Salut les lecteurs ! Si vous n'êtes pas entrain de cuire sur une plage, je vous propose une petite soirée de lecture, où nos personnages complotent et préparent un coup fumant.

Bon chapitre à tous !


Chapitre 16 : Réunions Interdites

Harry et ses camarades passèrent ensuite plusieurs jours à peaufiner les modalités des cours dont Théodore avait bien involontairement donné l'idée à Sarah. Celle-ci décida par exemple que chaque professeur en herbe s'occuperait d'une classe d'âge donnée, afin que les leçons se déroulent de la façon la plus harmonieuse possible. Harry refusa d'office de lui confier les plus jeunes. Une seule et unique Sarah était amplement suffisante à Poudlard ; l'école ne survivrait pas à un deuxième phénomène du même ordre. Sans parler d'un plus grand nombre.

- Il va falloir organiser une rencontre avec nos futurs élèves, décréta Théodore. Mais il me paraît risqué de le faire dans le château. Ombrage surveille tout.

- On pourrait les voir un par un, suggéra Harry. Pendant les intercours.

- Euh... fit Sarah. Je crois qu'ils sont un peu trop nombreux pour ça.

- Tu en as recruté combien ? s'enquit Salazar, partagé entre la surprise et le soupçon.

- Euh... Juste une trentaine, finit par confesser la jeune fille.

Les garçons et Lucy levèrent d'un commun accord les yeux au ciel.

- Rien que ça... soupira Blaise.

- Eh bien, tu ne fais pas les choses à moitié, commenta la statuette. Je crois que vous allez avoir besoin de mes services.

- Je ne veux pas vous vexer, Salazar, mais sous cette forme, vous allez avoir du mal, fit remarquer Théodore.

Bornons-nous à dire que durant les dix minutes suivantes, le fondateur réussit l'exploit de ne pas dire deux fois la même grossièreté. Théodore avait presque disparu dans son fauteuil.

- Je pense qu'il a été assez clair, dit Lucy d'un ton léger.

- Tout... tout à fait, approuva faiblement Théodore.

- En attendant, intervint Harry pour recentrer un peu la conversation, cela ne nous dit toujours pas quand nous pourrons organiser cette réunion portes ouvertes.

- Les jumeaux Weasley ont suggéré de profiter de la prochaine sortie à Pré-au-Lard. Ce n'est qu'en octobre, mais ça limitera le risque d'être écouté, dit Sarah.

- Donc, ils ont décidé de rejoindre notre classe, nota FitzRoy avec intérêt.

- En effet. Je vous laisse la surprise pour les autres. Mais je crois que vous allez apprécier. C'est aussi varié que peu bavard.

FitzRoy échangea un regard interrogateur avec son compère Urquhart, mais celui-ci se contenta de hausser les épaules.

- Parfait. Séance levée, plaisanta Blaise. Tout le monde retourne à ses devoirs.

Tout en planchant sur ses runes, Harry espéra qu'il ne verrait aucun gros chien noir dans les environs du village le jour de la sortie. Ou bien Sirius regretterait fortement d'avoir quitté la sécurité de Grimmauld Place. Inutile de lui lancer un sort... Deux mots à la bonne personne, et son parrain prendrait un savon de première classe. Ceci dit, bien qu'il affichât un air rebelle chaque fois qu'il mentionnait les propos de Dumbledore à son sujet, il suivait ses consignes presque aussi aveuglément que les autres. Aussi Harry ne se faisait-il pas trop de souci. Parvenir à rendre tous ses travaux en temps et en heure était déjà une préoccupation fort prenante.

# #

Malgré les assurances de Sarah, Harry avait l'estomac noué quand il descendit vers le grand portail de Poudlard pour se rendre à Pré-au-Lard, son autorisation falsifiée en poche. Rusard la détailla avec soin et poussa même le ridicule jusqu'à la renifler, si d'aventure elle avait séjourné dans une poche en compagnie d'une bombabouse. Harry attendit d'être hors de vue pour dédier un geste grossier au concierge. Il avait vite compris qu'il ne servait à rien d'être poli avec ce vieux grincheux. La seule personne susceptible de trouver grâce à ses yeux serait celle qui l'autoriserait à donner des coups d'étrivière aux élèves. Ombrage pourrait bien être cette personne, d'ailleurs.

