Salut les lecteurs !
Bienvenue aux petits nouveaux et bon retour aux anciens. Je vous souhaite à tous une excellente lecture, ce chapitre devrait bien vous faire rire.
Chapitre 30 : Mai 68
Dans les jours qui suivirent, Ombrage se consola de l'immense déplaisir que lui avait causé la fuite des jumeaux en s'acharnant sur ses victimes de prédilection : les enfants de Moldus dotés de pouvoirs sorciers. Le premier à trinquer fut le paisible Maximilian Expea, doyen quoiqu'élève de troisième année des Serdaigle. Il fut convoqué sans ménagements dans le bureau de la pseudo-directrice.
La baguette espionne installée par Harry quelques jours plus tôt fit alors des merveilles.
- Entrez, entrez, Mr Expea. Asseyez-vous, je vous prie. Du thé ?
- Bien volontiers, Miss.
Harry et ses complices grincèrent des dents. Le pauvre doyen n'était pas au courant des petites manies d'Ombrage en matière de boisson. Il faudrait faire passer le mot à toute l'école dès que possible.
- Alors, Mr Expea, dites-moi un peu... quand êtes-vous entré à Poudlard ? demanda le crapaud de sa voix la plus doucereuse.
- Eh bien, j'ai été intégré il y a un peu plus de deux ans maintenant, répondit le vieil homme d'un ton neutre.
- Veritaserum, décréta Harry, qui en avait déjà observé... et expérimenté les effets.
Sarah hocha la tête d'un air atterré tandis que Salazar plissait les fibres de son visage de bois dans une moue dégoûtée.
- Comment avez-vous obtenu ces pouvoirs ? Vous les avez volés, n'est-ce pas ?
Les auditeurs échangèrent des regards ahuris. Qu'est-ce que c'était que cette nouvelle invention ?
- Je les acquis en travaillant, reprit le vieux Max de sa voix atone. J'ai découvert l'existence des sorciers quand j'avais huit ans. C'était en 1929. J'ai trouvé ça merveilleux et je me suis demandé comment je pourrais parvenir au même résultat. J'ai passé des centaines d'heures à observer, à faire des recherches, à compiler des livres et des notes. Mais malgré tout cela, c'est grâce à la guerre que j'ai pu développer mes dons. J'étais stationné dans le nord de l'Inde, voyez-vous. Il y a beaucoup de gens qui, sans être sorciers, ont des talents mentaux exceptionnels. J'ai passé cinq ans là-bas pour le service et pendant tout ce temps, j'ai appris. A la fin de la guerre, je suis resté encore six ans à Simla. Quand je suis rentré en Angleterre, je savais utiliser mon esprit pour reproduire ce que j'avais vu. Je n'avais pas besoin d'une baguette, notez bien. Une bonne discipline mentale la remplace aisément. Je suppose qu'un vecteur est nécessaire pour les esprits peu pratiques.
Même sans dispositif visuel, l'équipe de Serpentard n'eut aucun mal à imaginer la mine d'Ombrage en entendant ses précieux congénères qualifiés d'esprits "peu pratiques".
- Fort bien, Mr Expea, vous pouvez vous retirer.
Ils entendirent la porte se refermer, puis le marmonnement d'Ombrage.
- Voilà un dossier qui passionnera sans doute le ministre. Discipline mentale... Quelles fadaises ! Il s'en est convaincu pour cacher son forfait ! Un de plus à ajouter à ma collection de nuisances...
Salazar coupa la communication.
- C'est fou, commenta Théodore, cette capacité qu'ont les gens à refuser d'admettre la vérité présentée à eux.
- Elle a des dossiers sur les Nés-de-Moldus au ministère. Je sens l'épuration qui arrive, commenta aigrement Sarah.
- Nous devons trouver un moyen de mettre la main dessus et les détruire, décréta Blaise.
- Mais comment ? s'inquiéta Théodore.
- Je ne sais pas encore, mais on VA trouver. D'abord, un des deux rouquins qui restent va nous filer un plan complet du ministère.
- Réunion au grenier ou dans la salle sur demande ?
- Le grenier, décida Harry. N'attirons pas l'attention sur nos cours clandestins.
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Ron et Ginny reçurent la convocation pour entretien par l'entremise de la chouette Frida, qui vint taper à la fenêtre du dortoir des filles de Gryffondor en début de soirée.
