Bonjour les lecteurs !
Vous avez dû remarquer un petit décalage dans la publication des chapitres, et c'est normal, j'ai enfin réussi à m'offrir – quel luxe – une semaine de vacances au vert. Nous allons maintenant pouvoir reprendre les bonnes habitudes et nous replonger dans les complots de la maison Serpentard à l'encontre du professeur Ombrage.
En passant, un grand merci à La Prof pour sa revue et ses conseils bien utiles.
Chapitre 18 : l'Armée de Poudlard
- Tu as du nouveau sur cette histoire de courrier surveillé ? demanda Harry à Sarah pendant la pause du matin.
- Pas vraiment, non, soupira sa collègue. Il est certain que tu as droit à des attentions particulières, ce numéro ridicule de Rusard le prouve, si besoin était. Quelqu'un voulait lire ton courrier, et par quelqu'un, j'entends le crapaud, naturellement.
- J'avais compris. Je ne sais pas comment je vais pouvoir continuer à communiquer avec Sirius. Ce n'est pas que ce soit très utile, ajouta-t-il après un instant. Il est toujours aussi anti-Serpentard. Tôt ou tard, je n'arriverai plus à tout avoir en même temps.
Sarah hocha distraitement la tête, peu attentive aux états d'âme de son camarade.. Elle était plus préoccupée par le vol d'un hibou qui faisait des cercles au-dessus de la cour, puis finit par piquer vers elle. Il portait un ruban rose autour du cou, ce qui indiquait sa provenance sans l'ombre d'un doute. Sarah saisit le petit rouleau de papier qu'il portait à la patte et l'oiseau repartit dare-dare.
- Alors ?
- ELLE A DIT OUI ! triompha Sarah. Salazar, je t'adore, continua-t-elle un peu plus bas, sous les regards surpris d'autres élèves. Bien, il ne nous manque plus qu'une classe. Qu'est-ce qu'elle nous propose...? Ah, une salle au deuxième étage...
- Fais voir ?
Harry redressa ses lunettes et lut le petit mot.
- La belle affaire, c'est juste au-dessus de son bureau. Elle veut vraiment être sûre de n'avoir aucun mal à nous surveiller. Faisons passer le mot, l'aide aux devoirs va pouvoir commencer.
Les deux Serpentard profitèrent donc de chaque instant de libre dans la journée pour transmettre le message à leur futurs élèves, qui accueillirent la nouvelle avec satisfaction. Terry Boot, toujours sérieux, avait déjà préparé une liste de fournitures et de livres nécessaires au bon fonctionnement de l'étude-couverture. Il manquait toujours l'ingrédient le plus important : un lieu de réunion pour la véritable classe, mais cela ne diminua pas l'ardeur créative des étudiants en sorcellerie. On ne put malheureusement pas organiser une réunion pour mettre le programme au point, ni débattre de la meilleure cachette, car les Gryffondor étaient à l'entraînement de quidditch ce soir-là, en dépit d'une pluie battante, et cela amputait l'équipe de quatre de ses membres les plus actifs. Lucy Zabini regretta bruyamment l'absence des jumeaux Weasley, qui lui avaient promis de lui rapporter de nouveaux échantillons de leurs bonbons truqués.
- Ils m'ont dit qu'ils avaient découvert une pastille pour donner la fièvre, se plaignit la cadette de Blaise. Et je ne vais même pas pouvoir la tester tout de suite...
Le reste de ses paroles fut perdu pour Harry car au même moment, une douleur aiguë lui vrilla le front. Il porta la main à sa cicatrice, s'attendant à la trouver brûlante, mais elle était à température ambiante. Son geste n'avait pas échappé à l'œil entraîné de Sarah, ni à celui de Théodore.
- Qu'est-ce qui se passe ? lui demanda immédiatement ce dernier.
- Je ne sais pas trop... répondit prudemment Harry. Je crois qu'il est... en colère.
Voldemort était d'une humeur de dogue. Impossible de savoir comment il pouvait en être aussi sûr. Il s'agissait simplement d'une évidence.
- Pas de vision ? s'inquiéta Sarah.
- Non, pas du tout. Quelque chose ne va pas assez vite pour lui. Ce n'est pas la première fois qu'il est en colère depuis cet été...
- Tu es branché sur les humeurs de Voldemort ? Mon vieux, il faut prévenir quelqu'un, et vite, affirma Blaise d'un ton catégorique.