Quelques minutes plus tard, Sarah et Millicent arrivèrent à son niveau et lui demandèrent de continuer à marcher l'air de rien.

- Nous avons préféré ne pas y aller en troupeau. Ça attirera moins l'attention.

- Et où allons-nous ? Vous avez trouvé un lieu de réunion convenable ?

- Tout à fait, plastronna Sarah. C'est louche à souhait, très mal fréquenté, pas toujours d'accord avec la loi... en bref, l'endroit idéal.

- J'ignorais qu'on pouvait trouver ça dans le village, s'étonna Harry.

- C'est la Tête de Sanglier, expliqua Millicent. C'est un pub... un peu spécial.

Tout en faisant mine de bavarder, elles lui firent traverser la quasi-totalité du village, passant devant le magasin de farces et attrapes, les Trois Balais, la confiserie et le bureau de poste, pour arriver devant une petite auberge légèrement de guingois. Une enseigne d'un goût douteux, représentant une hure tranchée sur un linge taché de sang, se balançait au-dessus de la porte en grinçant. Le propriétaire devait l'avoir enchantée pour produire cet effet, car il n'y avait alors pas le moindre souffle de vent.

- Bon, dit Sarah d'un ton résolu. Allons-y.

Elle poussa la porte et entra dans le pub.

C'était l'endroit le plus sale que Harry avait jamais vu dans le monde sorcier, allée des Embrumes comprise. La salle était petite, mal éclairée, poussiéreuse et dégageait une odeur de bouc. Les carreaux des fenêtres n'avaient sans doute pas rencontré d'eau ni de chiffon depuis très longtemps et la teinte grisâtre des bougies qui se consumaient sur les tables indiquait qu'elles avaient été fondues et refondues un grand nombre de fois par souci d'économie. Même la pierre du sol était d'une crasse repoussante.

Harry se rappela les propos de Hagrid au sujet du bar où il avait reçu son dragonneau, et le garde-chasse avait dit la vérité : les client avaient bien l'air bizarre et beaucoup avaient gardé leur capuchon sur la tête. Quand ce n'était pas un vêtement qui masquait leur visage, c'étaient des bandelettes, comme pour l'homme assis au comptoir qui buvait verre sur verre d'un liquide rougeoyant qui fumait doucement. Du whisky Pur-Feu, peut-être ? Deux autres sorciers à l'accent épais se tenaient dans un coin, enveloppés de grands manteaux informes et une sorcière emballée plus que vêtue d'un grand voile noir était assise devant une bouteille et un verre qu'elle ne cessait de remplir.

- Tiens... Nous ne sommes pas les premiers, remarqua Millicent.

De fait, Padma Patil et sa jumelle leur faisaient signe depuis une table près du fond de la salle.

- Sarah, tu es sûre qu'Ombrage ne pourrait pas se cacher ici ?

- Tout à fait, répondit sa camarade. Ce n'est pas son style d'établissement. Et il paraît qu'elle préfère déléguer les tâches salissantes à ses sous-fifres. De toute façon, nous sommes toujours dans Pré-au-Lard, et nous sommes censés monter un groupe d'étude. Rien de contraire au règlement. L'inverse, même.

- Lumineux, approuva Harry. Pas comme cet endroit... ajouta-t-il en s'asseyant à côté des jumelles Patil.

- Salut Harry, dirent-elles en chœur.

- Bonjour Padma, bonjour Parvati. C'est gentil de vous joindre à nous.

- Tu connais les Serdaigle, plaisanta celle en bleu. Dès qu'il s'agit de travailler un peu plus...

- Tu connais les Gryffondor, ajouta celle en rouge. Dès qu'il s'agit de prendre des risques...

Le barman s'approcha de la tablée pour prendre les commandes. Il n'avait pas dû tailler sa barbe ni ses cheveux gris depuis longtemps, et il avait un air vaguement familier aux yeux de Harry.

- Prenez quoi ? demanda-t-il d'un ton grognon.

- Cinq bièraubeurres, annonça Padma d'une voix aimable.

- Ça fera dix mornilles, répliqua l'homme en balançant plus qu'il ne posa les bouteilles encroûtées de poussière sur les planches.

- C'est moi qui invite, décréta Harry.