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Ainsi que Harry l'avait soupçonné, les jumeaux avaient laissé un véritable arsenal dans le grenier secret, que Sarah et d'autres se chargeraient d'écouler auprès des autres étudiants, le tout enrichi par les trouvailles de Blaise et de sa sœur Lucy. Les fameuses doubles punaises figuraient en bonne place dans l'inventaire. Et dans un coin trônait l'Éclair de Feu qui avait pris la tangente en même temps que les balais de Fred et George. L'engin ne paraissait pas avoir souffert de son séjour chez le crapaud, se dit Harry avec soulagement.
- Un plan du ministère ? grommela Ron. Oh oui, on doit pouvoir en obtenir, mais il faudrait le justifier auprès des parents.
- Donc nous devons en avoir un par une voie détournée, commenta Sarah.
- Je pourrais toujours demander à Percy, proposa Ginny, en lui racontant que je voudrais découvrir l'endroit parce que je souhaite y travailler plus tard. Vous savez, après avoir bien réfléchi à sa lettre, et tout ça...
Harry hocha la tête. Cela pourrait passer, à condition de travailler un peu les arguments, mais il faisait entièrement confiance à Ginny pour cela.
- Parfait ! déclara Ron en se frottant les mains. Et maintenant, il est temps de mettre un peu d'ambiance.
Il embarqua plusieurs petits modèles de Boîtes à Flemme dans son sac avant de repartir vers la tour de Gryffondor.
Ceci dit, ses condisciples, toutes maisons confondues, ne l'avaient pas attendu pour semer le désordre dans l'école.
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La fuite des jumeaux avait été racontée tant de fois depuis leur départ qu'on ne savait plus trop distinguer la légende de la réalité. Elle avait été enjolivée de tant de détails que même les témoins oculaires ne savaient plus trop où ils en étaient. Nombre d'étudiants parlaient ouvertement de les imiter via le même moyen de transport.
Autre souvenir marquant de leur équipée, la présence permanente d'un marécage dans un couloir du cinquième étage de l'aile Est, qui n'avait rien d'une simple illusion. Ceux qui avaient cru pouvoir passer à travers le mirage s'étaient brutalement retrouvés à barboter dans trois mètres d'eau froide et malodorante.
- Et si on y mettait des piranhas ? suggéra un jour Hannah Abbott en se frottant les mains. C'est bien, les piranhas.
- Bonne chance pour les faire entrer à Poudlard, remarqua Théodore. Un bébé kraken aurait une meilleure cote pour passer les contrôles. Je pencherais plutôt pour un diable de Tasmanie caché dans les roseaux. C'est rigolo et ça mord tout le temps.
En attendant, la largeur du marigot empêchait même les plus sportifs de le franchir en saut en longueur, et Rusard devait faire passer les élèves sur une petite barque à fond plat, pour le plus grand plaisir de (presque) tous les autres résidents du château, qui s'en donnèrent à leur tour à cœur joie pour rendre l'existence d'Ombrage et de ses collaborateurs aussi insupportable que possible.
Aucun professeur ne l'aidait à régler ses problèmes de discipline. Personne ne lui proposa non plus de réparer sa porte, ornée d'un gros trou là où les balais avaient fracassé le bois... mais quelqu'un avait trouvé le temps d'y appliquer une illusion donnant au trou la forme exacte des balais. Quant aux élèves eux-mêmes... Fred et George devaient être des sorciers heureux si quelqu'un leur rapportait les (ex)actions de leurs anciens camarades. On avait lâché un niffleur dans le bureau d'Ombrage ; le petit fouilleur à fourrure mit tout à sac, en particulier les encriers au bouchon doré qu'elle affectionnait tant, et quand le crapaud voulut chasser la bestiole, celle-ci repartit avec plusieurs de ses bagues en guise de trophée. Quelqu'un avait mystérieusement trouvé la recette des boules puantes pendant un cours de potions et l'avait répandue à travers toute l'école (d'autres recettes chimiques purement moldues avaient fait leur apparition pendant les classes de Rogue, et seule celle de l'explosif "thermite" disparut en catastrophe). La combinaison entre acides, bases et ingrédients magiques n'était pas toujours des plus heureuses, et Rogue finit par mettre un terme aux expérimentations en salle. Un sommet dans le rire fut atteint quand un étudiant, que l'on soupçonnait d'être à Serdaigle, transforma l'une des poivrières de la table des professeurs en Dalek. Les apprentis sorciers prirent la fuite hors du réfectoire en riant comme des veaux, suivis de loin par une litanie de "Exterminer ! Exterminer !".