- Et qui veux-tu que j'aille voir ?
- Quelqu'un à qui tu fais confiance. Ça devrait te faciliter la tâche, ils et elles ne sont pas nombreux dans le château, hein ?
Harry hocha la tête. Il quitta la bibliothèque où la petite troupe s'était réunie sous couvert de devoirs pour descendre dans les sous-sols du donjon. Il n'était pas certain de trouver un interlocuteur, mais cela valait la peine d'essayer. Arrivé à destination, il frappa plusieurs coups à la porte.
Celle-ci s'ouvrit sans un bruit et se referma de même après qu'il fût entré.
Harry traversa la pièce pour venir se poster devant le bureau de Rogue, qui se tenait présentement le nez dans un volumineux ouvrage. Le jeune homme pencha légèrement la tête pour lire le titre et fut surpris de découvrir un traité de chimie organique. Que Rogue referma brusquement dans un bruit sourd.
- Bonsoir, Potter. A quoi dois-je cette visite ?
Harry se mordit la lèvre, puis répondit par une autre question.
- Si on utilise le sang de quelqu'un dans un sortilège, ça peut créer un lien avec l'autre personne ?
La baguette de Rogue sortit de nulle part et Harry sursauta, mais elle se pointa vers la porte tandis que son propriétaire marmonnait quelque chose.
- Bien. De cette façon nous pourrons parler sans risquer d'être entendus. Pourquoi cette question ?
- Depuis juin... j'ai... l'impression de... ressentir l'humeur de Vold... de Jedusor, dit Harry avec lenteur, cherchant ses mots avec soin. C'est différent des... visions que j'ai déjà eues. C'est comme si j'étais dans sa tête. Ça n'arrive pas très souvent, mais ce soir, par exemple, il est... très mécontent.
- Je sais, répondit Rogue en se frottant le bras d'un air absent. Votre idée est du domaine du possible, ajouta-t-il après un instant. Il y a quelques précédents.
- Ça pourrait être une bonne chose, non ? fit Harry avec un sourire forcé. Ça pourrait nous aider à savoir...
- Non ! coupa sèchement son professeur. Ce que le seigneur des ténèbres dit, fait ou prépare, cela ne regarde que moi. Comprenez-vous ? reprit-il d'un ton plus doux.
- Oui, assura Harry. Même si ça ne me plaît pas.
- Et il ne me plaît pas à moi que mes élèves jouent les espions involontaires. Tôt ou tard, ce lien sera connu du Seigneur des Ténèbres. Il faudra vite remédier à ce problème.
Il agita de nouveau sa baguette.
- Rentrez, maintenant. Je crois qu'il y a encore des essais qui vous attendent, non ?
Harry s'éclipsa et regagna prestement les quartiers des Serpentard. En effet, il avait encore des dissertations à rédiger. En particulier en potions et en enchantements...
Il s'échinait à écrire, bien qu'il tombât de sommeil. Les lignes devenaient floues sous ses yeux et les lettres dansaient la sarabande, mais il fallait qu'il terminât au plus vite. Hélas, les propriétés des plantes dangereuses pour le cerveau n'amélioreraient sans doute pas l'état du sien. Harry finit par refermer ses livres et ranger sa plume. Cependant, il nota mentalement le nom de la livèche. C'était comestible, mais pas pour les sorciers, apparemment...
Cette nuit-là, il rêva d'une porte tout au bout d'un long couloir aveugle. Il voulait atteindre la porte. Il allait la toucher... Mais le rêve s'arrêtait là. Ce qu'il y avait de l'autre côté de la porte restait inconnu. Et Harry se réveilla le lendemain assez déconcerté.
Les autres garçons dormaient encore. Crabbe et Goyle ronflaient. Dans la salle commune, les aiguilles de la pendule indiquaient cinq heures du matin. Pourtant Harry avait déjà un appétit d'ogre, comme s'il venait de courir un marathon. Il alla silencieusement récupérer sa cape, et se faufila dans les couloirs en direction de la cuisine, ressassant pendant sa promenade les souvenirs de ce rêve bizarre. Il secoua la tête. L'endroit lui avait paru vaguement familier, mais il était incapable de se rappeler où il l'avait vu.
