Voilà enfin le chapitre du jour ;)

Désolé que ce soit triste pour Emma, mais vous verrez bien par la suite !

Bonne lecture !

Chapitre 45

Chicago

POV Alice

Je m'éveillai bien trop tôt à mon goût, la lumière du soleil n'avait même pas encore percé le ciel, mais je n'arrivais plus à dormir et Teddy avait vu que je ne dormais plus… Il me faisait ses yeux de chien malheureux qui me suppliait d'aller le promener. Comme hier je l'avais quelque peu délaissé, je ne pu lui résister plus longtemps.

_ Donnes-moi deux minutes et on sort ! lui dis-je avant de fermer la porte de la salle de bain.

Pour réponse il tourna sa tête sur le côté avant de se laisser glisser sur le sol. Il m'attendrait devant la porte, comme ça je ne pourrais pas ne pas tenir ma promesse ! C'est justement ce que j'aime chez les animaux, vous n'êtes jamais vraiment seule et ils arrivent toujours vous faire sourire.

Je me fis une toilette sommaire, de toute façon à cette heure là personne n'est debout ! Une fois prête, j'enfilais ma grosse veste pour ne pas prendre froid vu le peu d'heure de sommeil que j'avais… Une fois dehors, Teddy été pressé d'arriver au parc pour que je le lâche enfin donc ce fut plus une promenade de santé qu'autre chose ! Dès que nous avions dépassés les grilles je lui enlevai sa laisse et il parti courir comme un fou au devant de moi.

L'avantage de se promener à cette heure c'est que j'étais quasiment seule, le temps était frais mais sec alors je profitais pour respirer à plein poumon, regarder les arbres dénudés, le lac dépourvu de cygnes, et je me pris à rêver de l'été… Je sentais le soleil imaginaire chauffer ma peau, j'entendais le gazouillis des oiseaux, les rires des enfants, l'odeur de barbe à papa venait titiller mes narines, je me voyais là, heureuse, souriante, j'étais avec ma famille, papa avait eu le courage de parler à Esmée et tout s'était arrangé, Ed et Bella jouaient au volley avec Em et Rose, Jasper était là il me regardait et j'avançais vers lui. Lorsque je fus à sa hauteur il m'embrassa d'un baisé passionné, semant des flammes à travers tout mon corps, je sentais ses mains descendre le long de mon dos pour s'arrêter sur mon ventre… mon gros ventre !

A ce moment je perdis mon sourire et rouvrais les yeux pour me rendre compte que j'étais assise sur un banc et que c'était bien l'hiver, ouf ! Je me demandais si à chaque fois que je devais rêver de Jazz ce ventre me perturberait toujours ? Au fond de moi je savais bien que oui, j'aurais toujours cette sensation horrible qui me ronge quand j'ai entendu qu'il allait être père…

Teddy revenait vers moi en courant avec un bout de bois dans la gueule, il était encore là pour me changer les idées ! Après lui avoir lancé une dizaine de fois il commençait à se fatiguer tout seul et c'est donc sans soucis que nous regagnions la sortie. Sur la route du retour, au détour d'une rue, une boulangerie venait d'ouvrir et l'odeur des croissants chauds m'appela.

Je sortis mon téléphone le sourire aux lèvres, j'allais certainement réveiller mon père mais tant pis, je voulais profiter de lui le plus possible. A mon plus grand étonnement il décrocha à la deuxième sonnerie et sa voix m'annonçait clairement qu'il était déjà debout depuis un moment lui aussi.

_ Allo !

_ Oui papounet c'est moi, t'es matinal dis donc !

_ Je n'ai pas pu beaucoup dormir, trop d'émotions hier soir. Et toi, c'est pareil je présume ?

_ Je ne suis pas ta fille pour rien… Dis tu sais ce que je viens d'acheter ?

_ Tu es déjà dehors à cette heure là ? Tu n'es pas seule au moins ?

_ Papa… Non je ne suis pas seule, je suis en de très bonne compagnie même. Tiens tu sais quoi, je viens à ta chambre, petit déj au lit ! Et en même temps je te présente mon garde du corps !

_ Heu… d'accord. A tout de suite alors.

_ Ok ! Bisous.

Étonnant qu'il ne pose pas plus de questions sur mon mystérieux accompagnateur, mais tant mieux, la surprise sera d'autant plus grande ! Une fois raccroché je bifurque à la prochaine rue, je n'en avais plus pour longtemps pour arriver à l'hôtel et tant mieux car je commençais à avoir froid.