La brigade inquisitoriale trinqua méchamment et tous ses membres passèrent à tour de rôle à l'infirmerie. Tracey Davis écopa elle aussi d'un maléfice, histoire de conserver sa crédibilité auprès des autres mouchards, mais plutôt léger. Elle garda simplement des sourcils géants pendant une journée entière.
Les Boîtes à Flemme firent elles aussi des ravages parmi le corps étudiant, causant saignements de nez, nausées ou malaises chaque fois qu'Ombrage entrait en classe. Les punitions et les hurlements n'y firent rien, elle ne sut jamais ce qui avait déclenché cette épidémie étrange surnommée « ombragite chronique ». Pomfresh ne vit jamais le moindre élève débarquer dans son infirmerie pour se faire soigner, cependant.
Enfin, pour couronner le tout, Peeves appliqua à la lettre les recommandations des jumeaux. Il transforma l'école en un véritable champ de bataille où rien n'était à l'abri de ses déprédations. Boulettes de papier, apparitions, bris de matériel, tout y passa. Miss Teigne fut enfermée dans des armures où elle miaula pendant des heures, puis quelqu'un versa dans sa gamelle un philtre de confusion qui l'amena à voir des élèves là où il n'y en avait pas et obligea son maître à courir dans tous les sens pour arrêter des sorciers qui n'existaient pas.
Et personne, Rusard excepté, ne levait le petit doigt pour mettre un terme à ce capharnaüm. Les enseignants prenaient un temps infini pour signaler les problèmes qu'ils rencontraient, et se gardaient bien d'y mettre un terme, faute « d'autorité suffisante ». Blaise avait même organisé une session de paris clandestins sur la plus belle vacherie inventée par un prof pour saper le moral de l'ennemi. McGonagall remporta souvent la mise, à son insu. Ou peut-être pas. En tout cas, Harry fut soulagé que Zabini n'allât pas plus loin dans ses fourberies, car la plupart de ses gadgets étaient autrement plus dangereux que les produits des jumeaux. Ses « améliorations » apportées aux frisbees à dents de serpent, par exemple, faisaient assez froid dans le dos.
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Dans cette atmosphère pour le moins électrique, Salazar rapportait des conversations délicieusement comiques grâce à la baguette espionne. Ombrage était régulièrement contactée par le ministère pour faire le point sur les réformes de l'école. Harry et ses co-conspirateurs apprirent ainsi que, si l'action ministérielle portait ses fruits à Poudlard, elle serait étendue à ce qui tenait lieu chez les sorciers d'école primaire, et qui n'était, à vrai dire, qu'un ensemble disparate de garderies et de cours à domicile, le tout en très petit nombre. A chaque communication via cheminette, Ombrage garantissait la bonne marche de ses travaux et la totale tranquillité de l'école. Cela donna des idées aux Serpentard... des idées qui mirent à contribution Colin Crivey et son inséparable appareil photo. Pendant quelques jours le Gryffondor prit des clichés de chaque situation qui contredisait le ronronnement rassurant de l'inquisitrice. En fin de semaine, les photos furent développées dans la salle sur demande, transformée pour l'occasion en laboratoire tout équipé. Une copie de la série de clichés partit par la poste vers les bureaux du Chicaneur (la brigade inquisitoriale n'avait pas encore pensé que le courrier sortant pouvait lui aussi représenter un danger), une autre fut expédiée directement du pigeonnier au cas où, tandis que les originaux étaient stockés en divers points du château : grenier, salle sur demande, classe vide...
L'édition suivante de l'hebdomadaire loufoque, une fois importée de Pré-au-Lard via passage secret, généra une nouvelle vague de délire au collège. Les étudiants étaient si fiers de la publicité qu'on leur faisait qu'ils décidèrent d'en rajouter une couche histoire de paraître à la une encore une fois.
La réaction de Fudge ne se fit pas attendre, et Salazar passa de très bons moments, l'oreille collée sur la baguette.
- En gros, il a dit que s'il voyait encore une seule de ces photos, il envoyait un enquêteur surveiller l'inquisitrice, expliqua la statuette à ses apprentis. S'il vous en reste en réserve, surtout ne vous gênez pas. Sinon, inventez-en.
Il leur restait quelques exemplaires du Dalek, mais quand le sortilège servant à enchanter les cognards fit son apparition à la table du déjeuner sur des petits pois, l'occasion parut trop belle. Mr Lovegood allait encore recevoir un reportage exclusif.
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Le soir après les cours, pendant que la brigade inquisitoriale traquait le responsable du dernier méfait, Harry retrouva un Salazar surexcité.
