, froid. Le pire dans tous cela, c'était que ceux qui combattaient ces monstres devenaient comme eux ; lui-même n'était plus que dureté et froideur.
Alors oui, le monde se divisait en deux catégories : ceux qui avaient tué, et ceux qui n'avaient pas tué.
Du moins, c'est ce qu'il avait longtemps cru.
Car entre temps, Chloé O'Brian était entrée dans sa vie et avait effacé tout ce qu'il pensait savoir.
Chloé, qui l'avait franchement tapé sur le système, avec son petit air suffisant, son esprit négatif, son manque cruel de tact. Il l'avait prise pour une agent que son manque de talent avait rendu amère. Il avait bien été obligé de changer d'avis en la voyant travailler : Chloé O'Brian était tout simplement trop brillante pour supporter sans broncher leurs pauvres esprits inférieurs. Pendant longtemps, il avait donc rongé son frein, supportant en silence ses jérémiades, tout pour permettre à l'analyste de le guider.
Jusqu'au jour où Chloé avait été attaquée, où elle en était venue à tirer sur son agresseur.
Là, alors qu'elle était recroquevillée sur elle, répétant sans cesse « qu'est-ce que j'ai fait », Jack ne s'était pas forcé. Il avait conseillé de son mieux la blonde, pour apaiser sa peine, pour éviter que ses yeux et son cœur ne deviennent froids.
Tout pour éviter qu'elle ne devienne comme lui.
Et heureusement, Chloé O'Brian n'était pas devenue comme lui. Elle avait dû faire d'autres choix impossibles, condamner des innocents pour en sauver d'autres, abattre d'autres terroristes. Et malgré tout cela, son cœur était resté chaleureux. De ça, Jack s'était vite rendu compte qu'il n'était pas responsable : si Chloé continuait d'être une bonne personne, c'est parce qu'elle était trop têtue pour accepter d'en devenir une mauvaise.
Malgré les menteurs qu'elle avait rencontré, elle continuait de croire en la présomption d'innocence, ne sacrifiant aucune piste tant qu'elle n'avait pas trouvé le vrai coupable.
Malgré les meurtres qu'elle avait commit, elle continuait de croire en la vie, préférait se mettre en danger pour éviter de commettre l'irréparable.
Malgré les soucis qu'elle s'était attirée, elle continuait de suivre son instinct et son cœur, même quand elle devait aller contre les ordres.
Malgré les drames qu'elle voyait chaque jour, elle continuait de croire en la beauté du monde, tout simplement.
Alors non, le monde ne se divisait pas en deux catégories.
Il se divisait en trois : ceux qui avaient tué, ceux qui n'avaient pas tué et en Chloé O'Brian.