POV Esmée

_ Madame, que faites-vous là ? Les visites ne sont pas autorisées avant 10h, or là vous avez (elle regarda sa montre) rien que 5 heures d'avance !

_ Hein ? Quoi ?

J'essayais de comprendre qui me parler dans mon sommeil et où j'étais car cette odeur n'était pas rassurante et ce n'était certainement pas dans mon lit que j'aurais eu de telles courbatures. Une femme d'une cinquantaine d'années me regardait, les bras croisés et attendait des explications.

C'est alors que je me remémorais ma soirée d'hier et surtout que je m'apercevais que ce n'était pas un horrible cauchemar comme je l'aurais préféré…

_ Écoute z madame, mon amie est arrivée hier soir par avion et nous nous sommes endormies en parlant. Nous n'avons pas vu l'heure, veuillez nous en excusées. Votre service prend fin dans quelques heures alors si vous pouviez avoir l'amabilité de la laisser se réveillée un peu avant de reprendre la route se serait vraiment très gentille de votre part.

L'infirmière fut charmée par la gentillesse d'Emma et nous laissa sans rien dire comme pour nous montrer que ce n'était pas bien mais, que pour une fois elle passerait l'éponge sur notre comportement. Elle avait à peine fermé la porte que nous pouffions de rire.

_ Comment peux-tu parler si bien à peine réveillée ?

_ Je le suis depuis un moment, je te regardais dormir en faite. Tu es fatiguée donc repose toi encore un peu va.

_ Maintenant que je suis réveillée, je n'arriverais pas à me rendormir alors autant qu'on se parle non !

_ Pourquoi pas…

_ Tu n'as pas envie d'en parler n'est-ce pas ?

_ Disons que je trouve que c'est inutile de parler de choses qui sont déjà faites. Mon testament est fait et je ne reviendrais pas là-dessus. Honnêtement Esmée si je t'avais laissé le café en héritage jamais tu n'aurais été capable de quitter la ville et de le vendre par toi-même. Je te connais tu aurais pris ça comme une trahison envers moi, alors j'ai pris la décision de le faire avant toi !

_ Mais je n'ai aucune intention de quitter Chicago Emma ! Tu te rends compte qu'en quelque sorte tu me licencie !

_ Je te libère, voilà le véritable mot à employer !

_ Mais je ne veux pas, ce café c'est ma raison de vivre !

_ Ta raison d'être va bientôt revenir dans les parages alors tiens toi prête ma belle ! D'ailleurs tu devrais retourner chez le coiffeur, une petite coupe ne te ferais pas de mal…

_ Merci, dis tout de suite que… Non je refuse de rentrer dans ton jeu, tu ne crois quand même pas que le père d'Alice est revenu pour moi ! Il cherche sa fille c'est tout, ce qui est bien normal pour un père. Ils sont très proches en plus.

_ Moi je dis qu'il est venu faire d'une pierre deux coups !

_ Arrêtes d'être toute excitée pour rien, tu te trompes complètement. Dis-je énervée par sa bonne humeur non justifiée.

_ Et toi arrête de voir tout négativement ! Maintenant tu vas rentrer et avoir une bonne discussion avec Alice… L'as-tu au moins prévenue que tu ne rentrais pas cette nuit ?

_ …

_ Esmée ! Non mais enfin pourquoi lui as-tu fait cela ? La pauvre petite doit être morte d'inquiétude !

Elle avait déjà décroché le combiné du téléphone mais je ne voulais pas qu'elle l'a prévienne. Je raccrochai avant qu'elle n'est eue le temps de composer le numéro.

_ Non laisse tu as raison, je vais rentrer et nous allons nous expliquer.

_ Bon je préfère te voir ainsi. Attends au moins 7heures avant de partir, je n'aime pas te savoir seule dans les rues si tôt.

J'accepte et nous parlons de tout et de rien comme nous avons toujours eu l'habitude de faire…

POV Carlisle

Cette nuit avait été affreuse, je n'avais quasiment pas fermé l'œil de la nuit. Trop de pensées, de souvenirs et de questions trottés dans ma tête… Comme j'en avais marre de tourner en rond je mettais lever très tôt, il faisait encore nuit. Malheureusement pour moi ça n'avait rien changé à mon état mais au moins je pouvais marcher dans ma chambre. Au bout d'un moment et vu que ma chambre était minuscule l'air devenait vite irrespirable alors j'enfilais le pull le plus chaud que j'avais pris et sortie me promener dans la rue. Comme je ne connaissais pas cette ville je ne m'aventurais pas trop loin de l'hôtel et voir défilé toujours la même chose sous mes yeux, plus le froid qui commençais à être trop persistant, je décidais de rentrer. Je me réchauffais près du radiateur, assis sur le fauteuil et par moment je m'assoupissais. Jusqu'à ce que je fasse un cauchemar qui me décida de rester bien éveillé !