- Ça y est, ça y est ! On lui envoie l'inspection académique ! Ils arrivent demain matin ! Dis à ton copain Blaise de la mettre en veilleuse... même si c'est une goutte dans la mer, maintenant.
- Si ces types ont un minimum de déontologie, elle ne va pas aimer.
Si le petit bonhomme de bois avait pu se détacher de son socle, nul doute qu'il serait parti en lévitation sous l'effet de la joie. Harry alla se coucher avec un sourire de mauvais augure.
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Il ne fut pas possible de communiquer avant le lendemain avec le reste de l'école sans attirer la suspicion de Malefoy et de ses gendarmes, aussi les élèves furent fort surpris, en arrivant pour le petit déjeuner, de découvrir trois sorciers inconnus assis à la table des professeurs. Le trio affichait une allure extrêmement stricte : robe noire, col blanc et raide, petit chapeau carré. Ils ressemblaient plus, les deux hommes comme la femme, à des ministres du culte qu'à des sorciers. Des murmures curieux s'élevèrent des quatre tables. Parmi les enseignants, McGonagall affichait le sourire satisfait du chat qui vient de boulotter le canari, Rogue manifestait une bonne humeur inhabituelle, servant aimablement le thé et les muffins à Sinistra, qui arborait elle aussi une mine réjouie... mais peut-être uniquement parce que son collègue préféré s'occupait d'elle. Par contraste, Ombrage paraissait particulièrement lugubre.
Le petit déjeuner se passa normalement, mais alors que les assiettes et les pichets se vidaient, McGonagall se leva et fit étinceler une lumière blanche au bout de sa baguette, en même temps que le bruit d'une clochette résonnait sous les voûtes.
- Avant que vous vous rendiez en cours, je vous demande un petit moment d'attention.
Les étudiants qui s'étaient déjà levés, leur sac à la main, se rassirent.
- Les inspecteurs académiques Howard, Rochford et Bullen sont ici pour enquête, et vous demanderont votre participation. Il ne s'agira que de répondre à quelques questions sur le déroulement de votre année scolaire. Merci de votre attention. En cours, maintenant !
Comme un seul homme, les élèves se levèrent et quittèrent le réfectoire pour se rendre en classe.
- Ils ont l'air obéissants, commenta l'un des inspecteurs.
- Cela doit dépendre de qui donne les ordres, répliqua son voisin.
L'école resta très calme durant la matinée. Les uns après les autres, les apprentis sorciers reçurent un petit billet de convocation qui se matérialisait sur leur pupitre. Ils rencontraient alors l'un des trois inspecteurs dans la salle de cours mise à leur disposition. Harry reçu son petit papier le surlendemain de l'arrivée du trio. Il avait déjà vu nombre d'étudiants revenir de leur entrevue en se frottant les mains. Harry présenta ses excuses à Flitwick, qui le laissa partir avec un grand sourire.
Il avait rendez-vous avec l'inspecteur Howard au troisième étage. Un panneau était suspendu à côté de la porte pour signaler la présence du fonctionnaire, et sa disponibilité. Harry frappa quelques coups contre la porte.
- Entrez !
De toute évidence, l'inspecteur Howard était quelqu'un qui avait l'habitude de donner des ordres. Harry se dépêcha d'obéir. Il fallait faire bonne impression.
Howard était un bonhomme tout en longueur, qui donnait l'impression d'avoir été fabriqué avec une série de nœuds marins. Son nez battait même en longueur celui de Rogue, sans être aussi recourbé. Il avait des yeux noirs et des cheveux gris et raides comme du fil de fer.
- Asseyez-vous, Mr Potter. Comme j'ai encore beaucoup de monde à interroger aujourd'hui, nous allons faire court. Que pouvez-vous me dire de la situation à Poudlard depuis que Dolorès Ombrage est dans la place ?
- Qu'elle n'a pas arrêté de se dégrader. Je ne dis pas que le règlement et les cours n'auraient pas besoin d'un bon dépoussiérage, mais Ombrage ne fait rien d'autre que semer la zizanie dans l'école, qui n'en a vraiment pas besoin. Sous prétexte de réformer l'enseignement, elle met dehors tous les professeurs qui ne lui conviennent pas, impose des punitions illégales et donne des cours où il faut juste lire, lire, lire...
- Des punitions illégales ? gronda Howard.
- Elle a utilisé une plume particulière sur plusieurs élèves, qui laisse des marques sur la main. Je croyais que le professeur McGonagall avait déposé une plainte pour ça ? s'étonna Harry.