Arrivé devant l'entrée de la cuisine, Harry chatouilla la poire verte et se faufila à l'intérieur. La grande salle voûtée était vide à première vue, et seule la lueur de quelques braises dans un fourneau se détachait dans l'ombre. Harry marmonna un "lumos" aussi discret que possible, et commença à fouiner. Il eut la bonne fortune de trouver du pain et du fromage, et attaqua aussitôt ce petit déjeuner fort matinal. Il avait fait disparaître trois tartines quand une silhouette aux grandes oreilles se manifesta.
- Qui est là ? couina une voix hésitante.
- Bonjour, dit précipitamment Harry pour éviter que l'elfe de maison ne donnât l'alarme. J'avais juste un petit creux.
La créature hocha la tête.
- Est-ce que Dobby est dans le coin, par hasard ? demanda ensuite le Serpentard.
Quitte à rencontrer un elfe, autant que ce fût un qui avait des choses intéressantes à raconter. Étant libre, Dobby pouvait rapporter tous les potins de ses employeurs, ce qui s'avérait souvent utile.
L'elfe cuistot revint bientôt avec son congénère, qui s'inclina bien bas devant Harry.
- Dobby est si heureux de revoir Harry Potter, chantonna Dobby.
- Merci... Dis donc, tu as pris froid ? s'étonna l'apprenti sorcier en découvrant les couches de tricot dans lesquelles Dobby était enveloppé.
Bonnets, écharpes, chaussettes... Le tricotage maladroit que découvrait la lueur de la baguette révélait la provenance des vêtements.
- Oh non, monsieur, répondit Dobby avec un petit rire. C'est que depuis que Miss Granger cache ces habits dans la tour de Gryffondor, les autres elfes refusent d'aller y faire le ménage. C'est insultant pour eux de trouver ces choses, ils pensent qu'on veut les mettre à la porte sans le leur dire en face. Alors Dobby se charge de l'entretien tout seul et il prend les vêtements. Il en donne aussi à Winky, monsieur, surtout les bleus.
- Elle s'est un peu remise ?
- Pas vraiment, monsieur. Elle boit toujours beaucoup, soupira Dobby. Dobby peut faire quelque chose pour Harry Potter ?
- Hum... Peut-être... Je recherche une salle pour réunir une bonne trentaine de personnes, où l'on soit sûr de ne pas être dérangé par un adulte. Surtout pas par le professeur Ombrage, ajouta-t-il d'un air entendu.
Les oreilles de Dobby se redressèrent d'un coup et il afficha un large sourire.
- Tout à fait, tout à fait, s'exclama le petit personnage. Dobby connaît l'endroit idéal ! Les autres elfes en parlent parce qu'ils ont toujours du mal à la retrouver, ou à reprendre les affaires qu'ils y ont rangées. On l'appelle la Salle sur Demande.
- Parce qu'elle apparaît à la demande ? poursuivit avidement Harry.
- Oui, oui, s'enthousiasma Dobby. On ne peut y entrer que si l'on en a vraiment besoin. Elle s'ouvre là où on le désire, à n'importe quel étage. Dobby s'en est déjà servi pour abriter Winky quand elle a trop bu. Quand Dobby y vient, il y a un lit à la taille d'un elfe et des potions contre l'alcool. Monsieur Rusard y a trouvé des balais un jour qu'il devait nettoyer...
- D'accord. J'ai compris. On y trouve tout ce que l'on veut pour une activité qu'on aurait envie de faire. Mais c'est tout simplement génial ! Elle est très connue ?
- Pas trop, car elle n'est pas facile à repérer. Elle change de place tellement souvent, monsieur...
- Un million de mercis, Dobby, tu m'as rendu un énorme service. Et pas seulement à moi, d'ailleurs...
Harry se sépara de l'elfe sur d'autres expressions de gratitude et repartit vers le dortoir en se frottant les mains. Il était plus que temps de rentrer, les autres élèves commençaient à sortir de leurs dortoirs...
# #
Pendant la journée, Harry fit passer une quantité impressionnante de petits billets, qui transitaient par Sarah ou Ginny ou arrivaient directement dans les mains des personnes intéressées. La première séance officielle d'aide aux devoirs aurait lieu le vendredi suivant pour les "grands". Grâce à Dobby, Harry avait trouvé l'endroit parfait pour ouvrir la salle : une statue très moche qui, d'après l'inscription sur le socle, se voulait être celle de Merlin, au cinquième étage du corps de bâtiment principal. On circulait beaucoup dans le secteur et il ne paraîtrait donc pas suspect que des élèves se rendissent par là en soirée. Harry avait décidé d'ouvrir la séance en compagnie de Blaise, Padma et Granger. Les élèves servant de paravent seraient Sarah, Ron, Parvati, Neville, Millicent, Susan et Mandy. Il ne savait pas exactement combien de "jeunots" seraient présents. Il se doutait que les siamois Urquhart et FitzRoy viendraient sûrement là, ainsi que Lucy et les deux cadets de Philip, Ginny et Luna Lovegood, mais en dehors de ce noyau dur, les participations restaient floues.