Je m'ennuyais de plus en plus lorsque mon téléphone sonna, j'étais tellement heureux de pouvoir parler à quelqu'un et de voir que la nuit s'achevait enfin que je répondis sur le champ !

Ma fille non plus n'avait pas l'air d'avoir passé une bonne nuit mais nous en discuterons lorsqu'elle arrivera. J'étais gâté, elle me ramenait le petit déjeuner mais surtout nous nous verrons tôt donc nous pourrons profiter de toute cette journée ensemble !

Quelques minutes plus tard elle toqua à ma porte. Lorsque j'ouvris je fus surpris par l'énorme chien qui l'accompagnait ! Elle me fit signe de me taire car les animaux n'étaient pas admis à l'hôtel mais vu qu'il était tôt personne ne le remarquerait. Je les laissais donc rentrer sans poser de questions.

Alice avait posé son paquet sur la petite table basse et avait enlevé la laisse à ce gros chien qui s'était immédiatement couché sans demandé son reste !

_ Mais il est énorme ce chien !

_ Il est beau hein ! rétorqua-t-elle, fier de lui comme s'il s'agissait du sien.

_ J'admets qu'il est magnifique. Mais d'où vient-il ?

_ C'est le chien d'Emma ! Il s'appelle Teddy, c'est un amour.

_ Oh…

Nous nous regardons furtivement mais nous pensons tout les deux à la même personne : Esmée. Le silence s'installe l'espace d'un instant, mais comme Alice n'aime pas ce genre d'atmosphère, elle le brise rapidement.

_ Alors tu n'as pas bien dormi ? Ne t'en fais pas, moi non plus.

_ Après une journée comme hier difficile de fermer l'œil. Et sinon tu as pu avoir ta discussion avec… Esmée ?

J'avais du mal à parler d'elle aussi naturellement. Placer son prénom dans une phrase si banale avec ma fille était dur car j'avais l'impression qu'elles étaient des bonnes copines du même âge… C'est dur de l'expliquer mais je ne me sentais plus trop à l'aise, j'étais passé à côté de leur rencontre et je ne savais pas vraiment quelles relations elles avaient, mise à part le fait qu'elles s'entendent bien d'après les dires de ma fille et l'accueil qu'Esmée lui avait fait.

_ Et bien, elle n'est pas rentrée cette nuit…

_ Tu as essayé de lui téléphoné ?

_ Des milliers de fois au moins… Je n'aurais pas du la laisser partir comme ça, je m'en veux beaucoup. Le pire c'est que j'ai dormi chez elle alors que c'était à elle de rentrer. Il faut absolument que je la vois aujourd'hui pour avoir des explications et si ça ne va pas j'irais chez Jacob le temps de trouver un appartement.

_ Donc tu n'as pas l'intention de rentrer ?

_ Papa…

_ D'accord, oublie ça. Seulement j'avais espérer…

_ Et bien pas tout de suite, tu le sais déjà, on ne va pas encore revenir sur ce sujet !

Elle mangea le dernier morceau de croissant qui lui rester comme pour marteler le fait qu'elle ne « pouvait » plus parler et donc il fallait changer de sujet… Je ne pu m'empêcher de sourire face à sa fausse mine boudeuse, elle avait gardé cette même bouille qu'elle avait enfant. Elle leva les yeux et me vit.

_ Pourquoi tu ris ? J'ai du chocolat sur la lèvre ? demanda-t-elle prête à se lever pour aller vérifier.

_ Non tu n'as rien, je te regarde car tu n'as pas changé ma petite fille. Tu as toujours les mêmes mimiques que tu avais à cinq ans, ta façon de plisser tes yeux quand quelque chose t'énerve !

Son visage se dérida instantanément et elle ria. Elle me fit remarquer qu'elle tenait bien de son père et enchaina sur une tonne de souvenir d'enfance, j'adorai cet instant et me laissai bercer par cette dose de nostalgie qui m'envahissait.

POV Esmée

Sept heures venait de sonner alors avant de me faire encore gronder par l'infirmière de nuit, je décidai de moi-même qu'il était temps de partir. Je me levais doucement, ne voulant pas réveiller Emma qui s'était assoupie il y a peu de temps. Une fois mon manteau sur le dos je me penche pour prendre mon sac à main et je sursaute lorsqu'Emma touche ma main.