Le barman prit l'argent sans un merci et le déposa dans une caisse enregistreuse modèle moldu, à ceci près que son tiroir s'ouvrait tout seul. Harry détourna un instant les yeux pour voir arriver Blaise, suivi de Lee Jordan et des jumeaux Weasley.

- Et voilà le clan des farceurs... commenta Parvati.

- Je ne vois pas Lucy...

- Elle arrivera un peu plus tard.

Le sorcier brûlé assis au comptoir frappa son verre sur le zinc et le barman se dépêcha de le resservir. Ce devait être un bon client, qu'il ne fallait surtout pas perdre.

Puis Ron, Neville et Hermione poussèrent la porte à leur tour. La place du fond commençait à bien se remplir. Ginny, Lucy et Luna vinrent grossirent la troupe, un air de parfaite innocence sur le visage. Anthony Goldstein et Terry Boot rejoignirent le tableau, avant que les inséparables Urquhart et FitzRoy ne fissent leur apparition, suivis quelques minutes plus tard, de Daphné Greengrass et Tracey Davis. Il faillit s'étrangler en voyant arriver ensuite Hannah Abbot et Susan Bones, ainsi que Megan Jones, qui traînaient leurs confrères McMillan et Hopkins sans prendre garde à leurs protestations ou à leurs craintes. Suivait la petite Rena Fallstar. Le trio des joueuses de quidditch de Gryffondor : Bell, Spinnet et Jonhson, avait aussi décidé de prendre part au mouvement, de même que les frères Crivey. Lisa Turpin et Mandy Brockelhurst fermèrent la marche derrière Mel et Beline, les cadets jumeaux de Philip Urquhart. Près des deux tiers de la promotion de Harry se trouvaient réunis, et le recrutement avait joyeusement débordé sur les autres années. Et les quatre maisons étaient représentées...

- T'as fait fort, commenta sobrement Théodore, qui arriva bon dernier cinq minutes après les dernières filles. Pas de Malefoy dans les parages. On peut discuter.

Mais il resta malgré tout à l'affût du moindre client suspect.

- L'idée a vraiment eu du succès, remarqua Ginny d'un ton satisfait. Faites-moi passer des chaises, je vais installer tout le monde.

Le barman regardait cette foule d'un air quasi ahuri. Le pub n'avait pas dû voir tant de monde depuis très longtemps. Pourtant, il ne se précipita pas pour prendre les commandes, et Fred dut aller le chercher pour obtenir des boissons.

- Bonjour, il nous faudrait... trente-deux bièraubeurres, s'il vous plaît.

L'homme le regarda d'un air agacé, puis finit par rendre les armes et alla pêcher des bouteilles toujours aussi sales sous le comptoir et les passa aux consommateurs.

- Envoyez la monnaie, demanda Fred. Je n'ai pas encore assez d'or pour payer tout ça !

Harry les regarda retourner leurs poches, partagé entre la joie et un début de trac. Il ne savait pas du tout comment il allait introduire l'idée de Théodore, mise en musique par Sarah. Il n'avait pas vraiment eu le temps de répéter cette partition...

- Sarah, qu'est-ce que tu leur as raconté ? demanda-t-il soudain d'un ton soupçonneux.

- Que nous comptions monter un... groupe d'étude, répondit Cobbyte. D'étude pratique. De la défense contre les forces du Mal. Tu vois, j'ai été honnête.

- C'est bien ce que je craignais depuis le début. Il faut te faire interner d'urgence.

- Salut, fit Terry en s'asseyant à côté de Blaise. Jolie réunion.

Au bout de quelques minutes, tout le monde fut enfin installé en rangs serrés autour de la table, bièraubeurre en main.

- Eh bien, salut à tous ! lança gaiement Sarah. Inutile de vous faire un long topo sur le but de cette assemblée, je vous ai déjà expliqué de quoi il s'agissait quand je vous en ai fait la publicité. Personne ne niera que les cours donnés par Ombrage ne sont que des leçons de lecture et que si nous voulons réussir l'épreuve des BUSEs, il nous faudra un peu plus que ça.

- Pourquoi ? demanda un McMillan perplexe.

Les Poufsouffle avaient toujours du mal à suivre autre chose que la voix de l'autorité...

- Il y a une épreuve pratique aux examens. Tu crois que tu vas la réussir en n'ayant jamais lancé le moindre sortilège pendant un an ? répondit rudement George (ou Fred).