- Si elle l'a fait, et je n'en doute pas, cette plainte n'a jamais atteint mon bureau. Grmbl... Des cours de lecture, hein ?
Harry approuva.
- Rien de... plus pratique ?
- Rien du tout, confirma le jeune homme avec jubilation. Elle fait même ce qu'elle peut pour l'interdire.
- Je vois, je vois... grommela Howard en prenant quelques notes. Bien, je ne vais pas vous retenir plus longtemps, Mr Potter, je pense que vous avez des leçons qui vous attendent.
Harry s'inclina et se dirigea vers la porte.
- Ce sont les BUSEs, cette année ? lança Howard depuis son bureau.
- Oui, monsieur.
- Eh bien, je touche du bois pour vous.
Harry le salua de nouveau et fila dans les couloirs, pour croiser Daphné Greengrass, la mine réjouie.
- Alors ?
- J'ai causé avec l'inspectrice Bullen, la petite brune toute mince, annonça Daphné avec un sourire mauvais. On va rire.
Les entrevues se poursuivirent encore pendant deux jours, avant que les inspecteurs ne plient bagage pour faire leur rapport à leurs supérieurs... du moins c'était ce que les élèves imaginaient. Puis le lendemain de leur départ, Ron revint de l'oisellerie avec un sourire en coin.
- Premièrement, Papa n'y a vu que du feu et m'a envoyé un plan du ministère. Plus besoin d'essayer de piéger Percy ! Deuxièmement, nos trois révérends pasteurs n'auront pas besoin de présenter un dossier à leur patron. L'inspecteur Howard est leur patron. Rochford et Bullen sont ses deux adjoints.
Théodore siffla d'admiration.
- Ça veut dire que son département, au moins, nous prend au sérieux. On va guetter la Gazette et les nouveaux décrets.
- Ouais. Et moi, je jure que si jamais le crapaud se fait saquer, je ne laisse plus passer un seul souaffle dans mes buts. Ou je ne m'appelle plus Weasley.
- On va t'y tenir, mon pote !
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Pendant toute la journée du lendemain, la population de Poudlard, moins quelques-uns, piétina d'impatience en attendant la décision des inspecteurs. Elle n'arriva que le jour suivant, mais de l'avis général, cela avait largement valu la peine de poireauter encore un peu.
Décret d'éducation n°29
En vertu de l'autorité conférée par le Secrétariat d'État à l'Instruction Magie,
l'inspecteur académique Rochford est nommé comme observateur à Poudlard.
Il aura toute autorité pour enquêter sur les dysfonctionnements rencontrés dans la gestion de l'école, et promulguer ou annuler tout décret d'éducation suivant nécessité.
Il ne pourra être fait appel de ses décisions que devant le Secrétaire d'État et le Ministre.
le Secrétaire d'État à l'Instruction
Th. H. Howard
Une volée de feux d'artifice éclata devant les fenêtres du réfectoire dans les minutes qui suivirent l'affichage de ces directives. Pendant quelques heures, les élèves furent de nouveau intenables... de joie, et l'inspecteur Rochford reçut certainement l'accueil le plus enthousiaste jamais réservé à un représentant du ministère à l'école. Même la victoire de Gryffondor sur Serdaigle quelques jours plus tard ne parvint pas à dépasser le niveau sonore de la fête de réception de l'inspecteur.
- T'as pris un but, Weasley, remarqua Tracy Davis après le match.
- Ombrage n'a pas été saquée, elle est surveillée, objecta Ron. Je reste dans les limites de mon serment.
La joie du rouquin... et des autres membres de la bande fut sévèrement douchée quand Hermione, qui s'était éclipsée pendant le match, leur apprit la dernière invention de Hagrid : il n'avait rien trouvé de mieux à faire que de ramener son « petit » frère, géant à temps complet, de son voyage sur le continent, et de l'installer dans la Forêt Interdite, au grand dam des centaures et autres créatures.
- Nous en avons la preuve maintenant, grogna Sarah. Il VEUT se faire virer, c'est pas possible autrement.
- Mais qu'est-ce qu'il compte faire de son frangin ? soupira Ron.
- Rien, répondit Hermione. C'est juste... l'esprit de famille.
- Ouais, mais quand Ombrage tombera là-dessus, je doute que cette explication suffise. Et Rochford ne pourra rien y faire.
- Alors il ne faut pas qu'elle tombe dessus, cqfd, conclut Harry.
- D'une façon ou d'une autre, ajouta Blaise.