_ Je ne voulais pas te faire peur ! dit-elle d'une voie endormie

_ Ce n'est pas grave, rendors-toi vite, je reviens dès que je peux.

_ D'accord. Et cette fois-ci discute avec Alice !

Elle était endormie mais ne perdait pas le nord pour autant ! Ce qui me fit sourire. Je lui déposai un baiser sur le front en ajoutant un « Promis ! » et sortie doucement de la chambre.

Une fois dehors je n'eus aucun mal à rentrer puisqu'un taxi passait justement par là ! Lorsque j'arrivais au pied de l'immeuble, une légère boule commença à éclore dans mon estomac… Je préférai les escaliers à l'ascenseur, au moins je pouvais réfléchir à comment aborder le sujet avec Alice et donc retarder l'échéance !

J'ouvris doucement la porte pour ne pas que Teddy ne sorte mais il n'était pas dans le salon. Je pensai tout de suite qu'Alice l'avait pris dans sa chambre pour ne pas être seule la nuit mais lorsque je vis la porte entre ouverte de celle-ci et qu'il n'y avait personne à l'intérieur je commençais à me poser des questions… Je ne voulais pas paniqué inutilement, Alice devait avoir sorti Teddy pour qu'il fasse ses besoins… Mais normalement elle me laisse un mot, or là il n'y à aucune trace d'un papier rassurant. C'est alors que je pensai à ma réaction… Elle avait du m'attendre toute la nuit, surement autant angoissé que je le suis à présent ! Quelle mauvaise amie je faisais… Je ne pouvais pas laisser cette situation dégénérée ainsi. J'attrapai mon portable qui était resté au fond de mon sac toute la nuit et j'eus un coup au cœur lorsque je vis les cinquante appels en absence qu'Alice m'avait laissée durant la nuit.

Je me laissai tomber sur le fauteuil, ma façon d'agir de la veille avait vraiment été trop forte et je m'en voulais terriblement. Mais je ne voulais pas me laisser submergé par le remord, je préférais agir plutôt que de m'apitoyer sur mon sort. Un passage par la salle de bain me montra à quel point j'avais besoin d'une bonne douche, avoir passé la nuit à pleurer et en plus avoir mal dormi ne m'avait pas vraiment aidé… Je filais donc sous une bonne douche où je me décontractais enfin un peu. Mon shampooing et gel douche à la noix de coco me ramena des dizaines d'années plus tôt lorsque j'avais encore le plaisir de partager mes douches avec l'homme que j'aimais… Car je n'ai pas eu le courage, ni l'envie, de changer de senteur donc à chaque fois que cette fragrance titille mes narines je repars dans mes souvenirs…

Flash back

Je suis apaisée sous le jet de l'eau, me laissant aller et m'évadant dans mon univers, lorsque j'entends la porte coulissante de la douche qui s'ouvre délicatement. J'ouvre les yeux et découvre Carlisle complètement nu devant moi et en grande forme à ce que je peux en constater !

_ Y'aurai-t-il assez de place pour moi ici ? demanda-t-il le sourire aux lèvres et la voix chaude.

_ J'aurais toujours assez de place pour toi mon amour ! dis-je en lui laissant de l'espace pour qu'il rentre.

Il prend alors le gel douche et me lave doucement sans me quitter des yeux. Nous nous dévorons du regard l'un l'autre et une fois qu'il a fini je m'attaque à son corps que je lave avec soin. Il m'embrasse lentement, déposant des baisers partout sur mon visage, puis descend le long de mon cou pour enfin arriver à mes seins qu'il prend à pleine main. Nous faisons l'amour passionnément, intensément et amoureusement, se délectant de chaque seconde passée en compagnie de l'autre...

Fin flash back

La sonnerie du téléphone me tire de mes pensées et je me rends compte que l'eau est devenue tiède, elle ne va plus tarder à devenir froide. Mais depuis quand suis-je ainsi sous ma douche en train de rêvasser à des souvenirs qui n'ont plus lieu d'être revécus ? Je sors rapidement, m'enroule dans une serviette bien moelleuse et je vais directement voir qui a tenté de me joindre avec l'espoir que ce soit Alice. Après consultation de ma messagerie je recontacte Diana, la pauvre attend devant le café, c'est la première fois de ma vie que j'oublie complètement mon travail… Que m'arrive-t-il ? N'ayant pas la tête à me rendre au boulot je lui donne sa journée, le café restera fermer aujourd'hui, j'ai plus important à faire, comme retrouver Alice. Je retourne donc en vitesse dans la salle de bain et m'habille rapidement. Une fois prête je décide d'essayer d'aller à sa rencontre et le premier endroit qui me vient à l'esprit et le parc, Teddy adore cet endroit et s'ils n'y sont pas j'aviserais à ce moment là.