- Merci Fred, interrompit rapidement Sarah (mais comment arrivait-elle à faire la différence ?) Ceci dit, la nullité des cours d'Ombrage n'est pas la seule en cause.

- Il y a une autre source de désagréments dans la nature, enchaîna Blaise. Un ancien élève de Poudlard nommé Tom Jedusor, qui se fait appeler Lord Voldemort.

Quelqu'un faillit s'évanouir, et beaucoup d'autres manquèrent de peu de mouiller leurs sous-vêtements, sous le regard narquois ou méprisant des Serpentard et Gryffondor présents.

- Vous en avez la preuve ? s'enquit Susan Bones sans agressivité. Personnellement, je vous crois, sinon je ne serais pas ici, mais certains ont peut-être besoin de plus que la parole...

- ... de Dumbledore, compléta Harry. Et j'en ferais partie si je n'avais pas moi-même vu Voldemort opérer son retour.

Pas de cris, cette fois, mais des regards qui se braquèrent sur lui d'un commun accord. Harry sentit ses oreilles chauffer.

- Sans compter, bien que la Gazette n'en ait pas fait l'écho, que deux détraqueurs sont partis en balade loin d'Azkaban sans l'aval du ministère, pointa Ginny.

- Et que trois types portant le déguisement habituel des mangemorts ont fait un saut chez mes parents, ajouta Sarah, qui avait pour une fois laissé son sourire-marque de fabrique au placard.

- De plus, enchaîna Théodore, pourquoi donner une telle publicité aux propos de Dumbledore et aux sanctions qui ont suivi s'il ne s'est vraiment rien passé ? Le ministre a décidé que ça ne pouvait pas être vrai, donc ce n'est pas vrai. Je ne suis même pas sûr qu'il accepterait les choses si Jedusor venait lui rendre visite dans son bureau.

- Pourquoi l'appelez-vous Jedusor ? demanda Goldstein, toujours soucieux de s'instruire.

- C'est son vrai nom, expliqua Harry. Tom Elvis Jedusor. Mère sorcière et père moldu.

- C'est une blague ? C'est un fanatique du sang pur et il est demi-sang lui-même ?!

Finch-Fletchley avait du mal à y croire...

- A qui tu veux faire gober ça ?

Et avant que Harry ait eu le temps de répondre, il poursuivit :

- Je savais que cette réunion était une mauvaise idée dès le départ. Ce sont des Serpentard qui l'ont organisée ; leur seul but, c'est de savoir qui croit Dumbledore pour aller ensuite prévenir Ombrage !

SBAF !

Avec des réflexes aussi rapides, Blaise aurait pu sans problème postuler aux sélections de l'équipe de quidditch, se dit Harry. Justin avait à peine fini de proférer son accusation qu'une marque rouge à cinq doigts s'étalait sur sa joue.

- Si c'est ce que tu penses, siffla Zabini, alors prends tes affaires et tire-toi d'ici... après qu'on t'ait modifié la mémoire, ça va de soi. Je crois que Voldemort est de retour parce qu'un membre de ma maison en qui j'ai confiance a assuré que c'était le cas. Ce que raconte Dumbledore, je m'en contrefous et ce n'est pas près de changer. C'est clair ?

- Eh, vieux, intervint Ron Weasley, même moi, je les crois. Alors détends-toi un peu, tu veux ?

Un claquement sonore leur fit tourner la tête. Hermione avait encore lancé un sort de xième niveau pour les rappeler à l'ordre.

- Je ne crois pas que ce soit le moment pour ce genre de discussion, trancha sèchement Granger.

- Un simple « la ferme ! » aurait suffit, bougonna Lucy depuis sa chaise.

- HEM ! reprit Granger. Est-ce que nous sommes bien d'accord pour que Harry et ses camarades nous enseignent tout ce qu'ils ont pu... expérimenter ?

Les têtes se hochèrent en signe d'approbation... sauf celles de Sarah et Théodore, qui s'étaient éclipsés. Harry et Lucy exceptés, personne ne remarqua leur absence.

- Bien. A présent, nous devons déterminer le rythme de ces séances. Il faudrait au moins un cours par semaine pour que cela en vaille la peine.