A huit heures moins le quart, les étudiants se rendirent dans la salle choisie par Ombrage pour accueillir les devoirs. Théodore avait décidé de se joindre à eux pour gonfler un peu l'effectif. Sans surprise, Rusard se tenait devant la porte, et compta soigneusement les entrants.
Pendant ce temps-là, trois étages plus haut, Harry et Blaise se trouvaient devant la statue ratée de Merlin, la carte du Maraudeur en main. Ils appliquèrent la consigne donnée par Dobby pour ouvrir la porte et passèrent donc trois fois devant le pan de mur en songeant intensément à une salle remplie de grimoires sur les sorts de défense, vaste et bien insonorisée...
- Eh... fit Blaise.
Une porte de bois dont le panneau central représentait une gueule de chimère venait de se matérialiser devant eux.
- Et voilà... dit Harry en se frottant les mains.
Il tourna la poignée de la porte et pénétra dans la salle sur demande.
Elle était assez grande pour contenir deux fois le groupe de défense, éclairée non par des torches fumeuses mais par des becs de gaz entourés de globes en verre armé beaucoup plus sûrs. Des bibliothèques d'acajou remplies d'ouvrages et d'instruments de détection s'alignaient le long des murs de pierre et des coussins à pompons de couleurs vives étaient éparpillés sur le sol. Harry songea que l'intelligence autonome du château s'était fait plaisir en leur créant ce refuge... Il passa devant une glace à l'ennemi, de grands scrutoscopes, des aiguilles à mensonges et autres choses passionnantes.
- Granger ne va plus vouloir sortir d'ici quand nous l'y ferons rentrer, commenta Blaise en saisissant un exemplaire des Sorts d'Autodéfense.
- Sans doute... musa Harry tout en détaillant la mine d'informations que constituaient tous ces volumes. Cet endroit est tout simplement parfait.
On frappa à la porte derrière eux et Ginny se glissa à l'intérieur, suivie de Luna et Rena Fallstar.
- Wow ! J'adore ! décréta la benjamine des Weasley. C'est élégant, confortable et plein de choses passionnantes... Quel luxe !
Rena était plus silencieuse, et restait bouche bée devant le décor et les livres rares qu'elle découvrait. Luna avait juste un air encore un peu plus rêveur qu'à l'habitude. Granger les rejoignit bientôt avec Padma. Les jumeaux Mel et Beline franchirent le seuil à leur tour, puis Philip et Robert et le petit Dennis Crivey. Lucy arriva bonne dernière, assurant qu'elle n'avait vu aucun personnage suspect rôder dans les parages.
- Bien. Nous sommes au complet, annonça Padma avec satisfaction. Mesdemoiselles et messieurs, la première session de cours de défense est ouverte.
- J'espère que notre salle de classe vous plaît, ajouta Blaise.
- Tout à fait ! s'emballa Dennis.
- Si je puis me permettre, dit soudain Granger, je crois que nous devrions donner un nom un peu moins transparent à cette équipe. Cours de défense... ça ne risque pas de plaire à tout le monde.
- J'y ai déjà pensé, lança Robert FitzRoy. Puisque le ministère a la trouille de voir une armée se former ici, nous serons l'Armée de Poudlard. En bref, l'A.P., ou Assistance au Perfectionnement. C'est assez vague sans vraiment dire un mensonge, pas vrai ?
- En effet, approuva Harry. Bien vu !
Granger se dépêcha d'inscrire le nom de l'association sur le parchemin où ils avaient (presque) tous signé.
- Maintenant, déclara Padma, au boulot !
- Avant tout, nous allons étudier des sortilèges de base, prévint Harry. Pas question d'aller faire des effets de manche, c'est bien compris. Nous commencerons donc par le bon vieux sort de désarmement. Ça reste puissant, ça n'est pas trop long à lancer, et ça peut vous sauver la vie.
Si quelqu'un fut déçu de cette entrée en matière, il eut au moins le bon goût de ne pas le faire remarquer. Tous les élèves prirent leur baguette et se mirent bravement au travail.