POV Alice

Nous étions en train de parler de nos souvenirs et le temps passé à une vitesse folle ! Seule la sonnerie du portable de papa nous tira du cocon que nous avions créé. Il parut étonné que son téléphone sonne mais se leva et décrocha sans prendre la peine de regarder le nom de l'appelant.

_ Allo ? dit-il d'une voix gaie.

_ …

_ Ah, bonjour. Que me vaut votre appel, je suis en congé en ce moment et …

J'écoutais plus attentivement, car l'air grave qui se dessinait sur son visage doux, je le connaissais bien ! C'était le même air qu'il prenait pour nous annoncer que l'hôpital le réclamait pour une urgence. De plus son intonation était devenue plus froide.

_ …

_ Mais il y en a d'autre voyons !

_ …

_ Très bien. Je reviens le plus vite possible dans ce cas.

_ …

_ Oui c'est ça. Au revoir.

Il raccrocha furieux, jeta son téléphone sur la table et me regarda d'un air désolé.

_ Je comprends papa, pas d'explications inutiles. Tu dois rentrer ne t'en fais pas je ne t'en veux pas.

_ Je suis désolé Alice. En même temps je n'ai pas vraiment le choix, c'était un risque que j'avais pris, à moi d'assumer.

_ Comment ça ?

_ Et bien je n'avais pas vraiment pris congé, j'étais parti précipitamment en leur disant de m'appeler uniquement en cas d'urgence, en l'occurrence il y en a une.

_ Tu aurais du réfléchir plutôt que de venir si vite !

_ Tu te rends compte de ce que tu me dis ? Jeffrey venait de me contacté pour me dire qu'il avait retrouvé mon bébé et j'aurais du planifier mon départ ! Alice si j'avais pu je serais venu encore plus tôt !

Je lui souris et allais me blottir dans ses bras. Il avait raison, j'aurais fait de même ! Je ne voulais pas lui montrer la tristesse qui commençait à m'envahir, je venais à peine de le retrouver et il devait déjà me quitter… Je sentais que ce serait dur mais je me devais d'être forte au moins devant lui.

_ Tu dois partir tout de suite ?

_ Et bien c'est assez urgent donc je vais aller à l'aéroport et attendre le premier vol.

_ Ok, je t'appelle un taxi pendant que tu rassembles tes affaires.

_ Merci ma puce.

La voiture l'attendait quelques minutes plus tard devant l'hôtel, nous avions pris le temps de nous faire encore un câlin et se promettre de se revoir très vite. Mais il me demanda s'il pouvait me ramener au centre ville pour profiter encore des dernières minutes et vu que je ne voulais pas le laisser encore, j'acceptais avec plaisir.

Une fois dans la voiture nous restons silencieux mais je plonge ma fine main dans la sienne et lui sourit avec amour. Mon papounet va me manqué encore plus qu'il ne pourrait le penser !

Il me dépose devant le parc, comme ça je ferais un dernier tour avec Teddy avant de rentrer. Pour se dire un dernier au revoir il sort de la voiture et me prend dans ses bras en me serrant très fort. Nos yeux sont embués mais nous faisons les courageux pour ne pas montrer à l'autre la peine qui nous ravage. Encore un bisou, un dernier tête à tête, sa main qui se pose sur mon épaule pour me rapprocher à lui et m'embrasser le front, autant de geste qui me manqueront d'ici quelques instant à peine… Nous nous sourions sans nous parler sinon nous allons nous mettre à pleurer et il s'engouffre dans le taxi. Un ultime coucou et la voiture disparait, se fondant dans le trafic.

Après un rapide détour dans le parc je regagne l'appartement dans l'espoir que quelqu'un m'y attende… Teddy rentre le premier pour se jeter sur son bol d'eau, je dépose sa laisse dans le meuble de l'entrée et lorsque je me tourne pour faire face au salon je reste bloqué par la vision qui s'offre à moi ! Elle est là, assise sur le canapé en train de sangloter doucement. Lorsque nos regards se croisent elle se lève d'un bond et viens me prendre dans ses bras.

_ Excuse moi Alice, excuse moi…