- Sarah s'est chargée de dresser la liste des plages horaires disponibles, intervint Millicent en produisant une feuille de papier couverte d'inscriptions. A priori, le mardi et le vendredi soir sont les deux jours qui posent le moins de problème. Elle s'est dit que nous pourrions organiser plusieurs séances en fonction du niveau des élèv... enfin, de votre niveau, histoire d'éviter le désordre.

- Et une trop grande concentration d'étudiants en infraction au même endroit et au même moment, précisa Blaise.

- Judicieux, approuva Terry Boot.

- Très bien vu, renchérit Padma Patil.

- Parfait, fit Harry d'un ton de bonne humeur presque naturel. D'autres questions ?

- Peut-être... hasarda Parvati. Je reconnais que je ne comprends pas très bien pourquoi le ministère nous a imposé une enseignante aussi incompétente si les choses vont si mal.

- Il semblerait, dit Ginny, que le ministère a une sorte de... lubie selon laquelle, si on nous apprenait des sorts, Dumbledore en profiterait pour nous recruter et nous monter contre l'administration en place. Ombrage étant la voix de son maître, encore que le maître reste à déterminer, elle applique donc cette politique inepte de ne rien nous apprendre de potentiellement utile.

- C'est ridicule ! s'étouffa Megan Jones. Ce ne sont pas quelques coups de baguette qui vous nous transformer en aurors !

- C'est assez normal, intervint alors la voix douce de Luna Lovegood. Après tout, Cornélius Fudge dispose lui aussi de sa propre armée.

- Hein ? croassèrent plusieurs élèves.

- Il élève des héliopathes dans les sous-sols du ministère. Ce sont des créatures de feu qui brûlent tout sur leur passage.

- Pour ça, nous avons déjà les dragons, merci, objecta Harry.

- Et de toute façon, ça n'existe pas, coupa Hermione.

- Bien sûr que si ! s'énerva Luna, qui n'en était sans doute pas à sa première discussion de ce type avec Granger. Tu es seulement trop bornée pour vouloir regarder les choses sous un autre angle.

Quelques personnes pouffèrent discrètement.

- Pour en revenir à nos moutons, reprit Harry, ne vous attendez pas à des miracles au bout de deux séances. Il va falloir revoir les bases de fond en comble pour déterminer le niveau de chacun. Et vous serez priés de ne pas rouspéter si vous devez commencer par des sortilèges de désarmement.

A son grand soulagement, aucun participant ne posa de question.

- Bien... fit Granger. Nous sommes donc tous d'accord. Je vous demanderai de signer cette feuille, poursuivit-elle en sortant de son sac un rouleau de parchemin.

- Pourquoi ? s'étonna Ernie.

- Pour savoir qui doit être prévenu de nos réunions. C'est aussi un gage de sécurité. Quiconque aura signé ne risquera pas de vouloir ensuite vendre la mèche. Pas un mot à ce sujet autour de vous.

Harry signa, mais ne prit pas la peine de signaler l'absence de ses deux comparses, que Granger paraissait avoir totalement oubliée.

Le groupe finit ses bièraubeurres dans un silence relatif, puis quitta le pub pour rentrer au château, avec une mine assez naturelle pour des conspirateurs néophytes... ou presque.

# #

Harry et Blaise retrouvèrent leurs deux camarades non loin de la cabane hurlante, hors de vue des habitants du village qui pourraient passer dans la rue principale.

- Mais pourquoi diable êtes-vous partis avant la fin ? demanda aussitôt Blaise.

- Eh bien quand la momie du comptoir s'est levée en toute hâte pour sortir au beau milieu de notre réunion, juste après que nous ayons parlé de Voldemort, nous avons comme une soudaine envie de la suivre, expliqua Sarah.

- Et c'était une bonne idée, ajouta Théodore d'un ton moins réjoui, parce que nous avons entendu le personnage se féliciter d'avoir laissé traîner ses oreilles dans le coin et que la grosse du ministère serait satisfaite. Je ne sais pas qui c'était ni pourquoi il mouchardait, mais il ne risque plus de répéter quoi que ce soit à qui que ce soit.

- Vous l'avez rendu muet ? s'enquit Harry.

- Non, répondit Nott avec un faible sourire. Mais l'année avec Lockhart m'aura au moins appris à lancer correctement les sortilèges d'amnésie...