Il ne fallut pas longtemps à Harry pour déterminer que ces séances étaient plus que bienvenues. A l'exception de Ginny, seuls les Serpentard lançaient correctement l'Expelliarmus. Rien d'étonnant à cela, lorsque l'on est susceptible de se faire attaquer à chaque tournant de couloir. Il résista à la tentation de se masser longuement l'arête du nez en constatant le désastre que représentaient certains, en particulier Dennis Crivey, enthousiaste, mais incapable de viser juste. Il n'atteignit jamais son adversaire, et Harry fut tenté de lui conseiller une consultation chez un bon oculiste avant de revenir dans la salle sur demande. Il s'abstint cependant. Inutile de refroidir l'ardeur des troupes, d'autant qu'il suffisait de peu de chose pour que les réflexions anti-Serpentard remontent à la surface. Pendant une heure, Harry se contenta donc de corriger les mouvements du Gryffondor. Blaise se consacrait plus à ses condisciples et Granger faisait assaut de théorie. Padma finit par lui demander d'abandonner son livre pour leur donner un coup de main, ce que la jeune fille parut faire à contrecœur. Elle ne se montra pas vraiment bonne pédagogue, jugea Harry. Granger, meilleure élève que professeur, avait toujours été trop sèche dans ses explications et cela la desservait auprès de ses apprentis. Il la laissa s'escrimer avec Dennis pour diriger les mouvements de baguette de Rena Fallstar. La petite Serpentard avait le plus grand mal à hausser suffisamment la voix pour rendre son sortilège efficace. Son timbre était aussi menu qu'elle, mais elle parvint à parler assez fort pour faire sauter des ustensiles sur une étagère.
Padma jetait des coups d'œil réguliers à sa montre et elle sonna la fin de la récréation sur le coup de neuf heures.
- Vite, vite, tout le monde rentre chez lui !
Harry et Blaise ramassèrent vivement leurs affaires et dévalèrent les étages, suivis par leurs camarades en vert. Le nez sur la carte, Harry vérifiait que le chemin était dégagé, avec tant d'attention que Philip devait souvent le tirer par le bras pour lui éviter de partir de travers. Heureusement, Rusard était occupé à réparer la dernière dégradation de Peeves, tandis que Miss Teigne fuyait Pattenrond et Discret.
La petite troupe arriva enfin dans les sous-sols. Les plus jeunes passèrent devant, les grands les suivirent, et retrouvèrent Sarah et Théodore tranquillement installés près de la cheminée.
- Comment s'est passé votre premier cours ? demanda Blaise.
- Oh, très bien, assura Sarah. Des étudiants très réceptifs. Et vous ? Vos devoirs allaient bien ?
- C'est pas gagné, grommela Harry en s'asseyant lourdement sur un pouf.
- Et encore... Ce n'était que la première manche ; nous avons les autres mardi soir.
Harry retint un gémissement. Il était l'un des instigateurs du projet, il se devait d'être présent à la prochaine édition, avec les "grands".
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Le mardi soir vit Granger descendre au deuxième étage assurer les leçons supplémentaires des "petits", tandis que Harry et Sarah réceptionnaient leur deuxième fournée d'élèves clandestins. Trois Weasley, deux Patil, Lavande Brown, Neville, Théodore, Terry Boot, Susan Bones, Hannah Abbott et Ernie McMillan constituaient l'effectif du jour. Harry fut surpris de constater que même les jumeaux Weasley étaient à la traîne en matière de sortilèges offensifs. Leurs expérimentations devaient pourtant bien les conduire à travailler dessus à un moment ou un autre. Il prit son courage à deux mains pour ré-expliquer les bases de l'attaque magique. Neville lui donna autant de fil à retordre que le petit Crivey, sinon plus. Sa maladresse pulvérisa quelques étagères et causa des chutes inattendues parmi les duellistes débutants.
- Ouille, ouille, ouille, soupira Sarah. On n'est pas rendus... Si sa baguette part encore une fois au plafond, nous allons le prendre sur la tête.
- Inutile de le répéter à Neville, conseilla Harry. Il manque déjà assez de confiance en lui.
- Je suis d'accord, mais j'aimerais aussi éviter une catastrophe.
Les dieux des sorciers furent généreux pour cette fois, et il n'y eut pas de cataclysme.
En attendant la semaine suivante...
